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Certificats d'étuies prvnaires. — Le certificat d'études primaires n'a été institué dans le Gard qu'en 1877 ; encore, à cette date, les garçons seuls s'étaient-ils présentés, au nombre de 721, sur lesquels C03 seulement furent admis. Les filles se sont présentées pour la première fois au concours pour le certificat d'études primaires en 1880 : 239 aspirantes sur 448 se sont fait admettre. En 1881, les candidats au certificat d'études primaires se sont présentés au nombre de 1 050, dont 691 garçons et 359 filles: 472 garçons et 239 filles, en tout 7lu l'ont reçu. Le total des certificats obtenus est dans la proportion de 1,31 0/0 des élève3 de toutes les écoles; pour toute la France, cette proportion est de 1,36 0/0. Le département du
GARD
GARD
Gard se trouve donc, sous ce rapport un peu audessous de la moyenne générale.
Ecoles normales. — Le Gard possède une école normale d'instituteurs fondée à Nîmes en 1832. Son personnel se compose d'un directeur, cinq maîtres adjoints, deux professeurs externes ; elle reçoit trente-deux élèves-maîtres. « L'école normale des instituteurs , dit le rapport de l'inspecteur d'académie au Conseil général, a maintenu ses anciennes et honorables traditions de discipline, de travail, de succès, de concorde. Tous les élèves ont obtenu à leur sortie le brevet de capacité de second ordre. Il ne leur a manqué, pour conquérir celui de premier ordre, qu'une plus grande connaissance du dessin d'imitation. La création, dans l'école, d'un emploi de professeur spécial de dessin a pourvu à une lacune depuis longtemps signalée.
» Avec ses trente-deux élèves, l'école suffit à peine au recrutement du personnel. Dans un avenir prochain, il y aura lieu assurément d'en réclamer l'augmentation. »
Le département du Gard ne possède pas encore d'école normale d'institutrices; il existe toutefois à Nîmes un cours normal d'institutrices protestantes, fondé en 1841, et qui, avant de céder la place à l'école normale que l'on crée en ce moment, aura connu des jours prospères. En 1876-77 la statistique relevait, pour ce cours normal, 38 élèves, dont 3 boursières de l'Etat ; en 1878-79, d'après le rapport d'inspection générale, il était ainsi constitué : la directrice (Mme Bourguet), un aumônier, 3 maîtresses adjointes, 8 professeurs auxiliaires ; 55 élèves, dont 15 boursières des départements. Et M. l'inspecteur général Brouard, dans son rapport, disait, après avoir parlé des facilités de recrutement de l'école normale d'instituteurs : a Le cours normal d'institutrices protesïantes est encore dans des conditions plus heureuses : il compte en ce moment plus de C0 jeunes filles, pensionnaires libres ou boursières des départements du Gard, de la Lozère et du Tarn. » Malheureusement il n'existait aucune ressource assurée pour le recrutement des élèves-maîtresses catholiques : aussi le besoin d'une école normale d'institutrices se faisait-il vivement sentir, et le Conseil général, en votant la création de cette école , a-t-il donné satisfaction à un besoin réel.
Brevets de capacité. — Le nombre total des brevets de capacué délivrés de 1850 à 1881 est le suivant :
Instituteurs,
1850 29 brevets élémentaires, » brevets supérieurs.
1851-1867 242 — obligatoires, 4 — complets.
1881 125 — élémentaires, 26 — supérieurs.
Institutrices,
1850 2t brevets élémentaires. » brevets supérieurs.
1851-1367 371 — obligatoires, ■ — complets.
1881 258 — élémentaires, 17 — supérieurs.
Les brevets élémentaires en 1881 se sont répartis comme suit dans le Gard : sur 124 aspirants laïques, 82 admis, soit 66,1 0/0; sur 130 aspirants congréganistes, 43 ont été admis, soit 33,1 0/0. Sur 284 aspirantes laïques, 200 ont été admises, soit 70,4 0/0. Sur 113 aspirantes congréganistes, 58 ont été admises, soit 51,3 0/0. La proportion des brevetés par rapport aux candidats est, pour les aspirants, de 49,2 0/0 ; pour les aspirantes, de 15 0/0. Pour toute la France, la moyenne est pour les aspirants de 49,9 0/0, pour les aspirantes de 62,2 0/0.
Salles d'asile. — Le Gard comptait 7 salles d'asile en 1837 ; 29 en 1850 ; 45 en 1863 ; 50 eu
1867, et 58 en 1876-77. Le nombre d'élèves reçus dans les salles d'asile a été de 600 en 1837, de 2 410 en 1850, de 6 414 en U63, de 6 L95 en 1867, de 19 158 en 1876-77. Ce dernier chiffre, quoiqu'il se retrouve dans tous 'es tableaux relatifs aux salles d'asile, ne peut être qu'erroné. On ne peut pas admettre, en effet, que de 1867 à 1877, c'est-à-dire en dix ans, le nombre des salles d'asile s'étant à peine augmenté d'un sixième, celui des élèves ait triplé. Du reste les chiffres relevés en 188-81 sont beaucoup plus dans la mesure moyenne des progrès constatés dans le département du Gard. Ils démontrent l'évidence de l'erreur commise en 1S7G-77. En 1880-81, le département possédait 78 salles d'asile, 55 publiques et 23 libres; 31 étaient dirigées par des laïques et 47 par des congréganistes. Ces 78 établissements avaient reçu 10 842 élèves, parmi lesquels on comptait plus de ;j000 enfants d'âge scolaire (6 ans et au dessus).
On lira avec intérêt, croyons-nous, les extraits suivants d'un rapport adressé h M. le ministre de l'instruction publique par MUc Loizillon, déléguée à l'inspection générale des salles d'asile, oui a inspecté en cette qualité les académies de Montpellier et de Bordeaux en 1881 :
« L'intérêt de ma tournée dans le ressort de Montpellier a porté principalement sur le département du Gard, dont la bonne situation, qui tient à des causes que je vous ai fait connaître dans de précédents rapports, s'est encore sensi blement améliorée depuis l'année dernière.
» Le mouvement de propagation des méthodes favorables à l'éducation de la première enfance, s'est considérablement étendu, et aujourd'hui l'unité de direction est un fait accompli dans toutes les salles d'asile.
» Le département en possède 78; dans 69 les procédés sont les mêmes, et les exercices propres au développement des forces physiques et des facultés intellectuelles sont en vigueur.
» Toutes les directrices n'en tirent pas assurément encore un parti également avantageux, du moins toutes s'inspirent des mêmes principes pédagogiques, et l'on peut espérer qu'elles se rapprocheront tous les jours davantage de l'idéal proposé à leurs efforts.
» Un nombre plus grand de directrices enseignent l'écriture en même temps que la lecture avec un égal succès, et elles ont introduit dans leur programme d'enseignement des exercices de langage très intelligents, à l'aide desquels le raisonnement des enfants est très utilement exercé par la part active qu'ils prennent à ces exercices toujours variés, dont la forme intéressante les stimule et les captive.
» L'enseignement par les leçons de choses s'est beaucoup perfectionné depuis un an, et est devenu un puissant moyen d'éducation. Les sujets les plus graves, présentés sous une forme accessible, peuvent être traités avec profit pour les enfants : j'ai entendu des leçons sur le travail et sur Gutenberg, dont les moralités, pleines de sentiment et habilement amenées, étaient si saisissantes qu'elles laisseront certainement des traces profondes dans leur esprit et dans leur cœur.
» Quelques directrices ont obtenu facilement, sous le rapport du chant en parties, avec accompagnement d'harmonium, des résultats vraiment merveilleux qui m'ont donné la mesure de c • qu'il est permis d'attendre des enfants et de des maîtresses dans cette partie de leur enseignement si intéressante à tous les points de vue.
» Enfin de nouveaux moyens d'action, en vue do
perfectionner l'adresse de la main et la justesse
de l'œil, ont été expérimentés dans quelques
salles d'asile, et les enfants sont exercés à des
1 travaux manuels et dessins d'après Frœbel.
GARD
GARD
» Les conséquences de cette innovation ont été aussi excellentes qu'inattendues pour les maîtresses, convaincues par une tentative si bien réussie de l'infaillible puissance d'une direction sachant mettre en œuvre les ressources inépuisables qu'offrent les enfants à qui sait les découvrir.
» Leur mission d'éducatrices leur est apparue sous un nouveau jour; elles en sentent mieux encore l'importance et la grandeur, et y trouvent de pures satisfactions qui sont la juste récompense d'un travail assidu. Quelques-unes la remplissent comme une sorte d'apostolat, avec autant de dévouement, de désintéressement que d'intelligence et de talent. Leur dévouement éclairé, leur amour de l'étude, la prospérité croissante de leurs établissements et l'estime générale dont elles sont entourées sont pour le personnel tout entier des exemples précieux et des motifs d'émulation dont les effets sont très salutaires et se multiplient de jour en jour.
» L'intelligente inspectrice du Gsrd s'est attachée h multiplier et à enrichir les bibliothèques pédagogiques ; grâce à elle, il n'y a plus maintenant dans le Gard une directrice de salle d'asile qui n'en possède une et, qui mieux est, n'en sache tirer parti pour ses études spéciales et la préparation journalière des leçons. »
Cours d'adultes. — Voici la statistique des cours d'adultes à partir de 1863 :
Nombre des cours
Hommes Femmes
Nombre des auditeurs
Hommes 7 651 4 649 3 434 3 131
Femmes
198 cours d'adultes seulement ont été ouverts pendant l'hiver 1880-81, dans le département du Gard, savoir : 163 pour les hommes avec 3 053 élèves et 35 pour les femmes avec 567 élèves.
Biblitjthèques scolaires. — Le département du Gard comptait, en 1863, 31 bibliothèques scolaires avec 1555 volumes; en 1 881, le nombre des bibliothèques s'élevait à 137 et celui des livres de lecture à 12644. Ces bibliothèques possédaient, en outre, 4 735 livres scolaires pour les besoins des élèves.
Après avoir constaté l'accroissement du nombre des bibliothèques et de celui des livres, l'inspecteur d'académie, dans son rapport au Conseil général, ajoute : « Cependant, malgré les sacrifices nombreux que l'Etat s'est imposés, le nombre des prêts pendant l'année a été moins élevé qu'au cours de l'année précédente; la diminution constatée est de 1 246. Et pourtant je ne pense pas que les populations aient moins lu que les autres années. Le peu de succès des bibliothèques tient à ce que la plupart des livres qu'elles renferment, lus et relus, ne sont guère demandés. Un autre, c'est que les lecteurs vont chercher ailleurs qu'à l'école leurs livres de lecture. On trouve presque partout, dans le Gard, des blibliothèques annexées aux temples protestants. De plus ,un certain nombre de communes possèdent des bibliothèques populaires très suivies. »
Bibliothèques pédagogiques. — Elles ont commencé à s'installer dans le Gard vers 1878. A cette date le rapport d'inspection générale en mentionne deux, dont l'une, déposée à l'école normale d'instituteurs de Nîmes, paraissait n'avoir pas encore servi. En 1881, il en existait 20 (en moyenne exactement une pour deux cantons) ; ces bibliothèques contenaient ensemble 2 478 volumes.
Caisses d'épargne scolaires. — Les caisses d'épargne scolaires étaient au nombre de 1G6 en ; 1880 avec 2870 livrets; le montant des sommes | inscrites à ces livrets était de 22793 fr. 15 cent.1 Au 31 décembre 1881, les chiffres sont : 191 caisses, 3989 livrets, sommes déposées 78455 fr. On voit que cette institution fait de rapides progrès dans le Gard.
Société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices. — Cette société, fondée en 1861, fonctionne régulièrement depuis. Elle distribue chaque année, en secours à ses adhérents nécessiteux, des sommes s'élevant de 500 à 2 400 fr. Au 1er janvier 1880, elle comptait 460 membres participants et avait un actif de 1 1 402 fr. 50 c. Au 1er janvier 1882, la situation de cette société était la suivante : sociétaires, 459 ; actif, 17 757 fr. 61 c.
Un Bulletin scolaire bi-m'ensuel, fondé en 1874, se publie à Nîmes. Il reçoit du Conseil général une subvention annuelle de 500 fr.
Instruction des conscrits et des conjoints. — Le tableau ci-dessous donne le détail de l'instruction des conscrits de 1827 à 1880 :
ANNÉES
CONSCRITS
Examinés
Sachant
au moins
lire.
Combien pour 100.
RANG
du
DÉPARTE MENT.
Nombre de conjoints, sur 100, ayant signé leur acte de mariage.
Années Hommes Femmes Hommes et femmei
En 1854-55 le Gard occupait dans la liste des départements le 38e rang pour l'instruction des conjoints en général ; en 1876-77, il se trouvait au 41e rang.
Budget de Vinstruction primaire. — Depuis une vingtaine d'années le département du Gard s'est imposé de grands sacrifices en faveur de l'instruction primaire. En 1863, la moyenne des dépenses communales ordinaires par tête d'élève était de 2 fr. 50 c. pour ce département. La moyenne générale pour toute la France était à la même époque de 3 fr. 69 c.
En 1876, la même dépense par élève atteignait, dans le Gard, 12 fr. 30 c, alors qu'elle n'était pour toute la France que de 8 fr. 36 c.
Enfin, en 1880, les dépenses communales ordinaires pour toute la France s'élèvent par tête délève à 9 fr. 12 c, et pour le Gard cette dépense atteint le chiffre de 14 fr. 05 c.
Nous donnons, dans le tableau ci-dessous, les