FRESLON
le seul instrument de l'éducation du peuple dans le Morbihan, le Finistère, les Côtes-du Nord, l'Illeet-Vilaine, la Loire-Inférieure.
En 1840, la maison principale comptait 130 frères y compris les novices, et donnait l'instruction professionnelle en môme temps que l'enseignement primaire a de jeunes orphelins ou enfants abandonnés, répartis dans des ateliers de serrurerie, de charronnage, de menuiserie, de charbonnerie, etc. Les frères de Ploërmel comptaient h cette époque, en Bretagne, près de 200 écoles et un certain nombre d'établissements à la Martinique et à la Guadeloupe, où ils instruisaient les esclaves affranchis.
Au moment de la mise à exécution de la loi de 1833, M. Guizot encouragea de tout son pouvoir une institution qui fournissait « les pionniers de l'enseignement » dans des postes « où il n'y a pas grand'chose à envier à la Thébaïde »; il a rendu hommage dans ses Mémoires (t. III, p. 81) aux mérites du fondateur, et loué « son esprit simple et cultivé tout ensemble, son habileté pratique, son indépendance envers son propre parti, sa franchise dans ses rapports avec le pouvoir civil. »
Bien qu'autorisés pour toute la France par un décret du 9 mai 1876, les Frères de Lamennais ne sont qu'exceptionnellement sortis des frontières de la province en vue de laquelle ils avaient été institués. [Eugène Rendu.]
FRÈRES DE MARIE (PETITS). — L'institut des Petits Frères de Marie ou Frères Maristes, fondé en 1817, a des écoles dans quarante départements. Il compte près de 4000 frères et novices, et 100 000 élèves dans 510 établissements en France et à l'étranger. Il possède sept noviciats en France, un en Ecosse (à Dumfries), un en Australie (à Sidney).
Cet institut vient immédiatement, comme importance, après celui des Frères des écoles chrétiennes. [Eugène Rendu.]
FRÈRES DE LA SAINTE-FAMILLE. — Congrégation instituée en 1835 par le frère Gabriel Taborin, dans le diocèse de Belley (Ain), sous les auspices de l'évêque, Mgr Devic, approuvée par un bref apostolique du 28 août 1841, et reconnue par décret du 10 janvier 1874. L'association possède une maison mère, un noviciat, et 55 maisons particulières. Ces Frères vont généralement deux par deux. Quand un frère remplit un poste d'instituteur isolément, il prend ses repas au presbytère.
Le système pédagogique suivi par la congrégation de la Sainte-Famille est celui de l'Institut des écoles chrétiennes. Le mode mixte est appliqué dans presque toutes ses classes. Son principal établissement à Paris est l'école-maîtrise de la Trinité. [Eugène Rendu.]
FRÈRES DE SAINT-JOSEPH DU MANS. — Autorisée par ordonnance royale du 23 juin 1823 pour les départements de la Sarthe et de la Mayenne, et par une seconde ordonnance (3 avril 1843) pour les possessions françaises d'Afrique, cette association comptait à cette époque 86 frères répartis entre 39 établissements et 45 novices.
Les Frères de Saint-Joseph se rendaient seuls, s'il y avait lieu, dans les paroisses où ils étaient appelés, majs devaient « prendre pension chez le curé ou tout autre ecclésiastique de l'endroit, ayant soin de sortir de table après avoir mangé, sans attendre que les autres aient fini et sans jamais accepter ni liqueur, ni vin de desrert. »
Aux Frères de Saint-Joseph peuvent être assimilées, sou» le rapport du régime disciplinaire, quelques autres associations fondées à la môme époque : Doctrine chrétienne de Nancy (pour la Meurthe, la Meuse et les Vosges; 17 juillet 1822) ; — Instruction chrétienne de Valence, à Saint- Paul-Trois-Cliâteaux (pour les Hautes-Alpes, la Drôme, l'Isère; 11 juin 1823) ; — Instruction chré-
tienne du Saint-Esprit, à Saint-Laurent (pour la Vendée, la Vienne, les Deux-Sèvres, Maine-et- Loire, la Loire-Inférieure ; 17 septembre 1823) : — Instruction chrétienne du diocèse de Vivier? (Haute-Loire et Ardèche ; 10 mars 1825) ; — du Saint-Viateur (pour le Cantal; 10 janvier 1830) ; — et quelques autres moins connues (V. à l'article Congrégations religieuses la liste des congrégations enseignantes d'hommes autorisées).
C'est de l'ensemble de ces associations que M. Villemain disait dans son Rapport au roi sur la situation de l'instruction primaire (1840) : « Leurs statuts diffèrent peu des statuts des Frères des écoles chrétiennes : partout, ce sont les mômes obligations en ce qui concerne l'instruction des enfants, qui doit avoir un caractère essentiellement religieux. Mais les Frères de Saint- Yon ne peuvent être moins de trois dans une école, ce qui entraîne une dépense assez élevée, et exige des conditions de local qui ne se trouvent pas facilement remplies dans les communes rurales. Les autres associations ne se sont pas imposé la même règle : elles ont senti que, pour porter dans ces communes l'instruction primaire, il fallait pouvoir, s'y établir à peu de frais » L'illustre grandmaître de l'Université poursuivait : « Le gouvernement s'est fait un devoir de soutenir les efforts de ces instituteurs si humbles et si dévoués, qui se renferment dans les limites de leur modeste mission; ils ont une destination spécialement utile dans les communes pauvres de plusieurs départements, où un instituteur marié et père de famille a souvent beaucoup de peine à vivre. Nous ne redoutons pas dans d'autres lieux les rivalités, dont parfois on s'est plaint. Dans les villes importantes, il en résulte une émulation utile ; et c'est presque toujours à côté des écoles des Frères que se trouvent les écoles de laïques le mieux tenues, et les instituteurs les plus zélés et les plus irréprochables. » (Rapport, p. 27.) [Eugène Rendu.]
FRESLON (Alexandre). — Magistrat et homme politique français, ministre de l'instruction publique pendant les dernières semaines de la prési dence du général Cavaignac, en 1848. Né à La Flèche (Sarthe), en 1808, M. Freslon fit son droit à Paris et débuta comme avocat à Angers. Eii 1830, il fut nommé substitut du procureur du roi dans cette ville ; mais deux ans après il donna sa démission et rentra au barreau. Il se fit comme avocat et journaliste d'opposition une réputation qui lui valut en 1848 d'être élu représentant à la Constituante par le département de Maine-et- Loire. Le 13 octobre 1848, Cavaignac lui confia le portefeuille de l'instruction publique et des cultes, qu'il garda jusqu'au 20 décembre pour le transmettre à M. de Falloux. Son court passage au ministère ne fut signalé par aucune mesure importante. Sous la présidence de Louis-Napoléon Bonaparte, il fut nommé avocat général près la cour de cassation. M. Freslon est mort en 1867.
I-'RIEDL/E.NDER. — Michel Friedlaender, médecin, né à Kônigsberg en 1709, vint s'établir à Paris où il se lia avec plusieurs personnages distingués, entre autres avec M. Guizot, pour lequel il écrivit une série d'articles que publièrent les Annales de l'Education. Ces articles furent réunis ensuite en un volume imprimé en 1815 chez Treuttel et Wiirz, Paris, in-s, sous le titre De l'éducation physique de V homme.
L'ouvrage de Friedlaender, quoique dépassé aujourd'hui à certains points de vue, a conservé de l'intérêt : il résume d'une façon claire et méthodique un côté de la pensée de cette école pédagogique française du commencement du siècle dont M. et Mme Guizot furent les plus illustres représentants. Nous reproduisons ci-dessous un fragment de l'introduction, qui fait connaître leplan général du livre :