‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 369 sur 547 · ECOLE D'HORTICULTURE DE VERSAILLES · texte numérisé non relu

ECOLE D'HORTICULTURE DE VERSAILLES

— V. Agriculture {Enseignement de l'), p. 37.

ECOLE PRATIQUE D'IRRIOATION ET DE DltAINAGE. — V. Agriculture {Enseignement de /'), p. 37.

ÉCOLE NATIONALE DES LANGUES ORIEN- TALES VIVANTES. — Le 10 germinal an III (27 mars 1795), la Convention nationale rendait le décret suivant : « 11 sera établi dans l'enceinte de la Bibliothèque nationale une école publique, destinée a l'enseignement des langues orientales vivantes, d'une utilité reconnue pour la politique et le commerce. Les professeurs feront connaître à leurs élèves les rapports politiques et commerciaux qu'ont avec la république les peuples qui parlent les langues qu'ils seront chargés d'enseigner. »]

Cette école, dont les premiers professeurs furent Lanylès, Sylvestre de Sacy,Venture et Millier, a été conservée sous tous les régimes. Elle est actuellement située rue de Lille, à Paris, et ressortit au ministère de l'instruction publique. Les cours durent trois ans ; ils sont publics et gratuits. Les aspirants au titre d'élève de l'Ecole des langues orientales vivantes, qui ne sont pas pourvus du diplôme de bachelier es lettres, sont astreints à un examen d'admission. Les candidats doivent être âgés de seize ans au moins et de vin^t-quatre ans au plus.

L'école a aujourd'hui pour but de former des élevés-consuls et des élèves-interprètes pour les pays de l'Orient.

ECOLE LAÏQUE (L'), journal. — V. Périodiques.

ÉCOLE DE MARS. — La Convention avait supprimé les écoles militaires fondées sous l'ancien régime; mais elle sentit le besoin, en 1794, de créer, pour faciliter le recrutement des cadres de l'année, une institution révolutionnaire où des jeunes gens, choisis au concours dans tous les départements, recevraient pendant quelques mois l'instruction militaire. Nous avons donné (V. Convention, p. 557) le texte du décret rendu le 13 prairial an II (1er juin 1794\, sur le rapport de Barère, et portant création de YEcole de Mars. Le commandant en chef de l'école fut le général de brigade Labretèche. Les élèves, au nombre de six par district, étaient partagés en décuries, en centuries, en milleries; chaque élève remplissait à son tour les fonctions de décurion; les plus distingués étaient appelés à tour de rôle, pendant une décade, au grade de centurion et de millérion. Les élèves de l'Ecole de Mars logeaient sous des tontes, dans la plaine des Sablons ; un vaste local construit en planches servait de salle d'études.

L'Ecole de Mars fut licenciée le 2 brumaire an III (23 octobre 1794), et dans lu rapport qui fut présenté à cette occasion à la Convention, Guyton- Morveau constata la pleine réussite de cette ten-

tative, qui toutefois ne fut pas renouvelée V. Convention, p. 551 .

ÉCOLE MATERNELLE. — V. Mater, {Ecoles).

ÉCOLE MÉRIDIENNE. — V. Ecoles méridiennes :

ÉCOLE SPÉCIALE MILITAIRE. — V. plus bas Ecole spéciale militaire de Sainl-Cl/r.

ÉCOLE DES MINES. — En 1783, une É mines, avec deux chaires seulement, avait été i à Paris. Lors de la Révolution, le Comité de salut public remplaça cette école par une « maison d instruction » qui devait répandre les connaissances relatives aux mines (Arrêté du 24 messidor un II, 2 juillet 1794); cette « maison d'instruction >. fut installée rue de l'Université, dans le bâtiment actuellement occupé par le dépôt général de la guerre. Par son décret du 30 vendémiaire an IV {'22 octobre 1795), sur les écoles de service public, la Convention fonda une Écol'e des mines. L'établissement fut supprimé sous le Consulat, puis rétabli en 1816. L'École des mines a été réorganisée depuis lors à diverses reprises, entre autres par le décret du 15 septembre 1856. Elle est actuellement située à Paris, boulevard Saint-Michel.

L'école, qui ressortit au ministère des travaux publics, reçoit trois catégories d'élèves : 1° les élèves ingénieurs, destines au recrutement du corps des mines, pris parmi les élèves les plus distingués de l'Ecole polytechnique ; 2° les élèves dits externes, admis par voie de concours et qui, après avoir justifié, à leur sortie, de connaissances suffisantes, sont déclarés aptes à diriger des exploitations de mines et d'usines métallurgiques et reçoivent, à cet effet, un brevet qui leur confère le titre d'élève breveté; 3° enfin, des élèves étrangers admis, sur la demande des ambassadeurs ou chargés d'affaires, par décisions spéciales du ministre.

Les cours oraux de minéralogie, de géologie et de paléontologie sont ouverts au public, du 15 novembre au 15 avril.

La bibliothèque est ouverte au public tous les jours (dimanches et fêtes exceptés) de 10 à 3 heures.

Toute personne qui désire faire exécuter l'essai d'une substance minérale est admise à en faire le dépôt au secrétariat de l'école; l'inscription de la demande du déposant mentionne la localité d'où provient la substance à essayer. Il est aussitôt procédé à ceux de ces essais qui peuvent aider au progrès de l'industrie minérale.

Tous les services de l'école, enseignement, musée, bibliothèque et bureau d'essais, sont gratuits. [L. Armagn

ÉCOLE DES MINEURS. — Cette école, située à Saint-Etienne (Loire), ressortit au ministère des travaux publics ; elle est destinée à former des directeurs d'exploitations de mines et d'usines métallurgiques ainsi que des gardes-mines.

Les candidats sont admis après examens.

Le cours d'études est de deux années. Le régime de l'écolo est l'externat. L'instruction est gratuite.

Des brevets de capacité de différents degrés sont délivrés, à leur sortie de l'école, aux élèves qui s'en sont rendus dignes.

Les élèves de cette école sont admis a contracter l'engagement conditionnel d'un an pour le service militaire. [L. Armagnac]

ÉCOLE MIXTE. — V. Ecoles mixtes quant au culte et Ecoles mixtes quant au sexe.

ÉCOLE MODELE DE BRUXELLES. — V. Ligue belge de l'enseignement.

ÉCOLE |MODELE PROTESTANTE. — V. Ecoles modèles protestantes.

ÉCOLE MONGE. — V. Mcnge {Ecole).

ÉCOLE MOYENNE. — V. Ecoles moi/runes.

ÉCOLE NAVALE. — Cette école, placée sur le

ÉCOLE

ECOLE

navire le Borda, en rade de Brest, est destinée à former des officiers pour la marine de l'Etat. On n'y est admis qu'après concours.

La durée des études est de deux années. L'année scolaire commence le 1er octobre. Le régime de l'école est l'internat. Le prix de la pension annuelle est de 700 fr., payable par trimestre et d'avance, et celui du trousseau et des livres de 900 fr.

Des bourses et demi-bourses, trousseaux et demi-trousseaux sont accordés par le ministre de la marine. [L. Armagnac]

ECOLE NORMALE (L'), journal. — V. Larousse.

ECOLE NORMALE DE L'AN III. — La fondation de la première Ecole normale, qui fut créée par un décret de la Convention et dont les cours durèrent de janvier à mai 1795, a été racontée à l'article Convention. La première idée de l'Ecole normale fut émise dans un rapport lu par Barère au nom du Comité de salut public, le 13 prairial an II (Ier juin 1794). Cinq mois plus tard, le 9 brumaire an III (30 octobre 1794), sur le rapport de Lakanal. parlant au nom du Comité d'instruction publique, la Convention décréta « qu'il serait établi à Paris une Ecole normale où seraient appelés, de toutes les parties de la République, des citoyens déjà instruits dans les sciences utiles, pour apprendre sous les professeurs les plus habiles dans tous les genres l'art d'enseigner; — que les élèves seraient choisis par les administrations de district, à raison d'un élève pour vingt mille habitants ; qu'ils ne pourraient être âgés de moins de vingt-cinq ans; qu'ils se rendraient à Paris avant la fin du mois de frimaire, et qu'ils recevraient, pour leur voyage, et pendant la durée du cours normal, le traitement accordé aux élèves de l'Ecole centrale des travaux publics (P200 fr. par an); — que les professeurs de l'école seraient nommés par la Convention ellemême, sur les propositions faites par le Comité d'instruction publique; — que la durée des cours de l'école serait au moins de quatre mois; — et que les élèves de l'Ecole normale de Paris, une fois rentrés dans leurs districts, y ouvriraient à leur tour une école normale, dont l'objet serait de transmettre aux citoyens et aux citoyennes qui voudront se vouer à l'enseignement public, la méthode d'enseignement qu'ils auront acquise dans l'Ecole normale de Paris. »

Les professeurs choisis par là Convention furent d'illustres savants ou des célébrités littéraires. « Pour la première fois, avait dit Lakanal, les hommes les plus éminents en tout genre de sciences et de talents, les hommes qui jusqu'à présent n'ont été que les professeurs des nations et des siècles, les hommes de génie vont être les premiers maîtres d'école d'un peuple. » Les différentes chaires furent ainsi distribuées : Mathématiques, Lagrange, Laplace et Monge ; Physique, Hauy ; llistoù-e naturelle, Daubenton ; Chimie, Berthollet; Agriculture , Thouin ; Géographie, Buache et Mentelle ; Histoire, Volney; Morale, Bernardin de Saint-Pierre; Grammaire générale, l'abbé Sicard; Analyse det l'entendement, Garât; Littérature, La Harpe; Ecotiomie politique, Vandermonde.

Les élèves étant arrivés à Paris, la séance d'ouverture de l'Ecole normale eut lieu le 1er pluviôse an III (20 janvier 1795), dans le grand amphithéâtre du Muséum d'histoire naturelle, en présence des deux représentants du peuple délégués près l'école, Lakanal et Deleyre. Lakanal donna lecture du décret de la Convention, instituant l'école; puis Laplace, Monge et Hauy firent tour à tour une courte leçon. Les leçons de l'École normale devaient toutes être improvisées; elles étaient recueillies par la sténographie, puis publiées dans

le journal de l'école, créé à cet effet, et qui était distribué aux membres de la Convention, aux professeurs et aux élèves de l'école, aux administrations de district, et aux agents de la République en pays étrangers. Une fois par décade avait lieu une conférence où les élèves discutaient avec les professeurs, leur demandaient des éclaircissements ou leur proposaient des objections : ces débats étaient aussi sténographiés et publiés. Le caractère des leçons ne fut pas exactement celui qu'avait prescrit le décret de fondation. La plupart des professeurs s'occupèrent fort peu de montrer aux élèves « l'art d'enseigner », et cédèrent à la tentation assez naturelle de communiquer à leur auditoire soit leurs propres découvertes dans la science qu'ils cultivaient, soit les résultats les plus élevés auxquels cette science était parvenue. C'est ainsi que Laplace et Lagrange, après avoir débuté par une leçon sur la numération, arrivent rapidement à la haute algèbre ; la dernière leçon de Laplace traite du calcul des probabilités. Monge expose la théorie et les procédés de la géométrie descriptive, dont il était l'inventeur. Berthollet rend compte des récentes découveites de la chimie. Sicard, chargé d'enseigner l'art de la parole, n'entretient guère ses auditeurs que des succès qu'il a obtenus dans l'éducation de quelques jeunes sourds-muets, dont il fait l'exhibition publique. La Harpe, sous prétexte de littérature, déclame contre les jacobins; il analyse quelques discours de Cicéron, afin d'y chercher des allusions politiques ; il fait même, au lendemain de la défaite des faubourgs au 12 germinal, une leçon conlie le tutoiement (14 germinal).

Toutefois, malgré les critiques qu'on pouvait adresser à renseignement de l'Ecole normale, il était incontestable que les jeunes gens qui le recevaient en profitaient, et se préparaient ■■élément à diriger à leur tour les écoles normales (temporaires) de second ordre qui, aux termes du décret du 9 brumaire, devaient être ensuit e ouvertes dans chaque district. Mais, dans l'intervalle, la réaction avait marché; la Convention, qui allait proscrire Romme et abroger la loi Lakanal du 27 brumaire an III, avait cessé de porter un vif intérêt à l'instruction primaire. Les nouveaux meneurs de la majorité déclarèrent que la création d'écoles normales de district, même temporaires, était une chimère ; et ils firent en môme temps le procès de l'École normale centrale, dont quelques-uns demandèrent la suppression immédiate, sans même lui laisser atteindre le terme des quatre mois d'existence que lui assignait le décret de fondation. C'était vers la fin de germinal que ces récriminations s'étaient produites au sein de la Convention ; le Comité d'instruction publique fut chargé d'examiner la question et de présenter un rapport. Le 7 floréal, Daunou parut à la tribune au nom du Comité. Son rapport étant peu connu, nous croyons utile d'en donner quelques extraits.

« Dans une de vos dernières séances, dit Daunou, vous avez ordonné à votre Comité d'instruction publique de vous faire un rapport sur la question de savoir s'il convient de conserver ou de supprimer l'Ecole normale.

» On doit convenir avec ceux qui ont demandé la suppression de cette école, qu'elle n'a point pris en effet la direction que vous avez cru lui prescrire, et que les cours, en général, ont plus offert jusqu'ici un enseignement direct des sciences qu'une exposition des méthodes qu'il faut suivre en les enseignant.

» Quoique l'Ecole normale n'ait pas rempli toutes les vues qu'on se proposait en l'instituant, le Comité n'a pu méconnaître les fruits que l'instruction publique en doit retirer. Outre les leçons

ÉCOLE

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dos professeurs, il se fait plusieurs cours particuliers où les élèves les plus instruits donnent des leçons élémentaires, profitables à la fois et à ceux qui les reçoivent, et a ceux qui en sont les orga- .. Ainsi appelés au foyerdes lumières nationales, beaucoup de talents se sont fécondés;... on peut dire qu'ils ont aperçu un horizon plus vaste, éprouve des sensations plus profondes, conçu des pensées plus fortes et plus étendues; et si, de toutes ces causes, il n'est pas résulté une direction assez sûre vers un but bien fixe, au moins est-il incontestable qu'un grand mouvement salutaire, bien qu'indécis, a été imprimé à l'instruction.

» Peut-ôtre qu'en instituant l'Ecole normale, on ne s'est point assez occupé d'en déterminer l'objet avec précision. Il eût fallu surtout savoir si, on appelant ici 1400 citoyens de toutes les parties de la France, on avait pour but de les préparer aux fonctions d'instituteurs primaires, ou à celles de professeurs centraux (professeurs d'écoles centrales), ou si l'on voulait enfin seulement les disposer à tenir à leur tour des écoles normales secondaires dans chaque départementdc la République.» (Daunou semble ignorer le texte du décret du 9 brumaire, où il est dit expressément que les élèves de l'Ecole normale étaient appelés à Paris pour y apprendre l'art d'enseigner, et transmettre à leur tour dans les écoles normales de di-tricts, aux citoyens et citoyennes qui voudraient se vouer à renseignement public, la méthode d'enseignement qu'ils auraient acquise dans l'Ecole normale de Paris.)

« Suivant que l'on se proposait l'un de ces trois buts très divers, ajoute le rapporteur, il y avait aussi une marche très distincte à suivre, et dans le choix des élèves, et dans le genre d'enseignement.

» C'est en se fixant dans l'une de ces trois hypothèses que l'on aurait pu, ce me semble, discuter, avec quelque succès, une question importante, celle de savoir jusqu'à quel point l'art d'enseigner une science est en effet séparable de l'enseignement immédiat de cette science elle-même. Mais, il faut le dire, lorsquon a formé cet établissement, on était beaucoup plus frappé d'une image assez confuse de la transmission de Fart d'enseigner, que dirigé par des vues distinctes sur le mode de cette transmission. La célébrité des professeurs et le concours de beaucoup de talents parmi les élèves ont fait accueillir l'Ecole normale avec enthousiasme ; et cet enthousiasme est devenu depuis, comme c'est l'ordinaire, la mesure de la défaveur dont elle est l'objet.

» D'après ces considérations, votre Comité croit d'abord qu'il faut renoncer à, l'idée d'établir des écoles normales secondaires dans les départements. Il n'aperçoit plus aucun moyen d'effectuer avec quelque utilité ce difficile et dispendieux projet...

» Si nous ne proposons point de supprimer totalement, et dès ce jour, l'Ecole normale établie à Paris,... c'est que nous avons cru que vous deviez accorder le délai strictement nécessaire à l'achèvement des cours que les professeurs ont commencés... S'il est vrai que les leçons des professeurs ne soient point ce que l'on avait imaginé qu'elles devaient être, il est difficile au moins de ne pas reconnaître, dans la plupart de ces cours, d'excellents ouvrages, recommandables à jamais, soit par la sûreté et la richesse des théories, soit par la précision et l'utilité des méthodes, soit enfin par la beauté des formes et par la pureté du goût. Jusqu'ici l'enseignement public avait été constamment en retard d'un demi-siècle sur les progrès de l'esprit humain. Aujourd'hui les leçons des professeurs de l'Ecole normale, faisant passer dans l'instruction toutes les découvertes dont les

sciences et les arts se sont enrichis, élèvent l'en seignement public au niveau de l'état actuel de* connaissances...

» L'Ecole normale n'est en activité que depuis trois mois ; elle a commencé le 1er pluviôse le, Comité vous invite à fixer au 30 floréal le term • de sa durée. Il a espéré que les professeurs i

resserrant les leçons, soit en les rendant plu quentes, pourront achever dans ce délai le cours qu'ils ont entrepris.

» Voici le projet de décr :

» La Convention nationale, aprè3 avoir entendu te rapport de son Comité d'instruction publique, décrète :

» Art. 1er. — Les cours de l'Ecole normale seront terminés le 30 floréal présent mois.

» Art. 2. — Ceux des élèves de l'Ecole normale qui voudront retourner dans leurs districts avant la fin des cours, seront libres de le faire.

» Art. 3. — Les professeurs de l'Ecole normale seront chargés en outre de rédiger ou d'indiqa livres élémentaires destinés aux écoles prim

» Ait. 4. — Les professeurs de l'Ecole normale, qui n'auront pas fini leurs cours le 30 floréal, donneront le complément de leurs cours dans le journal de l'Ecole normale, lequel complément sera distribué gratuitement à tous les élèves. »

Le décret proposé par Daunou fut voté sans opposition, et la clôture de l'école fixée au 30 floréal. Le:i cours restèrent incomplets, aucun professeur n'ayant pu terminer le sien dans le délai fixé. La 01e et dernière séance de l'école eut lieu le 2G floréal.

Voici un tableau des leçons données à l'Ecole normale du 1er ventôse au 26 floréal; on verra que tous les professeurs n'apportèrent pas le même zèle à leur enseignement :

Lagrange et Laplace, mathématiques, 14 leçons ;

Haûy, physique, 14 leçons;

Monge, géométi ie descriptive, 7 leçons ;

Buache et Mentelle, géographie, 10 leçons;

Volney, histoire, 5 leçons ;

Daubcnton, histoire naturelle, 18 leçons;

Bernardin de Saint-Pierre, morale, 1 leçon;

Sicard, art de la parole, '25 leçons ;

Garât, analyse de l'entendement, 2 leçons ;

La Harpe, littérature, G leçons ;

Berthollet, chimie, 13 leçons ;

Vandermonde, économie politique, S leçons.

Thouin ne fit aucune leçon.

Nous n'avons pas eu entre les mains l'édition originale du journal de l'Ecole normale ; mais il en existe une réimpression, sous le titre de « Se nices et Débats des Ecoles normales (ce pluriel est erroné), recueillies par des sténographes et revues par les professeurs; nouvelle édition; Paris, à l'imprimerie du Cercle Social, an IX (18u0). » Cette édition comprend 13 volumes, dont 10 pour les séances ou leçons, et 3 pour les débats, plus un atlas. Les leçons proprement dites de l'Ecole normale ne remplissent que les G premiers volumes des séances; les i autres contiennent des travaux ultérieurs, savoir: t. 7, un extrait de la Mécaniq • céleste de Laplace, par Biot, et le commencement d'un cours d'agriculture, par Thouin ; t. 8, des fragments sur l'histoire naturelle, par Daubenton et Lacépède, et la suite du cours d'agriculture, par Thouin; t. 9, une leçon complémentaire de chimie, par Berthollet, datée de l'an IX, et la suite du cours d'agriculture de Thouin ; t. 10, des leçons sur le calcul des fonctions, professées à l'Ecole polytechnique par Lagrange en l'an VII. La seconde moitié du t. 3 des débats est occupée par des mémoires posthumes de Haûy sur la minéralogie.

ÉCOLE NORMALE DE CLUNY. — V. ClliMf.

ÉCOLE NORMALE PRIMAIRE. — V. Normales {Ecoles) .

ECOLE NORMALE SUPERIEURE. — L'École

ECOLE

ÉCOLE

'normale supérieure a été fondée par le décret impérial du 17 mars 1808, qui organisait l'Université. Les articles 110-118 de ce décret établissent à Paris un « pensionnat normal » destiné à recevoir chaque année trois cents jeunes gens, choisis par les inspecteurs généraux parmi les meilleurs élèves de tous les lycées de France. Ces jeunes gens devaient suivre les cours du Collège de France, de l'École polytechnique, du Muséum, et recevoir en outre les leçons de répétiteurs attachés à l'établissement. Le séjour était de deux ans ; le régime, un internat gratuit. Pendant les années d'études, les élèves prenaient leurs grades à Paris, près la Faculté des sciences ou la Faculté des lettres. Ensuite, ils étaient à la disposition du grand-maître do l'Université, qui les appelait pour remplir les places vacantes dans les académies.

Un règlement du 30 mars 1810 compléta les dispositions de ce décret, et régla l'organisation des conférences. En novembre 1810, la nouvelle école était installée dans les anciens bâtiments du collège du Plessis ; en 1813, on la transféra rue des Postes, au séminaire du Saint-Esprit. L'école était alors sous la direction de M. Guéroult.

La Piestauration laissa d'abord subsister l'Ecole normale. La durée du séjour fut même portée à trois ans (règlements des 5 et 14 décembre 1 8 i 5). Mais bientôt une ordonnance royale, du (\ septembre 1822, contresignée par M. de Corbière, la supprima. Des Ecoles normales partielles, établies dans les différentes académies, devaient la remplacer.

On ne tarda pas à voir que ces écoles ne suffisaient point. Mgr Frayssinous, évoque d'Hermopolis, ministre des affaires ecclésiastiques et de l'instruction publique, se vit obligé de rétablir, sous un autre nom, l'ancienne École normale. Il institua dans les bâtiments mêmes du collège Louis-le-Grand une Ecole préparatoire pour les jeunes gens qui se destinaient à l'enseignement (Ordonnance du 9 mars et arrêtés des 5 septembre et 19 décembre 1820).

Le gouvernement de Juillet rendit à l'Ecole normale son ancien nom, et l'installa (4 novembre 1847) dans les bâtiments de la rue d'Ulm, qu'elle occupe encore. Sous la direction de M. Guigniault (1831- 1 836), de M. Cousin ( 1 836-1 840), de M.^Dubois (1840- 1850), l'école devint peu à peu ce qu'elle devait être, et ce qu'elle est, le premier établissement d'enseignement supérieur qui soit en France, et un établissement qui ne ressemble à aucun autre. On s'y prépare à des examens : la licence, qu'on passe après la première année; l'agrégation, qu'on passe après la troisième ; mais on y fait plus et mieux. On y cultive la science pour la science elle-même. On s'y exerce aux travaux personnels, aux recherches originales. Les élèves de la section des sciences ont, à côté de leurs conférences, leurs laboratoires, où ils voient travailler les maîtres, et où ils travaillent eux-mêmes. Les élèves de la section des lettres ont leur bibliothèque, où ils s'habituent à manier et à étudier de près les textps.

C'est ce qui fait la force de l'École normale; c'est ce qui lui permet de donner à la France, non seulement des professeurs instruits, mais encore des savants, et des esprits vraiment originaux, qui renouvellent ce qu'ils touchent. De là sont sortis des savants comme MM, Beudant, Delafosse, Pasteur; des philosophes comme MM. Cousin, Jouffioy, Cournot, Vacherot; des historiens comme Augustin Thierry ; des moralistes comme MM.Prévosi-Paradol et Bersot ; des érudits comme MM.Guigniault , Patin, Havet ; des critiques comme M. Taine.

Dans les années qui suivirent la révolution de 1848, sous les ministères de MM. de Falloux, de Parieu, Fortoul, l'École normale fut exposée '

à de fâcheuses hostilités. Elle souffrit encore durant les premières années de l'Empire. Bientôt, pourtant, elle se releva. Sous la direction de M. Nisard (1857-1867), de M. Bouillier (1867-1871), commença une période de prospérité qui ne fit que s'accroître sous la direction d'un maître vénéré, M. Bersot (1871-1880).

Les successeurs de M. Bersot ont été M. Fustel de Coulanges et M. Georges Perrot.

L'Ecole normale est restée un internat. L'instruction et l'entretien sont gratuits : l'admission des élèves se fait au concours. Les candidats s'inscrivent du 1er janvier au 1er mars près les secrétariats des académies.

ÉCOLE NORMALE SUPERIEURE D'INSTI- TUTRICES. — « La loi du 9 août 1879 ayant imposé à tous les départements l'obligation d'être pourvus, dans un délai de quatre ans, d'une école normale d'insiitutrices, et le décret du 5 juin 1880 ayant institué, pour les fonctions de directrice et de professeur de ces établissements, un examen qui exige des connaissances spéciales, l'administration, qui se trouvait ainsi dans la nécessité de s'assurer, dans un temps relativement très court, un personnel nombreux, a dû se préoccuper des moyens de faire face à cette situation. » Ainsi s'exprime le rapport explicatif du décret du 13 juillet 1880, par lequel a été créée l'Ecole normale supérieure d'institutrices, préparatoire à l'enseignement et à, la direction des écoles normales de filles.

Un décret du 31 juillet 1880 a mis à la disposition du ministre de l'instruction publique, pour être affecté à l'Ecole normale supérieure d'institutrices et à ses annexes, l'immeuble d'Izeure (Allier). Un peu plus tard, un nouveau décret, du 15 octobre 1880, statuait que l'école serait provisoirement installée à Fontenay-aux-Boses (Seine).

Le tableau des cours et conférences pour l'année 1880-1881 a été fixé par arrêié du 3 novembre 1880 : à teneur de ce tableau, l'enseignement donné à l'Ecole normale supérieure d'institutrices comportait des cours et des conférences sur vingt-sept sujets distincts, savoir:

Psychologie et morale appliquées à la pédagogie:

Histoire et critique des doctrines et des méthodes pédagogiques ;

Grammaire ;

Histoire de la langue;

Composition française et lecture expliquée des classiques ;

Littérature ancienne;

Littérature française aux xvie et xvne siècles;

Littérature française aux xvme et xixe siècles;

Histoire ancienne;

Histoire de France et histoire générale (jusqu'au xvme siècle) ;

Histoire du xvmc et du xixe siècle;

Arithmétique et géométrie élémentaire ,

Physique et chimie;

Histoire naturelle;

Géographie;

Notions et exercices de cartographie ;

Organisation des classes et des études primaires ; inspection des écoles;

Notions d économie politique;

Législation scolaire;

Hygiène;

Notions de comptabilité;

Langue et littérature anglaises ;

Langue et littérature allemandes;

Dessin ;

Chant ;

Gymnastique ;

Leçons de coupe et d'assemblage.

Parmi les cours ci-dessus, les uns embrassent toute la durée de l'année scolaire, les autres so

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