ÉLECTION
L'Ecole normale compte actuellement 90 élèves. 25 sont les anciens élèves du Dar-ol-Oloum et forment avec 35 autres élèves d'El-Azhar la première section. Les 30 qui composent la seconde section ont été choisis parmi les élèves, des classes inférieures de l'école préparatoire. L'école annexe, où les élèves-maîtres s'exercent à la pratique de l'enseignement, compte GO enfants de tous âges.
La durée des cours sera de cinq années pour les jeunes gens qui se destinent à devenir professeurs dans les écoles du degré secondaire créées ou à créer ; de quatre ans, pour ceux qui n'aspirent qu'à devenir maîtres dans les écoles primaires supérieures ; et enfin de deux ans pour ceux qui veulent rester dans l'enseignement inférieur et pour lesquels on créera des écoles destinées à remplacer progressivement les kouttâbs.
L'Ecole normale conférera des diplômes correspondant à ces trois degrés d'enseignement.
Au fur et à mesure que des sujets dûment qualifies sortiront de l'Ecole normale, les écoles primaires supérieures actuellement existantes seront améliorées, d'autres seront créées dans toutes les villes de plus de 10 000 habitants. Dans les villages de 2000 habitants et au-dessus, les kouttâbs disparaîtront et feront place à des écoles primaires où enseigneront les maîtres munis du brevet inférieur. Enfin l'enseignement secondaire recevra une grande extension, de nouvelles écoles préparatoires seront ouvertes dans toutes les villes importantes de l'Egypte.
« Quand l'année actuelle ne consacrerait que la création de l'Ecole normale, cela lui suffirait pour marquer sa date dans l'histoire de l'instruction publique en Egypte. » (Dor-Bey.)
Conclusion. — L'instruction publique en Egypte est dans la période de création. Déjà un grand pas est fait, le besoin d'instruction se fait partout sentir. Si ce besoin ne reçoit pas une plus large et plus prompte satisfaction, c'est que les écoles manquent et que les maîtres font défaut. Mais grâce aux bonnes dispositions du gouvernement et à sa ferme résolution de donner à l'Egypte par l'instruction et l'éducation sa part des bienfaits de la civilisation moderne, ces obstacles disparaîtront, et le jour n'est pas éloigné où les écoles, convenablement installées, auront des professeurs à la hauteur de leur mission.
Les difficultés financières léguées par l'ancien régime sont aplanies. L'argent ne manquera plus au gouvernement qui fera une large part aux écoles.
Dans ces conditions, il n'est pas téméraire de dire que l'Egypte saura vite reconquérir une place honorable parmi les nations les plus éclairées. [Mougel.]
ÉLECTION. — L'élection découle du droit des gouvernés d'intervenir dans le gouvernement de la chose publique. Ce droit populaire, en quelque sorte primordial, se trouve, plus ou moins clairement défini, à l'origine et comme à la base de toutes les sociétés. Altéré, restreint, opprimé, suspendu même, il persiste à travers les âges avec une souveraine énergie.
Sans pouvoir esquisser ici, même sommairement, les vicissitudes du droit électoral chez les peuples de l'antiquité et chez les modernes, dans la société civile et dans la société religieuse, rappelons seulement qu'aujourd'hui, toutes les assemblées délibérantes, parlement, conseils généraux, conseils d'arrondissement et conseils municipaux, émanent de l'élection, et, pour arriver enfin sur un terrain qui est vraiment le nôtre, disons que l'élection ne pouvait manquer de pénétrer un corps aussi libéral, et aussi jaloux de ses libertés, que l'Université de France. Au moyen âge, alors que dans les corporations, lre Partie.
comme dans les communes, l'élection présidait à la nomination des magistrats, des jurés et des maîtres, l'Université, qui était la corporation par excellence, fut une des premières à établir cette règle. Son chef, le recteur, fut longtemps élu par les représentants des professeurs et des étudiants des quatre tintions, et non seulement l'Université eut son chef élu, mais elle envoya ses délégués siéger dans les conseils des rois, dans les Etats-généraux, et jusque dans les conciles.
Mais la lourde main de la royauté ne tarda pas à s'abattre sur l'Université, comme elle s'était abattue sur les communes et sur les autres corporations; cette puisssnce , qui avait tenu en échec celle du prévôt de Paris, et même la justice royale, vit peu à peu ses privilèges amoindris, ses franchises supprimées, et l'élection disparut de ses rangs.
Lors de la réorganisation de l'instruction publique sous le nom d'Université de France, en 1808, aucune part ne fut faite à l'élection; et les divers régimes qui succédèrent à l'empire maintinrent cet état de choses. C'est seulement par la loi libérale du 27 février 1880 que les conseils universitaires, jusqu'alors fermés, se sont ouverts aux élus du corps enseignant. Les conseils académiques sont composés pour une bonne part de membres élus appartenant à l'enseignement supérieur et à l'enseignement secondaire (art. 9). Quant au Conseil supérieur, tous ses membres, à l'exception de treize qui sont à la nomination du ministre, sont élus par un grand collège électoral comprenant les corps savants, les professeurs de l'enseignement supérieur, ceux de l'enseignement secondaire, et les représentants les plus autorisés de l'enseignement primaire.
En ce qui concerne cet enseignement, qui doit nous occuper particulièrement, son collège électoral se compose des inspecteurs généraux de l'enseignement primaire, du directeur de l'enseignement primaire de la Seine, des inspecteurs d'académie des départements, des inspecteurs primaires, des directeurs et directrices d'écoles normales, de la directrice de l'école Pape-Carpantier, des inspectrices générales et des déléguées spéciales pour l'inspection des salles d'asile : en tout environ 6.:>0 membres, nommant six représentants (art. 1er de la loi du 27 février 1880).
Si le nombre des électeurs de cette catégorie peut paraître restreint, eu égard au personnel si considérable de l'enseignement primaire, n'oublions pas à quelles difficultés on se serait heurté, si l'on eût voulu mettre en mouvement ce corps tout entier et le transformer en collège électoral, et ajoutons que si les électeurs sont relativement peu nombreux, l'éligibilité s'étend à tous les membres du corps enseignant, à quelque ordre qu'ils appartiennent (cire, du 16 mars 1880). Peut-être sera-t-il possible de faire, dans l'avenir, une place plus large au corps enseignant primaire : pour le présent, il faut se réjouir de ce que les droits de l'Université, si longtemps méconnus, lui aient enfin été restitués, et, avec le droit d'élection, la faculté de faire entendre librement sa voix dans les conseils qui la gouvernent.
Voici le texte de l'art. 11 du décret du 13 mars qui détermine les conditions dans lesquelles a lieu le vote :
« Les inspecteurs généraux de l'enseignement primaire, le directeur de l'enseignement primaire de la Seine, les inspecteurs d'académie des départements, les inspecteurs primaires, les directeurs et directrices d'écoles normales, la directrice de l'école Pape-Carpantier les inspectrices générales et les déléguées spéciales chargées de l'inspection des salles d'asile votent dans l'académie de leur résidence.
élèves-maîtres