HISTOIRE SAINTE — 1281 — HISTOIRE SAINTE
ries : 1° pays où l'école publique est devenue entièrement neutre ou laïque, c'est-à-dire où l'enseignement religieux a cessé de faire partie du programme officiel, ou, s'il y figure encore, est donné exclusivement par les ministres des cultes ; 2° pays où l'école publique a gardé un caracière strictement confessionnel; 3° pays où l'école publique est, non pas neutre, mais mixte quant aux cultes, c'est-à-dire où chaque confession reçoit un enseignement religieux distinct ; dans ces pays, à côté do l'école mixte quant aux cultes, on rencontre ordinairement l'école publique restée confessionnelle, mais ouverte aux adhérents des divers cultes.
Les pays qui ont adopté le premier système, celui de i'école neutre ou laïque, sont l'Autriche, la Belgique et la Hollande.
En Autriche, la religion figure au programme comme matière obligatoire d'enseignement ; mais l'enseignement religieux est donné par les ministres des différents cultes. Toutefois, si une commune ne possède pas d'ecclésiastique pouvant donner cet enseignement, l'instituteur peut le donner lui-même aux enfants de sa confession. En Belgique et en Hollande, l'enseignement religieux ne fait pas partie du programme officiel : la loi en laisse le soin aux familles et aux ministres des différents cultes.
Les pays où l'école est strictement confessionnelle, et où par conséquent l'histoire sainte est enseignée obligatoirement, soit dans les leçons de religion, soit dans des leçons spéciales, sont le Danemark, la Suède, la Norvège, l'Espagne, le Portugal.
Les pays qui ont adopté le système de l'école mixte quant aux cultes, ou de l'école confessionnelle ouverte aux élèves de toute confession, sont les Etats de l'empire allemand, la Suisse, la Grèce, la Russie. L'enseignement de l'histoire sainte et de la religion y est obligatoire pour chaque élève, mais il est donné pour chaque confession dans des leçons spéciales. En Suisse, toutefois, la constitution fédérale garantissant la liberté de conscience des élèves, les parents peuvent dispenser leurs enfants de tout enseignement religieux; quelques cantons, ceux de Bâle, de Neuchâtel, de Genève, ont fait disparaître cet enseignement des programmes officiels.
En Italie, la loi de 185!) a rangé la religion au •nombre des matières d'enseignement de l'école primaire; mais à cette époque la fréquentation de l'école n'était pas obligatoire. La loi du 15 juillet 1877, en établissant l'obligation, a du môme coup retranché du nombre des matières obligatoires le catéchisme et l'histoire sainte.
En Angleterre, en Ecosse et en Irlande, aucune subvention n'est allouée en faveur d'aucun enseignement religieux dans les écoles primaires; les écoles établies aux frais de» School Hoards sont undcnominational, c'est-à-dire qu'il ne doit pas y être donné d'enseignement religieux ayant un caractère confessionnel: mais la prière et la lecture de la Bible y sont en usage. Toutefois l'enseignement de l'histoire sainte proprement dite est généralement réservé aux écoles du dimanche.
Il en est de môme aux Etats-Unis. Mais, dans ce pays, une plus grande indépendance étant laissée aux autorités scolaires locales, On compte un assez grand nombre de villes où la lecture db la Bible dans la classe a été interdite et où par conséquent l'école est devenue entièrement neutre : citons entre autres Cincinnati, New-Haven, et Saint-Louis.
France. — Aucun texte de loi n'a fait mention de l'histoire sainte, mais tous les règlements, jusqu'à ces dernières années, comprenaient expressément l'histoire sainte dans l'instruction religieuse : l'instruction du H juin 1816 prescrivait pour « tous les instituteurs indistinctement la conlro Partie.
naissance des préceptes de la religion » et, en outre, pour ceux du premier degré seulen.eDt, «l'histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament o. Les règlements du 19 juillet 183;) et du 2S juin 1836 exigent « l'histoire sainte » môme de-> aspirants et des aspirantes au brevet élémentaire. Le statut des écoles primaires du 25 avril 1834 dispose dans son article 6, que a pour les enfant* de 8 à 10 ans, l'instruction morale et religieuse consistera dans l'étude de l'histoire sainte, Ancien et Nouveau Testament. » Le rôle attribué alors à l'histoire sainte est môme assez étendu pour donner lieu à cet avis du Conseil royal qu'on a souvent cité: « Le Conseil, consulté sur la question de savoir si les premières notions de géographie et d'histoire, non mentionnées dans la loi, sont obligatoires pour les candidats au brevet élémentaire, est d'avis que ces notions sont obligatoires, comme faisant partie de l'instruction religieuse qui suppose nécessairement quelques connaissances dans ce genre. » (Avis du 17 octobre 1834). Le règlement des écoles normales du 24 mars 1851 exprime avec plus de mesure la même idée : « L'histoire ancienne, dit-il, sera constamment rapprochée des faits contemporains de l'histoire sainte. »
Tous les règlements qui ont suivi la loi de 1 850 ont répété et précisé les anciennes prescriptions : l'instruction religieuse comprend, à titre obligatoire dans* les écoles primaires, « les éléments d'histoire sainte » (règlement-type du 17 août 1851), et dans les salles d'asile « des réflexions appropriées aux récits de l'histoire sainte » décret du 22 mai 1855). Des « questions sur l'histoire sainte » sont mentionnées à l'article 15 du règlement du 3 juillet 186G pour le brevet de capacité, de même que pour l'admission aux écoles normales (arrêté du 31 décembre 1867).
C'est la loi du 28 mars 1882 qui, en rendant l'enseignement primaire obligatoire et laïque, a fait disparaître l'histoire sainte de tous les programmes des écoles publiques, ou du moins l'a fait rentrer dans les cadres de l'histoire générale. On trouve, en effet, dans le programme des écoles primaires(27 juillet 1882) pour le cours supérieur, des « notions très sommaires d'histoire générale comprenant pour l'antiquité: l'Egypte, les Juifs, la Grèce, Borne », et dans les programmes des école3 normales d'instituteurs et d'institutrices (3 août 1881), en deuxième année, « un aperçu d'histoire ancienne: Monde connu des anciens. Egyptiens, Assyriens et Babyloniens, Israélites, Phéniciens et Carthaginois, Perses. Monuments qui nous sont restés de ces peuples. »