‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 521 sur 547 · ÉCOLE NORMALE D'INSTITUTEURS · texte numérisé non relu

ÉCOLE NORMALE D'INSTITUTEURS

lre année (2 heures). — A. Exercices d'ordre. — Formation des rangs et des sections ; conversions

individuelles ; marches et courses sur un rang par le flanc; changement de direction.

B. Exercices libres. — a. De la tête ; b. Des bras; c. Du corps; d. Des jambes; position au pas; sauts et sautilles; écarts; positions diverses ; marches.

C. Exercices aux engins. — Exercices simples aux engins suivants : les cannes, la longue corde, les mils, le sautoir, le mât d'équilibre, les échelles horizontales et verticales, les cordes, les perches, les barres parallèles, les anneaux, le reck. et le vindas.

2e année (2 heures). — Répétition des exercices de la lre année, auxquels on ajoute :

A. Exercices d'ordre : marches et courses en colonne par le flanc; contremarches.

B. Exercices libres : continuation des exercices de la lre année, augmentés et combinés diversement; courses de vitesse et de résistance; luttes diverses.

G. Exercices aux engins : exercices progressifs aux engins de la lre année, auxquels on ajoute : les haltères, les poids, l'échelle oblique, le cheval et les perches à sauter.

3e année (2 heures). — Répétition des exercices des années précédentes, en ajoutant :

A. Exercices d'ordre : marches de front et obliques, conversions, contremarches.

B. Exercices libres : continuation graduelle.

G. Exercices aux engins : continuation graduelle à tous les engins.

4e année (3 heures). — A. Répétition des exercices des années précédentes; comme Exercices pédagogiques, les élèves servent de moniteurs pour la l'e année.

B. Cours théorique (1 heure en hiver). Aperçu historique; méthode d'enseignement; valeur des exercices au point de vue pédagogique, hygiénique, médical et militaire, et leur modification suivant le but à atteindre; choix des exercices par rapport aux âges, aux sexes et aux tempéraments et suivant les circonstances de lieu et de température; préceptes hygiéniques à suivre avant, pendant et après les exercices ; soins à donner en cas d'accidents et moyens préventifs ; choix, établissement et surveillance des engins.

ÉCOLE NORMALE D'iNSTITUTRICES.

lre année (2 heures). — Exercices d'ordre t Conversions individuelles, marche et course ordinaires.

Exercices libres : de la tête, des bras, du corps et des jambes.

Exercices aux engiîis : exercices simples aux engins suivants : bâtons, mât d'équilibre, échelles, anneaux, sautoir et vindas.

2e année (2 heures). — Exercices d'ordre: Répétition des exercices de l'année précédente.

Exercices libres : Développements et combinaisons des exercices du premier cours.

Exercices aux engiixs : exercices aux mêmes engins que l'année précédente et, en outre, aux haltères, aux mils et aux barres parallèkc.

HACHETTE. — Louis -Christophe -François Hachette, né à Rethel (Ardennes), le 5 mai 1800, mort le 31 juillet 1864, a été le fondateur de la grande maison de librairie qui porte son nom, et où se publie ce Dictionnaire. Louis Hachette ne nous appartient ici que pour la part qu'il a prise au grand mouvement d'instruction populaire qui

date des dernières années de la Restauration, surtout des premières années du gouvernement de juillet, et qui, malgré toutes les réactions destinées à l'entraver, ne s'est point arrêté depuis: cette part a été considérable.

En 1819, Louis Hachette était entré à l'école normale supérieure, et il no songeait guè.e alors

HACHETTE

IIjEHN

à devenir libraire, lorsqu'au moment où il allait terminer avec succès ses études, l'école fut licenciée, en septembre 1822, pour des raisons de politique : les élèves de troisième année avaient acclamé, à la distribution des prix du concours général, le nom libéral de Camille Jordan. Ce fut alors que Louis Hachette, après quelques essais dans l'enseignement privé, acheta, en 1820, un fonds de librairie classique, bien humble et bien peu fourni, d'où devait sortir la grande librairie. Dès le début, il s'était donné cette devise : Sic quoque docebo, « de cette façon j'enseignerai encore ». Et, en effet, à côté de l'industriel, du marchand, comme il aimait à se nommer, du marchand honnête et habile, doué du génie des grandes entreprises, il y eut toujours chez Louis Hachette non seulement l'homme de savoir et de goût, le scholar — c'est le nom que lui donnait M. Cuvillier-Fleury, — mais aussi le patriote dévoué à l'instruction et en poursuivant le progrès sous toutes les formes, particulièrement dans ses rapports avec l'éducation des enfants et celle des classes populaires.

Lorsque parut la loi du 28 juin 1833, il en comprit toute la portée : « En 1834, a-t-il écrit dans une des trop rares brochures signées de son nom, l'instruction primaire n'existait pour ainsi dire pas en France : il n'y avait ni maisons d'école, ni maîtres, ni livres. Les maisons d'école ne sortent pas de terre au commandement ; les écoles normales ne s'organisent pas en un jour. Les livres seuls peuvent se produire rapidement. » De concert avec MM. Firmin Didot, Jules Renouard, Pitois-Levrault, Louis Hachette livra au gouvernement, pour les préfectures et sous-préfectures, qui les distribuaient gratuitement dans les écoles, des masses considérables de livres élémentaires, dont plusieurs étaient excellents, et qui sont longtemps restés les seuls classiques de l'école.

Déjà en 1832, il avait, de concert avec les mêmes éditeurs, fondé le Manuel général de l'instruction primaire, dpstiné, dans l'origine, à populariser ces nouvelles méthodes et à enseigner le fonctionnement aux instituteurs. Officielle dans les premières années, cette publication s'affranchit, lorsque l'oeuvre qu'elle propageait eut été assurée, de la tutelle administrative, et, devenue la propriété exclusive de la librairie Hachette, elle conserve encore aujourd'hui, après cinquante ans, la trace des premiers efforts de son créateur (V. Manuel général de l'instruction primaire).

Lorsque s'ouvrirent les premières salles d'asile, Louis Hachette entreprit, en 1835, la plus ancienne publication périodique destinée à l'éducation de la première enfance qui ait paru dans notre pays, V Ami de l'enfance*. Successivement dirigé par M. Cochin, M. Eugène Rendu, et Mm* Pape-Carpantier, Y Ami de l'enfance, dont la publication a été diverses fois interrompue, vient de reparaître (octobre 1881), pour servir d'organe à la méthode française d'éducation et d'enseignement dans les écoles maternelles.

Une autre publication périodique, d'un caractère plus général, la Revue de l'instruction publique en France et dans les pays étrangers, avait été créée par Louis Hachette en avril 1842, en vue de défendre, dans une mesure libérale, la cause universitaire, contre laquelle on préludait déjà, à cette époque, aux attaques passionnées et incessantes qui ont fini par triompher eu 1850. Bien que la Revue de l'instruction publique ait eu spécialement pour objet l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur, souvent aussi elle a été conduite, par des questions de méthode ou des circonstances de polémique, sur le terrain de l'école primaire. — V. Périodiques, p. 2272.

Mais ce n'est pas seulement comme éditeur do livres classiques et de journaux d'enseignement

que Louis Hachette a rendu service à l'instruction populaire, c'est aussi et surtout peut-être par cette préoccupation constante qui l'a porté toute sa vio à rechercher les moyens pratiques de répandre le goût de la lecture, nous entendons de la lecture utile et saine, dans toutes les classes et jusqu'aux derniers rangs de la société. Il n'est que juste de voir la marque de cette préoccupation dans les publications les plus connues de sa librairie et dans différentes entreprises qui ont eu, suivant les occasions, une plus ou moins grande fortune.

C'est à cette origine, par exemple, qu'il faut rattacher la création de ces magnifiques publications illustrées, comme le Tour du monde, comme la série des premiers ouvrages de M. Louis Figuier, etc., etc., évidemment destinées aux acheteurs aisés, mais faites pour vulgariser, comme on dit dans le bon sens du mot, ici la géographie, là les sciences naturelles. De là encore, s'adressant aux enfants et aux jeunes gens, dans des conditions plus modestes, la collection de la bibliothèque rose et celle, plus récente, delà Bibliothèque des merveilles. Les Bibliothèques des chemins de fer, qui sont devenues un marché général de livres et de journaux, devaient, dans la pensée de Louis Hachette, se recruter dans un fonds spécial, composé surtout de livres d'instruction et de récréation. C'est dans la même pensée que Louis Hachette créait, en 1855, de concert avec M. Ch. Lahure, le Journal pour tous, publication illustrée hebdomadaire, puis bi-hebdomadaire, à dix centimes, qui s'est imprimée à 150 000 exemplaires, et qui a été le type, rarement atteint, de tous les journaux illustrés dont le nombre s'est aujourd'hui multiplié indéfiniment. C'est dans cette pensée encore qu'il a créé, avec le même imprimeur, ce qu'on a appelé les Classiques Lahure àl fr. le volume, acquis depuis par la librairie Hachette, la Bibliothèque des meilleurs romans étrangers, les Chefs-d'œuvre des littératures étrangères et les Chefs-d'œuvre des littératures anciennes, etc., etc. Quand le gouvernement commençait à considérer comme un devoir de fournir des livres aux bibliothèques populaires et aux bibliothèques scolaires, c'est par de telles créations que Louis Hachette répondait à son initiative. « Nous avons souvent entendu dire à M. Hachette, a écrit M. Louis Figuier dans un article nécrologique, qu'il voudrait parvenir à abaisser le prix de fabrication des livres, à ce point qu'il fût permis, après les avoir lus, de les jeter sans s'en inquiéter davantage. » En attendant qu'on en vînt là, Louis Hachette cherchait, et ce fut là, en quelque sorte, sa dernière pensée, à introduire en France sur de grandes proportions ce système sur la circulating library anglaise, qui approche le livre du lecteur en le dispensant de l'acheter, et sur ce point encore il faisait bien voir que l'entreprise industrielle se rattachait toujours chez lui à l'idéal philanthropique ; c'était, en effet, sous le patronage de la Société Franklin qu'il s'était placé pour la réalisation de cette œuvre, au début de laquelle la mort l'arrêta. M. Hachette avait accepté diverses fonctions publiques gratuites; il a rédigé des mémoires et des rapports sur des questions d'assistance publique, de propriété littéraire, de librairie, d'organisation sociale. En somme, peu de vies ont été mieux remplies et consacrées à des travaux plus élevés et plus utiles. [Ch. Defodon.]

II^IIN. — Jean-Frédéric Hâhn, pédagogue allemand, né à Bayreuth en 1710, fut un des représentants de l'école piétiste et de l'enseignement « rôal » en Allemagne. Après avoir enseigné d'abord dans une école normale, il devin:, de 1753 à 1759, inspecteur de la Realschule fondée à Berlin par Hecker \ Il y introduisit une méthode do son invention, la « méthode des tableaux et des lettres » {Tabsllar- und Littéral- Méthode), au

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