ATTENTION
L'éducation des femmes se faisait à la maison, dans le gynécée. La mère enseignait à sa fille à filer, à tisser, à coudre, l'instruisait dans tous les travaux domestiques. Mais l'éducation intellectuelle était généralement nulle. Il y avait sans doute à Athènes, des femmes exercées dans la musique et dans les lettres ; mais elles appartenaient à la classe des hétaïres, ou à celle des musiciennes esclaves, joueuses de flûte, danseuses, etc. Quant aux femmes mariées, de condition libre, on peut juger de ce que devaient être les connaissances qu'elles avaient h acquérir, par ce tableau que trace Xônophon des devoirs d'une maîtresse de maison : « Recevoir et distribuer les provisions, veiller à ce qu'elles fussent de bonne qualité, faire faire les vêtements avec la laine des bestiaux, dresser au travail les femmes esclaves, activer leur paresse, mettre de l'ordre dans la maison, serrer et conserver les bijoux, les riches tapis, les ornements de toilette, compter, garder, vérifier les objets qui ne servent qu'aux jours de fête et de gala, avoir l'œil sur l'unique porte de communication entre l'appartement des hommes et le gynécée, pour éviter les relations intempestives entre les esclaves des deux sexes. » Tel était l'idéal d'une femme athénienne.
Il n'entre pas dans le cadre de cet article de parler des destinées d'Athènes après la perte de son indépendance, lorsqu'elle fut devenue, par les nombreuses écoles qu'y ouvrirent les philosophes et les rhéteurs, et l'affluence des jeunes gens de tous pays, l'équivalent d'une de nos villes modernes d'université. M. Ernest Renan, dans son Saint Paul, a tracé dans quelques pages brillantes le tableau de cette vie d'études qui fit d'Athènes, jusques à Constantin et à Julien, le centre le plus lumineux de la culture antique.
On trouvera, dans des articles spéciaux, un exposé des vues sur l'éducation qui furent propres à quelques Athéniens illustres. (V. Socrate, Platon, Xénophon. — V. aussi Spartiates.)
ATHLÉTIQUES (Jeux). — Les exercices physiques occupent, comme on sait, une part très large dans l'éducation anglaise. On peut dire sans exagérer que beaucoup de parents envoient leurs enfants aux écoles publiques autant pour qu'ils y apprennent à jouer qu'à travailler. Les Anglais à ce point de vue sont les héritiers directs des Grecs et des Romains. Le jeu, dans les écoles, surtout dans l'enseignement secondaire, n'est pas seulement toléré, il est organisé par les- maîtres, qui ne craignent pas de s'y mêler souvent, sans que leur dignité en paraisse souffrir. Nous n'avons rien en France qui corresponde aux deux grands jeux nationaux britanniques, dans lesquels enfants, jeunes gens et même hommes faits de toutes les classes de la société ne cessent de se mesurer avec une infatigable émulation sur les immenses pelouses des écoles publiques,des universités ou des paroisses : le cricket {i\ se joue au printemps et en été avec une balle que l'on arrête avec des battoirs) et le foot-ball (jeu de ballon à coups de pied, qui se joue en automne et en hiver). Outre ces deux passe-temps célèbres qui défrayent principalement les conversations des écoliers de tout âge, et qui contribuent puissamment à conserver longtemps une âme saine dans un corps sain, il y a encore chaque année dans les écoles (avril et mai) des exercices athlétiques proprement dits, marche, course, avec et sans obstacles, saut ordinaire, saut à la perche, lancement du palet, du marteau (d'un poids de 16 livres), etc., sans oublier les diverses formes du jeu de raquette et le canotage et la natation auxquels les écoliers se livrent quotidiennement pendant l'été.
La préparation aux jeux athlétiques est tout un art qui exige des conditions spéciales d'hygiène et
un régime alimentaire très profitable à la santé et à la formation du caractère.
Rien n'est plus pittoresque que de voiries jeunes athlètes vêtus de flanelle blanche et coiffés de casquettes multicolores prendre leurs ébats sur les vertes pelouses où ils se donnent rendez-vous sous les yeux de leurs parents et amis.
Jusqu'en 1860 tous les exercices physiques, dont la marche était le principal, s'appelaient pedestrianism. C'est en 1812 que le collège royal militaire de Sandhurst inaugura les jeux athlétiques. Cet exemple ne fut guère suivi qu'à partir de 1840, où les grandes écoles de Rugby, Eton, Harrow, Shrewsburg et l'académie militaire de Woolwich entrèrent aussi en lice. Quinze ans après, les universités d'Oxford et de Cambridge, déjà célèbres par leur rivalité à former de bons rameurs, voulurent aussi disputer d'autres palmes athlétiques (1864). Depuis, ces luttes se sont régulièrement reproduites chaque année. Une société connue sous le nom de London Athletic Club fait la loi en matière de jeux pour toute l'Angleterre. (Cf. Stonehenge, British rural sports, 12e édition. Londres, in-8°, 960 pages.) fB. Buisson.]
ATLAS. — Réunion de cartes géographiques formant un volume. Ce mot, employé en ce sens depuis Mercator, vient de l'analogie entre le volume qui porte, en image, le monde entier et le rôle attribué par la mythologie grecque au géant Atlas qui portait le monde. — Le premier atlas scolaire à notre connaissance est celui d'Ortelius (Atlas scolasticus, parfaitement gravé, Anvers 1590, petit in-8' oblong.) Mentionnons ensuite V Atlas scolasticus de 18 cartes par J.-B. Homann et Jean Hùbner (1715,Mersebourg et Nuremberg).
Quant aux atlas primaires proprement dits, ils datent de ce siècle. Pour éviter les répétitions, nous en parlons aux mots Cartographie et Géographie.
ATTENTION. — L'attention est le direction de toutes les forces intellectuelles sur un seul objet. La puissance d'attention varie en intensité et en durée, selon l'âge et les facultés de chaque homme. Mais dès les premiers temps où l'enfant commence à apprendre, il doit être exercé à la porter, ne fûtce que pendant quelques minutes, sur la leçon qu'il entend ou sur le travail qu'il accomplit. C'est la condition indispensable de tout progrès.
Elle n'est pas moins importante au point de vue moral qu'au point de vue intellectuel. Celui qui ne sait pas écouter une recommandation ou un conseil avec attention, c'est-à-dire, selon le sens étymologique, en tendant toutes les facultés de son esprit, sera négligent et relâché dans l'exécution. Enfin au point de vue pratique, nous avons tous, quelle que soit notre condition, des indications à suivre, des ordres à recevoir, et particulièrement l'écolier, qui dépend de ses parents, de ses maîtres, et qu'au sortir de l'école attend la vie militaire, l'apprentissage d'un état : celui qui ne sait pas écouter avec attention commettra des oublis, des bévues, des fautes, et quoi qu'il ait à faire sera toujours audessous de sa tâche.
L'attention se reconnaît chez l'enfant aux yeux qui deviennent plus brillants, à l'attitude plus droite, à l'expression du visage qui reflète l'activité de l'esprit. Aussi le maître doit-il veiller à ces signes extérieurs : une tenue penchée, des yeux vagues, un visage morne annonçant l'indifférence, ne doivent pas être tolérés. Un autre défaut, c'est la dissipation, c'est-à-dire la dispersion de l'esprit sur plusieurs objets : elle est quelquefois plus difficile à reconnaître, car l'écolier dissipé sait prendre l'apparence du plus vif intérêt aux exercices de la classe ; mais un maître expérimenté ne s'y trompera pas. Des appels réitérés à l'attention ne suffisent point. Le principal moyen de l'obtenir, c'est d'intéresser les esprits.