‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 393 sur 547 · EL0CUT10N · texte numérisé non relu

EL0CUT10N

« Lo recteur dresse en double la liste de tous les électeurs de l'académie qui doivent participer à l'élection des six membres de l'enseignement primaire.

« il doit recevoir, dans la journée fixée pour le vote, les plis cachetés contenant le bulletin de vote et ne portant aucun signe extérieur. Une lettre d'envoi signée de l'électeur est jointe au pli ; le recteur, assisté d'un inspecteur d'académie et d'un inspecteur primaire, émarge sur la liste des électeurs les noms de ceux dont il a reçu le vote. Il réunit dans une enveloppe commune tous les plis cachetés et un exemplaire de la liste émargée : il envoie le tout au ministre. »

[E. Jacoulet.l

ÉLECTION DES INSTITUTEURS. — V. Nomination.

ÉLÈVES. — V. Discipline, Ecole, Education.

ÉLEVÉS ECCLÉSIASTIQUES. — Les ministres des différents cultes reconnus peuvent donner l'instruction secondaire à quatre jeunes gens au plus, destinés aux écoles ecclésiastiques, sans être soumis aux prescriptions de la loi du 15 mars 1S50 (V. Ouverture d'école), à la condition d'en faire la déclaration à l'inspecteur d'académie. Le Conseil départemental veille à ce que ce nombre ne soit pas dépassé (L. 15 mars 1850, art. 66).

[L. Armagnac]

ÉLÈVES FORAINS. —V. Forains [Élèves).

ÉLÈVES-MAÎTRES. —Le nom d'élèves-maîtres donné aux élèves des écoles normales est aussi ancien que ces écoles mêmes: l'ordonnance royale du 11 mars 1831, portant établissement d'une école normale à Paris, l'emploie déjà. Cette dénomination heureusement trouvée dit clairement que les jeunes gens auxquels elle s'applique sont préparés aux fonctions d'enseignement, et aspirent au titre de maître, ou, comme on dit aujourd'hui, d'instituteur.

Le mode de recrutement des élèves-maîtres, les conditions d'admission, d'âge et de capacité, la durée des études, le régime intérieur des établissements où ils reçoivent l'instruction, les programmes d'enseignement ont singulièrement varié suivant les temps. Nous n'entreprendrons pas de suivre la condition des élève.s-maîtres dans toutes ses fluctuations ; et, pour éviter les redites, nous renvoyons à l'article Normales (Ecoles) tout ce qui, en intéressant la personne même de l'élèvemaître, concerne surtout le régime et l'organisation de l'établissement. Nous nous bornerons à résumer ici l'historique des conditions d'admission. La circulaire du 19 août 1828 fixa à deux années la durée du cours normal, et à 16 ans la limite inférieure d'âge. Trois ans après, les élèves ne doivent plus rester qu'un an à l'école; ils ne peuvent être âgés de moins de 16 ans, ni de plus de 25. Il y a des internes et des externes ^Ord. du 11 mars 1831). Dès l'année suivante, la durée du cours normal est fixée à deux ans (Règl. du 14 déc. 1832). Le déci et du 24 mars 1851 limite entre 18 et 22 ans l'âge d'admission, et fixe à trois années la durée des études; l'externat est supprimé, mais, outre les élèves boursiers, l'école peut recevoir des pensionnaires libres. Enfin le décret du 2 juillet 1866, qui est encore en vigueur aujourd'hui, reproduit les principales dispositions du décret de 1851, sauf en ce qui concerne les conditions d'âge, dont la limite est fixée entre 16 et 20 ans au 1er janvier de l'année où le candidat se présente.

Psous pourrions maintenant pa°ser en revue les programmes des examens d'admissions; mais, outre que ces programmes subissent en ce moment même (juin 1881) d'importantes modifications, ils ont leur place marquée dans l'article Normales (Ecoles). Insistons seulement sur un point que nous n'aurons pas à traiter ailleurs ; c'est l'accord de

tous les législateurs sur la nécessité do ne conférer le titre d'élèves-maîtres qu'à des jeunes gens offrant par leur conduite, autant que par leur aptitude, les garanties indispensables qu'on est en droit d'exiger de quiconque veut élever la jeu« nesse. « Les candidats devront produire des certificats attestant leur bonne conduite, » et les juges qui les interrogeront « ne se borneront pas à constater jusqu'à quel point ils possèdent les connaissances exigées; ils s'attacheront aussi à connaître leurs dispositions, leur caractère, leur degré d'intelligence et d'aptitude. » (Décis. Cons. 12 sept. 1843.) a Une enquête sera faite par les soins du recteur et des inspecteurs primaires sur la conduite et les antécédents des candidats. » (Décret du 24 mars 1851.) Le décret du 2 juillet 1866 a reproduit cette disposition, que reproduiront vraisemblablement tous les règlements sur la matière, car quoi de plus respectable qu8 l'enfance, et quel plus grand souci pour une nation que de lui donner des maîtres d'une moralité éprouvée?

Rappelons enfin, — pour achever ce qui concerne directement la situation personnelle de Télève-maître, — que les règlements nouveaux ont rendu, aux élèves des écoles normales comme aux instituteurs publics, la liberté de conscience. « Ils reçoivent l'instruction religieuse, suivant la religion qu'ils professent »; mais « le vœu des pères de famille est toujours consulté et suivi en ce qui concerne la participation de leurs enfants à l'instruction religieuse » (Décret du 22 janv. 1881, art. 2). Il ne sont donc plus tenus « de commencer et de finir leurs journées par une prière commune » (Décrets du 24 oct. 1851 et du 2 juill. 1866), « suivie d'une lecture de piété » (Décret de 1851), non plus que d'assister « aux offices publics » (Décret de 1851), ou « à l'office divin » (Décret de 1866).

Pour toutes les questions relatives aux études, ainsi qu'au régime intérieur et aux améliorations réalisées ou projetées dans la situation matérielle et morale des élèves-maîtres, voir l'article Norma'es (Eco/es). [E. Jacoulet.],

ÉLÈVES STAGIAIRES. — V. Stagiaires (Élèves-maîtres).

ÉLOCUTION. — Élocution est un terme général qui comprend toutes les manifestations de la pensée exprimée par le langage écrit ou parlé. Nous consacrons, tant dans ceite lre Partie du Dictionnaire que dans la IIe Partie, plusieurs articles aux différentes formes de l'élocution. Au degré le plus simple, il ne s'agit que de la prononciation distincte et correcte des mots (V. Prononciation dans la Ire et dans la IIe Partie. Viennent ensuite d'une part la lecture expressive (V. Lecture à liante voix dans la lre Partie), et la déclamation, ou la récitation publique de morceaux de prose ou de poésie appris par cœur (V. Déclamation dans la IIe Partie). Ajoutons-y l'habitude prise par l'élève et fortifiée par des exercices réguliers d'exprimer de vive voix ses idées avec aisance et clarté. Dans son sens le plus étendu et le plus élevé, l'élocution sera enfin cette partie de l'art de la composition littéraire qui consiste à user des ressources variées du style pour l'expression écrite des idées fournies par l'invention et mises en ordre par la disposition (V. Composition et style dans la Ire Partie, Composition, Rhétorique, Style, Figures dans la 11° Partie). Nous renvoyons, pour les développements, le lecteur à ces divers articles.

ELPH1NSTON (James). — Grammairien écossais, né à Edimbourg en 1721, mort à Londres en 180i). Il dirigea pendant de longues années une institution à Kensington, près Londres. Il s'est l'ait connaître surtout par une tentative pour réformer l'orthographe anglaise, qui n'eut pas de

succès. Il a publié en outre un poème intitulé Y Education (17 63), et une grammaire anglaise [English Grammar reduced lo Anal"<jyt I7<;5).

EMERSON (George Barrett). — Educateur américain, né en 1797 dans l'Etat du Maine, mort à Boston le 4 mars 1881. Après avoir fait des études classiques à Harvard Collège, il enseigna successivement les mathématiques et le groc à Harvard, puis dirigea pendant deux ans, à Boston, la premièie High S'ftool anglaise qui ait été fondée aux Etats-Unis. En 1 S23, il créa dans la même ville une école privée pour les jeunes filles, et se consacra entièrement h la direction de cet établissement jusqu'en 1x55, époque où il prit sa retraite. Il a publié divers ouvrages, dont le plus connu est intitulé l'Ecole et l'Instituteur (Sc/tool and Schoolma^ter), écrit en 1843 en collaboration avec le Rev. Dr Potter ; l'ouvrage fut publié sous les auspices d'un philanthrope, M. Wadsworth, qui en fit distribuer gratuitement 15 000 exemplaires ; un autre ami de l'éducation, M. Brimmer, en fit placer un exemplaire dans toutes les écoles du Massachusetts. M. Emerson fut un des fondateurs de Y American Institnte of Education ; il contribua à rétablissement, dans le Massachusetts, du Conseil scolaire {State lioard of Education), que dirigea Horace Mann*, et dont Emerson lui-même fut membre de 1848 à 1855. Son dernier ouvrage, les Souvenirs d'un vieil instituteur (Réminiscences of an old teacher), a paru en 1878.

Il ne faut pas confondre George Barrett Emerson avec le philosophe Ralph Waldo Emf.rson, l'auteur des Représentative Men et de divers ouvrages de philosophie morale, qui vit encore (novembre 1881).

EMILE (L').— V. Rousseau (Jean-Jacques).

EMPIRE (Premier). — V. Napotéon Ier.

EMPIRE (Sfconu). — V. Napoléon ///.

EMPLACEMENT. — V. Maison d'école.

EMPLOI DU TEMPS. — J.-J. Rousseau a écrit : « On a essayé de tous les instruments d'éducation, hors un, le seul qui peut réussir, la liberté réglée ; » et Montaigne, s'élevant contre ces « goaules de jeunesse captive » où l'on « corrompt » l'esprit des enfants « à le tenir à la géhenne et au travail », voulait « qu'à son élève un cabinet, un jardin, la table et le lict, la compagnie, le matin et le vespre, toutes heures soient unes, toutes places soient études. » Mais Montaigne et Rousseau traçaient le plan d'une éducation privée, et nos élèves ne sont ni des Emile, ni des fils de noble famille; ce sont des enfants réunis en grand nombre sous la direction d'un seul maître, et, dans un système d'éducation en commun, s'il faut faire une part à la liberté, il faut faire une place plus large encore à la règle. Cette règle consiste à faire une sage répartition des occupations d'un écolier entre les divers moments de la classe : c'est ce qu'on appelle en pédagogie Y Emploi du temps.

Parlant de l'ordre dans la tenue d'une maison, Franklin disait « une place pour chaque chose et chaque chose a. sa place; » ; parlant de l'ordre dans la direction d'une école, on pourrait dire : une heure pour chaque exercice, et chaque exercice à son heure. Toutefois, pour rendre cette formule complète, il faut ajouter encore : à chaque exercice le temps qui lui revient.

Coite règle une fois établie, tout devient plus facile a l'école et pour le maître et pour les élèves ; tout devient plus facile et aussi plus fécond. La succession régulière des exercices met dans le travail la variété, et comme une sorte de mouvement et d'entrain, qui prévient la fatigue et soutient l'application; clie excite l'attention des nonchalants, en l'appelant tour à tour sur des objets divers; elle relève le courage de ceux qui, ne réussissant pas également bien sur toutes les ma-

tières du programme, attendent impatiemment l'exercice qui leur vaut des éloges; elle U mpèiw l'ardeur irréfléchie des élèves qui seraient tenté* 4e sacrifier certaines études à celle qui a leurs préférences ; elle impose une salutaire contrai nie au maître qui a par certaine avidité de science » serait enclin à donner trop de temps à son < ignement de prédilection; elle contribue à ciablir la discipline, parfois si difficile à maintenir dans une école nombreuse; elle empoche les pertes ue temps, avec lesquelles il faut absolument compter, quand le temps consacré à l'étude est si court; elle soulage le maître qui, sachant, à chaque instant de sa classe, ce qu'il va faire et ce qu'il lui faut dire, ne s'épuise plus en tâtonnements stériles, en recherches laborieuses, en vaine agitation ; elle prépare enfin les enfants à mettre plus tard dans leur vie d'homme l'ordre qui en est la dignité, et la ponctualité qui en est la force.

Établir un bon emploi du temps doit donc être une des premières préoccupations d'un bon instituteur; elle a été aussi celle de tous ceux qui, ayant en mains le gouvernement de l'instruction publique, ont eu souci de sa prospérité. Mais le problème est complexe et difficile, et l'on peut dire que, posé, pour la première fois, à l'heure où l'émancipation du peuple fit de son instruction une loi de salut public, il n'est pas complètement résolu aujourd'hui.

Quand on relit les lois et les projets de lois, les décrets et les piojets de décrets, qui se succèdent presque tous les ans de 1791 à 1799, et qui témoignent d'une façon si éclatante de la sollicitude des hommes de la Révolution pour cet intérêt primordial de la nation, on retrouve partout la trace de cette préoccupation. Citons au hasard : « Le Comité d'instruction publique est chargé de publier sans délai des règlements sur le régime et la discipline internes des écoles primaires » (Décret du 27 brumaire an III, art. 14); — « Les règlements relatifs au régime des écoles primaires sont arrêtés par les administrations départementales et soumis à l'approbation du Directoire exécutif. » (Décret du :> brumaire an IV, art. 10.) Dans la pensée des législateurs d'alors, que devaient comprendre ces règlements, sinon, avec lesdevoirs des maîtres et des écoliers, la répartition des matières de l'enseignement pour chaque année de la scolarité, et pour chaque jour de ces courtes années? Et n'est-il pas remarquable que, dès le premier jour, le principe qui doit pi ésidex a la rédaction d'un règlement scolaire ait été nettement entrevu et nettement posé ? La préparation aux autorités locales, l'approbation à l'autorité supérieure, telle est la règle qui prévaut encore aujourd'hui, tant, elle est dans la nature des choses : un règlement, en effet, doit être approprié aux nécessités locales; mais il ne saurait être en opposition, par quelqu'une de ses dispositions, avec les nécessités d'ordre général qui dominent la matière. Nous ne pensons pas autrement à cette heure.

On sait ce qui arriva sous l'Empire et sous la Restauration • ce BT*»nd souci de l'instruction populaire fut consul i comme une utopie dangereuse, une lolie révolutionnaire dont il fallait pi 6server les jeunes générations ; l'instruciion primaire fut dédaignée, ou abandonnée aux mains des congrégations, avec mission de ramener les esprits à l'ignorance pieuse des temps passés, et de comprimer l'essor de l'intelligence sous un formalisme étroit et. faux. La grande voie fut fermée; elle ne se rouvrit, qu'avec la Révolution de 1830, et dans le statut du 25 avril 183). rendu pour l'application de la célèbre loi du 28 juin 1833, nous lisons (art. 13) : « 11 y aura pour les écoles publiques do chaque arrondissement une reparution de leçons et d'exercices qui sera faite par le Comité supérieur et soumise a l'approbation du Conseil

Royal. » Ici, la pensée se précise : il n'est plus seulement question de règlements généraux, mais t< d'une répartition des leçons et des exercices ». C'est bien là un emploi du temps que le Comité supérieur a mission d'établir.

iCet emploi du temps apparaît, pour la première fo s, nettement formulé, dans l'arrêté du 26 juin 18 5 a (art. 2 et 3), alors qu'il s'agit d'organiser dan s les écoles de Paris l'enseignement mutuel, en pleine vogue à cette époque. Mais s'il est précis, quelle charge écrasante n'impose-t-il pas aux maîtres chargés de l'appliquer !

« Chaque instituteur communal (de Paris) fera chaque jour aux moniteurs de son école une classe de deux heures. A cet effet, les heures des différentes classes sont fixées ainsi qu'il suit :

« De 7ba0 à 8\ — préparation de la classe pour les moniteurs généraux ;

c De 8h à 10h, — classe des moniteurs;

« De 10h à lh, — classe du matin pour les élèves;

« De lh à 2h, — récréation;

« De 2h à 5", — classe des élèves.

« Il y aura classe le jeudi matin.

c Les heures seront distribuées entre les différents enseignements par le Comité de chaque arrondissement municipal» d'après les instructions du Comité central. »

Voilà qui est précis ; mais huit heures et demie d'enseignement par jour, et classe le jeudi matin ! Nous livrons cet emploi du temps aux réflexions des instituteurs d'aujourd'hui.

Quand, en 1837, les premières salles d'asile sont régulièrement organisées, la même sollicitude se fait jour,et elle croît en proportion de la faiblesse des enfants qui en sont l'objet : plus leur âge est tendre, plus s'impose le devoir de les défendre par des règles protectrices. « Il sera institué une

Commission supérieure chargée d'arrêter le

programme de la tenue de la salle d'asile, des soins qui y seront donnés, et des exercices qui y auront lieu. » (Ordonnance royale du 22 décembre 1837, art. 16.) — « Les exercices d'enseignement ont Tieu chaque jour de la semaine, pendant deux heures au moins et quatre heures au plus : chacun des exercices ne dure pas plus de dix à quinze minutes. » — « 11 sera statué par des règlements spéciaux pour les asiles de chaque département et le détail de l'emploi de la journée. » (Arrêté du 24 avril 1838, art. 19 et 52.) — Le décret du 21 mars 1855 et l'arrêté du 22 du même mois, relatifs aux salles d'asile, n'ont fait- que reprendre ces prescriptions sans leur donner beaucoup plus de précision.

Tout porte à croire que le dernier paragraphe de l'art. 3 de l'arrêté du 26 juin 1835, prescrivant à chaque Comité d'arrondissement de « répartir les heures de classes entre les différents enseignements, » c'est-à-dire de dresser un emploi du temps, fut exécuté à Paris, et que l'exemple de Paris fut suivi par les départements, non seulement en ce qui concerne les écoles, mais encore les salles d'asile. Toutefois, il paraît non moins certain que ces règlements particuliers visèrent plutôt la discipline intérieure et les programmes d'enseignement que la répartition des exercices scolaires entre les différentes heures de la journée, et que leurs prescriptions concernant l'emploi du temps restèrent encore longtemps générales et vagues. La loi de 1850 ne semble pas avoir fait faire un pas nouveau à la question, et, contre toute attente, le règlement-modèle du 17 août 1851 ne renferme pas de direction plus précise. Les règlements départementaux, qui s'inspirèrent du règlement-modèle, ne tracèrent pas davantage les règles de cet emploi du temps, toujours recommandé, toujours laissé à l'initiative des autorités locales, et jamais édicté, même dans ses grandes lignes. A coup sûr, les instituteurs se faisaient à

eux-mêmes un emploi du temps, mais ce règlement variait avec chaque école, et il était ce que le faisait la bonne volonté ou l'habileté du maître, aux prises avec des difficultés de plus d'une sorte dont nous parlerons tout à l'heure.

Les choses restèrent ainsi pendant de longues années; seules, les écoles congréganistes obéissaient à une règle uniforme, et si ces écoles valurent quelque chose, c'est assurément à cette règle énergiquement imposée et maintenue qu'elles le durent. Mais à mesure que s'accroissait le nombre des écoles, que s'augmentait leur clientèle, et que l'enseignement primaire se développait, le besoin de mettre de l'ordre et de la régularité dans les travaux scolaires se faisait plus impérieusement sentir, et l'on peut dire qu'en prescrivant la tenue du journal de classe, dans lequel se trouvaient consignées non seulement la préparation des leçons, mais encore la succession des différents exercices (arrêté du 17 janvier 1867), M. Duruy imposa par là même aux instituteurs l'obligation de dresser un emploi du temps, et fit faire un pas décisif à la question. En présence de cette obligation, les instituteurs eux-mêmes réclamèrent une direction et demandèrent qu'on leur traçât des règles pour la meilleure répartition de leurs travaux.

Cette fois encore, l'exemple vint de Paris. C'était le temps où M. Gréard, directeur de l'enseignement primaire de la Seine, venait de prendre en mains un service considérable, mais encore mal ordonné, et préparait la « réorganisation pédagogique des écoles » de son département. De 1868 à 1871, une ferme et féconde impulsion est donnée à toutes les parties de ce service : les rapports et les circulaires se succèdent presque sans interruption (voir notamment celles du 17 août et du 15 octobre 1868, et celle du 14 août 1869) ; des conférences où sont réunis les inspecteurs primaires et les directeurs d'écoles s'organisent sous la présidence de l'infatigable directeur, et la lumière se fait rapidement sur toutes les questions que soulève ce grave problème de l'organisation des écoles. Des programmes d'enseignement sont-rédigés et des directions pédagogiqut s tracées avec une haute compétence : c'était le premier besoin. Le second était d'établir enfin cet emploi du temps, dont la nécessité était reconnue et proclamée ; on se mit à l'œuvre. Mais ce n'était pas chose facile, même dans une ville comme Paris, d'introduire l'ordre et la règle dans des écoles si diverses parleur composition, par leur organisation, par le niveau même de l'enseignement.

On allait aboutir cependant, lorsqu'éclata la crise de 1870, et ce ne fut qu'en 1871 que les détails d'un emploi du temps réglementaire furent définitivement arrêtés; mais un emploi du temps unique ne saurait s'adapter à des établissements si peu semblables à eux-mêmes, et la circulaire du 1 6 octobre 1871 est accompagnée de cinq tableaux destinés à autant de catégories d'écoles. Tracer une règle générale qui pût se plier aux nécessités particulières, établir un cadre suffisamment résistant pour contraindre les entraînements ou le caprice, mais suffisamment élastique pour s'accommoder à la diversité des situations ; en un mot, mettre l'unité dans la variété : telle fut la solution donnée à la question depuis si longtemps débattue.

L'idée ne pouvait manquer de faire son chemin ; elle le fit sous les auspices de la grande notoriété des réformes qui s'accomplissaient à Paris, dans le domaine de l'instruction primaire ; elle le fit sous le patronage du ministre d'alors, de 31. Jules Simon, qui, s'inspirant sans doute de ce qui se faisait sous ses yeux, publia la célèbre circulaire du 18 novembre 1871.

Cette circulaire est connue. Elle fait une obliga-

tion aux instituteurs de dresser, outre un « programme d'enseignement, un emploi du temps en harmonie avec ce programme » ; mais elle laisse b. chacun d'eux le soin d'approprier ce plan d'études et cet emploi du temps aux besoins particuliers de son école, sous la réserve que ce travail sera contrôlé et approuvé par l'inspecteur primaire et l'inspecteur d'académie. Toutefois, la part faite aux exigences locales, aux aptitudes des maîtres, aux besoins réels des élèves, à l'initiative privée en un mot, l'auteur de la circulaire, comme s'il pressentait le danger d'une liberté trop grande, et comme s'il voulait remédier à ce danger, joint à ses recommandations un modèle de plan d'études et un tableau de l'emploi du temps, qui « doivent être considérés non comme des tjpes à adopter, mais comme des indications générales qui peuvent être utiles. »

L'impulsion était donnée; la question fut résolument abordée dans la plupart des départements ; les règlements concernant l'organisation des écoles se multiplièrent ; les emplois du temps s'élaborèrent, soit, dans chaque école, sous la surveillance de 1 inspecteur primaire, soit, dans les bureaux de l'inspecteur d'académie, sous le contrôle du Conseil départemental : il se fit alors un grand mouvement et une salutaire agitation. Mais peut-on dire que les recommandations si sages de la circulaire du 18 novembre 1871 et que l'exemple parti de Paris furent partout suivis? Peut-on dire surtout que les emplois du temps, dressés avec le zèle le plus louable et la volonté la plus ferme de s'y conformer, ne restèrent pas lettre morte en maints endroits, et qu'après avoir fait effort pour obéir à la règle qu'ils s'étaient tracée, les instituteurs ne l'abandonnèrent pas, malgré eux et, en quelque sorte, de guerre lasse ?

Il faut le l'econnaître : la tâche était au-dessus de leurs forces, et elle le fût restée longtemps encore, sans les grandes réformes que vient d'accomplir dans l'instruction primaire la loi du lGjuin 1881 sur la gratuité, et celles qu'accomplira, dans un avenir prochain, la loi sur l'obligation.

La première condition, en effet, pour qu'un plan d'études et un emploi du temps puissent être fidèlement suivis, c'est que l'école soit régulièrement fréquentée, que les élèves soient assidus et marchent, autant que possible, d'un pas égal sous la direction de leur instituteur. Or, on ne sait que trop comment les choses se passaient, principalement dans les écoles rurales : la rentrée des classes se faisait lentement, tardivement ; les élèves arrivaient un h un, et ce n'était guère qu'au mois de novembre que la classe était à peu près au complet et que l'on pouvait se mettre sérieusement à. l'ouvrage, à la condition encore que les neiges ne retinssent pas à la maison paternelle une partie des élèves. Puis, dès les premiers beaux jours, les rangs commençaient à s'éclaircir, l'école se dépeuplait rapidement, et, devant les bancs dégarnis de sa classe, l'instituteur découragé renonçait à suivre le programme qu'il s'était tracé. On avait perdu un mois à. la rentrée; on en perdait trois ou quatre pendant 1 été, sans compter les absences qui étaient nombreuses, même pendant le temps où l'école était le mieux fréquentée. Si l'instituteur s'était mis en marche, avec le petit groupe de fidèles qui lui était venu à l'époque fixée, il lui fallait revenir sur ses pas au fur et à mesure que les retardataires se présentaient. Si, pendant l'été, il essayait de poursuivre sa route avec ceux qui ne désertaient pas l'école, à l'automne il était oblige de prendre par la main ceux qui l'avaient abandonné trop tôt, et de les conduire au point où les autres étaient parvenus. Que devenaient, au milieu de toutes ces fluctuations, le plan d'études le plus soigneusement établi, et l'emploi du temps le mieux dressé? et que pouvait

la meilleure volonté du maître? C'était là l'obstacle invincible, l'éternelle et juste objection opposée à ceux qui avaient mission de faire observer le règlement.

A cette dilficulté, insurmontable dans la grande majorité des écoles, s'en ajoutait une autre non moins troublante et désorganisatrice. Le programme de l'enseignement primaire s'est singulièrement développé depuis le jour où l'on n'allait à l'école que pour apprendre à lire, à écrire et à compter. Lu loi du l'8 juin 1833, après avoir institué deux catégories d'écoles, les écoles primaires élémentaires et les écoles primaires supérieures, avait déterminé les matières à enseigner dans chacune d'elles: un emploi du temps dressé sur cette base pouvait à la rigueur être suivi. Mais le législateur de 1850 trouva sans doute que l'enseignement primaire supérieur était chose superflue, sinon dangereuse, et les écoles primaires supérieures cessèrent d'avoir une existence légale, à moins qu'elles ne fussent annexées à un collège. En revanche, au programme des matières obligatoires, les auteurs de la loi de 1850 ajoutèrent sept ou huit branches d'études, tout ce que comprenait l'enseignement primaire supérieur, mais ils les y ajoutèrent à titre facultatif. Ce fut la confusion la plus complète : ici, l'on s'en tenait aux matières obligatoires ; là, on enseignait une ou deux des matières facultatives ; plus loin, on donnait la préférence à deux ou trois autres ; ailleurs, on essayait une année d'aborder le programme facultatif, et l'année d'après on y renonçait. Comment établir quelque règle générale au milieu de ce désordre ? Comment construire quelque chose de solide sur ce sol mouvant? Il eût fallu autant de règlements qu'il y avait d'écoles, et, en présence de ces variations incessantes, on s'étonne moins de l'impuissance où l'on fut pendant si longtemps de rien fonder d'uniforme etde stable.

Ces deux difficultés sont aujourd'hui vaincues, ou vont l'être, la première pour toujours, la seconde au moins pour de longues années, car les écoles primaires supérieures étant relevées, il est à croire que le programme de l'enseignement élémentaire ne subira pas de sitôt des modifications. Le terrain ainsi déblayé et affermi, la rédaction d'un emploi du temps devient possible. Etant possible, elle est infiniment désirable, car il est temps de faire pénétrer dans l'enseignement primaire l'unité de direction qui lui a manqué jusqu'ici, et dont l'absence a paralysé ses progrès.

Qui prendra l'initiative de cette reforme, dans quelles conditions devra-t-elle se faire, et quel en sera le caractère ? Telles sont les questions qu'il nous reste à examiner brièvement.

Sur le premier point, il ne peut y avoir d'hésitation : c'est évidemment au Conseil supérieur que revient le soin d'établir un emploi du temps, comme lui est incombée la tâche de rédiger un règlement scolaire modèle, et celle de tracer les grandes lignes d'un emploi du temps dans les écoles normales. Lui seul a compétence pour fixer une règle générale, parce que seul il domine d'assez haut la question pour l'étudier sous toutes ses faces; lui seul a qualité pour l'imposer, parce qu'il n'existe pas d'autorité plus élevée et de voix plus écoutée que la sienne. Mais la rédaction d'un emploi journalier du temps devra être précédée de la rédaction de programmes pour toutes les matières d'enseignement, car ce n'est que lorsque ces programmes seront définitivement fixés qu'il sera possible de dire combien de temps il faut attribuer a. l'étude de chacun d'eux ; il devra être aussi précédé de la répartition de ces matières dans chaque cours, car ce n'est que lorsque le travail de chaque année, de chaque trimestre, de chaque mois aura été déterminé, qu'on pourra uiilement régler le travail d'une journée.

EMPLOI DU TEMPS

EMPLOI DU TEMPS

Nous pensons qu'ainsi établi, l'emploi du temps devra ètro impératif, c'est-à-dire obligatoire pour tomes les écoles de France; nous pensons, de plus, qu'il devra être précis et détaillé, OU, comme ou dit, minutaire. Ceci peut sembler excessif et demande explication.

Quand il s'agit des développements à donner à un programme, et mémo quand il s'agit de la répartition des matières à enseigner dans le cours d'une année, on peut, on doit laisser une certaine latitude aux autorités départementales et môme aux instituteurs, parce que, dans un tel travail, il faut, tenir compte du niveau de l'enseignement et de la capacité des maîtres, qui sont loin d'être partout les mêmes, et que les autorités dont nous venons de parler, étant placées plus près des choses, sont mieux en état d'apprécier les nécessités locales et d'y approprier renseignement. Mais il n'en saurait être de môme de la distribution journalière du travail dans une écolo, quel que son d'ailleurs le programme qu'on lui ait assigné. Il n'est pas indifférent en effet qu'un exercice ait lieu à un moment ou à un autre, et que la durée de chaque leçon soit ou ne soit pas nettement déterminée. L'esprit des enfants n'étant pas capable d'une application prolongée sur le môme objet, il faut varier les objets de son application et les disposer de telle sorte qu'un exercice facile ■accède à un exercice plus difficile et soit comme une sorte de délassement de l'effort accompli ; d'autre part, les matières d'enseignement étant loin de présenter la même difficulté, il est nécessaire d'attribuer à chacune d'elles le temps qui lui est dû.

\ous n'entendons pas, pourtant, que cet emploi du temps doive être un tyran avec lequel il ne puisse y avoir d'accommodements, et qu'à la minute marquée par lui, l'instituteur soit obligé d'interrompre une leçon commencée pour passer à une autre. Une telle exigence serait absurde. Ce que nous voulons, c'est que la règle imposée à l'instituteur soii si clairement formulée, que son attention soit toujours en éveil, et qu'à aucun moment de sa classe il ne puisse perdre de vue que son temps est compté, qu'un quart d'heure donné en trop à un exercice fait tort à l'exercice suivant, qu'aucune partie de son enseignement ne P'-ut être sacrifiée; aux autres, et qu'il doit s'astreindre, par conséquent, à suivre d'aussi près que possible la règle qui lui est imposée.

On a autrefois plaisamment reproché à un ministre de l'instruction publique d'avoir si bien réglementé l'enseignement secondaire que, montant à le tribune, il pouvait annoncer aux représentants de la nation, stupéfaits d'un si bel ordre, qu'au moment, où il parlait tous les élèves de rhétorique de tous les collèges et lycées de France traduisaient tel chapitre de Cicéron. Nous ne sommes pas partisans d'une réglementation étroite et excessive; mais nous avouons que, fait au sujet de l'enseignement primaire, ce reproche nous toucherait infiniment moins que lorsqu'il s'agissait de l'enseignement secondaire. Ce serait une grande erreur en effet de croire que ces deux enseignements sont à ce point semblables, qu'ils puissent être soumis à la même règle, supporter le môme régime de liberté. Dans l'enseignement secondaire, le programme de chaque classe est relativement peu chargé; chaque division a son professeur, et presque toujours il y a plusieurs professeurs pour la même division : celui-ci enseigne l'nistoiro ou la géométrie, celui-là la grammaire ou la physique, et l'on no demande avec raison à chacun d'eux que d'avoir terminé son cours, en donnant à ses diverses parties les développements qu'elles comportent. En est-il de môme dans l'enseignement primaire, alors que chaque cours comprend huit ou dix matières différentes, et qu'il peut y avoir trois

cours réunis sous la direction du même maître ? Il n'est pas nécessaire d'insister, et l'on peut affirmer que, superflu dans l'enseignement secondaire, un emploi du temps rigoureux est indispensable dans l'enseignement primaire.

Cet emploi du temps précis et détaillé, impératif et arrêté par le Conseil supérieur, sera-t-il unique? ou bien sera-t-il nécessaire d'établir un certain nombre de types ? Cette question est délicate et peut ôtre résolue de différentes façons. Quanta nous, voici quel est notre sentiment. Si les écoles seressemblaienttoutes parleurorganisation, comme elles vont se ressembler par la régularité de la fréquentation et par l'uniformité de leurs programmes, un seul et môme emploi du t ,mps suffirait. Mais à côté des écoles mixtes, il y a 2es écoles spéciales aux garçons et les écoles spéciales aux filles, et à côté des écoles spéciales à un seul maître, il y a les écoles à plusieurs classes et à plusieurs maîtres, et ces différences résultant de la nature des choses existeront toujours. Faudra-t-il donc autant d'emplois du temps qu'il y a d'espèces d'écoles ? Nous ne le croyons pas, et nous pensons que trois types sufliront à tous les besoins, parce que toutes ces écoles, si différentes en apparence, peuvent se ramener à trois types principaux : l'ccolo à un maître, l'école à deux maîtres, et l'école à trois maîtres et au-des6us.

Toute école devant comprendre nécessairement trois cours, et rien que trois cours, il n'y a pas à se préoccuper des écoles à quatre, à cinq et à six maîtres : dans de telles écoles, il y a plusieurs divisions dans chaque cours, mais les divisions étant parallèles et non superposées, l'organisation est la même que dans une école à trois maîtres, et l'emploi du temps arrêté pour celle-ci s'adaptera aisément a celle-là. Quant aux modifications à introduire dans l'emploi du temps d'une école, suivant qu'elle est mixte, spéciale aux filles, ou spéciale aux garçons, comme elles ne peuvenl porter que sur une ou deux matières, la gymnastique et les travaux d'aiguille, ce sont des différences négligeables, et dont il suffira de tenir compte dans la rédaction de l'un des emplois du temps dont nous allons parler. On reste ainsi donc en présence des écoles à un, à deux, et à trois maîtres. Pour chacune de celles-là, il faudra un emploi du temps différent, car il est de toute évidence qu'il est impossible d'organiser le travail de la même manière dans une école où chaque maître dirige un cours unique, et dans celles où le môme maître en dirige deux ou trois à la fois. On y parviendrait peut-être si l'enseignement collectif, recommandé avec tant de raison aujourd'hui, était toujours possible ; mais applicable à certaines leçons, il ne peut s'appliquer à toutes ; il exige d'ailleurs une habileté que tous les maîtres ne possèdent pas encore, et pendant longtemps, si ce n'est toujours, l'emploi du temps devra varier suivant qu'il sera destiné à une école à un, à deux ou à trois maîtres.

Pour une école à trois maîtres, la rédaction de l'emploi du temps sera chose aisée, puisqu'il y a autant de maîtres que de cours : il suffira de tenir compte de la différence des matières à enseigner dans chacun de ces cours, et aussi de la différence d'âge et du degré d'avancement des élèves qui les composent. La difficulté commence avec l'école à deux maîtres : elle consiste — étant admis ce principe que, dans ces sortes d'écoles, le cours élémentaire est dirigé par l'un des maîtres, tandis que le cours moyen et le cours supérieur sont réunis sous la direction de l'autre — à combiner les exercices de ces deux derniers cours, de telle manière que les élèves de l'un de ces cours soient occupés à la préparation d'un exercice ou d'une leçon, pendant que les autres travaillent directement avec leur maître} l'emploi du temps pour le

EMPLOI DU TEMPS

cours élémentaire sera donc le môme que dans une école à trois maîtres; il variera pour le cours moyen et le cours supérieur. Le problème se com- \ plique dans les écoles à un seul maître; mais la Boluiioi) à chercher repose sur la môme combinaison : cette solution a déjà été trouvée ; elle le sera encore dans un avenir prochain.

Quelle qu'elle soit, elle découlera des principes suivants : faire en sorte qu'aucun élève ne reste inoccupé à un moment quelconque de la classe; graduer la durée des exercices suivant l'âge et la force des élèves ; embrasser tout le programme, et assurer à chacune de ses parties le temps qui lui revient, en raison de son importance ou de sa difficulté; faire succéder un exercice facile à un exercice exigeant un plus grand effort d'attention ; donner une détente au corps et à l'esprit., en coupant chaque classe par une récréation dont la longueur variera, dans les écoles à plusieurs maîtres, suivant l'âge des élèves; réserver enfin une place suffisante à la gymnastique et aux exercices militaires, en se souvenant, suivant l'expression de Montaigne, que « ce n'est pas un corps, que ce n'est pas une âme, que c'est un homme qu'on dresse. » — V. les articles Organisation péfilagogigue, Programmes et Mois. [E. Jacoulet.]

PAYS ÉTRANGERS

ALLEMAGNE. — Bade. — Le tableau d'emploi du temps {btwidenplan) pour chaque clause est dressé par le conseil scolaire local (Ortsschulrath) sur la proposition de l'instituteur, et est soumis à l'approbation du conseil de district (Kretsschhlmi/i). Les leçons les plus difficiles devront être placées dans les premières heures ; il ne sera pas consacré, dans une même journée, un temps trop prolongé à une même branche d'enseignement. Une copie du tableau est affichée dans la classe par les soins de l'instituteur (Schulordnwtg fur Volksschulen, 23 avril 1869, art. 51 et 53).

Bavière. — Chaque province a son plan d'études et son règlement particuliers ; le tableau d'emploi du temps (Tages- und Sundenplan) est tantôt dressé par l'instituteur lui-même, sous la sanction de l'autorité scolaire locale, tantôt dressé par cette autorité qui doit alors le soumettre à l'approbation de l'inspecteur de district. Le règlement de la province de Haut- Palatin at (du 12 mars

1871 porte en outre que « chaque instituteur doit rédiger pour son usage un plan de répartition des matières d'enseignement entre les diverses périodes de l'année — une répartition mensuelle est particulièrement recommandée ; les autorités chargées de l'inspection doivent s'assurer, lors de leurs visites, de l'existence de ce plan et examiner si la répartition des matières y est convenablement indiquée. »

Prisse. — L'arrêté ministériel du 15 octobre

1872 A llgemeine Verfùgung ûber Einrichtung, A ufgabe and Ziel der preussiscUen Vollcsschul*), qui a fixé le programme do l'école primaire, a déterminé comme il suit le nombre d'heures qui doit être affecté chaque semaine à l'enseignement de chacune des branches du programme :

École primaire à une seule classe.

— 823 — EMPLOI DU TEMPS

Écoles primaires à plusieurs clnsset.

Dezré

intérieur, moyen H|

Religion 4

Allemand H 8

Calcul * ■ *

Géométrie — — 2

Des>in — -

Branches lé.il' s — 6

Clruit.... 1 2 2

Gymnastique travaux à l'aiguille) 2 2 I

Il appartient aux régences [Regierungen, subdivision de la province) de rédiger, pour les écoles de leur ressort, les plans d'études détaillés et spéciaux, de même que les tableaux d'emploi du temps [Stundenplâne). Ainsi la régence de Dusseldorf a publié (20 mars 1873) deux modèles de Stundenpliine pour l'école à une seule classe, en les faisant précéder de cette observation : « Les heures formant le total hebdomadaire des leçons (tel qu'il a été déterminé par YAllgemeine Verfùgung) doivent être réparties entre les différents jours de la semaine conformément à l'un ou à l'autre des deux modèles d'emploi de temps cijoints. L'inspecteur scolaire local pourra néanmoins autoriser des modifications de détail, sous la condition que le chiffre total des heures reste le même. Une modification qui s'écarterait de ce chiffre devrait être soumise à l'approbation de la résence. »

Voici les deux modèles en question :

Emploi du temps pour une école à une seule classe.

{Modèle A.)

(Les chiffres I, II et III désignent les trois divisions de l'école.)

Heures.

9 à 10 J 10 à il j

il à 12(.

Lundi.

Religion.

I, II, III

Allemand.

I, II, 111

Géographie.

I, II

I Dessin.

Mardi.

Allemand

I, H, III

Calcul.

L II, III

Histoire.

I, II

Religion.

I, II

I, Géométrie.

Mercredi.

Religion.

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