‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 502 sur 547 · fr · texte numérisé non relu

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Enseignement, méthodes et résultats. — Nous continuons nos emprunts à l'excellent rapport de l'inspecteur d'académie, où l'on trouve les intéressants renseignements ci-dessous :

« L'année 1880 présente des résultats satisfaisants à cause du caractère de plus en plus méthodique que prend l'enseignement. Le plan d'étude inauguré en 1879 a produit ses fruits naturels. La marche des études a été mieux réglée : il y a plus d'ordre dans les leçons, plus de gradation dans les devoirs. Rien n'a été laissé au hasard. L'inspection se préoccupe d'approprier le plan d'études aux exigences nouvelles qui résultent de l'extension du programme.

» Le journal de classe, ainsi que nous l'annoncions Tannée dernière, a été introduit dans toutes les écoles. Très réduit de volume, très simple dans les dispositions, il n'impose à l'instituteur que peu de travail. C'est la préparation aussi concise, que possible de la classe. Comme tous les autres registres scolaires, il est tenu régulièrement et avec soin.

» La lecture a été l'objet de soins particuliers.

On s'en est occupé dans plusieurs conférences.

Dans bien des écoles on tire un excellent parti de

ce puissant moyen de culture intellectuelle. Ex-

1" Partie.

plications, résumés oraux, commentaires accompagnent cet exercice.

» L'enseignement du français reste la partie la plus délicate du programme; cependant 1 horizon commence à s'élargir : môme dan.1 les écoles les plus ordinaires, on ne confond plus l'enseignement machinal de l'orthographe avec l'étude de la langue. La dictée ne règne plus en souveraine. Le devoir de style réclame sa part, qui s'agrandit de plus en plus. Nous avons quelques bons devoirs de ce genre dans nos meilleures écoles, mais le progrès se fera lentement sur ce point. Il faut que nos maîtres, par la lecture assidue des meilleurs écrivains de notre langue, acquièrent le sens littéraire, qui n'est autre chose que le goût et qui les guidera non seulement dans les corrections, mais encore dans le choix gradué des devoirs. Comme conséquence nous voudrions rencontrer plus souvent dans nos classes, à côté de ces livres de lecture excellents, sans doute, mais d'un caractère exclusivement utilitaire, un recueil de morceaux empruntés à nos grand3 acteurs.

» Progrès réels en histoire, même dans les écoles de filles. Le maître s'essaie à exposer les leçons, il fait des récits, l'intérêt s'éveille. On sait sortir des Mérovingiens.

» La géographie est toujours en honneur. Les exercices de cartographie au tableau noir se multiplient.

» L'arithmétique est partout enseignée avec goût. Nous voudrions plus de calcul mental dans les petites classes.

» L'enseignement de l'agriculture n'existe qu'à l'état théorique dans un certain nombre d'écoles. Encore les familles semblent-elles se défier de l'efficacité de ces leçons qui ont une apparence livresque.

» Si le dessin est enseigné avec fruit dans quelques-unes de nos écoles, il faut en faire honneur à l'aptitude spéciale des maîtres qui les dirigent. Comme l'agriculture, le dessin souffre d'un péché originel : il n'y a pas de professeur spécial à l'école normale.

« La gymnastique, à peine introduite officiellement dans nos écoles, enlève tout le monde, maîtres, élèves, parents, municipalités. Même réduite aux simples mouvements du corps, elle se prête merveilleusement à ce besoin d'activité qu'éprouvent les enfants. C'est un excellent procédé de discipline en môme temps qu'une garantie de santé.

» Le programme obligatoire est aujourd'hui assez étendu pour absorber le temps réglementaire de la classe. Cependant bien des maîtres, suivant leurs goûts et leurs aptitudes, ont introduit dans le programme particulier de leurs écoles des parties facultatives. Ils ont ainsi préparé la voie à la réalisation d'un projet qui date de bien loin... de la loi de 1833, et que reprend, avec des modifications, le décret du 15 janvier 1881: nous voulons parler des écoles primaires supérieures. Nous avons au chef-lieu de département deux écoles primaires supérieures professionnelles qui ont faitleurs preuves, et auxquelles M. l'inspecteur général Pécaut, dans un rapport trèsremarqué, rend complète justice. Il faudrait peu de chose pour transforma quelques-unes de nos écoles de Bordeaux en écoles primaires supérieures ou plutôt en écoles primaires avec annexe d'un cours complémentaire supérieur, comme on vient de le faire à Arcachon. Sans multiplier les écoles primaires supérieures de toutes pièces, dont l'entretien pourrait être onéreux aux communes ou à l'Etat, nous citerions facilement une vingtaine de centres scolaires que l'on pourrait doter d'un cours complémentaire supérieur greffé sur l'école primaire.

» Nous ne terminerons pas ce chapitre consacré aux méthodes et aux modifications qu'ont pu subir les programmes, sans signaler une innovation

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qui a produit les meilleurs fruits dans les écoles de Bordeaux. Nous avons, avec l'agrément du Conseil départemental, placé une institutrice dans presque toutes nos écoles de garçons pour y diriger la petite classe et ménager plus délicatement la transition entre la salle d'asile et l'école proprement dite. Cet essai a pleinement réussi. Tant il est vrai que pour les jeunes enfants la meilleure discipline est celle dont les procédés dérivent des sentiments affectueux du cœur !

» Une autre innovation non moins utile et qui mérite d'être signalée est l'ouverture d'un cours de coupe et d'assemblage des vêtements qui a parfaitement réussi.

» Ainsi se trouve heureusement complétée l'organisation des écoles de Bordeaux. Cette organisation présente un tout uni et harmonieux, mais nous désirons, au point de vue du perfectionnement de notre personnel, que les professeurs externes disparaissent peu à peu de nos écoles communales et que les parties du programme dont ils sont chargés soient confiées aux instituteurs-adjoints ou aux directeurs eux-mêmes. Il est bon que toutes les matières du programme soient familières à nos maîtres.

» Les résultats de 1'eneeignement sont en général moins marqués dans les écoles libres que dans les écoles publiques. Bon nombre de ces établissements végètent plutôt qu'ils ne vivent, la gratuité des écoles publiques leur rendant la concurrence difficile. Mais à côté de ces écoles dont la clientèle est sensiblement la même que celle des écoles communales, se trouvent des établissements avec pensionnat, disposant d'un assez nombreux personnel et préparant aux deux brevets. On pourrait en citer à Bordeaux, à Libourne, à Sainte-Foix et ailleurs qui sont dans une situation florissante. Quelques maisons congréganistes ne leur cèdent en rien pour le confort et l'installation, ni même pour la solidité des études; une ou deux de ces maisons se sont fait de la préparation au brevet une spécialité lucrative. Pactisant avec l'ennemi, elles ont su s'assurer le concours de quelques professeurs distingués de l'Université ; et c'est là le secret d'une partie de leurs succès. »

Certificat d'études primaires. — Le certificat d'études primaires a été institué dans le département de la Gironde en 1868. C'est à partir de 1872 seulement que la statistique relève le nombre des candidats et des admis. A cette date, 172 garçons s'étaient présentés ; 112 avaient réussi. En 1873 les filles commencent à concourir; mais, sur 48 postulantes, aucune n'avait été admise. En 1874, 419 garçons et 77 filles se sont présentés aux examens : 326 garçons et 56 filles ont obtenu le certificat. Depuis, l'institution a pris du développement: en 1881 1046 garçons et 651 filles se sont présentés, sur lesquels 713 garçons et 471 filles ont obtenu le certificat. Le total des certificats obtenus est dans la proportion de 1,43 0/0 des élèves de toutes les écoles. Pour toute la France cette proportion est de 1,36 0/0. Le département de la Gironde se trouve donc sous ce rapport un peu au-dessus de la moyenne générale.

Ecole normale. — L'école normale d'instituteurs de la Grande-Sauve, fondée en 1833, compte en 1882 107 élèves. Le personnel dirigeant se compose d'un directeur, de six maîtres-adjoints, et de trois professeurs externes.

« Le personnel tel qu'il est aujourd'hui constitué, dit l'inspecteur d'académie, a pu suffire jusqu'ici à l'enseignement général. Mais l'application immédiate des nouveaux programmes ne nous laisse pas sans inquiétude. Sans doute, en faisant appel au dévouement de nos maîtres-adoints, nous obtiendrons de leur part des eiïorts à

la hauteur dos circonstances. Mais est-il prudent de leur demander ces efforts?....

» L'école normale n'a pas de professeur de dessin. Cette lacune a eu des conséquences graves dans la session de mars dernier. C'est la cause de l'échec général subi par d'anciens élèves de l'école dans l'épreuve du dessin. L'importanco acquise par cette partie du programme exige sans retard la présence à l'école d'un professeur spécial

» En ce qui concerne le matériel, des améliorations importantes ont été réalisées grâce aux crédits votés par le Conseil général : nous citons en particulier l'installation des vestiaires et des lavabos. Une salle de bains sera probablement prête pour la rentrée. Le mobilier scientifique qui, depuis 1875, a été l'objet d'allocations successives, va recevoir son complément conforme au catalogue dressé par une commission spéciale.

» Pour compléter la série des mesures destinées à pourvoir au bien-être des élèves-maîtres et à leurs besoins intellectuels, il ne restera plus qu'à doter convenablement la bibliothèque de l'école, dont le dénuement actuel est vraiment affligeant. »

Cours normal d'institutrices. — Le département de la Gironde ne possède pas encore d'école normale d'institutrices. Un cours normal subventionné par le département en a tenu lieu jusqu'à présent. Voici en quels termes M. Félix Pécaut en parlait dans son rapport d'inspection générale en 1880 : « Les postulantes n'étant pas nombreuses, la commission ne peut pas élever très haut le niveau de l'examen d'admission, et si l'on joint à cela que le cours n'embrasse que deux années de cours au lieu de trois, qui forment le cycle d'études des écoles normales, on jugera des difficultés qui s'opposent à une forte éducation des élèves-maîtresses.» Mais depuis 1880 l'organisation du cours normal d'institutrices de la Gironde a été développée et complétée de telle façon qu'il équivaut presque aujourd'hui à une école normale. C'est l'opinion exprimée par l'inspecteur d'académie :

« Le cours normal continue à mériter la bienveillance du Conseil général. Depuis la mesure sagement inspirée qui a complété l'organisation de ce cours par la création d'une troisième année, nous avons presque une école normale moins le bâtiment. Une fois la question de l'école normale de filles résolue, il suffira d'étendre suivant les besoins les cadres du cours normal pour avoir une école toute faite... Depuis que l'administration place régulièrement à leur sortie les élèves du cours, l'opinion publique se préoccupe davantage de cette institution. Un détail de statistique donne la mesure de l'intérêt croissant qu'elle inspire : En 1878, 9 aspirantes s'étaient présentées à l'examen d'entrée ; il y en eut 15 en 1872 ; 30 en 1880. Nous en avons plus de 40 en 1881. Rien n'empêcherait de prélever sur ce dernier chiffre une première année de 20 élèves. »

Brevets de capacité. — Le nombre des brevets de capacité délivrés aux instituteurs sous le régime de la loi du 28 juin 1833 et aux institutrices sous le régime de l'ordonnance royale du 23 juin 1836, n'est pas connu. Les renseignements que l'on possède sur ce département ne remontent pas au-delà de 1*54, c'est-à-dire trois années après l'application du régime établi par la loi du 15 mars 1850. Le nombre total des brevets de capacité délivrés de 1854 à 1881 a été le suivant :

Instituteurs,

1854-1867. 259 brevets obligatoires, 91 brevets complets. 18681880. 4S6 — — 61 — —

ou facultatif*.

1881 131 — élémentaires, 6 — supérieurs.

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Institutrices.

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\ 854-1 867 . 774 brevets obligatoires, 18 brevets complets. "18GS-lï*80. i774 — — 136 — —

OU. facultatifs.

4881 266 — élémentaires, 24 — supérieurs.

En 1881, 233 aspirants s'étaient présentes pour l'obtention du brevet élémentaire : 131 ont été admis, soit 5(J 0/0. Les aspirantes s'étaient présentées au nombre de 499, sur lesquelles 26G ont été admises, soit 53 0/0. La moyenne des admissions par rapport aux candidats est, pour la France entière, de 49,9 0/0 pour les aspirants et de $2,2 0/0 pour les aspirantes. Au-dessus de la moyenne générale pour les aspirants, le département de la Gironde se trouve donc au-dessous pour les aspirantes.

Les congreganistes-hommes n'ont pas eu aux examens autant de succès que les laïques. Ceux-ci ont fait admettre 116 de leurs candidats sur 194, soit 60 0/0, tandis que les congréganistes n'en ont pu faire passer que 15 sur 46, soit 33 0/0. Au contraire les congréganisles-femmes, en petit nombre il est vrai, étaient mieux préparées : 15 aspirantes sur 22 ont obtenu le brevet, soit 68 0/0, tandis que les aspirantes laïques n'ont passé que dans la proportion de 52,6 0/0 : 251 sur 477.

Salles d'asile. — La Gironde comptait 14 salles d'asile en 1837, 79 en 1863, 87 en 1867, 104 en 1876-77. Le nombre des enfants reçus dans les «ailes d'asile a été de 2 411 en 1837, de 8579 en 1863, do 9230 en 1867, et de 19979 en 1876-77. En 1881 le département possédait 112 salles d'asile, 49 publiques et 63 libres; 29 étaient dirigées par des laïques et 83 par des congréganistes. Ces 112 établissements avaient reçu 14 342 élèves, parmi lesquels figuraient 2 245 enfants de 6 ans Tévolus et iu-dessus, c'est-à-dire d'âge scolaire.

Deux nouveaux asiles publics créés à Bordeaux sont un perfectionnement du genre et peuvent servir de modèle. « Grâce à une heureuse combinaison du système Frœbel et de la méthode française, dit l'inspecteur d'académie, les enfants exécutent de fréquents mouvements en se livrant à leur goût pour le dessin et les constructions géométriques. Après une période d'exercices faits à l'aide des dons de Frœbel, le jeune auditoire monte au gradin et s'y rassemble comme un vivant tableau sous les yeux de la personne qui Darle ou qui démontre.

» Une amélioration très importante a été apportée dans l'organisation des salles d'asiles de Bordeaux, celle du sectionnement des enfants suivant leur nombre ou leur âge dans des salles distinctes. On a ainsi supprimé ces agglomérations confuses, véritables troupeaux d'enfants sous la garde d'une seule maîtresse, criant tous à la fois la même lettre au tableau, la montrant par habitude, sans la regarder, chantant la lecture, chantant la prière, victimes d'un mécanisme implacable qui les transforme en poupées articulées. »

Cours d'adultes. — Voici la statistique des cours d'adultes à partir de 1863 :

Nombre de» cours Nombre des auditeurs

Hommes le m mes Hommes rouîmes

La ville de Bordeaux possède trois cours d'a- ■dultes libres qui sont en pleine prospérité : 1° Le cours de la Société philomathique, où se

sont inscrits I 503 élèves pendant l'hiver 1880-81 ;

2° Le cours des Amis de l'instruction élémentaire, 538 inscriptions ;

3° Le cours de la Société Saint-Nicolas, 320 inscriptions.

C'est à ces trois établissements que fait allusion le passage suivant du rapport d'inspection académique : « Malgré l'état inégal et parfois languissant de cette institution, les cours d'adultes rendent des services dans le3 campagnes. Ils en rendent encore de plus précieux dans les grandes villes — c'est le cas pour Bordeaux — lorsque de puissantes associations philanthropiques les organisent de telle sorte que par la variété de leurs programmes ils répondent à la diversité des besoins. L'administration ne songera pas à se plaindre d'une concurrence qui tourne au profit général. »

Bibliothèques scolaires. — Le département de la Gironde possédait, en 1863, 81 bibliothèques scolaires contenant ensemble 2 403 livres de lecture. En 1881 il en comptait 349, contenant 22975 livres de lecture, plus 8 785 livres scolaires pour le besoin des élèves.

L'institution des bibliothèques scolaires a été longue à se développer dans le département, mais elle fait des progrès maintenant. La ville de Bordeaux en a fondé 4 en 1880; l'administration en a créé 8 sur les fonds départementaux, et quelques instituteurs ont provoqué des souscriptions en faveur des bibliothèques déjà existantes, dont les collections avaient besoin d'être renouvelées pour ramener à elles l'attention des lecteurs.

Bibliothèques pédagogiques. — Elles ont été organisées dans la Gironde en 1875. En 1878 le rapport d'inspection générale n'en relevait que 7, dont 1 à Bordeaux (Ville) et 6 dans 1 arrondissement de Bazas. En 1882, on en compte 13 dans l'arrondissement de Bordeaux, 6 dans celui de Bazas, 6 dans celui de Blaye, 6 dans celui de la Réole et 7 dans celui de Libourne : total, 38 bibliothèques pédagogiques contenant ensemble 3967 volumes, dont bon nombre ont été offerts par des éditeurs de Paris.

Conférences cantonales. — Ces conférences, complètement réglementées, régulièrement suivies et favorisées d'ailleurs par la création des bibliothèques pédagogiques, ont révélé chez les maîtres beaucoup de dévouement et un grand désir de s'instruire. Dans quelques arrondissements (Blaye, la Réole, Bordeaux extra-muros), ces conférences sont à la fois théoriques et pratiques, et se terminent par un simulacre de classe faite par des instituteurs désignés d'avance. On remarque avec satisfaction que la plus grande cordialité règne dans toutes ces réunions.

Caisses d'épargne scolaires. — L'institution des caisses d'épargne scolaires s'est implantée dans la Gironde en 1875. Au 1er janvier 1879 on en comptait300avec 6242 livrets et une somme de 819'JS IV. 55 c. inscrite sur ces livrets. En janvier 1SS2 on ne compte plus que 247 caisses, avec 3095 livrets pour une somme totale de 63996 francs. Cette institution n'a pas été très bien comprise dans le département de la Gironde. Un zèle inconsidéré l'a fait sortir de sa voie. L'inspecteur d'académie s'exprime ainsi à ce sujet : « Les caisses d'épargne restent stationnaires avec tendance au déclin. C'est une institution contestée. Nous l'avons trouvée complètement déviée de son but. Quelques conseils à ce sujet insérés au Bulletin scolaire avaient amené une réaction contre des habitudes dégénérées en abus. Cette amélioration ne s'est pas maintenue, et nous constatons encore à Bordeaux des versements hors de proportion avec les économies possibles de l'élève. » On voit là l'action de la famille utilisant l'intermédiaire de l'enfant pour placer ses petites économies sans

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dérangement, et l'institution ainsi pratiquée ne répond nullement au but poursuivi.

Il n'y a pas de caisses des écoles de la Gironde.

Société de secours mutuels. — Le département de la Gironde possède une Société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices, fondée en 1865. Depuis cette date elle fournit annuellement des secours à ses adhérents nécessiteux pour une somme qui varie de 300 à 2 800 francs. Au 1er janvier 1879 elle comptait 309 membres participants, et le total de son actif était de 28 327 fr. 53 c. Au 1er janvier 1882, ses membres sont au nombre de 320 et son actif s'élève à 33404 fr. 68 c. Dans cette somme figure un versement de 24673 francs à la Caisse de dépôts et consignations, pour fonds de retraites que la société se propose de servir aux plus âgés de ses membres. Cette société contribue, avec les conférences pédagogiques, à entretenir parmi les membres de l'enseignement des rapports de cordiale affection.

Bulletin scolaire départemental. — Depuis 1878 l'administration académique publie mensuellement un bulletin scolaire qui est adressé gratuitement à tous les instituteurs et institutrices, mais dont le prix d'abonnement pour le public est de 5 francs. Ce bulletin contient une partie officielle et une partie non officielle. Il reçoit du Conseil général une subvention annuelle de 150 fr.

Résultats de l'instruction. — Les tableaux cidessous donnent les chiffres des conscrits et des conjoints lettrés :

CONSCRITS

ANNEES

Sachant

Examinés

au moins

lire.

Combien pour 100.

RANG

du

DÉPARTE MENT.

Nombre de conjoints, sur 100, axjant signé leur acte de mariage.

Années Hommes Femmes Hommes et femmes

Budget de l'enseignement primaire. — Le département de la Gironde s'est toujours tenu audessus de la moyenne générale en ce qui concerne les dépenses en faveur de l'instruction primaire, et cela au moyen de ses propres ressources, car il y a lieu de remarquer qu'en dehors de la subvention de 74,000 francs fournie en 1 806, la part contributive de l'État a été presque nulle jusqu'au moment où la législation financière a été changée, c'est-à-dire jusqu'en 1881. En 1863, la moyenne générale de la dépense par tète d'élève était de 9 fr. 47 c. pour le département de la Gironde, elle était de 11 fr.

83 c, sur lesquels le budget départemental fournissait 1 fr. 15 c. et l'Etat zéro. En 1870, la moyenne générale par tête d'élève était de 1 7 fr. 83 c. ; pour le département de la Gironde elle s'élevait à 2i fr. 72 c. Les ressources communales, y compris la rétribution scolaire, entraient dans la composition de cette somme pour 18 fr. 51 c, le budget départemental pour 3 fr. 19 c, et la subvention de l'Etat pour 0 fr. 02 c.

En 1881 chaque élève des écoles primaires, dans la Gironde, a coûté '26 fr. 74 c. La dépense communale et départementale par élève est à peu près la même qu'en 1876, et l'Etat paie le surplus, c'est-à-dire 5 fr. 40 c. par élève.

En 1877, les dépenses ordinaires de l'enseignement primaire représentaient 1 fr. 83 c. par habitant. Dans ce classement, la Gironde occupait le 56e rang. En 1881 les mêmes dépenses représentent 2 fr. 16 c. par habitant.

Nous donnons dans le tableau ci-dessous les chiffres des dépenses ordinaires de l'instruction primaire dans la Gironde de 1855 à 1881 :

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