‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 86 sur 547 · CLASSEMENT · texte numérisé non relu

CLASSEMENT

Instituteurs, 4e classe,

Institutrices,

1 O.iO

Règles de V avancement. — L'instituteur ou l'institutrice qui débute comme titulaire appartient à la dernière classe. La promotion à une classe supérieure est de droit après cinq ans passés dans la classe immédiatement inférieure, et ne peut avoir lieu avant l'expiration de cette période.

A cet avancement par ancienneté le législateur a joint des avantages qui constituent un avancement moins marqué, mais réel pourtant et qui résulte de la valeur même des services : ce sont les allocations supplémentaires, permanentes ou transitoires, qui récompensent l'obtention de la médaille d'argent et du brevet complet, ou la simple inscription sur la liste de mérite dressée chaque année par le conseil départemental.

Une grande lacune existe encore dais la loi bienfaisante du 19 juillet 1875 : la hiérarchisation et l'avancement des maîtres adjoints et des maltresses adjointes, pour lesquels il n'est créé que des traitements uniques et sans gradation. De plus, les directrices et sous-directrices d'"sife semblent avoir échappé aux prcoccupatio \s du législateur.

C'est que, d'une part, les maîtres adjoints et les maîtresses adjointes ont été considérés comme de simples débutants, qui trouveraient bientôt, dans leur promotion comme titulaires, le meilleur avancement auquel ils puissent aspirer. C'est que, d'autre part, l'entretien des asiles est, jusqu'à nouvel ordre une dépense facultative pour les communes, et par conséquent les traitements du personnel doivent rester subordonnés à la générosité des administrations locales.

Cependant l'emploi de maître adjoint et de maltresse adjointe est d'ores et déjà définitif pour beaucoup de fonctionnaires de l'enseignement primaire, par exemple dans les grands centres où les écoles renferment un grand nombre de classes.

Dans ces conditions, l'avancement des adjoints et des adjointes, par ordre de mérite ou d'ancienneté, devient, comme pour les titulaires mêmes, une mesure d'équité. En attendant qu'une disposition légale se produise sur ce point important, il appartient aux municipalités d'en prendre l'initiative, comme l'ont déjà fait du reste la ville de Paris et plusieurs autres grandes villes.

Quant aux salles d'asile, jusqu'à ce qu'elles se soient généralisées, qu'elles se soient en quelque sorte imposées partout comme écoles maternelles., c'est aussi aux municipalités qu'il appartient de fixer pour le personnel le mode et les degrés de l'avancement, qui là comme ailleurs est une récompense et un stimulant nécessaire.

Il est à souhaiter que la liste de mérite prescrite par la loi du 19 juillet 1875 (art. 3) ait un meilleur sort que la liste d'avancement mentionnée par la loi de 1850, et devenue si vite une lettre morte.

Ce qui sauvera sans doute d'un pareil oubli la nouvelle institution, c'est la nécessité où se trouveront les conseils départementaux de présenter, chaque année, un premier huitième des instituteurs et institutrices les plus méritants du ressort, pour les allocations supplémentaires de loO francs, et un deuxième huitième pour des allocations de 50 francs. De leur côté, les administrations scolaires y trouveront, pour le personnel placé sous leurs ordres, un moyen d'émulation peut-être plus efficace que tous ceux dont elles disposent à présent et que nous avons énumérés plus haut. En effet, l'avancement proprement dit, tel qu'il est réglé par la loi, s'impose par le fait même d'un laps de temps écoulé ; les indemnités attribuées au brevet complet et à la médaille d'argent ont un caractère de permanence et de droit qui n'empêcheront pas toujours les défaillances postérieures. L'inscription sur la liste de mérite, sanctionnée par des allocations immédiates, est une récompense continue et toujours présente : on tiendra à figurer sur cette liste, on craindra surtout d'en être rayé. Ce sera en quelque sorte le tableau d'honneur du personnel enseignant, la véritable liste d'avancement, c'està-dire une liste de candidats toujours prêts pour les positions supérieures devenues subitement vacantes. Aussi voudrions-nous la voir préparée, avec le plus grand soin, par l'inspecteur d'académie assisté d'une commission consultative qui serait composée d'inspecteurs primaires, du directeur de l'école normale, de quelques fonctionnaires de l'enseignement et des membres les plus compétents du conseil départemental. C'est à ce prix que tout oubli serait évité, que tout découragement serait prévenu, et que l'avancement porterait tous ses fruits. [E. Brouard .'

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