GUYTON DE MORVEAU
GYMNASE
et la méthode de les enseigner; le sixième donnera le prospectus d'un collège d'après les principes que l'on aura vus dans cet ouvrage ; la manière d'apprendre la religion, cette science des mœurs du chrétien, et la forme des exercices qui en dépendent, y tiendront la première place; j'essaierai dans le surplus de tracer quelques-unes des règles les plus importantes de la discipline classique. »
On n'aperçoit guère encore, dans cette œuvre de jeunesse de Guyton (il n'avait que vingt-sept ans en 1764), la trace des doctrines philosophiques du xvuic siècle, que l'auteur devait adopter plus tard. Il se range toutefois, sur un point, à l'avis de Rousseau, et pense comme lui que « tous les hommes sont naturellement bons» . Les vœux qu'il exprime ne touchent presque jamais au fond même des choses : ainsi, il demande que l'enseignement de la philosophie se donne en français plutôt qu'en latin, et que le style dogmatique y soit substitué au style dialectique ; mais pour la doctrine, il s'en tient à celle qui avait régné jusqu'alors dans les collèges, et, tout en faisant le procès à la scolastique, il se montre imbu lui-même des préjugés qu'une éducation où dominait encore l'esprit du moyen-âge avait donnés à la plupart de ses contemporains. 11 ne s'occupe d'ailleurs que des collèges, destinés à former des lettrés et des savants, et ne s'intéresse en aucune façon à ce qu'on appelle aujourd'hui l'instruction primaire, à l'éducation de la masse de la nation.
Nous ne voyons guère à citer dans son livre qu'un passage intéressant, celui qui est relatif à l'enseignement élémentaire des langues. Il exprime des idées justes et qui sont aujourd'hui universellement acceptées en théorie, bien que dans la pratique la routine ait encore maintenu une partie des abus que signale Guyton de Morveau :
« On a défini la grammaire l'art de parler, dit-il; mais si nous sommes forcés de reconnaître que les langues n'ont pas été faites par règles et par art, mais par accident, et par le commun usage du peuple ; s'il est constant qu'elle n'ont été chacune dans l'origine qu'un amas de matériaux informes, entassés de toutes parts, et peu faits pour s'ajuster ensemble d'une manière régulière ; s'il est vrai de dire enfin que toute langue a été formée longtemps avant d'avoir une grammaire, que toute grammaire ne peut être considérée que comme un corps d'observations sur l'usage d'une langue quelconque, et qu'il est très possible, très ordinaire même de parler avec élégance et politesse sans avoir aucune connaissance de la grammaire, sans savoir ce que c'est que temps, participe, adverbe et préposition (Locke, éducation des enfants, § 193) : on conviendra sans peine que la grammaire serait plus justement définie l'art de rendre raison du langage ; et une conséquence nécessaire de cette définition sera qu'il n'est pas moins absurde de commencer l'étude d'une langue par la grammaire, que de faire rendre raison de ce que l'on ne connaît pas.
» S'il y a absurdité dans cette pratique par rapport à la marche des études, il n'y en a pas moins par rapport à l'âge auquel on impose cetto tâche. Quelle occupation pour des enfants que la logique du langage, que des règles qui, naturellement isolées de tout objet sensible, deviennent encore isolées de tout signe représentant, par l'application que l'on en fait à des mots inconnus 1 Quoi de plus froid pour l'attention, de plus rebutant pour l'intelligence, de plus pénible pour la mémoire?... Devons-nous, après cela, nous étonner de la répugnance que tous les enfants apportent à ce travail ? répugnance que l'on ne vaincrait que rarement, sans ce barbare appareil de châtiments, qui les met incessamment dans la triste nécessité d'opter entre deux maux
le moindre, et dont l'effet le plus ordinaire est de les irriter par l'injustice, ou de les abrutir par l'épouvante, et dans tous les cas de leur inspirer une haine insurmontable pour l'étude. »
Si le livre de Guyton de Morveau sur l'éducation n'offre pas un grand intérêt, il n'en est pas de même des travaux scientifiques par lesquels il se signala bientôt à l'attention publique. Il donna le spectacle, rare à cette époque, d'un magistrat consacrant tous ses loisirs à l'étude des sciences, particulièrement de la physique et de la chimie. On lui doit la découverte du procédé de désinfection par lechlore (1773). En 1774, il obtint desÉtats deBourgogne la création à Dijon de cours publics de chimie, de minéralogie et de matière médicale, et il occupa lui-même la chaire de chimie. Ses collègues du parlement ayant jugé qu'il dérogeait par là à la dignité de la magistrature, lui suscitèrent des désagréments qui l'engagèrent enfin à se démettre de sa charge d'avocat général. Libre alors de se consacrer tout entier à son goût pour les sciences, il travailla avec Lavoisier à la création de la nomenclature chimique, et publia un Dictionnaire de chimie. Lorsqu'éclata la Révolution, il en embrassa les principes, fut élu député à la Législative, puis à la Convention, où il vota la mort de Louis XVI, et devint membre du Comité d'instruction publique. Dans ce Comité, il fut au premier rang de ceux qui s'appliquèrent à mettre au service de la patrie menacée les récentes découvertes de la science : ce fut lui en particulier qui créa l'aérostation militaire; il monta lui-même en ballon le jour de la bataille de Fleurus pour reconnaître les positions de l'ennemi. Il contribua à la fondation de l'École polytechnique, où il professa pendant onze ans; devint membre de l'Institut en 1796; et fut nommé administrateur de la Monnaie, fonctions qu'il garda jusqu'en 1814. Napoléon lui avait donné ie titre de baron. Au retour des Bourbons, il ne fut pas compris sur la liste de proscription où avaient été inscrits les noms de ses collègues qui avaient voté la mort de Louis XVI, et il obtint même une pension en considération des services qu'il avait rendus à la science. Il mourut en 1816, à l'âge de soixantedix-neuf ans.
GYMNASE. — 1. Les gymnases de l'ancienne Grèce. — On appelait gymnases, chez les anciens Grecs, un édifice où l'on se livrait aux exercices du corps. Ce mot vient de gymnos, nu, parce que la nudité était de rigueur dans tous les exercices de ce genre. A l'article Athéniens, nous avons donné (p. 137) la description d'un gymnase hellénique : nous n'y reviendrons pas ici.
Aujourd'hui, on emploie en France le mot de gymnase pour désigner un établissement consacré à l'enseignement de la gymnastique.
2. Les gymnases classiques de l'Allemagne. — Les établissements d'instruction secondaire qui correspondent à nos lycées et collèges portent généralement le nom de gymnase en Allemagne» en Autriche, en Italie, en Suisse, en Hollande, en Danemark, en Grèce. Ce nom, qui est emprunté à l'antiquité grecque, fut adopté pour lapremière fois en 1538 à Strasbourg par le célèbre humaniste Jean Sturm, qui le donna à un collège devenu fameux sous sa direction (c'est le gymnase protestant de Strasbourg, qui existe encore aujourd'hui). De là la dénomination se répandit au loin, en même temps que la Réforme. Les gymnases allemands, les seuls dont nous nous occuperons, sont essentiellement consacrés à l'enseignement classique : l'enseignement scientifique et professionnel se donne dans les Realschulen* , établissements ayant une organisation et une direction distinctes.
Le gymnase allemand se compose de neuf classes dont nous faisons suivre les noms en commençant
GYMNASE
GYMNASE
par la plus basse : sexta, quinta, quarta, untertertia, ober-tertia, unter-secunda, ober-secunda, unter-prima, ober-prima. Dès la première année, le latin est enseigne. A l'entrée est placée une double barrière : une limit'5 d'âge et un examen. Le gymnase ne doit recevoir aucun élève qui n'ait dix ans révolus. L'examen d'entrée porte sur les matières de renseignement primaire. Le maître de chaque classe a d'ailleurs le droit de renvoyer à toute époque de l'année l'élève qui n'est pas en état de suivre ses leçons.
A la tête du gymnase se trouve un directeur (Direktor), nommé par le ministre, et assisté, pour toutes les décisions concernant l'ordonnance des études et les cas graves de discipline, par le conseil des professeurs. Le directeur ne renonce pas à l'enseignement, mais donne en général de 6 à 12 heures de leçons par semaine, soit en prima, soit dans les différentes classes. Parmi les professeurs du gymnase (lesquels portent en allemand le nom de Oberlehrer ou de Lehrer),'\\ faut distinguer d'abord les ordinarii, à qui est spécialement dévolue la haute main sur une classe. Ils ont une certaine autorité sur les autres maîtres appelés à donner des leçons dans cette classe, et ils sont chargés de veiller à ce qu'il n'y ait pas excès dans le nombre des leçons et des devoirs. Vordinnrius de la classe, par exemple de la quarta, n'est d'ailleurs pas exclusivement attaché à cette classe ; il peut donner quelques heures de leçons, selon sa spécialité, aux élèves de prima ou de secundo. On obtient ainsi une répartition du travail qui est peut-être un peu compliquée, mais qui prévient la monotonie et qui utilise certaines vocations spéciales.
On ne connaît pas en Allemagne cette rigoureuse division qui fait que le corps enseignant se partage, en France, en agrégés de grammaire, des lettres, d'histoire, de philosophie. Chaque maître doit se faire examiner pour deux branches d'enseignement au moins, par exemple pour les langues anciennes et pour l'histoire, ou pour l'histoire et les langues modernes, ou pour l'allemand •et les sciences naturelles. On obtient ainsi un
{►ersonnel ayant plus de points de contact et dont es différents membres sont plus aptes à s'entr'aider et à se remplacer au besoin. La somme de travail qu'on demande à chaque professeur est assez forte : elle peut aller jusqu'à 24 et 26 heures par semaine.
Chaque gymnase publie une fois par an un programme contenant les noms des élèves, l'emploi du temps, les changements survenus dans le personnel, les sujets donnés en devoirs dans les hautes classes. En tête de ce programme figure un mémoire de littérature, de science ou d'érudition dû à l'un des maîtres. Cet usage contribue à entretenir dans le personnel enseignant le goût du travail. Le gymnase possède, en outre, une bibliothèque, dont un des maîtres possède la clef et où il est aisé de pénétrer à toute heure. Beaucoup de ces bibliothèques, accrues par des acquisitions annuelles, par des dons, par des legs, montent à 20000 volumes et au delà. Une autre occasion de travail sont les conférences de directeurs et de professeurs, qui ont lieu dans chaque province, pondant les vacances, sous la présidence de la plus haute autorité scolaire. Des questions publiées à l'avance sont discutées à l'intérieur de chaque gymnase, qui nomme ensuite des délégués pour le représenter à la conférence provinciale. Les procès-verbaux de ces discussions sont publiés.
La durée des classes est d'une heure au plus, de trois quarts d'heure au moins. La classe est employée ordinairement à une seule et même occupation. Elle est suivie d'un intervalle de 5 à 15 minutes, temps de repos
qui est passé soit dans la salle, soit dans la cour.
Le plan d'études n'est pas exactement identique pour les gymnases des divers États allemands. Cependant les écarts ne vont pas très loin, et le tableau des heures consacrées aux divei ses branches d'enseignement dans les gymnases prussiens (d'après le nouveau plan d'études, du 31 mars 1 882) donnera une idée assez exacte de ce qui se passe .'i peu près partout :
'— '— QB DO H H i .= "5
c s c - c - f ' 5 -jt
Religion 2 2 2 2 2 -i 2
Allemand 3 3 2222213
Latin 88880'* y 09
Grec 6 6 7 7T-
Français 222222 5 4
Histoire et géographie. . 333333434
Mathématiques 14 4 4 3 3 4 4 3
Histoire naturelle 2 2 2 2 2
Physique 2 2 2 2
Ecriture 2 2
Dessin 2 2 2
Si l'on examine ce tableau, l'on constate sans peine que le latin et le grec tiennent la place la plus importante. La manière d'étudier ces langues n'est pas tout à fait la même que dans nos lycées et collèges. On s'attache à développer le savoir philologique plutôt que le goût littéraire ; les exercices habituels du gymnase: lecture étendue des auteurs, tantôt approfondie, tantôt cursive; compositions latines et grecques, appelées exercitia; devoirs instantanés, appelés extemporalia; interrogations, sont conçus en ce sens. A côté des langues anciennes, les langues modernes et les sciences n'ont qu'une importance secondaire. Cependant, à l'examen final, les élèves des gymnases sont interrogés sur la géométrie, l'algèbre et la trigonométrie rectiligne.
Cet examen final, qui porte le nom (XAbiturienten-Examen ou d'examen pour le certificat de maturité, se passe à l'intérieur du gymnase, devant les professeurs de la maison, sous la haute surveillance d'un délégué du gouvernement qui est armé d'un droit de veto et qui peut, s'il le juge à propos, s'opposer à l'admission du candidat. Grâce à des examens de passage sévèrement pratiqués, on ne laisse guère arriver jusqu'à l'examen final que des élèves en état de le subir avec succès : aussi le nombre des candidats refusés est-il relativement faible. Cet examen n'ouvre d'ailleurs directement aucune carrière : la plupart des élèves qui le passent se rendent ensuite à l'université pour y faire des études de droit, de médecine, de sciences, de lettres ou de théologie. Les jeunes gens qui n'ont pas l'intention de faire des études savantes ne vont pas aux gymnases, ou les quittent habituellement après Vunter-secuiida, dont le certificat donne droit au volontariat d'un an.
L'internat est inconnu dans la plupart des gymnases allemands : les élèves du dehors se logent dans des familles recommandées par le directeur. Cependant il existe quelques gymnases où, en vertu d'anciennes fondations, on admet un certain nombre d'internes, la plupart boursiers.
Le nombre des gymnases en Allemagno est, d'après une statistique officielle, en date du 19 avril 1882, de 385, savoir : 248 en Prusse, 33 en Bavière, 14 en Saxe, 14 en Wurtemberg, 12 dans le grand-duché de Bade, 7 en liesse, 0 en Mecklembourg-Schwerin, 3 en Saxe-Wdmar, 3 en Mccklembourg-Strelitz, 5 en Oldenbourg, 5 en Brunswick, 2 en Saxe-Meiningen, 2 en Saxe-Altenbourg, 2 en Saxe-Cobourg-Gotha, 4 dans l'Anhalt, 12 en Alsace-Lorraine, et les 13 autres dan* sept petites principautés et dans les trois villes hanséa-
GYMNASTIQUE
GYMNASTIQUE
tiques. On peut y ajouter 43 progymnases, sorte de gymnases incomplets, qui n'ont pas la série entière des classes. On s'applique en général à ne pas dépasser un nombre déterminé d'élèves à l'intérieur d'une seule et même maison : on multiplie à cet effet les gymnases dans une seule et même ville, quand le besoin s'en fait sentir. Ainsi Breslau, ville de 150 000 habitants, a 5 gymnases, sans compter les Realschulen.
Pour être nommé professeur dans un gymnase, il faut avoir passé quatre ans dans une université comme étudiant, et avoir ensuite subi l'examen d'Etat (Staats-Examen). Le candidat est obligé, en outre, à un stage d'un an (Probe-Jahr), pendant lequel il est attaché provisoirement à un gymnase, et assiste successivement aux classes de tous les professeurs. Dans certaines universités il existe des séminaires philologiques, pédagogiques, mathématiques, où se forment plus spécialement, sous la direction d'un professeur, les futurs maîtres de la jeunesse.
L'éducation proprement dite tient une grande place dans les leçons du gymnase. On s'applique surtout à développer chez les enfants la réflexion et l'initiative. L'éducation physique est l'objet de soins particuliers. Des exercices de gymnastique, des excursions font partie du programme. Le patriotisme est cultivé surtout au moyen des récits historiques et des fêtes scolaires. On a quelquefois reproché, non sans raison, à cette éducation, de mêler aux leçons de patriotisme des sentiments de haine pour les nations voisines. Les leçons de religion sont données par les professeurs du gymnase : clhjs ont donné lieu au reproche d'intolérance et d'hypocrisie.
Tout récemment (plan d'études du 31 mars 1882), le gymnase a dû faire, en Prusse, quelques concessions à l'opinion qui lui reproche de donner trop de temps aux langues anciennes; l'étude du grec a été reculée d'un an, la part accordée aux sciences a été élargie. Entre le gymnase et la Realschule, il existe une rivalité, tantôt ouverte, tantôt sourde, qui a été marquée par les avantages successifs remportés par cette dernière. Autrefois les élèves des gymnases seuls étaient admis à l'université : aujourd'hui, pour certaines branches d'étude, les élèves de la Realschule jouissent des mêmes droits. [Michel Bréal.]
GYMNASTIQUE. — L'enseignement de la gymnastique a pris, depuis quelques années, une importance considérable et qu'à tous égards d'ailleurs il méritait de prendre; les- pouvoirs publics ont compris la nécessité de faire marcher de front l'éducation du corps et celle de l'esprit, toutes deux également salutaires pour le développement normal de l'individu, toutes deux concourant à établir dans l'être humain une harmonie aussi complète que possible, mens sana in cor pore sano. C'est là une grande victoire remportée sur les procédés exclusifs qui furent longtemps en usage dans les écoles de notre pays, où le corps, « cette guenille », se trouvait trop souvent sacrifié aux exigences des études intellectuelles.
Jour par jour, en même temps que s'amélioraient nos méthodes d'enseignement, on a vu l'appareil pédagogique se perfectionner, et les conquêtes réalisées par les savants dans le domaine purement scientifique se traduire dans le domaine des faits par des réformes essentielles.
Ce résultat, nous y sommes arrivés lentement, graduellement et scientifiquement pour ainsi dire, au fur et à mesure des progrès accomplis par l'anatomie et l'hygiène; mais co n'est pas à dire que de tous temps et dans tous les pays l'éducation physique ait été inconnue ou tenue en suspicion. Nous avons perfectionné les méthodes anciennes, c'est évident, mais nous les imitons aussi par bien des points.
Jamais l'enseignement de la gymnastique ne fut aussi en honneur que chez les Grecs, si merveilleusement organisé que chez les Athéniens * en particulier : là, tout devait concourir au développement de la beauté plastique; la forme humaine, considérée comme la plus belle, était l'objet d'un culte et d'un soin incessants ; aussi ne faut-il point s'étonner que ce soit celle-là entre toutes qui ait été choisie par les poètes et les artistes pour la représentation de leurs divinités; — et qui pouvait mieux que la gymnastique conserver aux lignes du nu classique leur idéale pureté? Ces Athéniens, qu'on n'accusera pas d'avoir négligé la culture de l'esprit, n'avaient garde non plus de négliger celle du corps. Au siècle de Périclès, alors qu'Athènes était considérée comme l'école de la Grèce, les enfants étaient voués aux exercices de la palestre. Des magistrats, élus par l'assemblée du peuple delanation, avaient pour mission de surveiller les gymnases, vastes édifices comprenant de grandes cours carrées entourées de portiques et aux environs de vastes promenades plantées d'arbres. Les exercices consistaient surtout dans le maniement des haltères, le lancement du disque et du javelot, la lutte, le saut, la course.
Une fois incorporés dans la milice nationale, c'est-à-dire à peu près à dix-huit ans, les jeunes gens apprenaient à conduire un char, à monter à cheval, à manier leurs armes pour l'offensive et la défensive; ils avaient des revues, des rondes de nuit, des tours de garde et des campements en plein air. C'est ainsi que, par l'éducation physique, on en venait à développer en eux peu à peu et dans une mesure légitime l'esprit militaire indispensable au développement du patriotisme,
« Cet art, trop négligé de nos jours, écrivait autrefois M. Duruy dans son histoire de la Grèce, aida les Grecs à gagner leurs victoires et à sauver, avec leur indépendance, la civilisation qu'ils avaient fondée. »
On sait quelle importance capitale les Spartiates * attachaient aux exercices du corps. Sur ce point, comme dans les autres parties de leur système d'éducation, ils tombaient même dans l'exagération ; on ne trouve pas chez eux cette mesure, cet idéal d'une culture harmonique qui caractérise les Athéniens.
Chez les Romains, surtout dans les premiers temps, la gymnastique ne fut pas moins considérée; mais ce peuple belliqueux l'estimait surtout en raison de son utilité pour les travaux de la guerre. Et quand l'organisation militaire eut atteint sous les Césars son plus complet développement, la gymnastique proprement dite fut abandonnée aux athlètes et aux lutteurs de profession et pour ainsi dire confinée dans les cirques. Il y eut bien à Rome des lieux de réunion, tels que le Champ de Mars, où les jeunes gens et même bon nombre d'hommes faits allaient s'exercer dans l'après-midi; mais avant les empereurs cet art ne fut point enseigné dans les écoles publiques. On n'y voyait plus, comme chez les Grecs, un moyen de perfectionner la beauté physique, mais un simple divertissement et une occupation pour les désoeuvrés.
Il suffit, pour se rendre compte de l'importance attachée par les anciens aux exercices du corps, de voir les descriptions détaillées qu'ils nous en ont laissées dans leurs principaux poèmes épiques, notamment dans ceux d'Homère, de Virgile et de Lucain.
Quant aux descriptions analogues que l'on pourrait rencontrer dans les épopées plus modernes, telles que le poème du Tasse, il n'y faut voir qu'un parti pris d'imitation classique et non pas y chercher le retint des mœurs du temps. La gymnastique, en effet, n'existait pas au moyen âge ; tout se réduisait à l'étude de l'escrime, au
GYMNASTIQUE
GYMNASTIQUE
maniement des armes offensives et défensives, à des évolutions militaires et à des études stratégiques plus ou moins bien comprises. Point d'organisation générale d'ailleurs ; c'est plutôt par goût personnel et par instinct belliqueux que les Duguesclin, les Bayard, les Henri III et les Henri IV nous sont représentés comme se livrant à des exercices du corps; mais nulle part n'apparaît un système bien défini. L'équitation seule, par suite de l'organisation même de la chevalerie, a pris une importance à part : on chevauche, on chasse, on bataille. D'ailleurs, la chevalerie ne fui, à proprement parler, qu'une institution privilégiée, puisqu'elle était exclusivement recrutée parmi la noblesse.
Avec la Renaissance, la gymnastique est remise en honneur, au moins théoriquement, dans les écrits des humanistes, admirateurs de l'antiquité classique. Les Italiens Sadolet * et Hieronymus Mercurialis*, l'Allemand Camerarius, la recommandent comme une branche nécessaire de l'éducation de la jeunesse. Chez nous, Rabelais trace, dans le plan d'institution imaginé par Ponocrates pour son élève Gargantua, un véritable programme d'exercices gymnastiques :
« On luy attachoyt ung cable en quelque haulte tour, pendent en terre : par iceluy avecques deux mains montoyt, puis devaloyt si roidement et si asseurement, que plus ne pourriez parmy un pré bien éguallé.
» On luy mettoyt une grosse perche appoyée à deux arbres ; à ycelle se pendoyt par les mains, et d'ycelle alloyt et venoyt sans des pieds à rien toucher, que à grande course on ne l'eust peu aconcepvoir (rattraper).
a Et pour gualentir (fortifier) les nerfs, on luy avoyt faict deux grosses saulmones de plomb chascune du poy de huyt et mille sept cens quintaulx, lesquelles il nommoyt altères. Ycelles prenoyt de terre en chascune main et les eslevôyt en l'air audessus de la teste et les tenoyt ainsi sans soy remuer trois quarts d'heure et dadvantaige, que estoyt une force inimitable. »
Mais arrivons rapidement à des temps plus rapprochés de nous ; la fin du xvme siècle et le xixe siècle doivent occuper une place capitale dans l'histoire de la gymnastique ; c'est l'époque de la renaissance de cet art : de tous côtés se produit une impulsion bienfaisante et féconde en faveur de cet enseignement qui va de jour en jour se propager et prendre dans les programmes pédagogiques le rang qui lui est dû.
Goménius, Locke et Rousseau avaient insisté sur l'importance de l'éducation physique. Les disciples de Rousseau en Allemagne, les jihiinnthropinùtes*, introduisirent les exercices du corps dans le plan d'études de leurs instituts : c'est à cette école pédagogique que se rattachent Villaume , qui traita de la gymnastique dans YAltgetneine Hevision, t. VIII, et Gutsmuths*, qu'on peut appeler le père de la gymnastique moderne. Pestalozzi* publia en 1802 un ouvrage sur Y Éducation du corps [Ueber Kbrperbil'tung als Einleitung au/ den Versuch einer Elementargymnnstik), dans lequel il posa les principes pédagogiques qui devaient diriger le nouvel enseignement. L'Allemand Jahn* voulut faire concourir la gymnastique à l'émancipation nationale de ses compatriotes ; les tendances politiques des sociétés de gymnastique qu'il avait fondées attirèrent sur elles la persécution, et le gouvernement prussien en vint môme à les proscrire entièrement (rescrit du 12 novembre I s 1 9) ; mais l'impulsion donnée par Jahn n'en fut pas moins durable et féconde. Ce fut lui qui imposa à la gymnastique le nom qu'elle porte en Allemagne, Tumen, et qui inventa les deux principaux « engins » en usage aujourd'hui, le reck et les barres parallèles.
A la môme époque, le Suédois Ling* créait une gymnastique rationnelle et médicale, qui eut un grand succès dans son pays, et que certains Allemands opposèrent à la gymnastique de Gutsmuths et de Jabn, traitée d'empirique. Une polémique assez vive a eu lieu en Allemagne à ce sujet, et deux hautes autorités scientifiques, Virchow et Dubois-Reymond, se sont prononcées contre le système de Ling.
Jahn avait eu des collaborateurs et des disciples parmi lesquels il faut mentionner Eiselen, Massmann, Klumpp. Mais c'est à Spiess * que revient le mérite d'avoir réalisé ce que demandait Pestalozzi, une gymnastique scolaire. Les ouvrages de Spiess, publiés a Bàle à partir de 1840, sont devenus classiques et ont servi de fondement à la méthode adoptée aujourd'hui dans les écoles de la plupart des pays d'Europe.
En France, la gymnastique fut popularisée par l'Espagnol Amoros *, par Triât, par le colonel d'Argy et M. Laisné, qui organisèrent l'école de gymnastique militaire de la Faisanderie. Des leçons de gymnastique se donnaient déjà dans quelques lycées et collèges, sous la Restauration et la monarchie de juillet. En 1845, M. de Salvandy nomma une commission chargée de constater l'état des exercices gymnastiques dans les lycées et collèges de Paris et de Versailles ; de rechercher les causes qui avaient fait délaisser ou négliger ces exercices ; d'examiner de quelle utilité il pourrait être de remettre les exercices gymnastiques en pratique. Le travail de cette commission n'a pas été publié. La loi du 15 mars 1850 (art. "23) inscrivit l'enseignement de la gymnastique au nombre des matières facultatives de l'enseignement primaire. Le règlement du 24 mars 1851, relatif aux écoles normales primaires, plaça la gymnastique parmi les matières obligatoires de l'enseignement dans ces écoles. En 1854, M. Fortoul, « considérant qu'il importe de rechercher les moyens les plus propres à développer les forces physiques de la jeunesse confiée aux lycées, et de la mettre ainsi en mesure d'accomplir sans fatigue le travail intellectuel qui lui est demandé, » institua une commission chargée d'indiquer les exercices gymnastiques, militaires, d'équitation et de natation les plus propres à développer les forces des enfants et à leur assurer une bonne constitution physique. Le règlement du 13 mars 1854, qui fut l'œuvre de cette commission, déclara que « la gymnastique fait partie de l'enseignement des lycées; elle est l'objet d'un enseignement régulier qui est donné aux frais de l'établisment. »
Toutefois ce n'est qu'en 1869, sous le ministère de M. Duruy, que l'enseignement de la gymnastique fut organisé d'une manière générale, par le décret du 3 février qui s'appliquait à la fois aux lycées, aux écoles primaires, et aux écoles normales. Nous donnons ci-dessous le texte de cet important document :
Décret du 3 février 1869 relatif à l'enseignement de la gymnastique.
« Tithe Ier. — Des lycées et collèges.
» Art. 1er. — La gymnastique fait partie de l'enseignement donné dans les lycées et collèges communaux. Elle y est enseignée, conformément au programme n° 2 ci-anne\e, dans la mesure indiquée pour chaque élève par le médecin de rétablissement.
» Notre ministre de l'instruction publique détermine le nombre d heures qui devront être assignées par semaine à cet enseignement; les 1 çons de g\ nmasiique ne sont pas prises sur le tt mps de récréations.
» Ait. v. — Un maître de gymnastique e^t attaché
GYMNASTIQUE
GYMNASTIQUE
à chaque lycée ou collège. Il est nommé par le ministre.
» Art. 3. — Les appareils de gymnastique nécessaires aux exercices qui en comportent l'emploi, conformément au programme, seront construits ou installés dans tous les lycées. Il en sera de même pour les collèges communaux dans la mesure des crédits votés à cet effet par le conseil municipal.
» Titre II. — Des écoles primaires communales.
» Art. 4. — Les conseils municipaux délibéreront, dans leur session de mai 1869, sur les moyens à prendre pour organiser les exercices gymnastiques appropriés aux besoins des écoles primaires communales.
•» Art. 5. — L'enseignement de la gymnastique dans les écoles primaires communales comprend nécessairement ceux des mouvements et exercices indiqués au programme n° 1 ci-annexé, qui ne comportent l'emploi d'aucun appareil.
» Dans les écoles où les appareils et agrès indispensables ont pu être installés au moyen d'une allocation accordée par le conseil municipal, le département ou l'Etat, ou à l'aide de souscriptions particulières, cet enseignement comprend en tout ou en partie les exercices qui comportent, conformément audit programme, l'emploi d'appareils et d'agrès.
»Les exercices gymnastiques sont dirigés par l'instituteur ou par un maître spécial. Ils sont suivis par tous les élèves qui n'en ont pas été dispensés par le maire sur le certificat d'un médecin.
» Art. 6. — Des secours pourront être accordés sur les fonds de lEtat aux communes qui feront établir des appareils de gymnastique pour leurs écoles.
» Art. 7. — Sur la proposition de l'inspecteur d'académie, le Conseil départemental fixe le nombre des leçons à donner par semaine aux élèves des écoles primaires, ainsi que les jours et heures de ces leçons.
» Titre III. — Des écoles normales primaires.
» Art. 8. — L'enseignement de la gymnastique est obligatoire dans les écoles normales primaires et dans les écoles primaires qui leur sont annexées. Cet enseignement est donné conformément au programme n° 3 ci-annexé pour les écoles normales, et au programme n° 1 en ce qui concerne les écoles primaires, sauf les dispenses individuelles accordées par le médecin attaché à l'établissement.
»Art.9. — Les appareils de gymnastique nécessaires pour la complète exécution du programme n" 3 seront établis dans toutes les écoles normales primaires.
» Art. 10. — Un maître de gymnastique, nommé par le ministre, est attaché à chaque école normale primaire.
» Le maître de gymnastique de l'école normale peut être chargé par le recteur d'enseigner aux instituteurs, réunis à cet effet au chef-lieu de canton, le mode d'exécution du programme à suivre dans les écoles primaires.
» Titre IV. — Dispositions générales.
» Art. 11. — Une commission de cinq membres, nommée par le ministre de l'instruction publique, est instituée au chef-lieu de chacune des académies pour examiner les candidats qui veulent obtenir un certificat spécial d'aptitude à renseignement de la gymnastique . Ce certificat est délivré par le ministre sur le rapport de la commission. Un arrêté du ministre détermine les formes et les conditions de l'examen.
» Art. 12. — La commission d'examen instituée au chef-lieu de chaque département, en vertu do l'article 46 de la loi du 15 mars 1850, pour juger l'aptitude au brevet de capacité pour l'enseignement primaire, est autorisée, en ce qui touche les épreuves relatives à la gymnastique, à s'adjoindre, à titre consultatif, pour cette partie spéciale de l'examen, une ou deux personnes ayant fait une étude particulière de cet enseignement. »
Ce décret était suivi de trois programmes pour l'enseignement de la gymnastique :
Le premier était relatif à l'enseignement de la gymnastique dans les écoles primaires de garçons.
Le second concernait l'enseignement de la gymnastique dans les lycées et collèges.
Le troisième était destiné à l'enseignement de la gymnastique dans les écoles normales primaires.
Le 9 mars suivant, une circulaire aux recteurs appelait leur attention sur le décret mentionné plus haut et sur les programmes qui y étaient annexés. Des instructions spéciales et très détaillées leur étaient données sur les exercices relatifs au maniement de l'arme et à l'école du soldat, sur l'utilité de la gymnastique, même dans les écoles rurales, sur le nombre et la durée des leçons, sur la construction de gymnases couverts et l'installation du matériel fixe, les ouvrages de charpente, poutres, etc., sur les appareils et agrès mobiles (cordages, haltères, barres à sphères, etc.), sur les fusils, le vêtement, le choix des maîtres de gymnastique, sur la formation de la commission de cinq membres devant être instituée au chef-lieu de l'académie pour délivrer des certificats d'aptitude à l'enseignement de la gymnastique, sur l'aptitude et l'âge des élèves appelés aux exercices gymnastiques, enfin sur les précautions à prendre dans l'intérêt de la santé des élèves et pour éviter les accidents.
Du 9 mars au 17 juillet 1869, un certain nombre de circulaires et d'arrêtés parurent, qui réglaient les questions relatives à l'installation dans les écoles normales primaires et dans les écoles primaires du matériel nécessaire pour l'enseignement de la gymnastique (9 mars), aux achats d'appareils mobiles et d'agrès pour l'enseignement de la gymnastique (21 avril), aux précautions à prendre pour l'admission des élèves aux exercices et pour la visite des appareils (4 mai), à un rapport d'ensemble sur l'enseignement de la gymnastique dans les lycées et les collèges devant être adressé tous les ans au ministre par les recteurs de chaque académie (11 mai), au traitement des professeurs de gymnastique dans les lycées (15 mai), à l'organisation de la gymnastique dans les lycées, collèges et écoles normales primaires (12 juillet), aux emplois de professeurs de gymnastique à réserver aux anciens militaires (17 juillet). Tel est le résumé de l'œuvre de M. Duruy au point de vue de l'enseignement de la gymnastique.
Sous la République, M. Jules Simon, ministre de 1870 à 1873, s'appliqua à compléter l'organisation de cet enseignement.
Le 23 novembre 1871, il adressa aux recteurs une circulaire relative à l'enseignement de la gymnastique dans les établissements second aires et primaires, où il est dit que les prescriptions du décret du 3 février 1869 doivent être strictement observées.
Le 13 décembre de la même année, nouvelle circulaire aux recteurs, relative aux exercices militaires et aux leçons d'équitation dans les lycées et les collèges.
L'Assemblée nationale avant inscrit, au budget de 1872, un crédit de 100 000 francs pour seconder le développement de l'enseignement de la gymnastique dans les établissements d'instruction primaire, le ministre publie une circulaire
GYMNASTIQUE
GYMNASTIQUE
pour l'organisation de la gymnastique dans les écoles normales primaires (17 mai 1872).
Le 27 septembre suivant, nouvelle circulaire relative à la gymnastique, aux exercices militaires, à. l'équitation, à l'escrime et à la natation.
Le 2S octobre, le ministre écrit aux recteurs pour régler les conditions d'admission des élèves de la division supérieure aux exercices militaires et aux exercices gyranastiques.
Le 5 novembre 1872, le ministre prie les préfets de lui faire savoir ce qui existe et ce qui fait défaut dans les gymnases, et y joint trois devis estimatifs des ouvrages et fournitures à faire : l'un pour l'installation d'un gymnase dans une école normale, l'autre pour l'installation d'un gymnase dans une école primaire de chef-lieu de département, d'arrondissement ou de canton, et le troisième pour l'installation d'un gymnase dans une école primaire de commune rurale.
Enfin, — et ce fut le dernier acte du ministère de M. Jules Simon en faveur de la gymnastique, — le 9 avril 1873 fut signé un arrêté concernant la fourniture des appareils et agrès pour l'enseignement de la gymnastique.
Nous n'avons pas à signaler de mesures importantes concernant l'enseignement de la gymnastique sous les ministères de MM. Wallon, Waddington et Bardoux.
Avec le ministère de M. Jules Ferry, une nouvelle impulsion est donnée à tout ce qui concerne l'éducation physique.
Deux Manuels, l'un à l'usage des garçons, l'autre à l'usage des filles, sont rédigés par une commission centrale de gymnastique, publiés aux frais de l'État, et distribués dans toutes les académies en 1880 et 1881.
Le 27 janvier 1880, une loi rend l'enseignement de la gymnastique obligatoire. En voici lo texte :
Loi rendant obligatoire l'enseignement de la gymnastique.
«Art. 1". — L'enseignement de la gymnastique est obligatoire dans tous les établissements d'instruction publique de garçons dépendant de l'État, des départements et des communes.
«Art. 2. — Cet enseignement est donné dans les conditions et suivant les programmes arrêtés par le ministre de l'instruction publique, selon l'importance des établissements.
» Art. 3. — Un, rapport sur les résultats de la vérification faite au moins une fois par an, par les soins du ministre de l'instruction publique, dans tous les établissements auxquels s'applique la présente loi, sera annexé au budget.
» Art. 4. — La disposition de l'art. 23 de la loi du 15 mars 1860, concernant la gymnastique dans les établissements publics, est abrogée.
» Art. 5. — La présente loi entrera en vigueur dans le délai de deux ans à dater de sa promulgation. »
Afin de préparer le personnel enseignant primaire à donner convenablement l'en>*eignement gymnastique, des cours spéciaux ont été organisés, par une circulaire du 21 mars 188;', dans toutes les écoles normales, à l'usage des instituteurs non encore familiarisés avec cet enseignement. Ces cours auront lieu pendant les vacances.
Ce n'est pas ici le lieu de traiter la question des exercices militaires et de la récente organisation des bataillons scolaires. Cette question fera l'objet d'un article spécial. Y. Militaires (Exercices) .
Pour terminer, nous donnons le programme de renseignement de la gymnastique dans les écoles normales d'instituteurs et dans les écoles normales d'institutrices, tels qu'ils ont été fixés par l'arrêté du 3 août 1881, ainsi que le programme do
lre Partie.
cet enseignement dans les écoles primaires, qui vient d'être adopté (1882) par le Conseil supérieur :