GARFIELD
chiffres dos dépenses ordinaires de l'instruction primaire dans le Gard de 185.3 à 1881 :
RETRIBU-
RESSOURCES
SUBVENTIONS
TION
communales
ANNÉES
scolaire
non compris
du département
A PART
la rétribution scolaire
de l'État
3 oon »
GARDERIES. — On donne ce nom à de petites écoles où l'on garde les enfants, dans le but principal de les prémunir contre les dangers matériels de la rue. Une circulaire du 31 octobre 1854 engage les préfets à faire tous leurs efforts « pour que le nombre des salles d'asile soit proportionné aux besoins des populations, et pour que ces précieux établissements soient substitués peu à peu aux garderies où l'incurie des parents entasse trop souvent de pauvres êtres dont le corps s'étiole en même temps que leur âme risque de se flétrir. »
Les garderies ne sont point des établissements reconnus par la loi ; le nombre en est actuellement fort restreint. Cependant le département des Ardennes à lui seul en comptait, en 1876, 131 qui avaient reçu 1 502 garçons et 1 627 filles.
[E. de Resbecq.]
GARFIELD. — James Garfield, président des Etats-Unis, né en 1830, dans l'Ohio, mort le 19 septembre 1881. Comme la plupart des hommes politiques américains, Garfield était un self-maie rnan. Quatrième fils d'une pauvre veuve, à seize ans il était bûcheron, et un peu plus tard batelier sur un canal. A dix-huit ans, un maître d'école lui suggéra l'idée d'entrer dans l'enseignement : il suivit les cours de l'école normale de Chester, tout en travaillant dans l'atelier d'un menuisier pour vivre. A vingt et un ans.il devint instituteur et dirigea une école primaire, mais sans interrompre ses études. Entré bientôt après comme élève à Williams Collège, il y prit ses degrés en 1856, avec, les meilleures notes de sa classe. L'année suivante, il était nommé professeur à H ira m Collège, et bientôt après devenait principal de cet établissement. C'est alors que commence sa carrière politique : adversaire de l'esclavage, il ne crut pas pouvoir rester étranger à la grande lutte engagée alors sur cette question capitale ; il pror.onça de nombreux discours dans 1er meetings anti-esclavagistes et, grâce à la popularité que lui acquit son éloquence, il fut élu en 1859 membre du Sénat de l'Ohio. En 1861, lorsque de toutes
parts les volontaires accoururent sous les drapeaux de l'Union menacée, Garfield quitta le collège de Hiram pour se faire soieiat, et une centaine de ses élèves suivirent soi exempie. I! montra des qualités militaires réelles, fut nommé colonel, et bientôt après fut promu au gracie de major-général. Après deux années de service actif, il fut élu par l'Etat d'Ohio représentant au Congrès, et conserva ce mandat de 1864 à 1880. On sait dans quelles circonstances il fut aésigné comme successeur de M. Hayes à la présidence de l'Union. Il entra en fonctions le 4 mars 1881, pour tomber le 2 juillet suivant sous la balle d'un assassin , et expirer , après une agonie de plus de trois mois, au milieu du deuil universel de ses compatriotes.
Comme membre du Congrès, Garfield, qui n'avait pas oublié que de vingt et un à trente et un ans son activité avait été consacrée tout entière à l'étude et à l'enseignement, montra un vif intérêt pour la cause de l'éducation. En 1866, l'association des surintendants d'écoles avait adressé à la Chambre des représentants un mémoire exprimant le désir qu'il fût créé une agence centrale de renseignements et de correspondance, destinée à relier entre elles les diverses administrations scolaires locales. La commission a laquelle cette pétition avait été renvoyée choisit Garfield pour rapporteur, et celui-ci, donnant au projet des surintendants une extension inattendue, se hasarda à proposer la création d'un ministère fédéral de l'éducation. Le 8 juin 1866, la Chambre rejeta, par 61 voix contre 59, le bill Garfield. Sans se laisser décourager par cet insuccès, l'auteur du bill, qui n'avait pu défendre lui-même sa proposition dans la séance du 8 juin, publia sous forme de brochure le discours que les circonstances l'avaient empêché de prononcer ; et ses arguments produisirent un tel revirement dans l'opinion des représentants, que le 19 juin la Chambre, revenant sur son vote, adopta par 80 voix contre 44 la mesure qu'elle avait d'abord repoussée. Le bill fut voté à son tour par le Sénat l'année suivante, et reçut la sanction présidentielle. Mais à peine le « ministère de l'éducation,» avait-il obtenu l'adhésion du Congrès, qu'il fut violemment attaque avant même d'avoir pu fonctionner. Une ligue se forma pour obtenir le rappel de la mesure, qu'on déclarait inconstitutionnelle, et cette fois les efforts de Garfield furent inutiles. Le crédit voté pour le nouveau ministère fut supprimé ; le ministère lui-même fut transformé en un simple bureau relevant du ministère de l'intérieur : c'est là l'origine du Bureau d'éducation de Washington, dont le chef porte le titre de commissaire de l'éducation, et qui est dirigé actuellement par H. Eaton. Dans le message qu'il adressa au Congrès, le 4 mars 1881, en prenant possession de la présidence, Garfield exprimait en termes éloquents ses vues sur l'importance de l'éducation comme garantie indispensable du maintien des institutions républicaines :
« Les électeurs américains, disait-il, qui font et défont les constitutions, et de la volonté desquels dépendent les destinées de notre gouvernement, ne peuvent transmettre leur autorité suprême à aucun autre successeur qu'à la génération future d'électeurs, seule héritière du pouvoir souverain. Si cette génération, lorsqu'elle recevra cet héritage, est aveuglée par l'ignorance et corrompue par le vice, la chute de la République sera certaine et sans remède. Le dernier recensement a dej;\ donné l'alarme, on montrant de quelle effrayante façon la marée montante de l'ignorance a gagné parmi les électeurs et leurs enfants. Pour le Sud, cette question est d'une importance suprême ; mais la responsabilité de l'existence de l'esclavage ne repose pas sur le Sud exclusive-