‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 61 sur 547 · ASTRONOMIE · texte numérisé non relu

ASTRONOMIE

de ces associations, qui non-seulomcnt sont dos sociétés do secours mutuels, mais établissent entre leurs membres une utile et agréable solidarité. 11 est bon que l'enfant et le jeune homme s'habituent ?i considérer son école ou son collège comme une seconde; famille. Il fera de môme un jour pour son régiment, et ainsi se soudent successivement les uns aux autres les anneaux formant la chaîne qui doit unir tous les membres de la grande famille française. [A. Talbcrt.]

ASSOCIATIONS DE SECOURS MUTUELS, de LECTURE, d*ÉTUDES,d'WSTITUTEURS, etc. — V. Sociétés, notamment pour les associations étrangères non mentionnées ici.

ASSURANCES. — V. ce mot dans la IIe Partie. ASTRONOMIE. — L'astronomie est la science de l'univers. La Terre que nous habitons, le Soleil, la Lune, les planètes, les étoiles, les comètes, en un mot tous les astres, c'est-à-dire tous les corps qui constituent Y univers, font l'objet de l'astronomie. Autrefois, lorsque, sur la foi des sens, on croyait que notre globe était fixe au centre du monde, base et but de la création tout entière, l'astronomie pouvait être considérée comme une science ne s'occupant que des choses d'en haut et à peu près inutile à ceux qui veulent se borner au tangible et au positif. Mais aujourd'hui qu'il est démontré que la Terre est un astre comme la Lune, tournant autour du Soleil, voguant dans l'espace, isolé dans le vide, sans appui ni soutien d'aucune sorte ; aujourd'hui qu'il est démontré que ce globe autour duquel nous marchons est simplement la troisième planète du système solaire dans Tordre des distances au soleil, que les autres planètes sont des terres comme la nôtre, et qu'elle n'est, en un mot, qu'un des astres innombrables qui peuplent l'immensité, l'astronomie est devenue aussi la science de la Terre et la base même de toutes les sciences qui s'occupent de la Terre et de l'humanité.

Elle seule peut nous apprendre où nous sommes, nous dire sur quoi nous marchons, nous montrer comment cette boule tournante se soutient dans l'espace , par quelles combinaisons nous avons des années, des saisons, des jours et des nuits, en un mot nous faire connaître la vraie place que nous occupons dans l'univers ; c'est sur elle que la navigation est fondée ; c'est elle qui nous a fait connaître la vraie forme du globe terrestre, la géographie ; c'est grâce à elle que tous les peuples de la terre sont aujourd'hui en communication avec les autres, échangeant leurs produits et leurs idées ; elle nous instruit à la fois sur la terre et sur le ciel ; sans elle nous vivrions comme des aveugles, comme des animaux, comme des plantes, sans nous donner la peine (ou pour mieux dire le plaisir) de nous rendre compte de notre position.

Voilà la vérité toute franche. Et cependant, il faut bien le dire, il y a encore à l'heure présente au moins 99 personnes sur 100 qui se passent de cette science et qui, de toute leur vie, n'ont pas songé un seul instant à se demander où elles sont? Conçoit-on qu'une notion positive qui devrait être la base primordiale de toute instruction sérieuse soit encore aujourd'hui si généralement négligée? Conçoit-on qu'au lieu des éléments de la science de l'univers, qui pourraient ôtre enseignés aux enfants dès l'âge le plus tendre et qui répondent si heureusement à ce besoin de merveilleux qui leur est propre, on farcisse leur imagination d'histoires inutiles ou d'erreurs funestes dont ils auront plus tard la plus grande peine à se débarrasser.

Cependant ce ne serait pas une tâche bien lourde, et ce serait, au contraire, une œuvre agréable et utile, que de donner à la jeunesse, dès le commencement de son éducation, ces notions si importantes. Que le maître lui-môme soit bien convaincu de l'intérêt qui s'attache à l'étude, même élémentaire,

de l'astronomie, convaincu aussi de l'utilité de cette connaissance pour l'ensemble des raisonnements qui doivent nous diriger dans la vi<- : il n'en faut pas davantage pour donner de l'intérêt et du charme à son enseignement : tout en instruisant ses élèves, on peut dire à la lettre qu'il les amusera, car il se trouve que rien n'e»t aussi amusant que l'astronomie descriptive élémentaire, quoique rien peut-être ne soit aussi ardu et aussi sérieux que la pratique de la science.

Quoi de plus intéressant, par exemple, pour le père de famille, pour la mère, pour l'instituteur ou l'institutrice, que de montrer à l'enfant les plus brillantes étoiles du ciel, par une belle soirée d'été ou môme d'hiver? de lui apprendre à reconnaître immédiatement les sept étoiles célèbres du Chariot, à trouver l'étoile polaire à l'aide d'un simple alignement, et à s'orienter exactement, de telle sorte qu'en pleine nuit il se dirige sans peine? Quoi de plus facile que d'apprendre les noms et do!. la position des étoiles et des constellations principales, de reconnaître le zodiaque et de trouver dans le ciel le chemin que le Soleil parait suivre? Les enfants mêmes se plairont h voir les étoiles se lever à l'Orient, arrivera leur point de culmmation, qui représente le méridien de chaque lieu, à les voir descendre à l'Occident, et ce sera l'occasion de les faire réfléchir au mouvement diurne de la Terre, auquel toutes ces apparences sont dues. On leur fera chercher les planètes se mouvant le long du zodiaque, et à l'aide d'une petite lunette on leur montrera les satellites de Jupiter, l'anneau de Saturne, les phases de Vénus !

N'est-ce pas une heure agréablement passée que celle que l'on consacrera, si l'on dispose d'un télescope, même de faible puissance, à examiner les échancrures étranges produites sur le bord de la Lune par la lumière solaire à l'époque du premier quartier, broderies charmantes qui paraissent alors suspendues dans l'azur céleste comme de l'argent fluide, irrégularités lumineuses dont on ne tarde pas à reconnaître la forme et la cause? Ce seul coup d'œil nous transporte sur les terrains si bouleversés de ce monde voisin et nous montre de profonds cratères blancs remplis d'ombre, d'immenses cirques aux talus démantelés, de vastes plaines obliquement éclairées par l'astre du jour et offrant l'aspect de nappes de velours gris. Peu à peu la lumière s'élève, et l'on assiste au lever du Soleil sur ces Alpes lointaines, à son élévation d'heure en heure et à l'éclairement successif des divers méridiens lunaires. A défaut de télescope, l'observation de la lumière cendrée dans l'intérieur du croissant lunaire, les premiers soirs de la lunaison, se fait à l'œil nu et peut servir d'utile sujet de réflexion, si l'on veut se rendre compte de la cause de cette clarté secondaire, chercher comment elle est produite par la lumière que notre Terre reçoit du Soleil et réfléchit dans l'espace, trouver quelles sont les contrées de la Terre qui sont alors tournées vers la Lune et qui envoient le « clair de terre ». Une éclipse de Soleil ou de Lune ne devrait jamais se passer sans qu'on en profitât pour se rendre compte du mouvement de la Lune autour de la Terre et du cône d'ombre qui accompagne tout globe éclairé. C'est ainsi que pour celui qui veut s'instruire, et surtout instruire l'enfant, toujours avide de leçons nouvelles, toute chose est un objet de curiosité et d'explication.

Les mouvements de la Terre, l'inclinaison de son axe, la cause productrice des saisons, la variation de la durée du jour et de la nuit, le changement de hauteur du Soleil, peuvent ôtre le plus facilement expliqués sur un globe terrestre incliné comme il doit l'être ; et un tel mode d'enseignement direct par les yeux a de plus l'avantage d'affranchir immédiatement l'esprit de l'erreur des sens et da l'illusion vulgaire qui nous fait naître et grandir

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