ATTENTION
aujm:
Il y a toutefois un certain nombre de moyens pratiques suggérés par l'expérience. Le maître, autant que possible, reste en place, tenant la classe sous ses yeux, et exigeant que tous les yeux soient tournés vers lui. L'enseignement ne commence que quand tous les enfants ont pris une attitude droite et recueillie : un coup donné sur la table ou un mot convenu marque le signal que la classe est commencée. Les questions doivent être adressées à la classe tout entière : aussi le maître fcra-t-il toujours la question d'abord, puis il laissera la pause nécessaire pour trouver la réponse, et c'est alors seulement qu'il nommera l'élève qui doit répondre. Si l'écolier commence à eborcher sa réponse après qu'il est interpellé, c'est preuve d'inattention. La réponse faite par un élève, si elle est correcte, peut être redemandée à un camarade ; si elle est fautive, elle doit être corrigée par lui. Les phrases importantes sont répétées en chœur par toute la classe. Aussitôt que l'inattention se montre, le maître s'arrête. Un moyen de réveiller la classe, mais dont il ne faut pas abuser, c'est de la faire lever et se rasseoir sur un mot de commandement. Les élèves doivent toujours répondre à voix très haute ; au contraire, le maître pourra parler doucement. L'oreille des élèves s'habitue vite aux éclats de voix, qui dès lors ne servent plus à rien.
Mais, nous l'avons dit, le principal moyen d'obtenir l'attention, c'est la manière dont est donné l'enseignement. Il faut d'abord que le maître, selon l'expression familière, soit à son affaire, car sa propre indifférence aurait inévitablement pour conséquence celle des élèves. L'intérêt qu'il prend à l'objet de l'enseignement se traduira par l'expression et le geste, ainsi que par un air de contentement et de bonne humeur répandu sur son visage. Il découvrira à l'instant même, et autant que possible en collaboration avec ses élèves, les règles de grammaire ou de calcul qu'il leur enseigne. S'il fait une leçon d'histoire, de géographie, d'histoire naturelle, il commandera l'attention par la sûreté de l'exposition, par le soin avec lequel il mettra en relief les faits importants. Dans les interrogations, il saura rapidement profiter des réponses des enfants, en tirer ce qui est juste, le mettre à sa place, sans se laisser jamais détourner de son sujet, ni entraîner dans les digressions.
Nous devons ici prévenir une erreur où peuvent tomber les jeunes maîtres. Quand nous demandons de rendre l'enseignement intéressant, nous ne voulons pas dire qu'il convienne de dépenser le temps de la classe à des récits de pur amusement, ou d'entremêler les plaisanteries aux choses sérieuses, encore moins qu'il faille omettre les règles épineuses et éluder les exercices difficiles. La classe ne doit pas devenir un lieu de divertissement. C'est le travail qu'il faut faire aimer, et non le plaisir. Le maître qui possède son sujet et qui l'expose avec ordre et avec précision, pourra fixer et retenir l'attention de ses élèves sur une règle de grammaire ou d'orthographe aussi bien que sur un beau chapitre d'histoire. Il faut pour cela qu'il aime son état, et que les élèves sentent qu'il est avec eux de cœur et d'âme.
Il est important de bien disposer les occupations de la classe. On commencera par l'exercice le plus difficile et l'on finira par celui qui demande le moins d'effort. Si la classe dure quatre heures, la première et la troisième heure porteront le principal poids du travail. La seconde et la quatrième seront consacrées à des exercices moins absorbants, tels que l'écriture ou le dessin. Même une heure d'attention est une somme difficile à atteindre pour le grand nombre des enfants ; on devra donc varier le mode d'enseignement, en faisant, par exemple, alterner l'exposition et les interrogations. Une condition essentielle pour que l'attention de la classe De soit pas distraite, c'est que tous les élèves
soient à p^u près de même force ; les retours en arrière, nécessités par l'ignorance de quelques retardataire, ne sont guère moins nuisibles a l'attention générale qu'une course en avant où le maître serait seulement suivi par le petit nombre. Toutes les fois qu'un point nouveau est exposé devant les élèves, un redoublement d'attention est nécessaire : il faut alors multiplier les exemples, en commençant par les cas les plus simples, en variant les données, faire trouver des exemples aux enfants, rester tout le temps nécessaire sur le même point jusqu'à ce qu'on se soit assuré que la notion nouvelle est entrée dans l'esprit de tous. Le succès de l'enseignement dépend du solide établissement de ces étapes graduelles.
Un autre bon moyen de soutenir l'attention, c'est de montrer de temps en temps aux élèves les pas qu'ils ont déjà faits en avant dans l'étude d'un sujet, et de leur annoncer d'une façon générale ce qui va suivre.
Enfin, et cette dernière remarque doit relever les courages trop prompts à s'abattre, ce qu'on appelle manque de dispositions chez un enfant n'est souvent chez lui qu'un manque d'énergie dans l'attention ou un défaut de l'enseignement chez le maître ; et ce sont là deux causes d'insuccès qu'il dépend presque toujours du maître lui-même de faire disparaître. [Michel Bréal.j
ATTITUDES. — V. Hygiène scolaire.
ATTRIBUTIONS. — V. Autorités scolaires, ainsi que les articles spéciaux consacrés à ces diverses autorités.
AUBE (Département de 1'). —Superficie: G00130 hectares; population : 255 217, densité de la population : 43 hab. par kil. carré. — 5 arrond. : Troyes, Bar-sur-Seine, Bar-sur-Aube, Arcis-sur-Aube, Nogent-sur-Seine; 26 cantons, 446 communes (dont 9 ont plus de 2000 âmes de pop. agglomérée).
Population d'âge scolaire. — 25 345 enfants de 6 à 13 ans (12 651 garçons, 12 694 filles) en i876, soit un peu moins de 10 enfants par 100 hab. En 1872 il y avait 13 720 garçons, 13 408 filles de 6 à 13 ans.
l. Historique de l'instruction. — Du moyen âge à 1792. — On trouve, sous les deux premières races, des indications d'écoles à Troyes et dans certains monastères. A Troyes.au xme siècle, on les distinguait en grandes écoles (où l'on apprenait le latin) etpetites écoles (où l'on apprenait à lire et h écrire.)
Instruction secondaire. — L'instruction secondaire fut toujours en honneur dans cette ville. On y signale au xie siècle une académie juive, où enseignait Salomon Raschi. En 1437, les écoles furent réorganisées et reçurent un règlement à la rédaction duquel concoururent le clergé, les magistrats et les bourgeois. La ville dut les subventionner : l'une d'entre elles prit le nom de grande école, et devint plus tard le collège de Troyes. Ce collège, enrichi par les libéralités de François Pithou, passa en 1630 entre les mains des oratoriens. Il acquit sous la direction de ces savants religieux, qui y restèrent jusqu'en 1792, une réputation méritée. Sous Louis XVI, il renfermait de 3 h 400 élèves.
En outre, au xvne et au xvme siècle on comptait au moins dix collèges dans le territoire qui forme aujourd'hui le département. Parmi eux, il faut signaler le collège de Chaource, fondé par Amadis Jamin, et le collège des Minimes, h Brienne, qui fut transformé en 1776 en école militaire.
Les filles étaient instruites d'ordinaire dans des couvents ; les Ursulines avaient plusieurs maisons d'éducation.
Instructioîi primaire. — Les Statuts épiscopaux prescrivaient a chaque curé d'avoir auprès de lui un clerc qui pût tenir l'école. A Troyes, au commencement du xve siècle, on cite des maîtres et des maîtresses laïques. Les Jacobins et les Cordeliers enseignaient également. Au siècle suivant, on signale un plus grand nombre de maîtres d'école. Le
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clergé du bailliage, dans le cahier qu'il présenta aux États généraux de 1588, parlait « d'escholes et <le collèges espanduz par toutes les villes et villages du royaulme ; » et ce qui prouve à, quel point les exercices scolaires étaient partout en honneur, il ne voulait pas que l'on pût, sans l'autorisation de l'évoque, « faire représenter aux escoles des villes et villages aucunes comédies ou tragédies, •dialogues ou colloques, ni faire déclamer oraisons. » A Troyes, l'instruction était donnée aux indigents. Dans la seconde moitié du xvie siècle, Y Aumône générale, qui remplissait un rôle analogue à celui ■des bureaux de bienfaisance, fit ouvrir des classes gratuites. En 1597, les maîtres et ïes maîtresses de ces classes recevaient des administrateurs de l'Aumône deux sous par enfant et par mois. En 1703, les Frères des Écoles chrétiennes furent appelés à Troyes; ils y avaient trois écoles en 1719, six en
C'est surtout à partir du xvne ciècle qu'on peut signaler dans les campagnes un nombre toujours croissant d'écoles. Grâce aux recherches faites par les instituteurs vers 1860, sur la demande de M. Rattier, alors inspecteur d'académie, nous avons pu établir l'existence de 225 écoles au xvne siècle dans le département; en 1790, il en existait dans 420 localités. Des hameaux mêmes avaient leur maître et leur maison d'école.
Il existe aux archives de l'Aube un assez grand nombre de traités entre les communes, qu'on appelait alors les « communautés d'habitants », et les maîtres ou recteurs d'école. Ceux-ci étaient choisis par tous les pères de famille, réunis en assemblée générale ; ils s'engageaient h enseigner les enfants pour trois, six ou neuf années, moyennant certaines redevances et une rétribution scolaire, qui variait selon l'enseignement donné à l'enfant. La nomination du recteur faite par les habitants devait être approuvée par l'évoque, et, à partir d'une certaine époque, confirmée par l'intendant. L'autorité ecclésiastique surveillait les maîtres que l'évêque pouvait révoquer en cas d'inconduite.
Dans beaucoup de villages, les habitants achetaient ou louaient une maison pour l'école. On peut en signaler avant 1790 dans près de 180 communes; un petit nombre seulement leur avaient été donnés ou appartenaient aux fabriques.
Les recteurs d'école étaient presque toujours sacristains et chantres. Leur instruction était parfois insuffisante. Dans beaucoup de localités les classes ne duraient que six mois. Les éjèves, enseignés par la méthode individuelle, apprenaient lentement, lorsqu'ils apprenaient. Quoique les traditions s'accordent à dire que les écoles étaient fréquentées, les illettrés étaient encore nombreux. Plusieurs relevés nous permettent de croire cependant qu'au xvme siècle les deux tiers des hommes savaient écrire.
Statistique de Vinsiruction. — De 1780 à, 1790, les registres de baptême de neuf communes rurales du département contiennent sur 1 323 baptêmes 1 115 signatures de parrains et seulement 298 de marraines. Dans cinq autres communes, les registres de mariage renferment sur 2G7 unions inscrites 169 signatures d'époux et 34 des épouses. Ici comme partout l'instruction des femmes était bien inférieure à celle des hommes. Pour ceux-ci, le dépouillement des procès-verbaux des tirages de la milice, dans les élections de Troyes et de Bar-sur- Aube, de 1777 à 17S3, nous a fourni des chiffres qui peuvent donner une idée assez juste de la proportion de l'instruction dans la partie la plus misérable de la population, où se recrutait la milice ; sur 628 garçons de l!0 à 40 ans tombés au sort, 298 n'ont pas signé; 330 ont signé. C'est un peu plus de la moitié; mais cette proportion ne peut être admise pour l'ensemble de la population. Le relevé •des signatures opéré sur onze cahiers des commu-
nautés rurales, à l'époque des élections de 1789, nous fait connaître que sur 347 comparants 236 savaient écrire. C'est environ 68 pour 100.
L'instruction était plus répandue à Troyes. Sur 55 miliciens, 34 signent. Le relevé des mariages d'une paroisse en 1728 et 1729 nous donne 77 signatures d'époux et 40 d'épouses, sur 99 mariages.
Écoles de filles. — Ces écoles étaient nombreuses dans le chef-lieu. Outre des écoles laïques attachées aux paroisses, on comptait avant 1789 huit classes gratuites pour les filles, tenues par les Ursulines, les sœurs grises, les sœurs du Bon- Pasteur. Dans les campagnes, malgré les mandements des évêques proscrivant les écoles mixtes, il y avait moins d'écoles de filles. Cependant, sous Louis XVI, on en signale 32, dont la moitié au moins étaient dirigées par des religieuses. Ces écoles étaient d'ordinaire gratuites.
De 1792 à 1833. —Rien ne fut changé dans l'enseignement avant 1792. A Troyes, les Frères des Écoles chrétiennes dirigèrent leurs classes jusqu'au 27 septembre 1792; les Oratoriens furent remplacés au collège par des professeurs laïques, le 12 novembre. Le désordre ne tarda pas à s'y introduire. Il fut au comble sous la Terreur. Une délibération du conseil général de la commune, du 20 pluviôse an II, l'atteste. Les élèves désertèrent. Suivant un rapport officiel, il en restait 12 en 1795.
L'ancien collège disparut, lorsque l'école centrale ouvrit ses cours en novembre 1796. Malgré l'érudition de quelques-uns de ses professeurs, malgré la publicité qui fut donnée aux distributions des prix, elle ne put suppléer aux anciennes méthodes. Supprimée en 1 802, elle fut remplacée en 1804 par une école secondaire communale, qui reprit le nom de collège.
L'instruction primaire avait également souffert. La Convention décréta l'instruction obligatoire ; on prescrivait l'ouverture de 24 écoles publiques à Troyes. Elles n'étaient pas en exercice en juillet 1794. Le jury central d'instruction essayait vainement de recruter de nouveaux instituteurs : il ne se présentait, dit le rapport d'un représentant en 1795, que d'anciens maîtres d'école, qui « n'apportaient pour recommandation que leur ignorance, leur pédantisme et quelquefois leur immoralité ». Dans les campagnes, le trouble était grand. On avait vendu dans certaines localités, comme biens nationaux, tes propriétés et même les maisons appartenant aux écoles; on s'empara même des rentes constituées qui leur avaient été léguées. On remplaça, il est vrai, les maisons confisquées par les presbytères; mais il fallut rendre ceux-ci après le Concordat.
« Dans presque toutes les communes du département, dit le préfet en l'an IX (V. Statistique des préfets), il y a un instituteur primaire, qui remplit les mêmes fonctions que les anciens maîtres d'école... A cet égard, l'instruction n'a ni perdu ni gagné. » Mais en même temps le préfet insiste « sur la nécessité de faire cesser la situation précaire de l'instruction, qui laisse les instituteurs dans le découragement et les jeunes gens dans l'ignorance ».
La Révolution de 1792 avait amené une sorte de temps d'arrêt et pour ainsi dire de recul dans l'instruction ; mais il sembla que ce fut pour lui laisser prendre un nouvel clan qui ne devait plus s'arrêter. Sur les registres de mariages dont les relevés ont été mis sous nos yeux, le nombre des signatures suit depuis le commencement du xixe siècle une progression constante.
En 1818, les Frères des Écoles chrétiennes sont rappelés à Troyes. En 181!) il s'établit une Société P"W la propagation de l'enseignement mutuel dans le département; elle fonctionna jusqu'en 1850. En I8"26, la municipalité de Troyes fonda des cours publics appliqués à l'industrie.
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Depuis la loi de 1833. — L'heureux mouvement qui suit la loi de 1833 se fait sentir ici par la fondation de l'école normale, par de nombreuses constructions d'écoles, enfin par l'accroissement du budget départemental de l'instruction primaire (47 540 en 1835). On peut considérer comme étapes du progrès les chiffres sommaires pris dans les recensements officiels de treize en treize ans :
Nombre d'écoles publiques... 437 478 528 588
— libres 72 49 60 53
Nombre de maîtres 603 666 839
Nombre délèves : garçons... 14 5S4 15 9931 ,. |7fi)15 415
filles 13 334 15 9Û6J ** 1/0 Jl6 162
2. État actuel. —L'administration et les municipalités sont animées d'un généreuse émulation en faveur des progrès de l'enseignement. Le conseil général a consacré, en 1876, une somme de 134 3u8 fr. au budget de l'instruction publique.
594 écoles primaires sont ouvertes aujourd'hui dans le département, savoir :
309 écoles mixtes, ayant 9 513 élèves. 160 — de garçons — 8 185 — 125 — de filles — 6 884 —
Sur ce nombre les congréganistes comptent 4 écoles de garçons (1040 él.) et 63 de filles (4427;. La proportion entre laïques et congréganistes est à peu près la même qu'il y a cent ans.
Il faut ajouter 13 écoles libres tenant lieu d'écoles publiques et 53 écoles libres (dont 48 écoles de filles), comptant ensemble environ 4300 enfants.
Le chef-lieu renferme 22 écoles, toutes gratuites (dont 3 mixtes : l'école protestante et deux situées dans les faubourgs), et, en outre, 2 écoles ouvertes aux enfants qui travaillent dans les manufactures et des classes annexées à plusieurs usines par les soins des manufacturiers.
Gratuité. — Sur les 24 582 élèves que renfermaient en 1876 les écoles publiques de l'Aube, la moitié, 12 544, recevaient l'enseignement gratuit. Il n'y a qu'une soixantaine d'écoles gratuites : elles appartiennent à des localités relativement importantes, et assez riches pour indemniser les maîtres. La rétribution scolaire, fixée à 2 fr. par mois pour les élèves payants, est de 1 fr. 50 par élève gr.
Maisons d'école. — Le département possède 557 locaux pour les écoles ; sur ce nombre, 553 appartenaient en 1876 aux communes. 467 étaient regardés comme satisfaisants, 60 étaient signalés comme n'étant « nullement convenables ». Le chef-lieu même renferme encore des maisons d'école construites en bois, qui sont défectueuses et trop exiguës. Les municipalités s'efforcent de remédier à cet état de choses en construisant des classes plus vastes et plus saines. Elles y sont aidées, dans les campagnes, par les subventions de l'État: 22 écoles sont entretenues en totalité ou en partie par des dons ou des legs. 21 communes, dans le département, sont réunies à des communes voisines pour l'entretien d'une école.
Le mobilier scolaire, longtemps insuffisant, s'améliore de jour en jour. En 1876 le conseil général a voté 670 fr. pour acquisitions de cartes de géographie et 500 fr. pour l'établissement d'appareils de gymnastique. Le nombre des gymnases, trèsrestreint en 1874, augmente notablement.
Personnel enseignant. — L'instruction primaire est donnée par 493 instituteurs publics (dont 54 adjoints) et 12 instituteurs libres (dont 8 adjoints); par 194 institutrices publiques (dont 75 adjointes) et 169 institutrices libres (dont 107 adjointes). Le traitement moyen des instituteurs, sans les ressources accessoires, peut être évalué à 992 fr., celui des institutrices à 6U0.
11 existe dans le département 13 bibliothèques pédagogiques, une société de secours mutuels entre les instituteurs fondée en 1867, des confé-
rences d'instituteurs présidées par les inspecteurs primaires.
L'école normale, fondée en 1834, renferme 42 élèves. La supériorité de l'enseignement qu'ils reçoivent est constatée par leur succès aux examens ; dans les 7 dernières années, 4 éU ves seulement sont sortis sans brevet. Un cours normal pour 5 institutrices est annexé à une institution laïque.
Concours scolaires. — Depuis 1860, les concours ont lieu aux mois de mai et de juin, et leur principal effet est de retenir plus longtemps dans les écoles les enfants âgés de plus de dix ans.
Le nombre de certificats d'études, qui était de 88 ; en 1874, s'est élevé en 1877 à 1162.
IHbilothèques scolaires. — Le nombre s'en est notablement accru depuis peu : de 200 en 1873, il s'élève en 1876 à352 (*7 121 volumes; 12 691 prêts; G519 fr. de dépenses pour 18:6).
Caisses d'épargne scolaires. — Le conseil général vote depuis 1875 une allocation pour propager l'épargne dans les écoles. On constatait à la fin de 1876 que 216 instituteurs ou institutrices l'avaient fait adopter. 3683 élèves avaient pris 3045 livrets pour une somme totale de 53 407 fr. Aujourd'hui il existe des caisses d'épargne scolaires dans 265 écoles.
Salles d'asile. — Les salles d'asile ne sont pas assez nombreuses ; on désirerait en voir ouvrir de nouvelles. La ville de Troyes en renferme aujourd'hui 6, le département 28. Ces asiles recevaient 2722 enfants en 1874, puis, 2873 en 1875, enfin 2542 en 1876. Le conseil général partage entre les établissements une subvention de 5 000 fr.
Le département a 7 orphelinats, qui élèvent 303 orphelins. Les plus importants de ces établissements dépendent des hospices de Troyes.
Cours d'adultes. — Le nombre de ces cours augmente de plus en plus. La ville de Troyes en renferme 111, le département 430, dans lesquels l'instruction est donnée gratuitement à 6 487 individus.
Nous pouvons y rattacher des cours publics et gratuits, fondés à Troyes par des personnes généreuses ou établis par la chambre de commerce. Tels sont les cours de chimie industrielle, créés par cette chambre, le cours de chant, les cours de langue anglaise et de langue allemande, et l'école gratuite de dessin et d'architecture. Cette école, fondée en 1773, a eu pour élève le sculpteur Simart.
Proportion des conjoint* et des conscrits illettrés. — Grâce aux efforts auxquels tous s'empressent^de concourir, le nombre des illettrés diminue. En 1872, sur 1851 conscrits, 111 ne savaient pas écrire; il n'y en avait plus que 75 en 1874 et 83 en 1875. Cependant, en 1877, le chiffre des illettrés s'est élevé h 128, dont 18 pour le chef-lieu.
Institutions diverses. — A côté de l'instruction primaire, l'instruction secondaire est florissante. Le collège de Troyes a été érigé en lycée (Décr. 10 août 1853). Installé dans de vastes bâtiments, construits de 1859 à 1861, il reçoit environ 40:> élèves. Environ 700 autres élèves sont instruits dans les établissements secondaires libres de la ville et du département.
Parmi les sociétés qui concourent au développement intellectuel du pays, citons : 1° la Société académique d'agriculture, des sciences, arts et belleslettres (fondée à Troyes en 1798, réorganisée en 1818, 36 membres titulaires, 60 membres associés dans le département'. Elle a publié 40 volumes in-8° de Mémoires; elle fait paraître sous ses auspices un bon Annuaire de l'Aube, qui en est à sa 51e année; elle a concouru en 1855 à la formation du comice agricole de l'Aube ; elle a créé en 1831 et administre le Musée de Troyes (galeries de peinture, de sculpture, d'archéologie, et nombreuses salles consacrées à l'histoire naturelle