ASSISTÉS
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une indemnité supérieure au tarif local, applicable aux enfants indigents du département, le directeur de l'Assistance publique pourra ôtre autorisé à charger les nourriciers des fournitures, moyennant l'allocation qui leur sera faite d'une somme mensuelle de 0 fr. 60, 1 fr. et 1 fr. 50, selon que l'élève aura 6 ans, 8 ans ou 12 ans.
"Art. 44. — La présence des élèves aux écoles est constatée, par les instituteurs et institutrices, sur un registre qui leur est fourni à cet effet, et qui sert de base à l'ordonnancement de la récompense et de l'indemnité; la présence aux instructions religieuses est constatée, par le curé, sur un bulletin imprimé, envoyé également par l'agent de de surveillance.
»Art. 45. — Tous les trois mois, l'agent de surveillance adresse à MM. les curés un état des enfants envoyés dans chaque commune ou paroisse, avec l'indication des noms des nourriciers chez lesquels ils sont placés. Cette communication a pour but de mettre MM. les curés, dont le concours bienveillant est acquis à l'administration, à môme d'exercer sur les enfants une surveillance utile, et de faciliter à l'agent de surveillance et aux médecins l'accomplissement de lenr tâche. »
ASSISTÉS (Enfants). — V. Enfants assistés.
ASSOCIATION. — Ce terme, qui, dans un un grand nombre de cas, est à peu près synonyme de société, indique cependant à proprement parler une union plus étroite, une organisation plus forte, une communauté plus intime de vues et d'action. Le mot société est d'un emploi plus général.
En France, le droit d'association appartient à tous les citoyens. Les fonctionnaires de l'enseignement public n'en sont évidemment pas exclus, mais l'usage et les instructions administratives interdisent aux instituteurs, aux inspecteurs, aux professeurs de faire partie d'une association politique et surtout d'y remplir une fonction qui les désigne comme champions d'un parti.
Quant aux associations purement pédagogiques ou philanthropiques, s'il ne leur est pas expressément enjoint, comme dans certains pays (grand-duché de Bade, Ord. 9 juin 1870; Saxe-Weimar, Règl. 20 mars 1875, Hongrie, L. 5 déc. 1868, etc.), d'être membres actifs d'une ou de plusieurs de ces associations, il est bien évident que c'est toujours leur droit et quelquefois leur devoir d'en faire partie.
ASSOCIATION DES MEMBRES DE L'ENSEI- GNEMENT. — Cette société de prévoyance et de secours mutuels a été fondée en 1858 par M. le baron Taylor, dont le nom était déjà attaché à la création d'autres associations analogues : l'Association des artistes dramatiques, reconnue établissement d'utilité publique, l'Association des artistes musiciens, l'Association des artistes peintres, sculpteurs, architectes graveurs et dessinateurs, etc. La base inébranlable de toutes les associations de M. le baron Taylor est l'inaliénabilité du capital: les sommes consacrées au service des secours et des pensions sont prises sur les revenus et jamais sur le capital. Grâce à cette sage mesure, la fortune de chaque société s'accroît d'année en année ; elle s'accroît d'autant plus, que ces sociétés pratiquent ce que leur vénérable fondateur appelle le travail en commun. C'est la collaboration volontaire et gratuite des sociétaires à des réunions ou fêtes libérales et artistiques (concerts, représantations, expositions ou ventes d'oeuvres d'art, etc.), auxquelles l'un apporte le concours de son talent, l'autre son temps, son zèle ou le fruit de son travail. Le bénéfice est versé dans la caisse commune. Les résultats obtenus par les plus ancienne^ de ces associations sont considérables ; on en jugera par les chiffres suivants :
L'association des artistes dramatiques, fondée en 1" Partie.
1840, possède aujourd'hui (1878; 9G 000 fr. de rentes, sert 2 1 4 pensions et distribue anuuellement 20 OnO fr. en secours ; l'association des artistes musiciens, fondée en 1843, possède 85 000 fr.de rentes et sert 1 82 pensions ; l'association des artistes peintres, fondée en 184î, possède 53 000 fr. de rentes et sert 102 pensions; l'association des inventeurs et artistes industriels, fondée en 1849, possède 9 900 fr. de rentes et sert :»8 pensions ; l'association des membres de l'enseignement, fondée en 1858, possède 8 600 fr. de rentes et sert 23 pensions.
Toutes ces associations ont reçu plus de neuf millions de francs, dont plus de trois millions ont été distribués en secours et six millions convertis en rentes.
L'association des membres de l'enseignement qui est la plus jeune est aussi la moins riche de toutes. Fondée à la suite d'une démarche faite auprès de M. le baron Taylor par d'honorables membres du corps enseignant que préoccupait surtout la situation des maîtres d'études, des instituteurs libres et des humbles fonctionnaires de l'Université, elle grandit d'abord assez rapidement, puis subit un temps d'arrêt pendant les dernières années de l'Empire; mais depuis 1872 de nombreuses délégations établies en province, une propagande plus active, un soin scrupuleux d'éviter tout caractère politique, enfin l'évidence des bons résultats obtenus et à obtenir, tout a concouru à lui faire prendre un nouvel essor. Le nombre des sociétaires, qui était de 300 en 1870, dépasse aujourd'hui 4 000.
L'association se propose : 1° de créer des pensions de retraite pour ses membres; ces pensions sont de deux sortes : pensions de droit de 300 fr. attribuées d'office aux sociétaires d'après leur ordre d'inscription et pensions de secours accordées aux sociétaires que des infortunes exceptionnelles privent de leurs moyens d'existence ; 2° de venir en aide à ceux que la maladie ou le malheur frappe momentanément ; 3° enfin d'établir entre tous les membres de l'enseignement un lien de solidarité et de fraternité qui permet aux plus forts de prêter assistance aux plus faibles. Tous paient la même cotisation (12 fr. par an); tous sont regardés comme devant participer aux mêmes avantages. Le secours perd ainsi tout caractère de charité et n'a que celui d'une honorable solidarité. L'association s'adresse à tous ceux qui enseignent; elle s'adresse aussi à leurs enfants, à leurs parents et à toutes les personnes que leurs travaux rattachent à l'éducation, comme les écrivains, les publicistes, les éditeurs et les libraires. Elle compte des associés dans toutes les parties de la France et même à l'étranger.
Elle réunit dans son sein depuis les membres de l'Institut et les plus hauts dignitaires de l'Université jusqu'aux humbles instituteurs de hameaux, depuis les têtes couronnées (l'empereur du Brésil en est sociétaire perpétuel) jusqu'aux modestes maîtres d'étude.
Elle s'administre par un comité élu résidant à Paris, des sous-comités établis dans les centres importants et des délégués qui la représentent dans chaque département. Une institution qui se présente avec de tels caractères de moralité, de solidité et de telles conditions de succès porte en elle-même sa recommandation. Ceux qui pensent n'avoir jamais besoin de son aide s'honorent en coopérant au bien qu'elle fait et les autres font preuve de sagesse en s'assurant, par une modique épargne, contre les inquiétudes des mauvais jours.
[L. Auvert.]
ASSOCIATION ITALIENNE POUR L ÉDUCA- TION POPULAIRE. — Fondée le 27 septembre 1866, sous les auspices de M. Dom. Berti, alors ministre de Pînstruction publique, cette société avait pour objet et eut pour effet de provoquer un
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mouvement de l'opinion publique. Elle fut reconnue par décret royal du 14 avril 1807. Mais, trop intimement unie au sort des hommes politiques qui l'avaient fondée ou patronnée, elle fut entraînée dans la chute du ministère Ricasoli. Son journal lui survécut pendant quelque temps ; il était rédigé avec distinction par M. Carlo Morelli (Annali dell' Assoziatione itallana per Veducatione del popolo, 18(58-1873). Un des services notables que cette association a rendus dans sa trop courte existence fut la publication d'une précieuse Bibliographie didactique et pédagogique (1870, in-8, 237 pages).
ASSOCIATION POUR LA RECHKRCIÎE, L'AP- PLICATION ET LA PROPAGATION DES MEIL- LEURES MÉTHODES D'ÉDUCATION. — Cette association, autorisée par un arrêté du préfet de police du 7 novembre 1873, a été créée par un comité de 50 membres formé par l'initiative des fondateurs de l'École Monge. « L'association a pour objet les progrès de l'enseignement en France par l'application, dans des établissements patronnés ou créés par elle, des méthodes pédagogiques reconnues les meilleures. » (Statuts, art. 1). Elle prend comme point de départ de ses travaux le Plan d'études de l'Ecole Monge, et distribue entre les diverses commissions composant son Comité général des études « tous les travaux relatifs à l'éducation et à la pédagogie, notamment la rédaction d'instructions détaillées pour chacune des matières de l'enseignement. »
Pour faire partie de l'association, il faut être présente par un membre et agréé par le conseil d'administration. Chaque membre verse une cotisation annuelle de 20 francs ou une souscription unique de 400 fr. (Statuts, art. 16).
Le siège de l'association a été fixé à l'École Monge, actuellemcntboulevardMalesherbes, n° 145.
La première assemblée générale de l'association, qui prononça sa constitution définitive, eut lieu, le 11 janvier 1874, au local de la Société des Ingénieurs civils, 10, cité Rougemont, sous la présidence de M. Levasseur, assisté de MM. Éd. Laboulaye etCh. Robert, et en présence de 300 adhérents environ. Cette assemblée nomma un conseil d'administration, dont le bureau était composé de MM. Levasseur, président; Thénard et Ch. Robert, vice-présidents ; de Bagnaux et Loche, secrétaires ; Godart, directeur de l'École Monge, secrétaire général de l'association pour six ans.
Le 24 janvier 1874, le conseil d'administration procéda à la formation du Comité général des études qui fut composé de 35 membres et qui dans sa première réunion (7 février) se partagea en 6 commissions spéciales : commission des langues, — commission de la géographie et de l'histoire, — commission des sciences mathématiques et du dessin, — commission des leçons de choses et des sciences naturelles, — commission de l'hygiène scolaire et de l'enseignement de l'hygiène, — commission de bibliographie.
Pendant les années 1874 et 1875, ces commissions et le comité général eurent régulièrement des séances hebdomadaires et mensuelles où se produisirent d'intéressants travaux qui formèrent la matière du Bulletin de l'Association. Ce recueil est adressé à tous les membres de l'association, dont le nombre s'élevait à plus de 600 en 1875.
En 1876, la direction et l'administration de l'École Monge, alors en voie de transformation, absorbèrent complètement les membres les plus actifs du comité des études, dont les séances cessèrent d'être régulières depuis cette époque, et la publication du Bulletin subit une interruption qui, il faut l'espérer, ne sera pas définitive.
Disposant, à l'École Monge, d'un champ d'expériences constamment ouvert à ses observations, cette association se trouve dans des conditions ex-
ceptionnellement favorables pour procéder à d'utiles recherches de pédagogie théorique et pratique, et elle peut apporter de notables perfectionnements aux diverses parties de renseignement tant primaire que secondaire. — V. Monge (École),
ASSOCIATION POUR L'ENCOURAGEMENT DE L'INSTRUCTION ET DE L'ÉDUCATION DES FILLES ET DES FEMMES. — Société belge fondée en 1872 et qui a pour but principal de distribuer des encouragements en nature ou en argent, 1° aux jeunes filles âgées de plus de 12 ans qui continuent à fréquenter l'école; 2° à des élèvesmaîtresses qui se préparent au brevet ; 3° aux institutrices dont les écoles se distinguent par une bonne fréquentation moyenne et de bons résultats ; 4° aux fondateurs et fondatrices de cours d'adultes pour les femmes dans les communes pauvres.
Cette œuvre, excellente en soi et rendue meilleure encore par son programme large, son organisation libérale, doit son existence à une double et ingénieuse générosité de M. J. R. Bischoffsheim. Ce philanthrope avait prêté 228 000 fr. à la commune de Bruxelles pour organiser l'enseignement professionnel des filles, à la charge de rembourser cette forme par 66 annuités de 8000 fr. chacune. Il a affecté cette rente jusqu'à son extinction à l'œuvre de l'Association.
ASSOCIATION PHILOTECIÏNIQUE. — L'ASSOciation philotechnique a été créée le 29 mars 1848, par une réunion de professeurs de l'Association polytechnique, qui crurent devoir se séparer de leurs collègues pour organiser d'une façon un peu différente l'enseignement, qu'ils voulaient rendre plus pratique et, avant tout, professionnel : d'où le nom de l'association nouvelle. La révolution de 1848 venait de créer le suffrage universel : c'était une arme inconnue, à deux tranchants, qui pouvait faire les plus dangereuses blessures, si le peuple aux mains duquel elle était remise n'était instruit. C'était à l'initiative individuelle à improviser en quelque sorte cette instruction si nécessaire. Les fondateurs de la nouvelle Association étaient au nombre de dix : Lionnet, Ancelin, Lefèvre, Gallien, de Salve, Claudel, Proal, Laby, Leroyer, Tessereau. Ces dix professeurs ouvrirent dix cours : leur œuvre en compte aujourd'hui "200 par semaine, dans Paris seulement.
C'est dans les salles de la Halle aux Draps mises à leur disposition par la préfecture, puis dans les amphithéâtres de l'école Turgot et dans les préaux de l'école primaire de Sainte-Elisabeth qu'eurent lieu les premiers cours : français, arithmétique, géométrie, algèbre élémentaire, mécanique, dessin linéaire et d'ornement, comptabilité, hygiène.
Pour couvrir ses frais matériels, la nouvelle association obtint une subvention du ministère et de la ville de Paris, ce qui lui permit de décerner des récompenses. La première distribution fut présidée par M. de Parieu, ministre, assisté de M. Boulay (de la Meurthej, président de l'association. M. Salmon, président du comité d'enseignement, rendant compte des travaux de l'année 1848, se félicitait de compter 13 cours et près de 1 000 élèves et il no croyait pas qu'on pût demander à la fortune de couronner de plus de succès ces généraux efforts. En 1849, l'Association polytechnique reconstituée rouvrit ses cours et depuis lors les deux sociétés rivalisent de zèle. Des projets d'union longtemps caressés échouèrent ; mais la rivalité créa la plus salutaire des émulations. En 1 854, M. de Lariboisière, président, fit don d'un coin pour frapper des médailles qui personnifièrent l'association et ajoutèrent à l'éclat des récompenses. A mesure que sa prospérité grandit, l'association donna à ses meilleurs élèves quelques livrets de caisse d'épargne de 5" francs et délivra, après examen, des certificats d'études relatifs aux arts industriels, au commerce, aux sciences mathématiques, aux arts de construction. Enfin des prix d'honneur dans
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chaque section, et, s'il y a lieu, un grand prix d'honneur pour toute l'Association, complétèrent le système des récompenses. L'Association fut reconnue d'utilité publique en 1861.
Crise de 1804. Ses excellents résultats. — En 18G4 une crise des plus graves faillit engloutir l'avenir de l'œuvre. A la suite d'une scission qui amena le départ de 20 membres de l'association, la ville de Paris lui retira sa subvention et ses locaux : sans salles, sans argent l'association n'avait plus, ce semble, qu'a mourir : elle voulut vivre, elle vécut. Elle obtint d'un ministre bienveillant, M. Duruy, les amphithéâtres du lycée Charlemagne et de la Sorbonne, puis elle s'adressaaux chefs d'institution : des hommes de dévouement, MM. Brémant, Kister, Pauliet, Sextius Michel, mirent au service de l'instruction populaire leurs maisons et leurs personnes. Enfin elle trouva de l'argent en intéressant à sa bonne volonté des patrons, des adhérents qui lui refirent un budget. Les professeurs eux-mêmes se cotisèrent pour pouvoir continuer leur enseignement. Le malheur de l'Association tournait h sa gloire. La nécessité de vivre lui donna l'indépendance. Les trois sections de Paris comptaient déjà 70 cours et 2 000 élèves. Dès 18S0 M. Ancelin avait fondé une section nouvelle à Corbeil. Bientôt Saint- Denis, Choisy-le-Roi, Puteaux, Boulogne-sur-Seine, Gharenton, Arcueil, Villejuif, et, plus loin, Vernon, Nice, Lyon, Reims, Niort, Foix, etc., ouvrirent successivement des cours, qui tous prospèrent.
Scctioîis des femmes. — Le plus grand honneur de l'Association philotechnique, c'est d'avoir la première ouvert gratuitement des cours d'adultes pour les femmes. Deux sections complètes s'organisèrent d'abord sous l'habile direction de Mme Malo et de Mlle V. Perrein (Mme Carpantierj et donnèrent des résultats inespérés: les cours furent suivis par plusieurs centaines de femmes et de jeunes filles.
Année 1870. Siège de Paris. — Les institutions libres survivent aux crises les plus redoutables : les cours ne chômèrent pas pendant le siège. Le canon tonnait au dehors, sans faire taire les voix qui donnaient l'instruction. Le gaz manqua : on organisa un éclairage au pétrole ; on fit des cours le jour, le dimanche. Des conférences s'organisèrent, traitant des sujets d'actualité, le patriotisme, le courage civil et militaire, les premiers soins à donner aux blessés, la consommation des aliments, l'histoire des sièges de Paris. L'association ne perdait rien de son sens pratique. Le froid vint à son tour, âpre et prolongé, un froid historique : il gelait dans les salles et on y étudiait; ni professeurs, ni élèves ne manquèrent à l'appel, jusqu'au 9 janvier, où les obus prussiens, frappant la Sorbonne, firent un devoir d'humanité de fermer les cours.
État actuel de l'association. — Depuis lors, l'œuvre a repris avec une nouvelle énergie. L'association n'est pas un des derniers agents dans l'œuvre pacifique du relèvement de la patrie. En 1872, J. Simon lui rend la subvention du ministère et lui fait rendre celle de la ville, augmentée par le conseil municipal élu. Aujourd'hui l'association compte, à Paris seulement, 1 1 sections pour les hommes, 4 pour les femmes. L'enseignement y est donné dans 200 cours, dont 30 de femmes, suivis par 10 000 adultes environ. Trois sections donnent un enseignement primaire supérieur très complet; enfin des conférences permettent d'approfondir certains points de littérature, d'histoire ou de science.
Organisation de l'association. — L'association se recrute par l'élection et se régit par des statuts et des règlements votés en assemblée générale. Elle publie chaque année le programme de ses cours et le compte-rendu de ses travaux. Elle se compose de professeurs, de patrons, de membres adhérents. Les patrons paient une cotisation annuelle de 100 francs et peuvent devenir patrons perpétuels en versant la somme de 1 000 francs. Tout mem-
bre adhérent paie annuellement ~> francs au moin3. Une partie des ressources annuelles est capitalisée et forme un fonds de réserve dont i Deut être dépensé. L'association est administrée par un conseil composé du bureau et de 20 membres professeurs et patrons, des directeurs et directrices de cours. Le président, les deux vices-présidents, le secrétaire-général, les i secrétaires, le trésorier et le vice-trésorier forment le bureau. L'assemblée générale, convoquée deux fois par an, élit le bureau et le conseil ; nomme, après un an do stage, les professeurs titulaires; ordonne l'ouverture des sections et cours nouveaux, l'organisation des conférences : vote sur les modifications aux statuts et règlements; approuve les comptes.
Programme et esprit des cours. — Les cours comprennent l'écriture, la lecture à haute voix, — la langue française, l'arithmétique, la géométrie, la coupe des pierres, la construction pratique, l'arpentage, le nivellement, les cours d'algèbre, de géométrie descriptive, trigonométrie, mécanique, perspective, qui, écartant la routine, rapprochent l'ouvrier du savant, le mécanicien de l'ingénieur ; la physique, la chimie, l'étude des matières premières dont l'importance grandit chaque jour dans l'industrie ; l'histoire naturelle, l'hygiène; la comptabilité et la tenue des livres; la législation usuelle ; l'histoire de France ; la géographie, particulièrement la géographie industrielle et commerciale : le dessin linéaire et d'ornement ; le chant. L'Association philotechnique n'a eu garde d'oublier les langues étrangères : « Celui qui possède deux langues possède deux âmes, » disait Bacon. Charles- Quint avait déjà dit: « Une langue, un homme; deux langues, deux hommes. » Aussi de nombreux cours d'anglais, d'allemand, d'italien, d'espagnol, de portugais, de russe ont-ils été ouverts dans plusieurs sections.
Outre son mérite d'initiative privée, l'Association philotechnique donne de précieux exemples de décentralisation. Elle laisse à ses sections une vie propre, une administration séparée. C'est un lien purement moral qui les rattache toutes. Une partie des professeurs appartient à l'Université ; d'autres, à l'enseignement libre, aux professions libérales ; quelques élèves ont fait assez de progrès pour passer maîtres à leur tour; parfois ils ne cessent pas pour cela de suivre d'autres cours. Un grand nombre d'autres s'inscrivent comme membres adhérents, comme patrons, quand l'aisance a récompensé leurs efforts, payant ainsi en partie l'instruction qu'ils ont reçue jadis gratuitement. Enfin l'association ne néglige rien pour conserver à l'enseignement son caractère professionnel et pratique : ainsi, en 18G2, grâce au concours généreux de la ville de Paris, elle a envoyé, sous la conduite d'un de ses maîtres expérimentés, M. Félix Hément, une députation de dix de ses meilleurs élèves à l'Exposition de Londres.
Il faudrait généraliser ces voyages d'études, et notamment les promenades du dimanche, essayées avec succès à Metz, avant 1870, à Vervins, à Boulogne. On visite les musées de la ville prochaine, les usines, les fabriques, les lieux historiques : les élèves, les membres adhérents s'y rendent avec leurs familles; les maîtres y trouvent à faire, comme en se jouant, d'utiles leçons : tels élèves, ouvriers de l'usine ou de la fabrique, y sont eux-mêmes à leur tour d'intéressants professeurs et tout pratiques.
Valeur ynorale de l'association. — Les noms des principaux présidents de l'Association philotechnique, Boulay de la Meurthe, Turgot, chez qui l'amour des classes laborieuses était un héritage de famille, Lariboisière, dont le nom à Paris est synonyme de bienfaisance, J. Simon, le second fondateur de l'œuvre, Carnot, fils de ce glorieux Carnot qui organisa en 1815 la société de l'enseignement élémentaire comme il avait organisé la victoire en
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1793, Le Blond, de Pressensé, Laboulaye, Arago, des vice-présidents ou secrétaires-généraux comme Salmon, Lévy, Ch. Loiseau, S. Michel, Hébert, Vialay, tous ces noms sont, en dehors des résultats déjà réalisés, des gages certains de la haute valeur morale d'une œuvre qui a eu ses jours d'épreuve, mais n'a pas eu une heure de faiblesse, qui a parfois manqué d'argent, jamais de professeurs. Sa devise est le dévouement ; son double ressort, l'esprit d'initiative et l'esprit de persévérance, deux qualités qui doivent désormais être françaises. Laissant à l'école primaire le présent et l'avenir, elle essaie, dans la mesure du possible, de réparer le passé.
Sa seule ambition est de vouloir que son avenir s'identifie à ce point avec l'avenir de la moralité publique et de l'instruction populaire, que tout bon citoyen, en formant des vœux pour la prospérité de la patrie, soit contraint d'en faire pour elle.
[A. Pressard.]
ASSOCIATION POLYTECHNIQUE. — L'Association polytechnique, société qui a pour objet l'instruction gratuite et^publique des ouvriers, a été fondée en 1830 par des élèves de l'Ecole Polytechnique : de là son nom ; elle est reconnue d'utilité publique depuis le 30 juin 1869. Le but qu'elle s'est proposé dès l'origine est de faire des ouvriers « plus habiles, plus à l'aise et plus sages », de moraliser par la science et par l'enseignement professionnel.
Dès 1816, à Metz, d'anciens élèves de l'Ecole Polytechnique ouvraient des cours publics en faveur des ouvriers. En 1824, le baron Charles Dupin inaugurait au Conservatoire des arts et métiers « l'enseignement des sciences appliquées, en faveur de la classe industrielle, à l'heure où finit le travail des ateliers. » En 1825 Auguste Comte s'efforçait de propager en province des initiatives analogues. En 1826, toujours à Metz, MM. Bergery, Poncelet, Bardin et Woisard, anciens élèves de l'Ecole Polytechnique, organisent des cours du soir : géométrie, mécanique, physique, chimie, grammaire, économie politique.
Après la révolution de 1830, d'anciens élèves de l'Ecole Polytechnique allèrent aux ambulances du palais de Saint-Cloud faire des cours aux convalescents et blessés des journées de juillet. Enfin ce fut. à l'Orangerie du Louvre, dans un banquet offert par les anciens élèves de l'Ecole à leurs jeunes camarades, et auquel assistait le duc d'Orléans, qu'à tous ces efforts isolés s'ajouta une organisation régulière : l'Association polytechnique fut fondée « pour resserrer entre les anciens élèves les liens de confraternité, et pour répandre dans les classes laborieuses les premiers éléments des sciences positives, surtout dans leur partie applicable. » Des cotisations entre les membres de l'association devaient fournir aux frais de cet enseignement.
Le premier bureau fut ainsi composé : Président : le duc de Choiseul-Praslin, pair de France. Viceprésidents :MM. Victor de Tracy, député (plus tard ministre de la marine) ; Auguste Comte (l'auteur de la Philosopie positive); Vauvilliers, inspecteur des ponts et chaussées ; Larabit, député (plus tard sénateur). Secrétaires : MM. Menjaud, Gondine. Pcrdonnet, Meissas ; Trésoriers : M. Thurningert.
Les premiers cours gratuits pour les ouvriers s'ouvrirent le 14 janvier 1831. En voici le programme :
Sallk Saiwt-Jbàn a l'Hôtbl-de-Villb : Aritamétigue et géométrie appliquée, par Alex. Meissas.
Astronomie, par Aug. Comte.
Des droits et des devoirs, par Lechevalier.
Salle des Petits-Pères (pies de la Bourse) : Arithmétique, par M. Guibert.
Philosophie pratique, par M. Raucourt.
Ajournes faute de local : Arithmétique appliquée aux arts, par Maur. Courtial.
Dessin linéaire, par Camille Menjaud, répétiteur démissionnaire à l'École Polytechnique.
Chimie appliquée aux arts métallurgiques, par Aug. Pcrdonnet, président du comité des cours.
Géographie appliquée au commerce et à l'industrie, par Fulchiron, députe et maire de Lyon.
Cours de construction, par Roussel, architecte de la -ville de Paris, etc.
Un moment, l'existence de l'association naissante est compromise par les digressions politiques et sociales de deux des professeurs : les cours de MM. Victor Lechevalier et Raucourt sont suspendus, et ces deux membres sortent de l'association ; mais dès le 15 juin 1831, et par l'initiative de M. Lechevalier, une Association pour l'instruction gratuite du peuple, association collatérale à l'Association polytechnique, était fondée (président : le comte de Laborde; vice-président: Dupont de l'Eure ; membres du bureau : MM. Lechevalier, de Tracy, Larabit, Guibert, Meissas, Raucourt, Courtial). La nouvelle association établit des laboratoires de physique et de chimie dans chacun des arrondissements de Paris ; répartit ses membres et ses auditeurs en cohortes, centuries, décuries : organisation militante. Le siège social est au Cloître Saint-Merry. A la suite des troubles de juin 1832 (funérailles du général Lamarque), l'autorité dissout cette association, mais elle renaît presque aussitôt sous le nom $ Association libre pour l'éducation du peuple (3, rue de l'Abbaye), et cette fois encore l'instruction du peuple est le drapeau autour duquel se groupent des hommes plus ardemment préoccupés de politique que d'enseignement. A la place de M. Lechevalier, réfugié en Angleterre, c'est Cabet, le fameux auteur d'une nouvelle doctrine sociale ; il devient le secrétaire général de l'œuvre. Cette association, qui réorganise les cohortes et centuries, compte bientôt trois mille sociétaires, dont soixante députés, parmi lesquels : Arago, Audry de Puyraveau, général Bertrand, Cavaignac, Dulong, Garnier-Pagès, général Lafayette, Larabit, Ferdinand de Lasteyrie, Mauguin, Récurt (président : Dupont de l'Eure ; vice-président : de Cormenin). ^Association libre déploie une extrême activité: elle inaugure en février 1833 à l'Ecole de médecine son enseignement, qui compte 42 cours par semaine portant sur 12 facultés ; il y a des cours pour les femmes; des consultations gratuites sont données aux sociétaires par des comités de médecins, par des comités d'avocats. Une petite gazette, Le Populaire, est l'organe de l'association. Mais l'œuvre tout entière disparaît en 1834 à la suite d'une loi nouvelle et du refus d'autorisation.
Pendant ce temps, VAssociation polytechnique y qui s'était moins aventurée dans la politique militante, semblait à peu près désorganisée. Une adresse au roi, rédigée par quelques membres du comité, portée par eux à leur ancien camarade du banquet de l'Orangerie, mal accueillie au Palais-Royal et désavouée par les autres sociétaires, acheva de mettre en péril l'existence de l'association. Les émeutes et le choléra de 1832 avaient interrompu les cours; pour les reprendre dans l'hiver de 1832-33, il fallut que M. Perdonnet, chargé des démarches auprès de l'autorité, obtînt une subvention du ministre et du conseil municipal. Les cours eurent lieu au Cloître Saint-Merry, à la maison des Petits- Pères et à la Sorbonne, ce dernier local bientôt remplacé par une section à l'hôpital des Quinze- Vingts au faubourg Saint-Antoine.
Dès 1834, toute velléité de digression politique étant abandonnée, l'organisation pédagogique de l'association s'affermit. Les cours, tout en restant encore exclusivement scientifiques, sont répartis sur un programme de deux années : — lre année, premiers éléments : arithmétique, géométrie ; dessin : figure, ornement. — 2e année, cours élémentaires : géométrie descriptive, coupe des pierres
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et charpente, mécanique, physique, chimie, dessin des machines. — Cours accessoires communs aux deux années : grammaire, comptabilité, hygiène. — Comme complément des cours, interrogations par les professeurs (M. Martelet se mettait un jour par semaine à la disposition des élèves, pendant quatre heures consécutives), tracés, épures.
L'association ouvre à ses élèves une bibliothèque et une salle de lecture, qui ont pour bibliothécaires ordinaires MM. Féline et Blum, et, les jours de sortie, des élèves de l'école Polytechnique.
Dès lors aussi le titre d'ancien élève de l'École Polytechnique n'est plus indispensable pour faire partie de l'association. MM. Pompée, Leroyer, Ancelin sont admis comme professeurs. Mais cette mesure, excellente en soi, ne laisse pas d'amener quelques difficultés. Le comité d'enseignement qui dirigeait les cours n'admettait pas dans son sein d'autres membres que d'anciens élèves de l'École Polytechnique, par conséquent la majorité des professeurs en était exclue. Dans un sage esprit de conciliation, M. Perdonnet prévint les froissements en faisant admettre dans ce comité M. Pompée qui, outre ses cours, avait rendu d'importants services h l'association. Mais M. Pompée, devenu en 1839 directeur de l'École Turgot, dut se retirer; et les mécontentements des professeurs étrangers a l'École Polytechnique furent peut-être le point de départ de la rupture qui éclata en 1848.
Au lendemain de la révolution, le 29 mars 1848, à la suite de débats orageux sur la présidence et sur la direction des cours, l'assemblée générale se partagea en deux camps, et les dissidents fondèrent Y Association philotechnique *.
Depuis quelques années, l'Association polytechnique, dont les charges s'étaient accrues beaucoup plus vite que son budget, avait concentré tous ses cours à la Halle aux Draps. En 1 857, l'incendie de ce local détruit complètement la bibliothèque, le matériel, les collections, les archives de l'Association polytechnique : le siège social est transporté à l'Hôtel de Ville (salle Saint-Jean).
D'année en année, non-seulement le nombre des cours, mais le nombre des matières assignées s'était notablement accru. On avait compris la nécessité d'ajouter aux « sciences positives » qui avaient formé le programme primitif, des cours de langue française, de dessin, de chant, de comptabilité, d'hygiène et enfin de langues vivantes.
Dès les premières années qui suivirent la scission, les deux Associations polytechnique et philotechnique rivalisèrent de zèle au grand profit de l'instruction populaire. Plusieurs fois, en signe d'émulation fraternelle, elles firent leur distribution solennelle des prix dans une séance commune présidée par le ministre de l'instruction publique.
Après quelques orages aujourd'hui oubliés, les deux associations ont pris un développement considérable; elles marchent au même but par deux routes parallèles.
Celle dont nous résumons ici l'histoire compte aujourd'hui 15 groupes dans Paris; 18 sections suburbaines ou départementales, sous son patronage. (C'est l'un de ses présidents, M. Auguste Perdonnet, qui a inauguré à Lyon les cours de la Société d'enseignement professionnel, avec le regretté Arlès-Dufour.)
Plus de 300 membres, 200 cours par semaine, un nombre croissant de conférences publiques et gratuites, de bibliothèques, de publications résument son enseignement.
Plus de deux cents patrons (parmi lesquels Ruhmkorff), des élèves de l'École centrale, deux de l'École Polytechnique, une grande partie de l'élite des ateliers de Paris, doivent leur présent et leur avenir aux cours publics et gratuits de l'Association polytechnique. Et en dehors même do ces résultats exceptionnels, des milliers d'ouvriers lui doi-
vent quelques-unes des heures les plus profitables de leur vie.
Dans son sein, la tradition des Perdonnet et des Martelet se continue. Son bureau (qui se compose de 12 membres élus pour trois ans par l'assemblée
énérale) avait en 1878 pour président M. Daman (de l'Académie française), sécrétai, e perpétuel de l'Académie des sciences et vice-président du conseil supérieur de l'instruction puplique; pour viceprésidents : MM. Edmond Douay, ancien vice-président du comité de la Société des gens de lettres ; Hudelo, ingénieur, répétiteur à l'Ecole Centrale ; Leroyer, maire de Vincennnes ; Lonchampt, ancien élève de l'École Polytechnique ; pour trésorier, M. Viel-Lamare. sous-chef à la préfecture de la Seine; enfin pour secrétaire général : M. Gastelier, ancien répétiteur à l'École centrale.
L'association a en outre un conseil qui se compose des membres du bureau et des délégués des sections : chacune de ces sections est administrée et dirigée pour tout ce qui concerne la marche des cours, le choix des sujets et des professeurs, par un délégué qui assure à l'œuvre dans le quartier l'unité nécessaire.
Elle possède enfin un certain nombre de membres honoraires, un comité de patronage et un comité consultatif formé de savants, d'artistes, de chefs d'industrie, de contre-maîtres et d'ouvriers.
Les statuts déterminent son but et son caractère par ces deux courts articles: « L'association a pour but le développement de l'instruction populaire. A cet effet, elle établit des cours publics et gratuits, professés gratuitement ; elle organise des conférences et fonde des bibliothèques. Chaque année elle distribue des récompenses aux élèves qui se sont le plus distingués par leur assiduité, leur travail et leurs progrès. »
L'autonomie de chaque section, qui, tout en la subordonnant pour les questions statutaires à l'ensemble de l'association, lui laisse toute liberté de s'organiser en vue des nécessités et des ressources locales, est la garantie même de l'existence de la société.
En résumé, par les cours qu'elle a institués, par le mouvement d'opinion qu'elle a provoqué, par les associations émules, rivales ou affiliées dont elle a suscité la formation, enfin par le double spectacle qu'elle a donné la première de professeurs et d'ouvriers s'imposant, après la journée de travail, un surcroît de labeur, les uns pour apprendre, les autres pour enseigner, l'Association polytechnique, cette Sorbonne de l'ouvrier, comme l'a nommée Perdonnet, a bien mérité du pays et justifié la faveur publique. [Edmond Douay.]
ASSOCIATIONS RECONNUES VOUÉES A L'ElXSEIGi\EMEISTT. — On désigne sous ce nom les associations ayant pour but de répandre l'instruction primaire, soit en fondant des écoles, soit en fournissant le personnel enseignant, et qui sont reconnues comme établissements d'utilité publique. On distingueles associations laïques etles associations religieuses, plus généralement désignées sous le nom de congrégations religieuses. (V. ce mot.)
Les associations laïques sont aujourd'hui au nom-
urage-
ment pour l'instruction primaire, parmi les protestants de France, 15 juillet. 1S29 ; 3° Société pour l'instruction élémentaire, à Paris, 29 avril 1831 ; 4° Société pour l'encouragement de l'enseignement mutuel élémentaire dans la ville d Angers, 3 décembre 1831 ; 5° Société pour l'instruction primaire dans l' arrondissemeiit de Mirecourt ; Vosges), 2 mars 1832 ; 6°, 7° et 8° Sociétés de bienfaisance pour la propagation et V amélioration de l'mstruction priwairc à Montfort-l'Amoury, Houdan et Manies (Scine-et-Oise), S avril 183*2; 9° Société industrielle
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à Nantes, 21 mai 1845 ; 10° Société d encouragement pour Vinstmction élémentaire à Nantes, 4 janvier 1851 ; 11° Jicole- Asile Fénelon à Yaujours (Seineet-Oise), 5 février 1852; 12° Société de la Providence à Nantes, 3 mars 1853; 13° Orphelinat protestant de garçons à Castres (Tarn), 10 juin 1854; 14° Œuvre de la Providence à Grenoble, 12 septembre 1S5" ; 15° École professionnelle à Bordeaux, 27 juillet 1859; 16° Association philotechnique à Paris, 11 mai 1861; 17° Œuvre des écoles de Bellevue (Seinc-et-Oise), 7 août I8G7; 18° Association polytechnique à Paris, 30 juin 1860; 19° Orphelinat protestmd de Plaisance, à Paris, 25 juillet 1870 ; 20° Société de Sainte-Clotilde pour T éducation de la jeunesse et V instruction primaire à Paris (VIIe arrondissement), 3 août 1874; 21° Association pour l'éducation de la jeunesse ouvrière à Paris, 14 août 1X74.
Les écoles fondées ou entretenues par ces associations sont des écoles libres (L. 15 mars 1850, art. 17); elles sont soumises à l'inspection [Id. art. 21 et Cire. 10 mai 1851).
Ces diverses associations, ayant été reconnues comme établissements d'utilité publique, ont été érigées à ce titre en personnes juridiques. Ces établissements « sont publics en ce sens qu'ils servent à l'intérêt général ; mais dans leur essence ils sont privés. Par leur origine, par la façon dont ils recrutent leurs membres et acquièrent leur patrimoine, ils ont une existence propre que la loi peut reconnaître ou ne pas reconnaître, mais qui, en fait, est incontestable. Le droit que la loi exerce sur eux ne dérive pas du droit de propriété de l'État ; c'est un simple droit de surveillance, qui les soumet pour certains actes à obtenir une autorisation, mais qui laisse subsister le principe de leur capacité. Aussi pour eux la capacité est la règle, l'incapacité est l'exception. Ils peuvent faire tout ce qui ne leur est pas interdit. (A.Rcpelet.) » Aucune loi ne règle en France la situation des établissements d'utilité publique ; on applique à chacun d'eux la règle des établissements avec lesquels ils présentent le plus d'analogie. Ainsi pour les associations religieuses reconnues comme établissements d'utilité publique, et qui ont de grands rapports avec les communautés d'hommes autorisées, on applique la loi du 2 janvier 1817 concernant les établissements ecclésiastiques. — V. Congrégations et Etablissements ecclésiastiques.
Les associations laïques reconnues ne peuvent accepter ni dons ni legs sans en avoir obtenu préalablement l'autorisation du gouvernement. Elles ne peuvent pas davantage acquérir ou aliéner seules. La condition de ces associations est en principe exclusivement réglée par les statuts de chacune d'elles et par le décret qui les approuve.
F ormalités nécessaires pour obtenir la, reconnaissance. — Les établissements d'utilité publique sont reconnus par décrets rendus après délibération en assemblée générale du Conseil d'État. (Décr. 21 août 1872, art. 5, § i.)
Le mode d'instruction à suivre pour la reconnaissance n'est pas fixé. Le gouvernement prend les informations qu'il juge nécessaires, et il exige : une demande sur timbre qui, pour les associations vouées à l'enseignement, doit être adressée au ministre de l'instruction publique; la copie des statuts et l'engagement des membres de l'association de s'y soumettre; l'état de l'actif et du passif; une enquête de commodu et incommodo; une délibération du conseil municipal ; l'avis du sousprélet, l'avis du préfet en forme d'arrêté.
Le conseil supérieur de l'instruction p'iblique est entendu avant que le projet de décret ne soit soumis au conseil d'État.
Le décret qui confère l'existence légale à une association formée en vue de l'enseignement l'autorise soit pour toute la France, soit pour un ou
plusieurs départements, soit pour une localité.
L'autorisation ou l'extension d'une autorisation donnée pour un certain centre ne peut être accordée qu'autant que les résultats acquis ont démontré qu'il y a intérêt public.
Le legs fait à un établissement qui, au décès du testateur, n'avait pas encore été déclaré d'utilité publique, et qui par conséquent n'avait pas encore d'existence légale lors de l'ouverture de la succession, est nul. Peu importe que l'établissement ait été déclaré ultérieurement d'utilité publique ; cette déclaration n'a point d'effet rétroactif. (Cour de cassation, ïi août 1866.)
Aux termes de l'art. 20 de la loi du 27 juillet 1872 sur le service militaire, les directeurs, maîtres adjoints et élèves-maîtres des écoles fondées et entretenues par les associations laïques reconnues comme établissements d'utilité publique sont dispensés du service militaire, pourvu qu'ils aient pris avant le tirage au sort, devant le recteur de l'académie, l'engagement (V. Engagement décennal) de se consacrer pendant dix ans a l'enseignement, et s'ils réalisent cet engagement dans un des établissements de l'association, à condition que cet établissement existe depuis deux ans ou renferme trente élèves au moins.
Jl existe d'autres sociétés s'occupant d'enseigne-' ment primaire et qui ne sont qu'autorisées par les préfets dans les départements, et par le préfet de police à Paris. Ces sociétés, complètement indépendantes, ne jouissent d'aucun privilège et n'ont pas de personnalité civile. [E. de Rcsbecq.]
ASSOCIATIONS D'ANCIENS ELEVES — Ces associations ont pour but et pour effet d'établir entre les élèves d'une même école un centre commun de relations amicales, de donner en cas de besoin aide et protection aux anciens camarades et à ceux qui ont besoin d'appui au début de leur carrière. Elles se sont beaucoup multipliées depuis quelques années. Il en existe pour presque toutes les grandes écoles, les lycées et beaucoup de collèges, et quelques écoles normales. Elles peuvent être déclarées établissements d'utilité publique, et plusieurs le sont déjà, ce qui leur a permis de recevoir des legs et donations. Citons comme exemples, pour les établissements d'enseignement supérieur: Y Association des a?iciens élèves de l'École Normale supérieure, fondée en 1846, qui possède aujourd'hui un capital de 112 000 fr., a reçu en 1876, avec des cotisations individuelles de 10 fr., la somme de 12 970 fr. et distribué près de 10 000 fr. de secours à des veuves ou enfants d'anciens camarades; — Y Association des anciens élèves de l'École Polytechnique, fondée en 1865, reconnue d'utilité publique en 1867, et qui possède un capital d'environ 300 000 fr.
VAssociatio?i amicale des anciens élèves de l'école normale de Cluny, fondée en 1868, compte près de 200 membres, possède un fond de réserve de 6 700 fr. et publie depuis 1871 un bulletin mensuel.
Parmi les écoles normales primaires, celle de Versailles eut, croyons-nous, une des premières, une association d'anciens élèves, qui n'existe plus, du moins sous ce nom. Parmi les plus florissantes, on peut citer celle de Y école normale de Douai, fondée en 186S et qui compte près de 500 membres. Outre les secours mutuels, elle a pour objet de créer des demi-bourses à l'école normale et au cours normal et d'encourager les anciens élèves qui se distinguent par des services rendus à l'enseignement populaire. Elle a pour président et viceprésidents d'honneur le préfet, le recteur, l'inspecteur, le directeur de l'école normale, pour membres honoraires presque tous les membres du conseil général. Son assemblée générale annuelle est une véritable fête pour le corps enseignant.
On ne saurait trop encourager la propagation
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