TANT
MYOPES
de nixoncs
ECOLIERS
normale
p. JU0
5 écoles de vil-
20 écoles élé-
mentaires à
2 écoles moyen"05
1 à Langelbie-
1 à Breslau . .
2 écoles supérieu-
res de filles . .
2 écoles réaies.
2 gymnases
Total des écolie"
de village . . .
Total des écoliers
Total général
it:jo
Les éléments de comparaison contenus dans ce dernier tableau permettent de conclure que ia proportion est toujours ascendante. De 5,2 p. ICO dans les écoles élémentaires de village et de l î,7 p. 100 dans celles de la ville, elle s'élève dans les gymnases ou collèges à 31,7 p. 100. On voit, en outre, qu'il existe à la ville près de 4 fois plus de myopes qu'à la campagne. Quant à la différence de sexe, les données fournies sont les suivantes :
Nombre. Myopes.
Garçons 6367 1201
Filles 3093 529
Tant
pour cent
Il y a donc 4 p. 100 de cas de myopie de plus parmi les garçons que parmi les filles.
L'insuffisance du jour dans une salle de classe n'est pas seule responsable de ce développement progressif de la myopie. Il est évident qu'on doit aussi faire entrer en ligne de compte l'hérédité, la disposition défectueuse des sièges, circonstance qui, dans l'espèce, a une importance capitale, l'application soutenue qu'on exige de l'enfant qui pst obligé de regarder constamment des objets placés très près de lui, et qui ne repose que bien rarement ses yeux sur un horizon lointain, l'impression défectueuse des livres et cahiers, l'emploi d'une encre trop pâle, etc.; tous ces détails ont leur importance. Il faut se préoccuper de même de l'existence que mène l'enfant en dehors de l'école, à l'atelier ou chez ses parents; les lectures du soir, à la lueur d'une mauvaise lampe, ne sont pas non plus étrangères aux résultats ci-dessus relatés. Quoiqu'il en soit, un éclairage insuffisant, dû à la mauvaise disposition des fenêtres, est considéré, par tous les hommes spéciaux, comme la cause première du mal. Ils ne se lassent pas de le répéter dans leurs écrits.
M. le docteur Licbreich dit en propres termes dans son ouvrage, ÏEcole et son influence sur la vue : « La myopie et d'autres maladies de l'œil proviennent de l'insuffisance ou de la mauvaise disposition des éclairages des locaux scolaires ou d'une fausse position dans le travail. » Il insiste pour l'exécution de réformes à ce double point do vue, et il donne, à l'appui de ses récriminations, le résultat d'observations analogues à celles que nous venons de rapporter.
Il ressort de tout ceci que le régime de l'école, s'il est mal appliqué, peut nuire au développement physique de l'enfant. Ce n'est pas seulement sa
ÉCLAIRAGE
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vue qui s'affaiblit si le jour dont il a besoin pour ses travaux lui est parcimonieusement mesuré, il est exposé à d'autres infirmités corporelles. Pour combattre l'insuffisance de l'éclairage, il est obligé de recourir à des contorsions qui, avec le temps, compromettent la correction de la tenue et quelquefois même provoquent une déviation de la taille.
Ces inconvénients constatés, il importe de signaler les procédés qui permettent de remédier à cette insuffisance de la lumière, et d'introduire celle-ci dans une classe de telle >orte qu'elle soit abondante, à peu près égale pour tous les écoliers, et dans tous les cas suffisante, sans qu'on ait à se préoccuper de l'état de l'atmosphère ou de l'heure plus ou moins avancée de la journée.
On peut concevoir de différentes manières l'éclairage d'une salle de classe. La lumière peut y pénétrer soit par un plafond vitré, soit par des fenêtres percées à la droite de l'élève, à sa gauche, devant ou derrière lui, quelquefois sur un côté seulement, quelquefois sur deux, trois, quatre côtés à la fois. Quelques-uns de ces divers modes d'éclairage sont considérés comme défectueux et sont unanimement condamnés : le jour de plafond, notamment; il fournit une lumière très abondante, mais qui a de graves inconvénients, dette clarté qui tombe perpendiculairement fatigue les yeux. La grande ouverture pratiquée audessus de la tête des élèves rend la salle trop sensible aux influences de la température extérieure. En été, lorsque celle-ci s'élève, les rayons solaires tombent d'aplomb sur cette large surface vitrée, les stores ne les interceptent qu'insuffisamment; il devient impossible de maintenir une température fraîche dans la classe, qui absorbe une quantité de chaleur considérable. En hiver, grande déperdition de calorique; le poêle lutte difficilement contre le froid qui vient de ce plafond et qui descend sur la tète des enfants. Ajoutons qu'en cette dernière saison la neige, dans certains pays, vient recouvrir presque constamment les châssis, et obscurcir le jour. Enfin, certaines observations faites dans les écoles éclairées de la sorte ont permis de constater que les élèves étaient sujets à des maux de tête, migraines, etc., qu'on attribue volontiers à ce mode d'éclairage.
On peut adresser des critiques d'un même ordre au jour que laisseraient passer des fenêtres faisant face aux élèves. Il fatigue les yeux, place dans l'ombre le maître sur lequel tous les yeux doivent être fixés et dont il importe que le visage soit franchement éclairé, car le moindre geste, le moindre jeu de physionomie ajoute au charme, à l'entraînement, à la sévérité de la parole ; il est bon que l'écolier perçoive tout cela. Le regard du maître, si redouté, perd de son action si la figure de celui-ci est plongée dans l'ombre. S'il n'y a de fenêtres que derrière lui, les enfants assis sur les premiers bancs reçoivent seuls une lumière suffisante ; ils assombrissent par l'ombre de leurs corps la table placée derrière eux. Si un tableau noir est scellé au mur entre des fenêtres faisant ainsi face à l'élève, l'œil ébloui n'en peut liro les inscriptions. Toutes ces raisons ont fait proscrire le jour de face.
Celui qui est introduit par des fenêtres placées derrière l'élève offre encore des inconvénients. Il gêne le maître pour la surveillance par une cause analogue à celle qui vient d'être indiquée; l'instituteur ne voit pas distinctement les visages des enfants. Enfin l'élève voit l'ombre de son propre corps projetée tout entière sur son cahier ; il perd par là une notable quantité de lumière et court le risque de fatiguer sa vue. Employé comme jour supplémentaire, ce mode d'éclairage ne présente plus les mêmes inconvénients ; dans certaines écoles appartenant à des pays peu favo-
risés au point de vue de la lumière, à Loi, tamment, beauoup de classes prennent, trois côtés, à droite, à gauche de l'élève et derrière lui.
Le jour qui viendrait seulement à la droite de l'élève doit également être condamné, car il projette l'ombre de la main sur le cahier.
Ces diverses prohibitions ne laissent en somme subsister que deux modes d'éclairage sur les mérites respectifs desquels nous nous expliquerons plus loin : l'un, l'éclairage bilatéral* assuré par des fenêtres placées à la droite et à la gauche de l'élève ; l'autre, l'éclairage unilatéral, de g>>u<: à des ouvertures pratiquées d'un seul côté, à gauche de l'élève.
Il ne suffit pas, pour assurer à l'enfant un bon éclairage, d'examiner si les fenêtres sont placées à gauche ou à droite (le celui qui écrit, - . i
existe point devant ou derrière lui. li encore se préoccuper de leur orientation ai. à l'est, à l'ouest ou au nord; de leur haut de leur largeur ; de la couleur qui peuc pour le mur de la classe. Il faut enfin savoir de quelle hauteur sont les maisons situées vis- a-vis ; de combien de pas elles sont éloignées; à quel étage est la classe; si une distance moyenne u'un pas a été observée entre les bancs.
Dans l'ouvrage que nous avons cité, le docteur Colin a successivement noté toutes ces particularités, cherchant à se rendre compte de l'influence qu'elles peuvent avoir les unes et les autres ^ur la santé de l'organe visuel. Les 33 écoles mentionnées au tableau ci-dessus représentent 16G salles de classe. Leur inspection a suggéré les remarques suivantes :
« Dans 43 classes, 106 fenêtres, c'est-à-dire plus de la septième partie du nombre total des fenêtres dans les 1G6 classes (724), étaient à la droite de l'enfant. Chacun sait par expérience que, dans ce cas, l'ombre de la main est projetée sur le papier, au point même où l'on écrit, et qu'il faut se rapprocher très sensiblement de cette place ainsi assombrie, pour distinguer nettement les caractères tracés par la main. Dans 3 classes, même, la lumière était introduite exclusivement à droite de l'élève. Dans les 40 autres, des fenêtres existaient bien du côté opposé ; une partie des élèves n'en était pas moins incommodée par ce jour venant de la droite. Or il est à remarquer que dans les 20 écoles élémentaires de Brcslau, qui ont beaucoup d'ouvertures pratiquées à la droite des élèves, la proportion des myopes est assez élevée (14,7 °/0).
» Dans deux classes, les fenêtres sont placées devant l'élève ; c'est une disposition très défectueuse.
» La combinaison des jours de devant et de droite, qui ne devrait exister nulle part, se retrouve pourtant dans 26 classes.
» 4 classes ont l'éclairage par devant et par derrière, qui est encore fort mauvais.
» Le meilleur jour est à coup sih- celui qui vient du côté gauche seulement, car alors l'écriture est entièrement éclairée : c'est le ca» dans 76 classes.
» Si, outre les fenêtres de gauche, des fe îôtres ont été établies derrière l'élève, cela n'a pas d'inconvénient : cette installation a été remarquée dans 10 classes.
» 95 classes, c'est-à-dire plus de la moitié, sont donc bien éclairées.
» Pour la partie du ciel à laquelle on doit exposer les fenêtres, il est juste de reconnaître que le sud donne plus de lumière que le nord; 21 classes ne reçoivent que le jour du nord. La quatrième partie, à peu près, de toutes les fenêtres a reçu cette orientation. L'éclat de la lumière dépend de l'orientation ; un certain nombre d'élèves ne pouvaient pas lire le tableau d'essai dans une classe
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exposée au nord ; ils s'acquittaient de cette tâche dans une autre salle ayant même hauteur de fenêtres et d'étage, à la même distance que la première des constructions voisines, mais recevant la lumière! du côté sud.
» Pour les nouvelles constructions, on devra préférer l'orientation du sud ou celle de l'est, car les rayons du soleil du matin réchaufferont la classe, et en été l'on pourra se garantir aisément de la chaleur et des rayons solaires, au moyen de stores de toile. On a quelque raison de dire des fenêtres situées à l'ouest que l'étude de la journée ne se prolonge pas assez tard pour tirer de cette exposition un véritable avantage.
» La hauteur et la largeur des fenêtres ont naturellement leur importance au point de vue de la clarté de la classe. La hauteur des fenêtres dépendra de la hauteur de la salle. Une classe de 60 à 80 enfants devra, pour recevoir assez d'air respirable, tire élevée do 10 à 12 pieds; les fenêtres auront donc toujours au moins 6 pieds de hauteur et 4 de largeur. De petites fenêtres peuvent occasionner la myopie ; mais il vaut mieux posséder de petites fenêtres, donnant une franche lumière que n'assombrit pas le voisinage de maisons qui auraient été construites vis-à-vis, que de grandes fenêtres qui, par le motif qui vient d'être indiqué, ne donneraient que peu de lumière. Les classes sont plus sombres dans ce second cas que dans le premier.
» Si l'on donne à la hauteur de la fenêtre 80 à 100 pouces, à la largeur 50 à 60, une telle fenêtre représentera une surface vitrée de 4000 à 6000 pouces carrés. Si l'on compte vingt élèves par fenêtre, chaque élève aura pour sa part 200 à 300 pouces carrés. Dans ces conditions, une salle d'école est convenablement éclairée, si toutefois les bâtiments voisins ne s'opposent pas au libre passage de la lumière.
» Plus l'école est isolée, plus les rues qui l'entourent sont larges, plus l'étage est élevé, plus les ) aliments qui lui font face sont bas, moins il y a de- myopes. Les classes installées dans des bâtiments indépendants contiennent de 1,8 à 6, 6 °/0 de myopes, tandis que celles qui sont enfouies dans des ruelles étroites donnent de 7,4 à 15,1 °/0.
» La couleur des murs est aussi d'une grande importance. Elle ne doit pas être d'un blanc vif ni d'un gris foncé, car la lumière serait en partie absorbée et ne rayonnerait pas assez. Une peinture gris clair souvent renouvelée est salutaire à la vue.
» Un couloir ménagé au milieu de la classe et rompant les longues lignes des tables facilite la surveillance, mais éloigne un plus grand nombre d élèves des fenêtres et refoule ceux-ci dans la partie sombre de la pièce, si la lumière ne vient que d'un côté. Pour qu'on n'ait pas besoin d'ouvrir des fenêtres dans la paroi opposée, il faut établir de grandes baies et éloigner l'école des bâtiments voisins, afin que tous les élèves puissent recevoir de gauche et de derrière un jour direct.
» La section pédagogique de l'association silésienne a fixé comme règle : que pour doter les classes d'un éclairage convenable, il faut que l'école soit une construction isolée, pourvue de fenêtres hautes de 80 à 100 pouces, larges de 50 à 60, et placées à la gauche des élèves. »
M. Cohn ajoute qu'il ne voit pas d'inconvénient, I our son compte-, à ce que des ouvertures pratiquées derrière l'eiève viennent compléter l'effet de celles qui ont été ménagées à sa gauche. La meilleure orientation est l'est ou le sud. Comme, selon lui, il n'y a jamais trop de lumière dans une classe et que l'éclairage d'en haut par un toit de verre, comme en Amérique, ne sera pas introduit do longtemps en Allemagne, il conseille des fenê- 4,,os aussi hautes et aussi larges que possible, soit
100 pouces de haut sur 60 pouces de large, à raison de 300 pouces carrés de vitrage pour 20 élèves.
Cette question de l'affaiblissement de la vue par l'insuffisance de l'éclairage a préoccupé divers conseils scolaires qui ont formulé des règlements sur la matière. Un des plus précis est celui du Wurtemberg, qui porte la date du 28 décembre 1K70. Nous en donnons les prescriptions plus loin sous la rubrique Législation étrangère.
Les autres États de l'Allemagne ont suivi cet exemple ; et l'on retrouve dans leurs règlements scolaires la plupart des dispositions édictées par le Wurtemberg.
En Autriche-Hongrie, et dans la plupart des cantons suisses, l'éclairage unilatéral de gauche est seul autorisé. Le jour est proportionné a la capacité, à la largeur ou à la surface des classes. Les jours croisés sont absolument bannis. Ces règles ne sont pas édictées pour l'avenir seulement, mais les anciennes constructions sont modifiées conformément aux prescriptions nouvelles.
En Angleterre, la myopie paraît moins développée que dans d'autres pays. Doit-on attribuer cette enviable supériorité à la vie au grand air, si prisée par le peuple anglais, à ce fait que dans leurs écoles, certains exercices, la lecture, par exemple, se font souvent, non à la classe, mais au préau, et qu'ainsi l'enfant a l'occasion de reposer plus souvent la vue sur un champ lointain? Quoi qu'il en soit, il n'y a pas eu dans ce pays les préoccupations qui ont agité l'Allemagne à ce sujet.
L'administration française a pendant longtemps proposé comme règle que les classes devaient être éclairées par des fenêtres percées à la fois à gauche et à droite des élèves. Elle désirait surtout qu'une grande quantité de lumière pénétrât dans les salles, estimant que c'était encore le meilleur moyen d'obvier à tous les inconvénients relatifs à la myopie, à la déviation de la taille, etc., et qu'on ne pouvait par un autre procédé assurer à toutes les classes, quelle que fût leur dimension, la quantité de lumière nécessaire aux heures différentes du jour.
M. E. Trélat, directeur de l'École spéciale d'architecture, a vivement combattu ce système d'éclairage qui, selon lui, présente de graves inconvénients. Il a pris à tâche de les signaler dans deux opuscules intitulés : Lettres à M. le pié/et de la Seine, Paris, Morel, 1875.
Il pense d'abord que cet éclairage n'est pas sain pour l'œil au point de vue de sa propre conservation. Des fenêtres opposées engendrent de doubles lumières eide doubles ombres qui s'entre-détruisent. De là un éclairage faux qui trouble la vue de l'enfant et l'oblige à se rapprocher de l'objet de son travail. D'où, comme conséquence, la déformation du cristallin, l'approfondissement du globe oculaire, le développement de la myopie avec complication de déviation corporelle, accidents dont nous avons parlé plus haut. M. Trélat considère en outre que ce mode de répartir la lumière porte atteinte à l'épanouissement de certaines facultés qu'il importe de développer chez l'enfant et dont il y a lieu de s'occuper à l'école au moins autant qu'à l'atelier. C'est ce qu'il appelle l'éducation plastique de l'œil. Il entre dans quelques détails à ce sujet, et insiste sur les avantages qu'en peut retirer une race aussi particulièrement douée que la nôtre au point de vue artistique. Le développement donné depuis quelques années dans nosprogrammes d'enseignement à l'étude du dessin témoigne de semblables préoccupations. Avant d'apprendre à dessiner, il faut apprendre à voir. On ne peut apprendre à bien voir que dans un milieu correctement éclairé ; il faut donc fournir aux jeunes écoliers des salles d'étude dans lesquelles le sens do la vue s'exerce à saisir les éléments qui constituent la forme et la coulour.
ÉCLAIRAGE
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Ce n'est qu'avec de telles précautions que la capacité de distinguer les formes se développera en eux.
« Une salle qui reçoit le jour de deux côtés se trouve relativement aux ondes lumineuses clans les mêmes conditions qu'un bassin où l'eau pénétrant de toutes parts clapote sans cesse entre des courants qui se heurtent. Les silhouettes rompues ne se dégagent pas; les reliefs sont appauvris, les modelés sont perdus dans des valeurs effacées. La forme et la couleur se dérobent. Le regard se noie. L'œil fatigué d'avance se replie et ne fonctionne plus qu'à la défensive. Il est impossible de considérer ces classes comme des locaux propices h l'éducation visuelle. Ce sont des milieux pernicieux où l'œil ne s'exerce qu'au détriment de la vue, où le sens plastique se pervertit.
» Enfin, au point de vue pédagogique même, cette bonne direction que reçoit la lumière a son importance. L'élève doit rencontrer dans la salle d'études tout ce qui favorise le travail et commande l'application, le bien-être, le calme, le silence, l'absence de distractions. On doit donc y préparer une lumière calme, fixe, sans violence et sans éclats; les jours croisés de l'éclairage bilatéral, la lumière du midi, de l'est, de l'ouest ne peuvent assurer cet. éclairage calme, plein et constant. La lumière qui vient du nord peut seule le donner, car seule elle a ces qualités. Cette partie du ciel ne donnant jamais de lumière violente, puisque le soleil n'y paraît pas, l'éclairage y est d'une grande égalité, parce qu'il n'est modifié que par la plus ou moins grande densité aqueuse de l'atmosphère. C'est par ces motifs que l'artiste éclaire son atelier d'un jour pris au nord; c'est ce qu'il faut faire pour l'école, aussi bien pour ménager la santé de l'œil que pour favoriser son éducation. «
S'autorisant de l'exemple des Allemands, qui ne tolèrent dans les classes que le jour qui y pénètre par un seul côté, M. Trélat demande que la salle d'école soit éclairée par un jour unilatéral assez élevé pour laisser plonger la lumière jusqu'aux parties profondes de la pièce.
Plusieurs objections ont été faites à ce système.
I. On a craint que la classe, éclairée d'un seul côté, ne reçût pas une quantité de lumière suffisante, et qu'elle ne fût pas éclairée également dans toutes ses parties ; on s'est demandé par exemple si les élèves placés au fond d'une salle qui aurait G à 8 mètres de profondeur, mesure commune à un grand nombre de classes, ne demeureraient pas dans une obscurité relative par rapport à ceux dont les pupitres seraient disposés le long des fenêtres. On n'admet pas sans regret qu'on renonce ainsi volontairement à la quantité de lumière que procureraient les ouvertures pratiquées à la droite de l'élève, lumière qui viendrait, vers le soir surtout, renforcer avec tant d'opportunité celle qui diminue inévitablement de l'autre côté.
IL L'irradiation solaire procure certains avantages à la classe, qui, bien ensoleillée, est plus agréable, plus gaie, et à coup sûr plus saine. N'estil pas étrange de l'en priver? N'est-il pas illogique d'orienter au nord la salle de classe où l'enfant est assis à son banc et demeure dans une immobilité presque absolue pendant plusieurs heures, tandis que le préau où l'enfant peut jouer et courir sans avoir a redouter le froid, aura l'exposition du midi ? Bien que l'éclairage soit unilatéral, on pratique néanmoins dans le mur opposé aux fenêtres des baies destinées à l'aération et à l'insolation de la classe; ces baies seront garnies de volets pleins qu'on ouvrira après le départ des élèves. Mais peut-on compter que l'instituteur observera fidèlement cette prescription? Dans un si court intervalle, le soleil pénétrera-t-il dans la classe assez de temps pour l'aérer et pour la réchauffer"?
III. Avec des baies d'égales dimensions et disposées d'un seul côté, l'orientation au nord donnera beaucoup moins de clarté que celle au midi. Et d'ailleurs peut-on orienter de même toutclasses d'une école?
IV. La classe étant éclairée au nord, ne souffrira t-on pas de la réflexion de la lumière du midi provenant des bâtiments qui font face aux fenêu .->? On sait que cette lumière réfléchie est autrement intolérable et dangereuse pour la vue que la lumière directe.
V. Si une vue fatiguée craint la lumière solaire un peu vive, les yeux des enfants en seraient-ils également affectés?
Telles sont les principales objections que rencontre ce système. Elles ont été formulées à ] a près dans ces termes par le rapporteur de la commission ministérielle qui a préparé les éléments du règlement scolaire de 1880 et devant laquelle la question a été longuement discutée.
Il a été répondu :
La lumière solaire nous est envoyée de trop loin pour que l'on ait à se préoccuper d'une distance aussi minime que celle qui sépare les fenêtres de la classe du mur qui leur est opposé. Si la source de lumière est située, comme on le croit généralement, à 10 kilomètres, que seront, par rapport à cette grande distance, les 8 ou 10 mètres de largeur de classe que le rayon lumineux devra franchir pour pénétrer jusqu'au mur opposé aux fenêtres ? On peut être assuré que le jour sera aussi pur, aussi abondant au fond de la classe que près des fenêtres, si l'on a donné à celles-ci une hauteur suffisante: une suite de calculs fon simples permet de déterminer le rapport qui doit exister entre la profondeur de la salle et la hauteur des ouvertures.
M. Trélat établit ce rapport de la manière suivante :
« 1° Le linteau de la baie d'éclairage devra être placé au-dessus du parquet à une hauteur égale aux soixante-six centièmes de la mesure totale qui exprime la profondeur de la classe augmeuiée de l'épaisseur du mur. Ainsi, pour une classe de 7 mètres de profondeur avec des murs de 0m,ô0 d'épaisseur, le linteau sera placé à la hauteur qu'indique la formule ci-dessous :
H = (7ra,00 + 0,50) X 0,G6 = 4m,95 .
» 2° L'appui des baies d'éclairage doit dégager la lumière à 45 degrés sur les premières places defl tables situées du côté de ces ouvertures; cela implique la nécessité de ne jamais élever l'appui à une hauteur qui dépasse celle des tables augmentée de la largeur du passage réservé le long du mur. Ainsi, pour des tables de 0m,T0 et un passage de 0m,80, l'appui sera placé au-dessus du parquet à une hauteur maximum de lm,20 (0,70 -f- 0m,8u).
» 3° Il ne doit pas y avoir de trumeau dans le flanc d'éclairage de la classe. La baie d'éclairage doit être unique et séparée par des meneaux. Elle devra embrasser dans sa largeur le profil total des tables diminué de la largeur du dernier banc.
» Si, dans la construction, les trumeaux ne peuvent être évités, leur largeur ne doit pas excéder la distance d'une table h l'autre (on ne tient pas compte des bancs), augmentée de la largeur du passage réservé le long des fenêtres. On est ainsi assuré que le trumeau ne porte ombre sur aucune des extrémités des tables.
» Enfin, comme dernière garantie, les espaces extérieurs sur les flancs des classes devront Être dégagés de tout obstacle pouvant nuire à l'efficacité de l'éclairage ou de l'insolation. »
La formule suivante, empruntée par M. Trélat à M. le Dr Javal, précise cette règle :
« Si on trace une ligne droite qui s'appuie sur l'extrémité supérieure de la table la plus éloigné*
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du jour et sur l'appui des fenêtres, et qu'on prolonge cette ligne au dehors, aucune construction ne doit en aucun point dépasser cette ligne en hauteur. »
Ces prescriptions diverses observées, on est assuré, selon les partisans de l'éclairage unilatéral, de posséder une lumière abondante sans être excessive, simple, régulière, égale dans les diverses parties de la salle, tombant directement et sans obstacles sur les tables de travail, favorable aux yeux, car l'élève n'en voit pas la source quand il lit, écrit ou écoute le maître. La classe éclairée de la sorte par des fenêtres d'une hauteur suffisante n'a nul besoin d'un jour supplémentaire venant du côté opposé. Tant que la clarté subsiste au dehors, le fond de la classe sera aussi clair que la partie antérieure, en hiver même à l'époque des jours les plus courts.
Quelques personnes ne partagent pas cette opinion. L'expérience leur a démontré que le soir surtout, quand la lumière baisse, si les élèves rapprochés des fenêtres voient difficilement, ceux qui sont installés au fond de la classe ne distinguent plus rien.
Convaincues des avantages du jour unilatéral, elles ont voulu les conserver, tout en créant une lumière de secours au fond de la classe pour les élèves placés à l'opposé des grandes fenêtres. Admettant, comme les partisans du jour unilatéral, qu'à la gauche des élèves on dispose une très grande partie vitrée mesurant par exemple 10 mètres de surface, ils proposent d'établir à leur droite un second jour d'importance secondaire que procurerait un châssis mesurant seulement 5 mètres. Ce serait alors un éclairage bilatéral, mais avec intensités lumineuses différentes, ce qui remédierait aux inconvénients du jour bilatéral équivalent.
Avec des croisées de dimensions semblables placées à droite et à gauche des élèves, disent les partisans de ce système intermédiaire et tout de conciliation, la lumière ne peut être pure si le côté droit est exposé au midi; la grande intensité de la lumière produit une ombre gênante du côté gauche et des croisements de lumière qui fatiguent la vue.
En supprimant l'équivalence des ir.1^ ;-'tcs lumineuses opposées, le mal cesse, et un éclairage commode, avantageux en résulte, car l'intensité la plus vive subsiste du côté gauche, l'ombre est portée de gauche à droite ; il n'y a pas de croisements lumineux, résultat identique à celui que procure l'éclairage unilatéral.
Ce procédé d'éclairage a été surtout patronné par M. Ferrand, architecte, sur les conseils du Dr Galezowski.
Aux arguments des défenseurs de l'éclairage bilatéral équivalent, ou de l'éclairage bilatéral différentiel, on peut répondre ce qui suit :
1. L'insuffisance d'éclairage reconnue à certaines neures, dans des classes qui ne reçoivent le jour que d'un côté, s'explique aisément. Dans ces classes l'éclairage unilatéral est le résultat du hasard. Il n'a pas été établi dans des conditions de nature à assurer son bon fonctionnement. La hauteur des fenêtres n'a pas été proportionnée à la profondeur de la pièce. La lumière n'est insuffisante que p;irce qu'elle a été mal distribuée et non point parce qu'elle vient d'un seul côté. Quant à l'éclairage bilatéral différentiel, il a tous les inconvénients des éclairages bilatéraux à fenêtres semblables des deux côtés. Ces dernier sont même tous différentiels, quanta la valeur de la lumière, sinon quant à la dimension respective des baies opposées. Une lumière d'égale intensité ne peut venir de deux points opposés de l'horizon. Une classe qui a des fenêtres au nord et au midi, ou bien à l'est et à l'ouest, sera par là même dotée d'un éclairage bilatéral différentiel. Dans l'un
comme dans l'autre cas, les ombres portées serontplus fortes d'un côté que de l'autre, et elles varieront notablement d'après les heures de la journée. L'éclairage bilatéral, différentiel ou non, ce qui revient au même, subsiste donc seul avec ses avantages et ses inconvénients en présence de l'éclairage unilatéral.
II. Les partisans de ce dernier mode d'éclairage défendent leur système d'orientation au nord en faisant remarquer que la classe ne sera pas privée de l'action bienfaisante des rayons solaires, puisque les baies qui, d'après les principes posés par eux, doivent toujours être ménagées dans la paroi opposée aux fenêtres, recevront pendant les classes le soleil sur leurs volets et seront ouvertes dans l'intervalle des leçons pour le laisser pénétrer à l'intérieur. Dans l'état actuel, ne recommande-t-on pas aux instituteurs d'aérer la classe, dô^ que les élèves l'ont quittée, en ouvrant toutes les fenêtres? En quoi la prescription d'ouvrir les volets differet-elle de cette règle établie depuis si longtemps? pourquoi serait-elle inexécutable?
III. Si toutes les classes d'une école sont placées à la suite les unes des autres au rez-dechaussée, non dans une rue étroite, mais au milieu d'un espace libre, l'orientation au nord ne rencontrera plus de difficulté, et, si elle donne moins de clarté que celle du midi, elle procurera au moins à l'élève cette lumière calme, simple et toujours égale, favorable aux yeux au double point de vue ci-dessus indiqué.
IV. Cette condition d'un espace libre autour de l'école est indispensable, aussi bien pour permettre au jour introduit d'un seul côté de plonger au fond de la salle, que pour éviter la réflexion de la lumière du midi produite par des maisons voisines, situées en face des fenêtres.
V. La lumière solaire directe doit être évitée avec le plus grand soin. Si elle est justement redoutée des vues fatiguées, les enfants eux-mêmes doivent en être préservés. L'action des rayons solaires est telle qu'on prend, chacun le sait, toutes les mesures possibles pour s'en garantir. Des rideaux ou stores sont généralement placés dans les salles éclairées de deux côtés devant les fenêtres exposées au midi. On les tire quand les rayons du soleil pénètrent dans la classe. Les volets en bois qu'on fermera pendant les heures d'étude tiendront lieu de stores.
Tels ont été les éléments de la discussion soulevée par cette question de l'éclairage des classes dans la commission ministérielle qui s'est réunie en 1879 et 1880.
De savants spécialistes, les docteurs Liebreichr Gavarret, Gariel et Javal, ont été successivement entendus par elle. Ils ont cru devoir faire certaines réserves sur plusieurs des arguments émis par M. Trélat en faveur de l'éclairage unilatéral.
D'après leur opinion, l'éclairage bilatéral ne présentera aucun danger, si des stores translucides arrêtent les rayons solaires directs ou permettent d'établir une différence d'éclairement entre les deux côtés, au cas où celle qui se produirait naturellement ne serait pas jugée suffisante. Dans tous les cas, la lumière venant de gauche devra être la plus intense.
Le système d'après lequel l'éclairage bilatéral passe pour nuisible $ la conservation de la vue ne repose sur aucune base théorique. Avec l'éclairage bilatéral, les courants d'air nécessaires à la ventilation seront faciles à établir, et l'insolation se fera largement.
L'éclairage unilatéral est sans inconvénient pour une classe dont la largeur ne dépasserait pas i mètres. Pour les salles plus larges, il convient d'ouvrir de nouvelles baies du côté opposé. Ces fenêtres auront de chaque côté une hauteur au moins égale à la moitié de la largeur de la classe.
ÉCLAIRAGE
ÉCLAIRAGE
L'axe de la classe, dirigé du nord au sud/donnera des fenêtres à l'est et à l'ouest, système qui présente l'avantage d'éclairer au mieux pendant les courtes journées d'hiver. On pourrait môme incliner l'axe plutôt vers le nord-est que vers le nordouest, pour recevoir le soleil plus longtemps le matin que le soir. Autant que possible le maître lace au midi pour qu'il reçoive, pendant les jours courts, la lumière plutôt par derrière que par devant.
Il faut éviter les constructions trop rapprochées de l'école. Si l'on réserve de part ut d'autre de l'axe de l'école un espace libre, d'une largeur au moins égale au double de la hauteur des plus grandes constructions en usage dans la contrée, on aura amplement satisfait aux exigences d'un bon éclairage bilatéral.
La commission a pensé, de son côté, qu'il n'y avait aucun inconvénient à admettre en principe les deux modes d'éclairage, qui sont appelés l'un et l'autre à rendre des services, suivant la disposition des classes, leurs dimensions, etc.
Les articles du règlement préparé par elle et adopté par le ministre sont ainsi libellés :
>< Art. 15. — L'éclairage unilatéral sera adopté toutes les fois que ies conditions suivantes pourront être réunies :
» 1° Possibilité de disposer d'un jour suffisant;
» 2° Proportion convenable entre la hauteur des fenêtres et la largeur de la classe (art. 24) ;
» 3° Établissement de baies percées sur la face opposée à celle de l'éclairage (rx2°'j et destinées à servir à l'aération et à l'introduction du soleil pendant l'absence des élèves.
» Lorsque l'éclairage sera unilatéral, le jour viendra nécessairement de la gauche des élèves.
» Art. 16. — Lorsque les conditions qui précèdent ne pourront être réalisées, on aura recours à irage bilatéral, avec éclairage plus intense h la gauche qu'à la droite.
» Art. 17. — On ne percera jamais de baies d'éclairage dans le mur qui fait face à la table du maître, ni, à plus forte raison, dans celui qui fait face aux élèves.
» Art. 18. — L'éclairage par un plafond vitré est interdit.
» Art. 19. — Les fenêtres seront rectangulaires.
» En cas d'éclairage unilatéral, le linteau des fenêtres sera placé au moins à une hauteur égale aux deux tiers de la largeur de la classe. Dans tous les cas, le dessus du linteau des fenêtres devra atteindre le niveau du plafond (art. 24).
» Art. 20. — L'appui des fenêtres sera taillé en glacis sur les deux faces et élevé de lm,20 au-dessus du sol.
» Art. 21. — Que la classe soit éclairée d'un côté ou de plusieurs côtés, par une baie unique ou par plusieurs fenêtres, les dimensions de ces ouvertures devront toujours être calculées de façon que la lumière éclaire toutes les tables.
» Dans le cas d'éclairage bilatéral, les baies placées à la gauche des élèves seront au moins égales en largeur à l'espace occupé par les tables.
» Art. 22. — La largeur des trumeaux séparant les fenêtres sera aussi réduite que possible.
» Art. 23. — Les fenêtres seront divisées en deux parties. La partie inférieure, dont la hauteur sera égale aux trois cinquièmes de la hauteur totale, s'ouvrira à battants. La partie supérieure, formée de panneaux mobiles, s'ouvrira à l'intérieur.
» Art. 24. —La hauteur sous plafond sera au moins de 4 mètres.
» Si l'éclairage est unilatéral, cette hauteur devra être au moins égale aux deux tiers de la largeur de la classe augmentés de l'épaisseur du mur dans lequel les fenêtres sont percées. »
Telles sont les prescriptions énoncées au règle-
ment ministériel de 1880. Les rédacteurs de ce document ont pensé qu'il était indispensable de tenir compte des conditions particulières qu .-l'emplacement ou la proximité de hautes bâtisses imposent parfois à l'architecte, privé par la. d'une cert'dne liberté; ils se sont rappelé , en outre, que la France est un pays d'un climat tempéré, mais dont le territoire est assez étendu pour que certaines de ses régions soient plus favorisées que d'autres sous le rapport du soleil et de la lumière ; ils ont renoncé, en conséquence, à l'adoption d'une formule uniforme applicable en toute circonstance. En ce qui nous concerne, nous acceptons volontiers ce moyen terme. Il est inconrestable que l'éclairage unilatéral, assuré par de hautes et larges fenêtres, donne une lumière agréable, favorable à la vue, éminemment propre à faciliter le travail. Deux écoles ont été construites dans ces conditions, il y a quatre ans : l'une à. Essonnes, par M. Simonet, sur les indications de M. Trélat ; l'autre à Saint-Denis (cours Chavigny),par M.Laynaud. On peut les considérer comme des types d'écoles éclairées unilatéralement. Le jour y est abondant, et une disposition particulière, qui consiste dans la forme parabolique donnée au plofond, a pour effet de rendre la lumière aussi égaie que possible dans toutes les parties de la classe. A Essonnes, les baies d'éclairage sont exposées au midi. Leur hauteur atteint la moitié de la profondeur de la salle. A Saint-Denis, le bâtiment principal est orienté au midi, les ailes latérales à l'est et à l'ouest : il y a dans chaque classe deux fenêtres de 4 mètres de hauteur sur 2 mètres de largeur; le linteau est à 5 mètres du sol ; la salle est carrée et mesure 7m,70 sur 7m,70.
Si des données analogues ne pouvaient être, pour un motif quelconque, acceptées par un architecte, si, par exemple, les chiffres fixés ci-dessus pour la profondeur des salles devaient être dépasses, si des constructions voisines ou des arbres empêchaient le libre accès de la lumière, il est douteux que des baies ouvertes d'un seul côté procurassent un jour suffisant aux élèves placés près de la paroi opposée aux fenêtres.
Selon les préceptes de M. Trélat, une salle de 8in,50 de largeur suppose une élévation sous plafond de 6 mètres au moins, la baie devant atteindre cette hauteur. Cet agrandissement du vaisseau ne facilite guère le chauffage ; on n'obtiendra qu'avec plus de temps et de dépenses, par conséquent, dans les grands froids, les 15 degrés centigrades réglementaires : ajoutons qu'il n'est guère plus favorable au maître, qui aura quelque peine à parler sans fatigue pendant six heures par jour dans ce vaste espace.
lin pareil cas, il ne faudrait pas, selon nous, hésiter à recourir à l'éclairage bilatéral, seul admissible dans les grands locaux, l'éclairage unilatéral convenant plutôt aux classes petites et moyennes.
Quant a l'orientation, celle du nord présente à nos yeux de graves inconvénients. Nous conseillerons- celle de l'est ou du nord-est. On profitera de la sorte, dès le matin, de l'action bienfaisante des rayons solaires ; ils contribueront sensiblement à échauffer la température de la classe.
[A. Dethomas.]