‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 365 sur 547 · LÉGISLATION ÉTRANGÈRE · texte numérisé non relu

LÉGISLATION ÉTRANGÈRE

PRUSSE. — Il résulte d'une décision du ministère des cultes, publiée dans le Centralblatt (Bulletin officiel) de janvier 1880, que l'administration prussienne s'est prononcée en faveur de l'éclairage unilatéral. Voici le texte de cette décision :

a En réponse au rapport du sur la reconstruction de l'école catholique a X., je porte à la connaissance de la régence de Z. que les raisons

ÉCLAIRAGE

ECLAIRAGE

invoquées par les intéressés en faveur du maintien de l'éclairage bilatéral ne sont pas suffisantes pour lever les objections du bureau technique de mon ministère. L'éclairage bilatéral ne peut être admis pour les salles de classe, et comme la dépense que nécessitera la transformation ordonnée n'est pas considérable, il n'y a aucun motif pour conserver une disposition condamnée au point de vue sanitaire. Il y a donc lieu de murer entièrement les fenêtres du côté de la rue, et de ne donner accès à la lumière que par des fenêtres percées du côté de la cour et montant jusqu'à la hauteur du plafond. »

WURTEMBERG. — Le règlement du 28 décembre 1870 sur les constructions scolaires contient (art. 10, 11 et 13) les prescriptions suivantes :

a L'éclairage est d'autant meilleur, que la lumière tombe de plus haut. Pour les salles de dessin, il est désirable que l'éclairage vienne du plafond ; quant aux salles de classe, les fenêtres devront en être aussi élevées qu'il sera possible.

» La disposition des fenêtres d'une salle de classe devra être telle que les élèves reçoivent la lumière du côté gauche, et, si l'on veut, aussi du fond ; il ne doit point se trouver de fenêtre dans le mur contre lequel est placée l'estrade du maître; il faut éviter de même un éclairage venant de fenêtres placées à. droite et à gauche, des deux côtés de la salle.

» Si le bâtiment scolaire est complètement indépendant et que rien n'y gêne l'entrée de la lumière, la surface totale des fenêtres d'une salle devra être égale au sixième de la surface du plancher; si le voisinage d'autres bâtiments, etc., intercepte en partie la lumière, la surface des fenêtres devra être égale au quart de celle du plancher.

» La distance du bas de la fenêtre au plancher ne doit pas être moindre d'un mètre; la lumière qui entre à un niveau inférieur à la hauteur des tables est inutile, et peut être nuisible en produisant Téblouissement. La largeur des trumeaux ne dépassera pas lm,30.

» Les fenêtres doivent être construites de façon à pouvoir être en tout temps complètement ouvertes. En outre, pour faciliter la ventilation pendant la durée des leçons, certains carreaux des fenêtres, de préférence ceux de la partie supérieure, doivent pouvoir être ouverts isolément au moyen d'un agencement spécial.

» Les vitres doivent être claires ettransparentes. Si, malgré le nettoyage, une vitre reste terne, elle devra être remplacée.

» L'eau provenant de la condensation de l'humidité de l'air sur les vitres sera recueillie dans des gouttières et conduite au dehors.

» L'usage des doubles fenêtres ne peut être autorisé que si celles-ci sont munies d'appareils de ventilation convenables.

« La lumière du soleil, directe ou réfléchie par les bâtiments voisins, ne doit pas entrer dans la salle de classe pendant les leçons. Pour s'en préserver, on n'emploiera ni volets ni jalousies, mais seulement des stores intérieurs, recouvrant exactement la surface entière de la fenêtre. Ces stores seront d'étoflfe blanche s'il s'agit de lumière réfléchie, d'étoffe de couleur unie, grise, gris-bleu ou vert-pâle s'il s'agit de la lumière directe ; la nuance ne sera pas trop sombre.

» Les salles de dessin, celles surtout où l'on dessine d'après la bosse, ne doivent p^int recevoir de lumière solaire directe pendant les leçons; les stores pour ces salles seront faits en toile blanche unie. »

Autriche. — Le règlement autrichien du 9 juin 1873, sur la construction des bâtiments scolaires, reproduit en substance les dispositions du règlement du Wurtemberg.

On y trouve en outre deux prescriptions nouvelles. La forme des fenêtres sera toujours quadrangulaire, la forme arrondie n'est pas admise; — lorsqu'il sera nécessaire d'empêcher de voir à, travers la partie inférieure de la fenêtre, on emploiera des moyens appropriés, par exemple une application de blanc de zinc sur les vitres.

BELGIQUE. — Le programme pour la construction et l'ameublement des maisons d'école, du 27 novembre 1874, contient à l'art. G, sous le titre de distribution de la lumière, les dispositions sut-, vantes :

« On donnera aux salles la forme rectangulaire avec angles légèrement arrondis; les fenêtres seront placées latéralement.

» Celles-ci seront pratiquées, autant que possible, dans la direction du sud-est et du nord-ouest.

» S'il y a impossiblité de disposer les fenêtres de deux côtés, on en établira au moins à la gauche des élèves; on en pratiquera, en outre, s'il est possible, dans le mur opposé à l'estrade.

» Le nombre représentant la surface vitrée des fenêtres sera au moins égal au 20e du nombre représentant la capacité cubique de la salle.

» Les carreaux inférieurs pourront être en verre dépoli.

» La partie supérieure des châssis sera disposée de manière à pouvoir s'ouvrir à volonté.

» Les côtés et le bas des baies des fenêtres seront évasés.

» Les fenêtres seront garnies de stores disposés de manière à se déployer de bas en haut, au lieu de se développer de haut en bas.

» Dans les écoles où l'on emploie la lumière artificielle (classes du soir, classes d'adultes, etc.), on aura soin d'expulser au dehors les produits viciés de la combustion en plaçant, au-dessus des appareils d'éclairage, des tuyaux fumivores mis en communication avec une cheminée d'appel, et disposés de façon à activer la ventilation. On réservera, entre les tables de travail et les réflecteurs, une distance d'environ lm,20, afin de protéger la tète des élèves contre un excès de température. »

HOLLANDE. — Le règlement hollandais du 6 septembre 188 0, sur la construction et la disposition des locaux scolaires, ne dit que peu de choses de l'éclairage. Il se contente des prescriptions suivantes :

« Les fenêtres doivent être disposées de façon que la salle soit convenablement éclairée et que la lumière trop intense puisse être adoucie.

» La partie supérieure des fenêtres doit pouvoir être en tout temps facilement abaissée. » (Art. 10.)

ANGLETERRE. — Les règles pour la construction et l'aménagement des écoles, annexées au Code scolaire de 1870-1871, sont ainsi conçues :

« Art. 13. — Les fenêtres doivent ô;re de verre, les châssis étant de bois ou de métal.

» Art. 14. — L'appui des fenêtres ne doit pas être placé à plus de 4 pieds du parquet.

» Art. 13. — Une grande partie du vitrage de chaque fenêtre doit pouvoir s'ouvrir. »

ESPAGNE. — Extrait des recommandations votées par une commission ministérielle en date du 30 décembre 1869 :

« Art. 4. — Il doit y avoir au minimum 14 décimètres carrés de fenêtre par élève.

» Art. 5. — L'école doit être éclairée par des fenêtres hautes; il n'y a pas d'inconvénient à ce que la lumière vienne des deux côtés, vu les conditions climatologiques de notre pays, et l'absence de vents réguliers, qui rend difficile une orientation convenable des bâtiments scolaires. »

Portugal. — Le règlement en vigueur porte ce qui suit :

« L'étendue des classes ouverte à la lumière ne sera jamais inférieure à 10 centimètres carrés pour

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chaque mètre interne ; elle pourra s'élever jusqu'à 20 ou 25 centimètres carrés.

» La largeur des fenêtres ne sera jamais inférieure à lœ,'20, et intérieurement elle devra être encore plus grande; les fenêtres seront faites de manière à s'ouvrir en dedans ; celles du système Hurwood seront préférées.

8 On cherchera à donner aux écoles l'exposition du sud-ouest, la plus favorable au climat du Portugal. »

ECLAIRAGE ARTIFICIEL OU NOCTURNE. — Dans les écoles primaires rurales, les classes finissent avec le jour; elles n'exigent pas, par conséquent, d'éclairage artificiel ou nocturne. Dans les écoles urbaines, au contraire, certaines leçons spéciales, certaines classes destinées aux élèves les plus avancés (sans parler des cours d'adultes), ont lieu le soir, ou ne finissent pas, en hiver, au moment précis de la chute du jour. 11 est donc nécessaire de prévoir, dans ces établissements, un mode d'éclairage spécial pour le travail du soir.

Jusqu'à ces dernières années, on s'est contenté, pour atteindre le résultat désiré, de suspendre au plafond des appareils d'éclairage alimentés par l'huile ou le gaz. Ce procédé, encore en usage dans la plupart de nos écoles, offre des inconvénients faciles à comprendre. Si les appareils sont placés bas, ils échauffent beaucoup la tête des élèves; s'ils sont placés haut, ils ne les éclairent pas. Ils les éclairent par en haut, en arrière, à droite ou à gauche, au hasard, comme la chose se présente. Cette situation s'est modifiée depuis qu'on a commencé à se préoccuper de l'installation des bâtiments scolaires. Le point de départ des recherches faites a été le désir très sage de disposer l'éclairage nocturne suivant les mêmes principes que l'éclairage diurne.

En Allemagne, en Autriche, en Belgique, des expériences jnt été récemment faites à ce sujet; et comme ces pays ont adopté l'éclairage unilatéral diurne, on a cherché à obtenir l'éclairage unilatéral nocturne.

Ainsi, à Prague, dans une école du Hradschin, des classes de 6 mètres de largeur sont éclairées au moyen d'une rampe à gaz, ou plutôt de foyers à gaz placés au milieu des trumeaux des fenêtres, aux deux tiers environ de leur hauteur. Ces appareils sont munis de réflecteurs et entourés de globes en verre légèrement fumé. Cette combinaison est assez ingénieuse : mais les élèves placés au premier rang sont incommodés par l'excès de lumière et de chaleur ; ceux qui sont placés au dernier y voient à peine suffisamment. Si on augmente la production de la lumière, les élèves du premier rang ne peuvent rester à leur place; si on la diminue, les élèves du dernier rang ne voient plus rien.

A Berlin, on a, dans les classes d'une école de la rive droite de la Sprée, essayé de remplacer les appareils à gaz par une série de lampes accrochées à côté et devant les fenêtres au moyen de supports mobiles enlevés durant le jour. Ces lampes occupent, sur deux rangs, toute la longueur de la classe ; la chaleur et la lumière qu'elles produisent sont donc ainsi plus également réparties qu'à l'école de Prague.

On tente en ce moment, à Bruxelles, l'emploi d'une rampe à gaz placée au-dessus du linteau des fenêtres.

Enfin, à Glasgow, on a essayé l'emphi de plafonds lumineux.

Ces procédés varient dans l'application, mais leur principe re.^te le même; aussi ne peuvent-ils donner des résultats pratiques satisfaisants. Les appareils à gaz ne répartissent pas assez la lumière, puisqu'ils ne peuvent que difficilement être placés au devant des fenêtres et doivent rester dans les trumeaux. L'entretien, la mise en place

et l'enlèvement d'un grand nombre de lampes est une cause de gêne, d'embarras et de malpropreté. Ces moyens sont trop compliqués, trop coûteux, d'un emploi trop difficile, pour pouvoir entrer dans la pratique.

Un procédé plus simple doit, suivant nos indications, être appliqué dans les écoles de la ville de Luxembourg. Les appareils d'éclairage seront placés au-dessus des passages réservés entre I i bancs des élèves ; ils ne descendront qu'à 1 mètre des tables et pourront, en cas de besoin, se rele I ver pendant le jour.

Chaque appareil n'est destiné à éclairer que deux tables (quatre élèves); la lumière viendra à la gauche des élèves. Un réflecteur en augmentera l'intensité à gauche et empêchera en même temps qu'elle ne vienne gêner les élèves du rang voisin en les éclairant à droite. Ce ne sera pas là un éclairage unilatéral absolu, nuis un éclairage bilatéral différentiel.

Les appareils n'ont besoin d'aucune combinaison spéciale autre que celle de l'a^nccment du réflecteur. La manière de les disposes', seule, offre une différence avec celle qui est ordinairement en usage.

Maintenant, comme conditions générales, il faut ajouter que l'emploi des lampes à huile minérale doit être absolument interdit; que l'emploi des verres dépolis est mauvais, parce que les verres de cette nature diffusent la lumière d'une façon blessante pour les yeux (D1' Liebreich) ; que, dans le cas d'appareils à gaz, le dessous des tubes doit être garni de petites corbeilles métalliques qui, en cas d'explosion, reçoivent les débris du verre et les empêchent de tomber sur les élèves ou sur le sol. [F. Narjoux.]

ÉCOLAGE. — V. Rétribution scolaire.

ÉCOLATRE. — Nom donné, avant la Révolution, à un auxiliaire de l'évêque chargé de la direction et de la surveillance des écoles, et dont l'autorité s'étendait généralement atout le diocèse. Claude Joly*,chantre et chanoine de l'église métropolitaine de Paris, juge et directeur des écoles de grammaire ou petites écoles de la ville, faubourgs et banJieue de Paris, donne, dans son curieux ouvrage intitulé Traité Iris orique des écoles épiscopales et ecclésiastiques, 1678, des détails sur l'institution des escholastres et leurs attributions. Selon lui, dans les commencements de l'Eglise catholique, le grand chantre, souvent appelé primicerius, était chargé de la direction des écoles épiscopales et abbatiales. « Mais nous avons vu, ajoute-t-il, que cette intendance et conduite si importante a été discontinuée par la négligence de ceux qui y étaient préposés... C'est pourquoi il a fallu enfin que les pasteurs de l'Eglise se soient réveillés, et qu'ils aient préposé des officiers nouveaux au lieu de ces grands chantres, qui avaient négligé en beaucoup d'églises cette intendance ; lesquels on a appelés de divers noms, dont celui de scolastique, ou écolàtre, est le plus commun, comme le plus convenable à l'office qu'on leur avait donné d'avoir soin des écoles.

» Ces scholastiques ont été appelés diversement dans les églises, savoir écolâties ou maitres-écolo, comme à Orléans, Amiens, Arras, Soisson?, et autres lieux, et capischols en Gascogne. Ils ont été aussi nommes chanceliers en quelques églises, principalement aux vilies où il y a Université.

» Cette charge d'écoiùtre était autrefois comme un degré pour parvenir plus haut, et souvent aui évèchôs. Ainsi Alcuin, précepteur de Charlemagne, fut écolàtre, et après abbé de Saint-Martin de Tours; Gerbert, précepteur d'Othon 111, fils d'Othon II. empereur, et encore de Robert, fils de Hugues Capet, roi de France, fut écolàtre, et depuis archevêque de Reims et de Ravenne. et enfin pape sous le nom de Sylvestre II, lequel

ECOLE

ÉCOLE

Grrbort fait voir en ses épîtres qu'il tenait cette qualité, d'écolàtro à honneur, se la donnant plusieurs lois en ses épîtres. Saint Bruno, fondateur de l'ordre des chartreux, avait été écolâtre de Reims. Marbod, évêque de Rennes, avait été écolâtre d'Angers. Honoré fut écolâtre et après évêque d'Autun; Adelme, et Vato ou Wazo, de Liège; Anseaume, de Laon ; Fulbert, de Chartres ; Gilbert, de Poitiers; et autrçs en grand nombre.

» Mais il y a encore d'autres personnes dans

l'Eglise, qui ont été instituées pour enseigner, lesquelles il ne faut pas confondre avec les précédents, comme aucuns font... Ces nominations particulières (d'ecclésiastiques commis à l'enseignement de la jeunesse) ne concernent point la direction des écoles dans les églises cathédrales, laquelle appartient de droit aux chantres, scholastiques, ou chanceliers qui y sont établis d'antiquité, pour prendre soin de faire enseigner la jeunesse par des personnes capables, et pour avoir l'œil sur la doctrine et les mœurs des maîtres qu'ils commettent... De même il faut faire distinction entre les chantres et les écolâtres des églises cathédrales, qui sont d'ancienne institution pour avoir intendance et gouvernement sur les écoles des diocèses, et entre les théologaux et les autres ecclésiastiques qui ont des prébendes préccptoriales, établis seulement pour enseigner par euxmêmes de vive voix, sans juridiction ni conduite générale sur les écoles publiques. » — V. Chantre.

ÉCOLE. — Ce mot pourrait être suivi non pas d'un article, mais de tout un volume : car l'histoire de i'école, c'est l'histoire de l'instruction publique, et la théorie de l'école, c'est peu s'en faut la doctrine pédagogique tout entière. Presque toutes les questions d'organisation, de méthode ou d'enseignement auxquelles nous consacrons des articles spéciaux auraient pu trouver place au mot ÊcAe, s'il s'étendait assez pour les contenir. Afin de rester dans le cadre du Dictionnaire et d'éviter les répétitions qui ne sont pas indispensables à la commodité des recherches, nous prenons le mot école dans son acception la plus étroite, et indiquons par des renvois les principaux articles auxquels il y aura lieu de se reporter pour les développements que nous supprimons ici.

h'tymologie. — Que signifie et d'où vient le mot école? La question est moins facile à répondre qu'on ne serait porté à le croire. Le mot grec schofé désignait le loisir, le repos, la cessation des fatigues physiques, et par extension le moment propice à l'activité de l'esprit, à la lecture, aux arts, à l'étude. De ce sens primitif il était aisé de passer à celui de lieu d'étude, de lecture, d'exercice intellectuel. Ce fut le sons du latin schola. Mais la preuve que l'idée première subsistait se retrouve dans le mot latin ludi mcgister, littéralement maître de jeu, qui désigne le maître d'école : ainsi, pour les Romains comme pour les Grecs, l'école a été tout d'abord conçue comme un lieu d'agréable repos: l'étude leur semblait un jeu au regard des rudes occupations de la vie extérieure.

Rôle de l'école. — Considérée d'une manière générale, en tant qu'école et abstraction faite de la forme ou du degré d'enseignement auquel elle répond, l'école est essentiellement un organe social ayant pour fonction de préparer les individus pour la société où ils doivent vivre. C'est l'institution nécessaire pour établir la transition entre la famille et l'Etat, pour façonner les générations nouvelles non au gré du hasard, des caprices individuels ou des vues étroites de la famille, mais en vue de la vie commune ultérieure, et en raison des besoins de la société. Telle société, telle école; et inversement tant vaut l'école, tant vaudra la société qui en sort. Pour l'individu, l'école représente un secours offert par la société pour faire de lui un homme, suivant le type que com-

porte la civilisation de son temps et de son pays. Pour la société, elle représente une mesure de prévoyance et d'utilité publique, une garantie pour le présent et pour l'avenir, un instrument d'assimilation intellectuelle et morale sans lequel une société n'aurait pas de lendemain. Qu'il s'agisse de l'école de Sparte ou de Rome, de celle du moyen âge ou de celle de nos jours, qu'elle soit libre ou publique, élémentaire ou supérieure, l'école répond en soi à la définition très générale que nous venons de donner. Cette définition se précise et se modifie suivant les formes que revêt l'école, et ces formes elles-mêmes dépendent surtout de l'état social. Les passer en revue, ce serait faire l'histoire de l'instruction publique, qui serait moins bien placée au mot Ecole, qui désigne l'instrument principal d'éducation et d'enseignement, qu'aux trois articles généraux, Education, Instruction publique et Enseignement primaire. Les seules indications qui nous semblent trouver ici leur place sont celles qui ont trait à la classification des écoles, qui en déterminent les principes et qui nous permettront de renvoyer à autant d'articles spéciaux, qu'il peut y avoir de catégories à distinguer en cette matière.

Au point de vue le plus général, en ce qui concerne le mode d'instruction et les moyens d'entretien de l'école, on peut distinguer quelques formes fondamentales.

Un savant et ingénieux pédagogue allemand, Palmer*,les ramène à trois types : 1° l'école de caste, sorte d'éducation spéciale et de préparation réservée à la jeunesse des castes privilégiées ; telles sont les écoles des prêtres en Egypte, les écoles de prophètes chez les Hébreux, les écoles de castes sacerdotales de l'Inde, etc.; 2° l'école privée et payante, fondée par un particulier ou par une société libre, recevant et instruisant des élèves dont les familles acquittent une certaine rétribution : telle est l'école du grammairien et du cithariste à Athènes pour l'instruction élémentaire, plus tard certaines écoles de rhéteurs et de philosophes; 3° l'école publique fondée par la ville ou par l'Etat, alors que le besoin d'instruction est assez reconnu pour donner lieu à une dépense publique : les Spartiates connurent de bonne heure et poussèrent jusqu'à l'excès cette notion de l'éducation commune ; à Athènes, les gymnases furent le premier établissement public d'instruction; à Rome, les premières fondations par l'Etat d'écoles et de chaires pour l'enseignement de la grammaire et de la rhétorique datent de Vespasien.

Avec quelques complaisances, on retrouve la succession de ces trois types aux divers degrés de l'enseignement dans les temps modernes : l'école de caste, dans les écoles monacales du moyen âge ; puis les écoles ouvertes sous les auspices de l'Eglise ou des associations religieuses, et qui se développent graduellement depuis l'école de village jusqu'à l'université; enfin l'école publique, communale ou nationale, qui, déjà conçue par la Réforme du xvie siècle, reçoit depuis la fin du xvnie des accroissements continuels.

Nous consacrons ci-dessous un certain nombre d'articles à des établissements spéciaux, tels que les écoles nationales relevant des divers ministères, quelques écoles privées, etc. On trouvera au mot Ecoles primaires des indications générales qui seront complétées aux articles Enseignement primaire et Instruction publique. Pour les écoles qui comportaient un article étendu et une étude plus approfondie, telles que Ecoles d'agriculture, Ecoles complémentaires , Ecoles normales, Ecoles professionnelles, Ecoles techniques, il faudra chercher l'article qui les concerne au mot caractéristique : ainsi V. Agriculture [Enseignement de l')t Complémentaire Œnseignetncnt)f Normales (Ecoles), Professionnelles [Ecoles), etc.

ÉCOLE

ÉCOLE

LES ARTICLES BPÉCIAUI ci-dessous, commençant

PAR LE MOT ÉC0le OU Ecoles, CONSACI1HS SOIT A IN

ETABLISSBMBKT particulier ou a une catégorie d'écoles, ONT ÉTÉ RANGÉS, NON DANS I.'oiiDUE ALPHABÉ TIQUE ABSOLU, MAIS DANS «LUI QUI RÉSULTE DU MOT

caractéristique. Ainsi pour l' École spéciale d'architecture, ce mot est Architecture; pour l 'Ecole centrale des arts et manufactures, c'est Arts et manufactures; pour L'École française d'Athènes, c'est Athènes, etc. : en conséquence, ces trois articles tiennent la tète de la liste. VÉcole pratique des hautes études est placée avant l' Ecol» d'horticulture, PARCE QUE LE MOT CARACTÉRISTIQUE EST

ici Hautes études et non pas pratique, et ainsi de suite. Cette indication, croyons-nous, rendra les recherches faciles.

Quant aux raisons qui ont fait mettre certains mots au singulier et d'autres au pluriel, le lecteur les saisira sans peine.

ÉCOLE (L'), journal. — V. Périodiques.

ÉCOLE ALSACIENNE. —V. Alsacienne (Ecole).

ÉCOLE AMBULATOIRE. — V. Ambulatoire [Ecole) .

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