‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 101 sur 534 · LUXEMBOURG · texte numérisé non relu

LUXEMBOURG

minutieux de la surface du sol. Or, rien de pareil n'a jamais pu être observé.

La météorologie de la lune, d'après tous les éléments que nous venons de passer en revue et qui touchent à sa constitution physique, est donc probablement fort différente de la météorologie terrestre. Il paraît peu probable que notre satellite possède actuellement des êtres organisés, soit végétaux, soit animaux, et les habitants de la lune, dont on a si souvent parlé, sont tout au moins très problématiques.

Influences de la lune sur la terre. — La lumière que la lune réfléchit vers la terre, et qui n'est autre que celle du soleil, sans modification appréciable au spectroscope, sert à éclairer nos nuits, à la vérité d'une façon bien imparfaite, c'està-diro bien inégale ou irrégulière. Mais c'est la moindre des influences que notre satellite exerce sur le globe terrestre.

En premier lieu, la lune agit sur la terre par sa masse. Combinée avec l'action de la masse du soleil, l'action de la masse lunaire produit la précession des équinoxes, dont la période est, comme on sait, de 26 000 années environ ; seule, elle détermine la nutation, autre phénomène astronomique dont la période est de 18 ans 2/3.

Ces doux influences tiennent à la forme aplatie de notre globe, au bourrelet équatorial qui en résulte.

Une autre influence beaucoup plus manifeste est l'action de la masse de la lune sur les eaux de l'Océan, laquelle se combine également avec celle du soleil, et produit les mouvements périodiques des marées*. Bien que la lune soit 26 millions de fois moins pesante que le soleil, grâce à sa proximité, elle a sur les marées une action environ deux fois et demie aussi forte que le soleil lui-môme.

Outre les marées océaniques, la lune produit, pour les mêmes raisons, des marées atmosphériques dont la période doit évidemment être la même. Mais les observations les plus minutieuses et les plus prolongées n'ont permis de constater, de ce chef, qu'une influence extrêmement faible, puisque la hauteur du baromètre n'en est affectée au maximum, dans nos latitudes, que de la 18e partie d'un millimètre. A l'équateur, où l'action est maximum, les variations dues à cette influence de la lune ne dépassent pas 1 millimètre de pression.

Ce n'est donc pas à cette cause qu'il est possible d'attribuer les changements de temps que l'opinion publique ou le préjugé veut à toute force considérer comme en dépendance avec les phases de la lune. Est-ce au rayonnement, lumineux, ou calorifique, de cet astre qu'il .est possible d'attribuer des changements aussi considérables? Les rayons lunaires ont une action chimique incontestable, puisqu'ils permettent de très belles reproductions photographiques des phases du disque ; mais cette action agit sur des substances chimiques spéciales, non sur les gaz de l'atmosphère. Quant à la chaleur, elle existe et a été mesurée. Melloni et d'autres physiciens, en concentrant la radiation de la lune à l'aide de miroirs ou de lentilles, ont obtenu des indices d'une augmentation sensible de température. Peut-être, aux limites de l'atmosphère, avant l'absorption due aux couches de cette enveloppe, la chaleur qui provient des rayons de la lune est-elle assez grande pour expliquer des changements notables : rien n'est prouvé encore à cet égard. Il faut ajouter que les savants qui ont fait des hypothèses sur l'influence de la lune sur le temps, n'ont pas établi d'une façon certaine qu'il y ait une relation entre les phases de la lune et les changements de temps, vents ou pluies, pression barométrique, température, etc. C'est cependant par là qu'il faudrait commencer.

2e PARTIE.

Le public n'en demande pas si long. Les cultivateurs, les marins et nombre de gens avec eux, ont coutume de fonder leurs prédictions météorologiques sur l'acre de la lune; que l'événement les trompe ou non, ils ont foi à cette influence : tous les raisonnements ne les convaincraient pas de leur erreur. [A. Guillemin.]

LUXEMBOURG. — Nom d'une famille qui a donné cinq empereurs à l'Allemagne.

Henri Vil, — Histoire générale, XIX, — était comte de Luxembourg lorsque les électeurs le choisirent pour succéder à Albert Ier d'Autriche (1308). Reprenant les projets des empereurs de la maison de Souabe, il passa les Alpes en 1310 à la tête de quelques soldats pour se rendre en Italie, où Dante l'appelait comme un sauveur. Le pape Clément V l'excommunia, mais avec l'appui des Gibelins il put se faire une armée, et essaya de reconquérir le royaume de Naples. Il mourut avant d'avoir réussi, eu 1314, empoisonné par un moine. Son fils Jean l'Aveugle, qui avait épousé l'héritière du royaume de Bohême, ne lui succéda pas comme empereur; la couronne impériale passa sur la tête de Louis de Bavière. Mais à la mort de celui-ci, elle revint dans la maison de Luxembourg, par l'élection à l'empire du roi de Bohême Charles, fils de Jean l'Aveugle.

Charles IV. — (V. Charles IV, empereur d'Allemagne, p. 382.)

Wenceslas, — Histoire générale, XX, — fils de Charles IV, devint à la mort de son père (1378) roi de Bohême et empereur d'Allemagne. Livré à des vices honteux, il laissa l'empire dans une complète anarchie, déchiré par des guerres privées que la diète essaya en vain de faire cesser. Cet empereur, que ses sujets appelaient YIvrogne, fut déposé en 1400 ; mais il conserva jusqu'à sa mort (1419) le gouvernement de la Bohême. Ce fut sous son règne, comme roi de Bohême, que Jean Huss prêcha une réforme religieuse et que commença la guerre des Hussites (V. Guerre des Hussites, p. 924). Il eut comme successeur sur le trône impérial Robert de Bavière.

Josse, — Histoire générale, XX, — marquis de Moravie, cousin de l'empereur Wenceslas, fut élu empereur à la mort de Robert de Bavière (1410), mais mourut après trois mois d'un règne sans importance. Il avait eu pour compétiteur Sigismond, frère de Wenceslas.

Sigismond, — Histoire générale, XX, — roi de Hongrie par son mariage avec la fille du roi Louis le Grand, et frère de Wenceslas, fut élu empereur en 1410, en même temps que Josse, dont la mort le laissa bientôt seul maître de l'empire. Comme roi de Hongrie, il avait dû faire la guerre aux Turcs, et avait perdu la célèbre bataille de Nicopolis (1396), malgré le secours que lui avait apporté une armée de chevaliers français (V. Hongrie). Le grand schisme d'Occident (V. Papauté) agitait alors l'Europe catholique; le concile de Pise (1409) n'avait fait que l'aggraver; pour y mettre fin, Sigismond fit décider la réunion du concile de Constance (1414). On sait que Jean Huss, cité à comparaître devant le concile, y vint muni d'un sauf-conduit de l'empereur, et que celui-ci, au mépris de la parole donnée, laissa ensuite brûler vif le réformateur dont le concile avait condamné la doctrine. En 1419, la mort de Wenceslas fit passer la couronne de Bohême sur la tête de Sigismond, qui eut alors à combattre la redoutable insurrection des Hussites (V. Guerre des Hussites, p. 924), contre lesquels échouèrent pendant quinze ans toutes les forces de l'empire. Ce ne fut que grâce aux divisions des Bohémiens que Sigismond, après la chute du parti taborite, parvint à se faire reconnaître comme roi de Bohême en souscrivant aux conditions que lui imposèrent les Hussites du parti utraauiste. Il mou-

LYRIQUE (GENRE

LYRIQUE (GENRE

rut en 1438, et avec lui s'éteignit la maison de Luxembourg. Albert d'Autriche, son gendre, lui succéda sur le trône impérial.

LYMPHE. — Zoologie, XXXIV. — Les vaisseaux lymphatiques constituent un appareil vasculaire distinct du réseau capillaire sanguin, circulant dans tout l'organisme et venant déboucher, par deux canaux, dans les veines sous-clavières gauche et droite.

Certains de ces vaisseaux lymphatiques rampent sous la muqueuse de l'intestin pour y former un système distinct, celui des vaisseaux chylifères, chargé de l'absorption intestinale. Tous les autres, constituant les vaisseaux lymphatiques proprement dits, recueillent dans tout l'organisme des produits provenant soit de la transformation des tissus, soit de l'excédant du liquide cédé par les capillaires aux organes pendant l'acte de la nutrition générale. Le liquide en circulation dans les chylifères s'appelle le chyle; celui que transportent les lymphatiques se nomme la lymphe.

L'étude du système chylifère et celle du chyle ont été faites avec celle de l'absorption intestinale (V. Absorption); nous n'avons donc ici qu'à nous arrêter quelque peu aux lymphatiques vrais.

L'origine de ces canaux dans les tissus est peu connue ; ils paraissent d'abord longer les vaisseaux capillaires auxquels ils adhèrent, puis ils forment des troncs libres et, après avoir traversé plusieurs glandes ou gany lions lymphatiques où ils forment des enchevêtrements pelotonnés avec des capillaires sanguins, ils débouchent ou bien dans l'appareil veineux par l'intermédiaire de la grande veine lymphatique s'ouvrant dans la veine sousclavière gauche, ou bien dans le canal thoracique par l'intermédiaire d'un seul vaisseau; de sorte que la lymphe est finalement mêlée au sang veineux, niais tout près du cœur. Ce liquide n'est pas formé de déchets, mais bien de substances n'ayant qu'à subir l'action de l'oxygène de l'air pour redevenir propres à se fixer dans les tissus; aussi, immédiatement après son mélange avec le sang veineux (sang non nutritif), il est projeté par le cœur dans l'appareil pulmonaire où, par la respiration, il sera en même temps que le sang veineux converti en sang artériel.

Le sang veineux est donc le sang privé d'éléments nutritifs; il s'est formé dans tout l'organisme ; la lymphe est un produit de la désassimilation générale, mais contenant des éléments de réparation qui se mêlent au sang veineux au moment où celui-ci va subir l'action de l'oxygène de l'air sous la muqueuse respiratoire ; et le chyle est un liquide provenant de l'absorption digestive, contenant aussi des éléments de réparation et se comportant comme la lymphe.

La structure des vaisseaux lymphatiques est celle des vaisseaux chylifères, et la lymphe a beaucoup d'analogie avec le chyle.

Chez certaines personnes ayant la peau fine et blanche, les glandes lymphatiques sont sujettes à des engorgements déterminant leur inflammation ; on dit alors que ces sujets ont le tempérament lymphatique. Par suite d'accidents comme des contusions ou des blessures, les ganglions du membre atteint peuvent s'enflammer et devenir le siège d'une douleur qui cause une gêne dans les mouvements du membre tout entier.

Enfin il est bon de savoir que, lorsque une plaie (coupure, brûlure, etc.) se cicatrise, le travail de réparation se fait aux dépens d'un liquide visqueux que les éléments voisins de la partie malade laissent exsuder et qu'on nomme lymphe plastique. Ce liquide, qui permet aux organes élémentaires du tissu disparu de se refaire, n'est pas identique à la lymphe proprement dite. [G. Philippon.j

LYItlQUE (Genre). — Littérature et style, III. — Dans l'antiquité grecque comme dans notre

moyen âge, la poésie a commencé par le chai t. Homère a immortalisé les aèdes helléniques qui charmaient la cour des rois grecs par des chanis improvisés aux accords de la lyre ; deux mille ans plus tard, les troubadours et les trouvères allaient de château en château, le luth ou la harpe en main.

C'est à ces antiques souvenirs qu'il faut remonter pour expliquer le terme de Poésie lyrique. F.tymologiquement et historiquement la poésie lyrique est avant tout un chant ; la lyre dont s'accompagnait le poète primitif a disparu, mais elle a donné à cette poésie son caractère distinctif entre la poésie épique et la poésie dramatique. Elle n'a ni les longs et majestueux développements de l'épopée, ni la saisissante vivacité du drame; mais, par un charme analogue à celui de la musique, elle exprime les sentiments les plus intimes, les plus profonds de l'âme humaine. Joies et douleurs, espérance et souvenir, fièvre du combat, orgueil du triomphe, élans du patriotisme, ivresse des passions, langueurs de la rêverie, entraînements de la volupté, enthousiasme de la vertu, illusions de la jeunesse, tendresses et fureurs de l'amour, amertumes du remords, tristesses du deuil, jeux cruels de la fortune, éternelle instabilité de l'homme, inquiétudes ineffables et curiosités inassouvies de l'âme humaine, tel est l'objet de la poésie lyrique. Elle peut vraiment dire comme le poète : rien de ce qui est humain ne m'est étranger. A la différence des autres formes de la poésie, celle-ci n'est pas un langage exclusivement réservé à certaines conditions de l'homme ou de la société, assujetti à des règles rigoureuses, enfermé dans des limites infranchissables. Elle a la richesse et la souplesse, l'étendue et la variété de l'âme humaine, dont elle est l'écho le plus pur, le plus clair, le plus libre. Car suivant une juste et vive image, la lyre dont elle fait vibrer les cordes, à proprement parler, c'est le cœur de l'homme. Aussi le philosophe Jouffroy a-t-il pu dire : la poésie lyrique, c'est la poésie elle-même.

De cette définition même ressort l'impossibilité tout ensemble et l'inutilité d'une classification méthodique des diverses formes poétiques comprises sous le nom de genre lyrique. Les noms qu'on leur donne rappellent pour la plupart l'idée de chant : les mots ode et hymne sont les équivalents grecs de chant, chanson, cantique. Ces petits poèmes changent d'allure, de ton, de rhythme, de caractère suivant qu'ils sont un chant religieux (psaumes, hymnes, cantiques), un chant de guerre, un chant de fête ou de triomphe (dithyrambe, péan), un chant d'amour (ode anacréontique, romance, chanson, etc.), un chant de douleur (élégie, thrène, etc.). Quelques-uns jaillissent du fond de l'âme sans effort et sans règle, expression naturelle et naïve du sentiment ; d'autres prennent une forme convenue et se plient à des conditions métriques et rbythmiques tout artificielles (sonnet, rondeau). M. Vapereau propose de ramener tous les modes de poésie lyrique à trois types : « l'hymne, l'ode et la chanson. L'hymnve, dont le psaume et le dithyrambe sont des variétés, représente la poésie lyrique s'attachant à des sujets religieux, élevant l'âme vers la divinité et lui adressant des hommages ou des actions de grâce. La poésie lyrique garde le même nom quand elle exprime le sentiment patriotique. Le mot hymne réveille l'idée d'une manifestation collective du sentiment religieux ou national. L'ode est l'expression de sentiments plus individuels et, sur des sujets variés, rappelle à l'esprit les formes particulières du rhythme où s'est enfermée la poésie lyrique. La chanson désigne, avec non moins de variété, des inspirations d'un ordre moins élevé et qui sont restées plus intimement unies au chant. »

LYRIQUE (GENRE) — 1235

Nous n'entreprendrons pas d'esquisser l'histoire de la poésie lyrique à travers tous les âges et chez les divers peuples du monde civilisé. Nous croyons mieux l'aire, pour donner une idée des différentes formes du genre lyrique, de transcrire ici quelques morceaux caractéristiques.

En consultant les articles spéciaux que nous consacrons aux diverses littératures, le lecteur trouvera d'ailleurs quelques détails sur la poésie lyrique chez les Indous, chez les anciens Hébreux, chez les Grecs et les Romains, enfin, chez les différents peuples modernes, et particulièrement en France. — V. Inde, Israélites, Grèce, Latine (Littérature), Littérature française, Troubadours, Allemagne (au supplément), Angleterre (au supplément), Espagne, Etats-Unis, Italie, Scandinaves (Etats), etc.

Dans l'espèce d'anthologie — nécessairement très sommaire — que nous donnons ci-dessous, on lira la traduction d'un hymne du liig-Véda, d'un psaume , d'une ode de Pindare, d'un chœur de Sophocle, d'une chanson populaire grecque, de deux odes d'Horace ; puis quelques morceaux qui permettront de suivre le développement des diverses formes de la poésie lyrique dans notre littérature, en commençant à Charles d'Orléans, Marot et Ronsard, et passant par Malherbe, Jean-Baptiste Rousseau et Lebrun, pour aboutir à la splendide floraison de l'école romantique et du lyrisme contemporain. Nous n'avons pas prétendu ne donner que des chefs-d'œuvre : il fallait bien, pour n'être pas trop incomplet, citer quelques strophes de certains lyriques du xvne et du xvme siècle, malgré les défauts d'une poésie toute de convention et trop souvent déclamatoire. D'autre part, nous n'avons pu accorder autant de place que nous l'eussions voulu aux poètes contemporains : en dehors des grands noms qui s'imposent, le manque d'espace nous a obligés à ne faire qu'un choix très restreint parmi les talents aimés du public.

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