HAMBOURG
moyen de laquelle les parties essentielles de chaque branche d'études se trouvaient résumées sous une forme qui permettait de les confier plus bellement à la mémoire de l'élève. Les divisions principales du sujet et les faits saillants qui s'y rattachaient étaient disposés en tableaux où ces divisions et ces faits se trouvaient représentés seulement par la lettre initiale du mot destiné à les rappeler. Felbiger* adopta cette méthode et l'introduisit dans les écoles de Silésie et d'Autriche. Hâhn avait recours en outre, dans son enseignement, à l'intuition directe : de nombreuses collections, formant un véritable musée technologique, furent constitmées sous sa direction. — V. Realschule.
HAÏTI. — La république de Haïti comprend la partie occidentale de l'île de Haïti ou Saint-Domingue, la partie orientale formant depuis 1843 un autre Etat sous le nom de République*dominicaine. Après de longues luttes contre les colons français à la fin du xviir8 siècle, les anciens esclaves nègres de Haïti conquirent leur indépendance et se donnèrent un gouvernement qui, tantôt sous le nom de république, tantôt sous celui d'empire, a gardé jusqu'à nos jours le caractère d'un despotisme militaire. Après la chute de l'empereur Soulouque en 1859, la forme républicaine a été rétablie par le président Geffrard. La population de la République est d'environ 600 000 habitants, dont la grande majorité appartient à la race noire; la religion dominante est le catholicisme; le français est la langue officielle.
En 1880, les cinq départements de la République haïtienne comptaient, d'après la statistique officielle, un total de 385 écoles primaires publiques et gratuites, avec 18 200 élèves (12 000 garçons et 6 200 filles). Ces écoles se divisent en écoles rurales, mixtes quant aux sexes, au nombre de 505, et en écoles urbaines de garçons ou de filles, au nombre de 180. Les écoles urbaines se subdivisent de la manière suivante : écoles laïques de garçons, 82; écoles congréganistes de garçons, 9 ; écoles laïques de filles, 82 ; écoles congréganistes de filles, 7. Dans le nombre des écoles laïques de garçons sont comprises les écoles primaires supérieures, dites secondaires. Elles existent dans les principales villes, et préparent spécialement les jeunes gens qui se destinent au commerce ou à l'industrie.
Il y a dans toutes les villes de la République des écoles primaires libres, soit laïques, soit protestantes. Elles sont presque toutes subventionnées par l'Etat; mais la statistique ci-dessus n'en a pas tenu compte. Il existe aussi une centaine d'écoles rurales libres, dirigées par des maîtres protestants et dépendant des chapelles rurales du culte réformé.
L'enseignement secondaire est représenté par cinq lycées : ceux de Port-au-Prince, du Cap- Haïtien, des Gonaïves, des Cayes et de Jacmel, et par six écoles supérieures de jeunes filles. Il y a, en outre, un certain nombre d'institutions libres, entre autres le collège Saint-Martial et l'Ecole polymathique à Port-au-Prince.
L'enseignement supérieur comprend une Ecole de médecine, une Ecole de droit, une Ecole de pharmacie, une Ecole de musique, et deux Ecoles de peinture.
On peut évaluer à 40 00O élèves le chiffre total de la population scolaire de la République de Haïti.
HALPHEN (Prix).— M. Achille-Edmond Halphen, né en 1825, mort en 1856, juge-suppléant au tribunal de Versailles et secrétaire du consistoire israélite de Paris, a légué par testament en date du 3 juin 1855 à l'Académie des sciences morales et politiques « une rente annuelle de 500 francs pour les arrérages de la dite rente être décernés en prix tous les ans, tous
les deux ou trois ans, à son choix, par l'Académie, soit à Uautcur de l'ouvrage littéraire qui aura le plus contribué aux progrès de l'instruction primaire, soit à la personne qui, d'une manière pratique, par ses efforts ou son enseignement personnel, aura le plus contribué à la propagation de l'instruction primaire. »
L'Académie a décidé que la rente serait accumulée pendant trois ans, pour former un prix d'une valeur suffisamment considérable. Diverses circonstances firent différer jusqu'en 1861 le terme du premier concours.
Le prix Halphen a été décerné en 1861 à M. Rapet *, «< l'un des hommes qui ont le mieux concouru aux progrès de l'instruction primaire, soit comme directeur d'école normale, soit comme inspecteur, soit comme écrivain. » (Rapport de M. Guizot.)
En 1864, ce prix a été attribué à M. Barrau, qui a dirigé pendant de longues années le Manuel général de l'instruction primaire, et a publié divers ouvrages relatifs à l'éducation morale.
En 1867, l'Académie a porté son choix sur madame Pape-Carpantier *, directrice du Cours pratique d"s salles d'asile.
En 1870, elle a voulu « honorer une vie consacrée depuis cinquante-huit ans à l'enseignement de l'enfance », en accordant le prix Halphen à M. Claude-Louis Michel.
En 1873, le prix a été décerné à M. Gréard, alors directeur de l'enseignement primaire du département de la Seine.
En 1876, le prix a été partagé entre M. Hoffet, à Lyon, et M. Eugène Rendu, ancien inspecteur général de l'instruction publique.
En 1879, le titulaire fut M. Marguerin, l'organisateur des écoles Turgot.
Enfin, en 1882, l'Académie a décerné le prix Halphen à M. Maggiolo, recteur honoraire, connu pour ses travaux sur la statistique de l'instruction primaire.
HAMBOURG. — L'organisation de l'enseignement primaire et supérieur à Hambourg remonte à l'introduction de la Réforme dans cette ville. Ce fut un ami et un disciple de Luther, Bugenhagen, qui créa en 1559, dans l'ancien couvent de Saint- Jean, le célèbre collège appelé Johanneum; la même année il transforma en école primaire protestante l'ancienne école de Saint-Nicolas, fondéen 1281. En 1613 fut ouvert le gymnase académie que ; en 1834, une Realschule fut jointe au Johanneum. Jusqu'à l'époque contemporaine, les écoles primaires de Hambourg avaient subsisté sans qu'aucune loi en réglât l'organisation : ce n'est qu'en 1870 que le Sénat hambourgeois se décida enfin à promulguer une loi sur l'instruction (Gesetz betreffenddas tint errichtswesen, 11 novembre 1870).
Aux termes de cette loi, les matières d'enseignement dans les écoles primaires publiques son t la religion, la langue allemande, la lecture, l'écriture, le calcul, la géométrie et l'algèbre, la géographie, l'histoire, l'histoire naturelle, la physique, la chimie, l'anglais, le dessin, le chant, et la gymnastique. Le français peut y être ajouté quand les circonstances le permettent. Dans les écoles de filles, ce programme reçoit les modifications nécessitées par la différence du sexe; l'enseignement des travaux à l'aiguilley est nécessairement ajouté.
L'autorité scolaire supérieure détermine le plan d'études et le tableau d'emploi du temps. Les livres classiques sont choisis par le personnel enseignant sous réserve de l'approbation de l'auto- *rité supérieure. L'enseignement religieux est dans la règle celui de la confession évangélique luthérienne ; conformément à l'art. 118 de la constitution, des dispenses peuvent être accordées par les commissions scolaires aux élèves d'autres confessions.