ÉDIT
femme de Richard Edgeworth. Les chapitres sur la grammaire et la littérature classique, sur la géographie et la chronologie, sur l'arithmétique, sur la géométrie, sur la mécanique, et les remarques sur l'enseignement de la lecture dans le chapitre des tâches, sont dûs à Richard Edgeworth ; le chapitre sur l'obéissance a été écrit par sa seconde femme ; le rhapitre sur la chimie, par son fils Lovell Edgeworth ; le reste de l'ouvrage est l'œuvre de Miss Edgeworth.
Sur les vingt-quaire chapitres qui composent ces Essais, les onze premiers sont consacrés plus particulièrement à l'éducation morale. Ils traitent des sujets suivants : 1° des jouets ; 2° des tâches; 3° de l'attention; 4° des domestiques; 5° des relations; 6° du caractère; 7° de l'obéissance (par Mrae Edgeworth) ; 8° de la véracité ; 9° des punitions et des récompenses; 10° de la sympathie et de la sensibilité; 11° de la vanité, de la fierté et de l'ambition.
L'auteur insiste sur l'importance du choix des jouets, « Plus les enfants ont d'intelligence et de vivacité, moins ils s'accommodent des jouets qu'on leur met ordinairement entre les mains... Il leur faudrait des choses qui exerçassent leurs sens, leur imagination, leurs facultés imitatives et inventives. »
Au chapitre des tâches est exposée la méthode de la syllabation directe, pour l'enseignement de la lecture. L'auteur veut qu'on rende aussi attrayante que possible l'acquisition des connaissances, mais s'élève en même temps contre la théorie de ceux qui veulent faire de l'étude un jeu perpétuel. « Si on fait de l'instruction un jeu, on associe à son objet une idée factice de plaisir. Si on fait de l'instruction une tâche, on y associe une idée factice de peine : l'un et l'autre retardent les progrès de l'intelligence... Fixer l'attention de l'enfant, tel doit être notre premier objet. »
Une des particularités du système éducatif de Miss Edgeworth, c'est la séparation complète qu'elle veut maintenir entre les enfants et les domestiques : elle pense que tout contact de l'enfant avec les gens de service ne peut être que nuisible, et elle en donne de nombreuses raisons. A l'objection qu'elle prévoit, qu'une séparation pareille serait impraticable, elle répond que depuis vingt ans il en est ainsi dans sa propre famille. Elle veut aussi qu'on tienne autant que possible les enfants éloignés des grandes personnes, des relations de la famille, car souvent les propos inconsidérés des étrangers pourront compromettre les enseignements reçus, et développer chez l'enfant la vanité ou d'autres défauts.
Les chapitres sur le caractère, sur l'obéissance, sur la véracité, sur les punitions et les récompenses, etc., sont pleins de conseils judicieux et d'observations fines et sensées, à l'appui desquels l'auteur cite à profusion des anecdotes dont elle semble avoir un arsenal inépuisable. Nous ne pouvons songer à résumer ces pages si nourries, et souvent si attachantes ; nous nous bornerons à les recommander à tous ceux qui trouveront l'occasion de les lire.
Le chapitre sur les livres contient des critiques à l'adresse de Mmc Barbault, de Berquin, auxquels l'auteur reproche de présenter parfois aux enfants des idées fausses ou des exemples mal choisis; de Condillac, dont le cours d'études est si peu approprié aux facultés naissanies de son élève.
Dans les chapitres écrits par M. Edgeworth père, concernant l'enseignement des langues classiques et des sciences, on trouve d'excellentes observations sur le choix des méthodes, sur l'importance relative des différentes études ; l'auteur entre dans le détail des procédés qu'il a suivis pour l'instruction de ses propres fils, rappelant toujours qu'il ne recommande rien que son expérience
ne lui ait démontré être utile, et visant avant tout à rester « pratique ».
L'ouvrage se termine par six chapitres où Miss Edgeworth reprend la plume, et traite de l'éducation publique et particulière, des talents agréables pour les femmes, de la mémoire et de l'invention, du goût et de l'imagination, de l'esprit et du jugement, de la prudence et de l'économie.
« Si nous voulions louer Miss Edgeworth, a dit son premier traducteur, M. Charles Pictet, nous aurions beaucoup à dire. Son ouvrage suggère un grand nombre d'idées ; il fait réfléchir, il donne d'excellentes leçons à qui sait les entendre. Il est, dans son ensemble, une production étonnante, soit pour son objet particulier, soit comme ouvrage de philosophie morale. C'est la première fois que l'idée de l'éducation expérimentale a été présentée et développée. Ce n'est point ici un simple projet : l'auteur trace les progrès et les épreuves des élèves en expérience. Tout le mérite qui dépend de connaissances très étendues, tout le poids que peuvent donner un esprit net et réfléchi, un jugement sain, une longue pratique, sont acquis à cet ouvrage. L'auteur a ouvert une route dans laquelle les bons esprits, les observateurs sages, pourront faire faire des pas utiles à l'humanité. Qui sait si l'observation et l'expérience, qui ont tant avancé nos connaissances physiques, ne pourront pas être appliquées avec fruit à la science de l'éducation? si, à force d'observer la marche de la nature humaine, on ne réussira pas à fonder sur des connaissances positives une théorie plus sage ? »
La traduction de M. Pictet, qui est plutôt une suite d'extraits qu'une reproduction littérale de l'original, parut d'abord dans la Bibliothèque britannique de Genève, puis fut publiée en deux volumes' in-16, en 1801.
Miss Edgeworth avait révélé, dans ses Premières leçons, un remarquable talent de conteur. Elle publia vers la même époque une série de Contes moraux pour les jeunes gens {Moral Taies for young people), que suivirent des Contes populaires pour les jeunes filles (Popular Taies for young persans). Puis elle s'essaya dans le roman proprementdit,et publia successivement,sous cette forme, des tableaux de la vie irlandaise ou des mœurs du grand monde ; citons entre autres : Castle Rackrent (1802), The modem GHselda (1804), Leonora (180g), Taies of fashionable life (1809), Patronage (1814). Walter Scott était un grand admirateur de Miss Edgeworth ; c'est la lecture de ses récits irlandais qui l'engagea à essayer à son tour du roman pour y peindre les mœurs écossaises, « quoique, dit son biographe Lockhart, il désespérât d'égaler son modèle. »
Le dernier roman de Miss Edgeworth, Helen, parut en 1834. A l'âge de soixante-dix-huit ans, en 1847, elle reprit encore la plume pour écrire, sous le titre d'Orlandino, un récit destiné à la jeunesse. Deux ans plus tard, elle achevait au milieu des siens sa paisible et laborieuse carrière. « Sa fin, dit un biographe, fut le soir d'un beau jour. Le pur milieu dans lequel elle avait vécu, ces générations renouvelées autour d'elle, cette perpétuelle jeunesse épanouie sous ses yeux, et qui semblait lui avoir communiqué, en échange de ses tendres avis, ses grâces et son charme juvénile, lui créaient une atmosphère de printemps qui semblait défier la vieillesse et la mort. »
Une amie de Miss Edgeworth, Mme Louise Belloc (née Swanton), a donné une version française des Earlg Lessons, sous le titre à' Education familière, en faisant à l'original anglais divers changements et des additions qui ne sont pas toujours heureuses.
ÉDIT. — Avant 1789, Yëdit est, à proprement