‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 456 sur 547 · COURS FACULTATIFS · texte numérisé non relu

COURS FACULTATIFS

Littératures anciennes

Eléments de la langue latine....

Géographie économique

Mathématiques

Physiologie animale et végétale.

Musique vocale

3 heures.

12 heures.

1 heure.

3 heures.

12 heures.

2 heures

12 heures.

20 heures.

» Art. 2. — La durée des classes sera d'une heure : il y aura deux classes le matin et deux le soir, tous les jours de la semaine, sauf le jeudi et le dimanche.

» Trois fois par semaine, après la classe du matin, travaux à l'aiguille et gymnastique. »

Malgré l'utile concours des maîtres de l'Université, tout le monde sent que les femmes doivent être élevées par des femmes. L'art. 9 de la loi dispose que les nouvelles institutions déjeunes filles seront placées sous l'autorité d'une directrice, et que l'enseignement sera donné par des professeurs hommes ou femmes.

C'est à créer ces directrices et ces maîtresses qu'on a dû songer d'abord. La loi du 26 juillet 1881 y a pourvu par la fondation d'une école normale d'enseignement secondaire des jeunes filles.

De cette loi et de l'arrêté ministériel du 14 octobre suivant résultent :

1° Que l'école normale a été installée dans les dépendances de l'ancienne manufacture de Sèvres.

2° Que le régime est celui de 1 internat, à la charge de l'Etat, et la durée du cours de deux ans.

3° Que l'admission des élèves a lieu au concours, entre concurrentes âgées de moins de 30 ans, et munies soit du brevet primaire supérieur, soit d'un diplôme de bachelier, soit du diplôme d'études secondaires spéciales.

4° Que les épreuves écrites consistent en compositions sur la langue française, sur la littérature française, sur l'histoire de France et la géographie générale, sur l'arithmétique et les sciences physiques.

FINISTÈRE

FINISTERE

L'école normale de Sèvres a été confiée à des mains aussi digne* qu'expérimentées. De plus, on a fait appel aux lumières, à l'autorité d'un homme dès longtemps connu par ses sympathies ardentes pour la cause de l'instruction des femmes : M. Legouvé, qui réclamait il y a trente ans des lycées de jeunes filles, a reçu la haute direction de l'établissement. Les professeurs ont été choisis dans l'inspection générale , dans la haute administration, dans le professorat des lycées. [Hippolyte Durand.]

La population féminine d âge scolaire recensée en 1876 se composait de 2 224 599 filles de 6 à 13 ans. En 1880-1831, les écoles primaires publiques et libres ont reçu 2481024 filles de tout âge; mais si on défalque de ce total les élèves au-dessous et au dessus de l'âge scolaire, il ne reste que 1 963 545 filles de 6 à 13 ans inscrites dans les écoles primaires ; il faut y ajouter 59 194 filles de 6 à 7 ans inscrites dans les salles d'asile : total, 2 022 739 filles d'âge scolaire fréquentant une école, en regard d'une population de 2 224 59!) filles d âge scolaire accusée par le recensement de 1876.

On comptait, au Ier janvier 1882, plus de 100 écoles primaires supérieures de filles, avec un total d'élèves évalué à près de 8000. Sur ce nombre il y avait 51 boursières.

Quant à renseignement secondaire public des filles, il était représenté, en 1882, par 1 lycée (Montpellier), 3 collèges (Auxerre, Grenoble, Lonsle Saulnier), et 98 cours d'instruction secondaire, avec un total de 4 493 élèves. Etaient en construction ou à l'étude, à cette date, 35 lycées, 33 collèges, et 9 cours.

Pour éviter des répétitions, nous renvoyons aux articles spéciaux consacrés aux différents pays ce qui concerne l'instruction primaire et secondaire des filles dans les pays étrangers. On pourra consulter aussi l'article Sexes, qui traite de la co-éducation et des écoles mixtes quant aux sexes.

FINISTÈRE (Département du\ — Superficie : 6721 kilomètres carrés. Population en 1876 : 666 106 habitants (au lieu de 662 485 en 1866). Densité moyenne de la population par kilomètre carré : 99 habitants. Cinq arrondissements : Quimper, Brest, Châteaulin, Morlaix, Quimperlé; les circonscriptions d'inspection primaire sont au nombre de six, l'arrondissement de Châteaulin ayant été récemment divisé en deux circonscriptions, Châteaulin et Carhaix ; 43 cantons, 289 communes.

Population d'âge scolaire. — En 1872, on comptait dans le Finistère 93 332 enfants de 6 à 13 ans (47 627 garçons, 45 7<»5 filles), soit 14,5 enfants d'âge scolaire par 100 habitants.

En 1876, on y comptait 98 151 enfants de 6 à 13 ans (49 076 garçons, 49 075 filles), soit 14,7 enfants d'âge scolaire par 10) habitants.

1. Etat de l'instruction primaire avant 1789. — Tous les départements qui se sont formés de l'ancienne province de Bretagne ayant été soumis à la juridiction des mêmes ducs ou des Etats de Rennes, on y rencontre les mêmes institutions scolaires. Dès le xve siècle existaient les écoles paroissiales ou « petites écoles », dirigées par le recteur ou curé ; mais il paraît qu'elles étaient tenues d'une façon fort irrégulière, car en 1710 on voit l'évêque de Quimper, dans un mandiment, encourager son clergé' à les rétablir (V . Bretagne, p. 279). Les « petites écoles » pour les filles étaient dirigées par des religieuses, Augustines, Calvairiennes, Ursulines, etc., qui avaient des maisons sut presque tous les points du diocèse, à Quimper, à Quimperlé, à Carhaix, à Landerneau, \ à Pont-Croix, à Morlaix. Des sœurs du tiers-ordre de Saint-François ou de Saint-Dominique, vivant !

dans le siècle au sein de leur famille, se chargeaient de l'enseignement des filles là où il n'y avait pas d<*. communauté religieuse. Il est aisé d'imaginer quel pouvait être le niveau de cet enseignement primaire. S'il était possible d'avoir confiance dans les calculs établissant le nombre des époux qui ont signé leur acte de mariage au xvn* et au xvmc siècle, on pourrait établir une statistique des personnes sachant écrire, ou du moins signer leur nom; mais les signatures relevées sur les vieux registres sont loin do porter toutes un caractère d'authenticité : elles sont le plus souvent de la même écriture que le texte de l'acte rédigé par le curé.

2. Développement de l'instruction primaire depuis 1789 et état actuel. — On sait les généreuses intentions des Assemblées de la Révolution pour l'organisation de l'enseignement populaire. Les troubles de cette orageuse périodet l'indifférence du gouvernement consulaire et impérial pour cet important objet, l'insuffisance et l'incertitude des règlements sur l'instruction primaire jusqu'au grand effort de 1833, ne permettent pas de suivre d'une façon satisfaisante la marche de l'enseignement dans le Finistère depuis 1789. Nous devons nous borner à des renseignements statistiques analogues à ceux que nous avons donnés pour les autres départements.

Nombre des écoles. — Le tableau ci-dessous indique l'accroissement général du nombre des écoles primaires, depuis 1821, date de la première statistique, jusqu'à nos jours :

En 1837, sur un total de 323 écoles, on comptait 164 écoles de garçons, 126 écoles de filles, et 33 écoles mixtes. En 1876-77 la proportion était : 241 écoles de garçons, 272 écoles de filles, 87 écoles mixtes. En 1881, les chiffres sont : 260 écoles de garçons, 284 écoles de filles et 78 écoles mixtes.*

Sur les 289 communes du département, 273 possédaient (en 1881) au moins une école primaire; 97 étaient réunies à d'autres communes pour le service de l'enseignement primaire; 7 n'avaient aucune école. Il existait (en 1881) 110 communes de plus de 500 habitants n'ayant pas d'école publique de filles, savoir 34 dans l'arrondissement de Quimper, 27 dans celui de Brest, 30 dans celui de Châteaulin, 17 dans celui de Morlaix, et 2 dans celui de Quimperlé.

Division des écoles publiques et lib7*es en écoles laïques et écoles congrég ajustes.

Écoles publiques

Écoles libres

Total

Écoles laïques Écoles congréganistes

de garçon* de flU

ou mixtes

de garçons d fiu ou uiivles

Total

2tI0

FINISTERE

FINISTÈRE

Nombre total d'élèves, et nombre des élèves gratuits dans les écoles primaires de toute nature.

Total det clercs Elèves gratuits

Manque

1876-77 (année scolaire)..

Sur les 68 1G2 élèves inscrits en 1881, il y avait seulement 5G 1 14 enfants de 6 à 13 ans ; en y joignant les enfants de 6 à 7 ans reçus dans les salles <î'asile, on obtient un total de 57 082 enfants de 6 à 13 ans, soit seulement 58.8 p. 100 de la population d'âge scolaire d'après le recensement de 1876.

En 1837, il y avait 271 élèves inscrits sur 10000 habitants; en 1870, il y en avait 907 sur 10 000 habitants. En 1881, il y en a eu 1 023.

Personnel enseignant. — Voici la statistique du personnel enseignant primaire à partir de 1837 :

Nombre d'instituteurs et d'institutrices, y compris les adjoints et les adjointes.

Instituteurs

laïques congréganistes

Institutrices

ait] ues

congrégc

Maisons d'école et mobilier scolaire. — Sur 474 maisons d'écoles, 355 seulement sont des propriétés communales, les autres sont louées ou prêtées. La plupart des écoles sont installées dans les conditions les plus défectueuses; plus de 300 bâtiments scolaires, dit le dernier rapport de l'inspecteur d'académie, auraient besoin d'être reconstruits, ou agrandis, ou améliorés. En très grande majorité, les écoles ne sont pas chauffées en hiver; beaucoup n'ont ni lieux d'aisance, ni cour, ni jardin. Les enfants prennent leur récréation dans la rue ou sur la route. Les conseils municipaux montrent peu d'empressement à se conformer aux prescriptions de la loi, et les efforts de l'administration n'ont pas abouti jusqu'ici à des résultats satisfaisants. En 1880., 9 maisons d'école ont été construites; 4 ont été achevées ; 18 ont été l'objet d'appropriations ou de réparations; 10 sont en voie de construction; enfin 20 projets sont a l'étude et ont été approuvés par le Conseil départemental.

Le mobilier scolaire est généralementinsuffisant. « Il y a un grand nombre d'écoles, dit le rapport <le M. Baudouin, inspecteur général (1880), où les -enfants de la division élémentaire n'ont que de petits bancs et ne peuvent être admis à écrire. »

Le chiffre des subventions accordées par l'État à diverses communes du Finistère, pour construction ou réparation de maisons d'école, durant les cinq dernières années, est le suivant :

de la langue bretonne est un grand obstacle aux progrès de l'instruction. « Le breton, dit M. l'inspecteur général Baudouin, est pané dans tout le Finistère ; il n'v a pas un seul ménage campasnard où l'on parle français. Le clergé est attaché à la langue bretonne, qui, dit-il, n'a jamais servi à propager l'erreur. C'est en breton que s'enseigne le catéchisme dans les écoles rurales, c'est en breton que se font les instructions dans les églises. Le français est, pour un très grand nombre d'écoliers finistériens, une langue étrangère qu'ils n'entendent parler qu'en classe... L'enseignement de la langue française présente de sérieuses difficultés dans les écoles rurales du Finistère, où la plupart des enfants arrivent à l'école sans savoir un mot de français. Ce n'est qu'au bout de trois ou quatre années d'études que les petits Bretons réussissent à écrire convenablement sous la dictée; mais leurs rédactions restent pitoyables. Quelques maîtres obtiennent de bons résultats au moyen des exercices de traduction du breton en français. »

C'est pour l'arithmétique que les enfants des écoles du Finistère semblent avoir le plus d'aptitude, et c'est dans cette branche qu'ils réussissent le mieux. Par contre, l'histoire est la matière la plus mal enseignée et celle pour laquelle les élèves montrent le moins d'intérêt. La géographie est en général un peu mieux sue. La gymnastique est négligée, ainsi que le chant et le dessin.

Le certificat d'études primaires n'a été institué dans le Finistère qu'en 1878. En 1881, 1447 candidats se sont présentés (904 garçons, 543 filles) : 776 ont été admis (434 garçons, 342 filles).

Les tableaux ci-dessous donnent les chiffres des conscrits et des conjoints lettrés :

ANNEES

CONSCRITS

Examinés

Sachant moins lire

au

Combien pour 100

Nombre de conjoints, sur 100, ayant signé leur acte de m triage.

Hommes

Subventions

des école»

de l'Etat

55 100 fr.

Total 108 636 350 fr.

Enseignement ; méthodes et résultats. — L'usage

Années

Femmes

Hommes et femme»

Pensionnats primaires ou cameristats. — Il existe dans le Finistère un certain nombre de pensionnats primaires annexés à des écoles publiques ou libres : toutefois, ce sont moins des pensionnats proprement dits que des cameristats comme on en trouve en Auvergne ; les élèves désignés sous le nom de logeurs ou chambristes fournissent leur literie, leur nourriture, leurs livres et une caisse qui leur sert d'armoire et de siège. Il y a une soixantaine de ces cameristats dans le département ; leur personnel se recrute surtout parmi les élèves forains, mais beaucoup

FINISTERE

FINISTERE

appartiennent à la commune môme. Les familles les confient à des établissements de cette sorte, non pas tant pour leur épargner le retour quotidien au foyer par les mauvais chemins et le mauvais temps, que pour les mettre à même de recevoir, en étant constamment sous l'œil du maître, des soins plus attentifs et une instruction plus étendue.

« Chaque semaine, dit un inspecteur primaire qui parle de visu, les familles envoient aux logeurs des vêtements, du linge, du lard, du beurre et du pain de seigle; les paysans riches y ajoutent des crêpes de sarrazin. Ces provisions, avec une écuelle de terre et un couvert de fer battu, sont déposées dans le réfectoire sur un cadre fixé au plafond et courant au-dessus des tables. Deux ou trois fois par semaine, on fait le potage pour les logeurs. Chaque élève remet alors à la servante un morceau de lard, sur lequel il a fait une marque ; les plus défiants y piquent une fiche de bois : le directeur fournit les légumes, choux, carottes, navets et pommes de terre ; le tout est placé dans la même marmite avec quelques seaux d'eau. Le potage cuit, chaque élève reconnaît son bien, enveloppe sa tranche de lard dans une feuille de papier et la dépose sur le cadre aux provisions ; les légumes sont abandonnés aux volailles; le bouillon sert à tremper des soupes, deux fois par jour, pendant cinq jours de la semaine. Le directeur prélève ordinairement la quantité de bouillon nécessaire à sa famille et à la servante. Le vendredi et le samedi, le potage gras est remplacé par le potage aux poix ou aux pommes de terre, assaisonné de beurre. Le déjeuner et le goûter se composent habituellement de pain et de beurre ou de lard ; le dîner et le souper, d'une écuellée de soupe avec un morceau de pain, du lard ou du beurre.

» Les élèves font leurs lits, balayent les dortoirs, coupent leurs soupes, transportent le bois et l'eau nécessaires pour la cuisine, et nettoient leurs chaussures ; le travail de la servante est donc peu considérable.

» Les dépenses du directeur pour légumes, chauffage et éclairage s'élèvent à 1 franc par élève et par mois lorsque le nombre des logeurs est inférieur à quinze ; à 75 centimes, lorsque ce nombre est de quinze à vingt-cinq; et à 50 centimes, lorsqu'il dépasse trente. Les logeurs payent de 5 à 8 francs par mois, sur lesquels les instituteurs publics prélèvent 1 fr. 50 c. de rétribution scolaire pour les communes.

» Les logeurs se lèvent à 5 heures et demie l'été, et à 6 heures l'hiver; ils ont une demi-heure pour s'habiller; ils vont ensuite à l'étude, qui finit à 7 heures et demie, moment où ils déjeunent. A 8 heures, ils vont en classe avec les externes; à 11 heures, récréation, puis dîner. A 1 heure, classe de nouveau ; à 4 heures, goûter ; à 4 heures et demie étude jusqu'à 6 heures ; le souper a lieu à 6 heures et le coucher à 7 heures et demie.

h Outre les deux études dont il a été parlé, quelques directeurs font aux logeurs, de 7 heures à 8 heures et demie du soir, un cours d'instruction élémentaire auquel assistent parfois deux ou trois jeunes gens du chef-lieu de la commune : c'est le cours d'adultes.

» Le jeudi et le dimanche, il y a une promenade qui dure deux ou trois heures.

» Les logeurs sont surveillés la nuit par le plus sage d'entre eux, lorsque le directeur est marié et qu'il n'a pas d'adjoint; pendant les récréations, ils jouent dans la cour ou dans le voisinage, entièrement abandonnés à eux-mêmes.

» Les « logeurs » sont généralement plus âgés que les autres élèves de l'école; ce sont pour la plupart d'anciens externes qui sont venus cher-

cher une instruction plus complète et surtout ta pratique de la langue française. »

La préférence donnée par les parents au système du caméristat s'affirme surtout à l'égard des filles. Les caméristats de filles, dirigés par des sœurs, reçoivent beaucoup plus d'écoles que l'externat communal ; et la plupart de ces pensionnats sont en réalité moins des écoles primaires que des espèces de noviciats destinés à recruter les futures religieuses.

Ecoles de hameau. — Beaucoup de communes du Finistère et des autres départements bretons ont une population très disséminée, la superficie de la commune embrassant souvent un territoire de 6,000 à 8,000 hectares. Il en résulte, pour la diffusion de l'instruction primaire, une difficulté particulière : l'école établie au bourg qui sert de chef-lieu à la commune n'est à la portée que d'un petit nombre d'enfants, et les autres, à cause de la distance qui les sépare de l'école, restent privés de tout moyen d'enseignement. « Le pays breton, disait en 1880 M. Baudouin, dans un rapport spécial sur les trois départements de la Bretagne, n'est pas une réunion, un ensemble de villages plus ou moins populeux séparés par des campagnes cultivées : non, c'est au contraire une multitude de hameaux isolés, une poussière de fermettes semées sur toute la surface de la péninsule, à des distances inégales, au milieu desquelles émergent quelques bourgs, quelques centres administratifs où la vie sociale s'est concentrée avec plus ou moins d'activité. La somme faite des population de tous les centres, de tous les bourgs, n'est qu'une faible partie de la population totale, puisque la population de chaque centre n'est ellemême qu'une faible partie de la population de la commune... Donc, en établissant les écoles aux bourgs, on n'a travaillé que pour la minorité, et les intérêts de la grande majorité n'ont pas été satisfaits. Aussi l'intérieur de la Bretagne est-il resté stationnaire, indifférent au mouvement scolaire qui s'est produit dans toute la France, endormi dans ses vieux préjugés, encouragé à des résistances par des influences occultes et puissantes qui parlent le langage des anciens Celtes, resté toujours cher aux vieux Bretons.

» L'école au bourg n'était qu'un moyen insuffisant de propagation. C'était d'ailleurs une marche souverainement inique : en laissant jusqu'ici les populations rurales sans moyens d'instruction, sans écoles à leur portée, on les a maintenues dans un état inférieur, et l'on a privé plus d'un million et demi de paysans des bienfaits de la civilisation. Puisqu'ils sont isolés, ignorants et condamnés au travail manuel, c'est au milieu d'eux, par eux et pour eux, qu'il fallait créer des institutions scolaires capables de les relever et de les

amener à la vie sociale Donc, mettons-nous

franchement à l'œuvre, et parsemons les départements bretons d'écoles de hameaux. »

La question de la création d'écoles de hameau préoccupait depuis plusieurs années l'administration. Dès 1878, M. Corentin Guyho, député de l'arrondissement de Quimperlé, avait proposé à M. Bardoux, alors ministre, l'emploi de ce moyen pour remédier au trop grand éloignement. de l'école du chef-lieu. « Ne serait-il pas possible, demandait-il, de faire diriger par un seul maître deux ou môme trois écoles de hameau, suivant les distances et la forme topographique de la commune ? Soit qu'il fasse la classe alternativement un jour dans une école, un jour dans une autre, soit qu'il partage sa journée en deux classes, faites le matin dans un hameau, le soir dans l'autre; soit de toute autre manière, le maître partagerait son temps entre les deux ou les trois écoles; chacune d'elles, étant réduite à un très petit nombre d'élèves, pourrait se tenir bans inconvénient dans un local res-

FINISTERE

FINISTÈRE

treint, par conséquent à très bon compte. » Avec j l'assentiment du ministre, un essai fut tenté dans la commune de liaunales, où un instituteur ambulant fut chargé de la direction de trois écoles de hameau. Le 11 janvier 1879, à la suite d'un rapport favorable sur la réussite de cette expérience, M. Bardoux nomma une commission dont M. Corentin Guyho reçut la présidence, et qui fut chargée d'étudier les conditions pratiques dans lesquelles un certain nombre d'écoles de hameau pourraient être créées dans l'arrondissement de Quimperlé. Cette commission conclut à la création de 18 écoles de hameau ; et après des négociations assez laborieuses avec les communes, et une enquête faite surplace par un délégué spécial du ministre, celui-ci donna son approbation à une délibération du Conseil départemental, en date du 8 décembre 1880, déclarant d'utilité publique l'établissement de 18 écoles intermittentes de hameau dans l'arrondissement de Quimperlé. Un décret du 25 octobre 1881 mit la création de ces écoles à la charge de l'Etat, en affectant à cette utile entreprise une somme de 272680 fr. La mesure prise en faveur de l'arrondissement de Quimperlé fut bientôt après étendue au département tout entier: sur un rapport du préfet du Finistère concluant à la construction immédiate de 50 écoles de hameau dans les arrondissements de Quimperlé, Brest, Châteaulin et Morlaix, et vu les devis évaluant la dépense à 900 000 fr., un nouveau décret en date du 14 mars 1882 a mis à la disposition du préfet une somme de 900000 fr. pour être consacrée à la construction de ces 50 écoles.

Ecoles normales. — L'école normale d'instituteurs de Quimper a été fondée en 1873. Dirigée à l'origine par des congréganistes, elle a été laïcisée en 1880 à la suite d'un scandale qui détermina la retraite des Frères ; elle se trouve actuellement sous la direction d'un homme capable et expérimenté qui a su donner à l'enseignement et à la discipline une impulsion nouvelle. L'école ne peut contenir que 39 élèves ; aussi la question de son agrandissement a-t-elle été mise à l'étude.

Le département ne possède pas encore d'école normale d'institutrices. Mais un emplacement a déjà été choisi pour la construction d'un édifice où sera prochainement installé cet établissement; et le Conseil général, dans sa session d'août 1881, a décidé qu'un emprunt de 340 000 fr. serait fait à la caisse des écoles moyennant le vote d'un demi-centime pendant trente ans.

Il n'existe pas non plus de cours normal d'institutrices. C'est ce qui explique pourquoi jusqu'à présent le plus grand nombre des écoles de filles ont été dirigées par des religieuses ; il n'y a pas, dans le département, moins de dix-neuf congrégations de femmes vouées à l'enseignement.

Le nombre des brevets délivrés de 1833 à 1880 a été le suivant :

Instituteurs.

1833-1850 120 brevets élémeutaires, » brevets supérieurs 1851-1867 94 brevets obligatoires, 4 brevets complots. 1867-1880 278 — 61 brevets facultatifs

ou complets.

Institutrices.

1836-1850. 158 brevets élémentaires, 1851-1867. 398 brevets obligatoires, 1867-1880. 854 —

4 brevets supérieurs 1 brevet complet.

82 brevets facultatifs ou complets.

Ecoles primaires supérieures. — Il existe à Quimper un vaste établissement d'enseignement primaire supérieur, nommés les Likès, et tenu par les frères des écoles chrétienues. Cet établissement, qui est un internat, compte de 700 à

80^ élèves, fils de paysans aisés appartenant aux diverses communes dos arrondissements de Quimper, Quimperlé, Cliâteaulin ; ils y reçoivent, à des conditions exceptionnelles de bon marche, une instruction spéciale légèrement teintée de notions administratives; une fois rentrés dans leurs communes, les anciens élèves des Likêsy occupent une situation exceptionnelle de lettrés qui les désigne forcément au choix de leurs concitoyens comme conseillers municipaux, adjoints et maires ; et comme leur éducation a été faite par des congréganistes, ils restent des instruments dociles entre les mains d'une puissance qui n'est point l'Etat. « C'est ici, disait un évoque de Quimper en parlant de l'école des Likès, que nous faisons les maires de l'avenir. »

Jusqu'à présent, aucune tentative n'a été faite pour créer une école primaire supérieure donnant à la jeunesse bretonne une éducation laïque et française.

Salles d'asile. — Le Finistère occupait 92 salles d'asile en 1850, 16 en 1863, 21 en 1867, et 27 en 1877. Le nombre des élèves reçus dans les salles d'asile était de 4 297 en 18ô0, de 3 705 en 1863, de 4346 en 18(57, et de 5 787 en 1817. Le dernier rapport de l'inspecteur d'académie mentionne pour 1881 31 salles d'asile avec 7 466 élèves; 19 d'entre elles sont des établissements communaux (4 laïques, 15 congréganistes) ; les autres, toutes congréganistes, sont des établissements libres.

Cours d'adultes. — Voici la statistique des cours d'adultes à partir de 1867 :

Nombre des cours Nombre des auditeurs

Hommes Femmes Hommes Femmes

En 1880-1881, le nombre des auditeurs des cours d'adultes a été de 4 332 hommes et 690 femmes. Institutions auxiliaires. — En 1863, le Finistère n'avait que 3 bibliothèques scolaires avec un total de neuf volumes. Le nombre de ces biblioj thèques s'était élevé en 138U à 90; le nombre des I prêts a été de 3 017 à Brest, de 2ô52 à Pont-1'Abbé, j de 372 à Douarnenez, de 359 àLampaul-Guimiliau, i de 268 à Saint-Pierre-Quilbignon, etc. « Ces chiffres, dit le rapport de l'inspecteur d'acad prouvent que le goût de la lecture tend à se répandre. Malheureusement nos bibliothèques scolaires ne se renouvellent pas assez, faute d'argent. Le montant des dons et des souscriptions de toute nature n'a atteint que la somme de 559 fr. 2Î c. Tout dernièrement, l'Etat a donné à l'arrondissement de Quimperlé une somme de 30U0 francs, destinée à la création de bibliothèques populaires circulantes. Dix ont été créées aussitôt et fonctionnent avec régularité; mais, quoique confiées aux soins des instituteurs, elles ne nous paraissent pas devoir être confondues avec les bibliothèques scolaires. »

Le Finistère possède un Bulletin scolaire, créé en 1868, et qui reçoit du Conseil général une subvention annuelle de 400 francs.

La société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices a été fondée en 1852. Elle comptait, au lor août 1880, 135 membres participants et 30 membres honoraires.

Les caisses d'épargne scolaires, de création toute récente; n'existent guère que dans l'arrondissement de Quimperlé, où l'on en comptait 17 en iSSO.

Budget de l'instruction primaire. — .Nous donnons, dans le tableau ci-dessous, le chiffre des dépenses ordinaires de l'instruction primaire dans le Finistère de 1855 à 1S80 :

FLATTICH

FLATTICH

RÉTRIBU-

RESSOURCES

SUBVENTIONS

ANNÉES

TION

scolaire

communales non compris

du d^parten

A PART

la rétribution scolaire

tenl

de l'État

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