‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 117 sur 534 · MAIRES DU PALAIS · texte numérisé non relu

MAIRES DU PALAIS

MAISONS

félicité éternelle dans le paradis toujours vert, aux frais ombrages, aux eaux jaillissantes. Les autres, précipités dans les abîmes, y subiront des tourments sans fin.

L'Islamisme dans l'histoire. — Tel est le dogme. Le credo musulman tient dans ces quelques mots : Dieu est Dieu et Mahomet est sori prophète. Tout le reste n'est que règlements du culte, prescriptions de morale, de politique ou simplement d hygiène. L'idée fondamentale se dégage avec une précision et une netteté intelligible pour tous. Des millions d'hommes l'acceptèrent. En un siècle, l'islamisme, par la parole et surtout par le sabre, avait conquis l'ouest de l'Asie, le nord de l'Afrique et l'extrémité de l'Europe. A son abri, des États s'organisèrent, des civilisations fleurirent. Dans l'histoire de l'humanité, le moyen âge musulman mérite une plus belle place que le moyen âge chrétien. Mais tandis que le reste du monde marchait, l'Islam est demeuré stationnaire. Les sociétés qu'il a formées n'ont eu ni Renaissance ni Révolution. Elles sont menacées de périr, si l'Europe ne leur reporte la lumière qu'elle leur a prise autrefois.

[Maurice Wahl.]

MAIRES DU PALAIS. —Histoire de France, IV. — Ce titre désigne, à l'époque mérovingienne, un personnage dont les attributions primitives sont assez mal connues, et qui paraît avoir été simplement, au début, le premier officier de la maison royale, désigné par le roi lui-même pour remplir ces fonctions. Mais dès le règne de Sigebert, dans la seconde moitié du vie siècle (\\ Mérovingiens), le maire du palais, en Austrasie, nous apparaît comme le chef électif des leudes, c'est-àdire des grands du royaume ; et il en est bientôt de même en Bourgogne et en Neustrie. Clotaire II s'engage, en 614, à ne jamais intervenir dans l'élection des 'maires du palais; et pendant que les royaumes francs sont réunis sous l'autorité nominale d'un seul souverain, les maires occupent dans chaque royaume la place d'un vice roi. Sous le règne de Dagobert et de son fils Sigebert II, Pépin de Landen ou Pépin le Vieux, est maire du palais en Austrasie, et il acquiert une telle puissance, que cette dignité devient héréditaire dans sa famille. Grimoald, son fils, lui succède, et, « voyant le mépris des Austrasiens pour la race du grand Glovis, il relégua le fils de Sigebert dans un monastère d'Irlande, et fit nommer roi son propre fils, Childebert. Mais le moment n'était pas encore venu de renverser l'antique famille des rois chevelus. Les Austrasiens s'unirent aux Neustriens contre Grimoald, qui fut tué avec Childebert. » (Lavallée.) La tentative prématurée de Grimoald ayant échoué, les royaumes francs se trouvèrent placés de nouveau sous le gouvernement nominal des rois neustriens, au nom desquels commandèrent successivement deux maires célèbres, Erkinoald et Ebroin. Cependant l'Austrasie supportait impatiemment le joug. Un petit-fils de Pépin le Vieux par les femmes, Pépin d'Héristal, y devint chef des leudes, et, après la mort d'Ebroin, vainquit les Neustriens à Testry (087). Cette victoire assura définitivement la prépondérance de l'Ausrasip, et donna à Pépin d'Héristal un pouvoir qu'il devait transmettre à ses descendants. Pépin se contenta du titre de maire du palais, et laissa la couronne au roi de Neustrie Thierry III et à ses faibles successeurs Clovis III, Childebert III, Dagobert III, que l'histoire a appelés les rois fainéants. A sa mort en 7 ri, il eut pour successeur son fils Charles Martel, qui, après avoir comprimé leur tentative des Neustriens pour reconquérir une indépendance, devint le maître de tout l'empire franc, sans prendre toutefois la couronne, il eo conservant à côté de lui des simulacres de i ■ pris dans la famille mérovingienne. Il confisqua les biens de l'Eglise, qu'il distribua a ses

leudes, et sauva la Gaule de l'invasion musulmane, en battant les Arabes à Poitiers (732). Charles Martel laissa deux fils, Carloman et Pépin le Bref, qui se partagèrent le pouvoir; mais bientôt Carloman se retira dans un cloître, et Pépin conserva seul l'autorité. Déjà pendant un moment, sous Charles Martel, le trône était resté vacant à la mort de Thierry IV (737) ; Pépin le Bref, continuant la politique des chefs austrasiens, fit couronner en 742 Childéric III ; mais dix ans plus tard, jugeant qu'il pouvait sans danger rompre avec la tradition jusqu'alors respectée, il déposa le dernier représentant de la famille mérovingienne, et se fit proclamer roi lui-même (752). Son alliance avec le Saint-Siège, à la suite de ses expéditions en Italie contre les Lombards, affermit son autorité, et lorsqu'il mourut en 768, nul ne songea à disputer la couronne à ses héritiers. Une race nouvelle avait remplacé celle de Clovis; Charlemagne *, fils et successeur de Pépin le Bref, allait achever l'étonnante fortune des descendants des maires d'Austrasie en rétablissant à son profit l'empire d'Occident.

MAISONS. — Hygiène, VIL — Nous avons rarement le privilège de faire construire notre demeure, souvent même nous ne pouvons guère la choisir, et nous sommes obligés de tirer le meilleur parti possible d'une construction mal conçue et mal exécutée. Peut-être les architectes de l'avenir apprendront-ils l'hygiène. De nos jours, ils ne s'en occupent point, il semble que cela ne soit pas de leur ressort. Il s'en faut de beaucoup que le confort des habitations progresse du même pas que le luxe des constructions et des aménagements : c'est le contraire qu'il faudrait. Lorsque l'hygiène sera vulgarisée, l'opinion publique forcera les architectes et les spéculateurs à bâtir des maisons saines. Jusque-là, on ne peut espérer aucune réforme sérieuse.

Il importe donc à chacun de savoir d'après quelles règles une habiiation doit être construite, afin d'apprécier, en toute connaissance de cause, les qualités et les défauts de celle qu'il habite ou se propose d'habiter. Si le choix est possible, ces connaissances seront d'un grand secours. Dans le cas contraire, elles serviront du moins à suggérer les précautions nécessaires pour pallier les défauts du local imposé et défectueux.

Nous aurons soin, d'ailleurs, après avoir décrit ce qui devrait être, d'indiquer les compromis, les petits moyens qui peuvent rendre moins dangereuse une habitation malsaine.

Emplacement. — La localité, le sol, le voisinage, l'exposition doivent être l'objet d'un minutieux examen, soit pour fixer son choix, soit pour prendre toutes les précautions possibles lorsque la nécessité permet seulement d'atténuer certains désavantages. Le milieu dans lequel se trouve l'habitation apporte naturellement des modifications dans sa construction et son aménagement ; nous en parlerons en détail en traitant ce mot.

Construction. — Les bons matériaux de construction doivent être mauvais conducteurs de la chaleur, non hygroscopiques, inattaquables par les moisissures, non susceptibles de dégager des gaz délétères. Les questions de prix, de durée, de beauté, sont tout à fait secondaires. Le granit, le grès, la pierre meulière, le calcaire dur, remplissent toutes ces conditions. Le calcaire tendre, qui fournit à Paris la plus grande partie des pierres de taille et des moellons, est plus sujet à retenir l'humidité. Cependant on a inventé plusieurs procédés qui le rendent imperméable à la surface. L'un d'eux consiste à l'imprégner de silicate de potasse. Lue peinture à l'huile de lin cuite et saturée de litharge serait également utile.

C'est surtout pour les fondations et le rez-dechaussée qu'il importe d'employer des matériaux

MAISONS

MAISONS

inaccessibles à l'humidité, comme la pierre meulière jointe au ciment. Au niveau des fondations, le sol devrait être parfaitement drainé, puis recevoir une couche de scories ou de pierrailles recouverte par une assise de ciment. De cette manière on serait sûr qu'aucune exhalaison dangereuse ne pourrait s'élever du sol pour se répandre dans la maison. Il serait même avantageux de bitumer le sol et les murs de la cave.

La brique bien cuite, en partie vitrifiée, véritable pierre siliceuse artificielle, est d'un excellent emploi pourvu qu'on la joigne avec du ciment. La terre pilée, ou pisé, peut servir aux constructions sur les terrains très secs, à la condition de protéger les murs contre la pluie et les infiltrations.

Le meilleur plâtre est celui qui exige le moins d'eau pour se gâcher au degré convenable. Dans toutes les parties basses ou exposées à l'humidité on doit lui substituer le ciment. Le plâtre, en effet, est très hygroscopique, et au bout de quelque temps l'humidité qu'il retient produit le salpêtrage des murs, défaut auquel on ne peut guère remédier.

Les bois employés dans les constructions sont sujets à une décomposition lente produite par une sorte de fermentation et par la production de moisissures. C'est là une cause de dangers et d'insalubrité qu'Userait facile de prévenir en imprégnant ces bois d'acide pyroligneux ou d'autres substances préservatrices. En tout cas, il faut savoir que les bois coupés en sève sont fatalement destinés à une prompte destruction. On choisira les essences les plus résistantes et surtout on prendra soin que l'humidité n'ait accès nulle part.

Si les maisons des villes laissent tant à désirer, sous tous les rapports, que dire de celles des paysans dans la plupart de nos provinces ? L'esjace étroit enclos entre les quatre murs est recou- /ert d'un toit de chaume surbaissé, fertile réservoir de moisissures suspectes. Le sol de terre battue se détrempe et s'imprègne de boue et de fumier; souvent môme des animaux domestiques, admis dans une intimité compromettante, rendent la place inhabitable pour leurs maîtres, stoïquement entassés dans des lits clos étages comme ceux des cabines de navires. L'impôt des portes et fenêtres ingénieusement éludé a fait percer dans le mur des trous bouchés en hiver par de la paille. A côté de la maison un tas de fumier dont le purin forme ruisseau devant la porte, puis l'étable dont les émanations se mêlent à celles du purin. Parfois même, un vide dans la muraille met celle-ci en communication directe avec la maison pour que les animaux puissent y prendre leur nourriture dans l'auge ou le râtelier.

Certes le mal n'est pas partout aussi grand ; mais presque toujours les constructions rurales semblent un défi à l'hygiène et à la bienséance. La réforme viendra de la vulgarisation de l'hygiène qui fera aimer, avec le bien-être relatif, tout ce qui augmente la dignité humaine. Pour améliorer l'iiygiène rurale, il faudrait d'abord choisir judic eusement l'emplacement des habitations, les construire de façon à ne pas marchander l'air et la lumière, isoler les dépendances de l'habitation humaine, sdopter pour les fumiers les fosses étanches et couvertes, placées loin de la maison et loin des puits. Ensuite, l'instruction bien dirigée apprendrait au paysan qu'il a intérêt à soigner sa maison, son fumier, sa santé, celle des siens, que c'est pour lui la meilleure des spéculations. Quand il en sera convaincu, le reste sera facile.

Malgré leurs misérables demeures, les paysans résistent à une foule de causes de maladies ou de dégénérescence, parce que la plus grande partie de leur vie se passe au grand air. Les ouvriers des villes sont encore plus mal partagés. Ils forment une population chétive, malingre, rabougrie. Après un

travail forcé dans les ateliers où l'encombrement. les émanations, les poussières, conspirent contre leur existence, ils s'entassent dans de misérables réduits, où régnent le méphitisme et l'asphyxie ; c'est là une des plaies de notre temps. Les conseils de salubrité pourraient beaucoup pour atténuer le mal. On a réussi en partie en quelques pays. Mais la question du logement des ouvriers est lort complexe, elle touche à l'organisation même de la société, aux salaires; il faut donc se résigner à donner des conseils palliatifs. En les suivant, on rendra supportable ce qui est, et peu à peu l'esprit public améliorera, sans secousses, la vie matérielle des travailleurs. L'hygiène est une science sociale : elle joindra sa voix aux revendications légitimes et profitera des progrès apportés par le temps dans l'organisation de la société.

La création de grandes cités ouvrières, sortes de casernes fatalement insalubres, — au physique et au moral, — cède aujourd'hui le pas aux essais bien mieux compris de petites maisons isolées ou par groupes de deux à quatre, comme celles de la Société mulhousiennp, de la Compagnie des Mines de Blanzy. Aujourd'hui les bons modèles ne manquent pas, il s'agit de trouver les moyens de hjs rendre graduellement accessibles à tous. Les plus intéressés sont ceux qui doivent faire le plus d'efforts ; on peut leur dire : Aide-toi et la société t'aidera.

Distribution et usage. — La maison la plus humble doit avoir une salle commune destinée aux réunions de la famille et aux relations. Si l'espace manque, elle pourra fort bien servir aussi de salle à manger, pourvu que l'on ait soin d'y établir, après chaque repas, un rapide courant d'air, qui chasse les odeurs et les émanations. Que cette salle commune, âme de la maison, réunisse toutes les conditions désirables de confort : température douce, air pur, beaucoup de lumière, des meubles bons à l'usage ; tout cela dispose favorablement l'esprit, fait aimer la maison, et c'est là, en hygiène, comme en morale, un point essentiel. L'amour du foyer crée des habitudes régulières» des plaisirs simples, des satisfactions toujours prêtes qui contribuent puissamment à entretenir l'esprit et le corps dans de bonnes conditions. Le salon de parade et la salle à manger sont des pièces de luxe pour lesquelles on sacrifie à tort l'espace et l'argent qui seraient mieux employés ailleurs. Les tentures sombres, les meubles d'apparat n'ont rien de commun avec l'hygiène. Si les occupations exigent un cabinet de travail, que ce soit une pièce grande, bien éclairée, dont on puis?e facilement régler la température. Surtout, qu'elle permette de s'isoler des bruits domestiques comme des bruits du dehors, car le cerveau se fatigue beaucoup plus lorsqu'il est obligé de faire sans cesse abstraction de ces bruits pour rester seul avec lui-même. Une double porte, une double fenêtre, peuvent beaucoup pour produire cet isolement et maintenir une température uniforme.

Nous passons dans notre chambre à coucher au moins un tiers de notre existence; mais connue cette partie de notre vie est absolument privée, nous croyons que tout est assez bien pour cette pièce dont le salon et la salle à manger réduisent à l'envi les dimensions. En fait, on couche n'importe où, dans un cabinet, une alcôve, une soupente; il semble que là où l'on peut placer une couchette un homme peut dormir. On devrait chercher tout le contraire. Que la chambre à coucher soit vaste, bien éclairée, visitée du soleil, le grand assainisseur. Que l'air s'y renouvelle naturellement par la cheminée ouverte, on sera sur alors qu'elle sera plus utile comme appareil de ventilation que comme appareil de chauffage. Un aura donc soin de ne pas l'obstruer en baissant le rideau mobile ou en y plaçant un devant de cne-

MAISONS

FAISONS

m'méo. Le trou béant n'est pas joli à l'œil, mais c'est un poumon qui fait respirer cette cliambre où l'air doit sans ce-se se renonvelpr. Il y aurait d'ailleurs un moyen de tout concilier, ce serait de fabriquer des devants de cheminée en toiles métalliques peintes et ornées comme des stores. Il serait bon, en outre, de pratiquer près du plafond une ventouse dans le tuyau de la cheminée. L'air vicié s'écoulerait naturellement par cette issue, que l'on pourrait fermer quand la cheminée servirait au chauffage.

La chambre à coucher, pour une personne, devrait cuber G<> mètres environ, pour que l'air s'y maintienne dans un état de pureté convenable sans recourir à une ventilation forcée. En huit heures nous absorbons dans nos poumons 3,600 litre* d'air et nous exhalons 180 litres d'acide carbonique. Ce gaz n'est pas à proprement parler toxique, mais il est irrespirable. L'air pur n'en contient que trois à quatre dix-millièmes, l'air d'une salle de spectacle, d'une classe, devient malfaisant et cause des maux de tête, de l'engourdissement, dès qu'il en contient quelques millièmes. Jugez quelle doit être l'atmosphère d'un réduit étroit où l'on passe huit ou dix heures, quelquefois en compagnie d'une, lampe , d'un chien, qui doublent la production de gaz irrespirable.

Notons que l'accumulation d'acide carbonique ne constitue pas le plus grand danger de l'atmosphère confinée d'une chambre à coucher. La peau et les poumons exhalent aussi dans l'air des vapeurs, des miasmes qui imprègnent la literie, les rideaux, les papiers de tenture, les murs même et qui constituent, dans certaines circonstances, un véritable poison dont les effets se traduisent quelquefois par une maladie aiguë, et le plus souvent par une détérioration générale de la santé que l'on attribue à toute autre cause.

La laine des matelas et des couvertures, la plume et le duvet surtout, retiennent facilement les miasmes. Ces deux derniers articles devraient être bannis de la literie, car outre leur facile contamination ils habituent à une chaleur moite qui est malsaine. La laine est facile à nettoyer et à désinfecter, il n'y a donc pas lieu de la proscrire, pourvu qu'on procède fréquemment à son épuration. Les sommiers élastiques tendent à remplacer partout la paillasse, véritable sac à poussière et à moisissures. Faute de sommier élastique, que le premier matelas soit fait de paille, de balles d'avoine, de spathes de mais, de crin végétal, mais à la condition de renouveler très souvent ces substances pour assurer en même temps l'hygiène et le confort.

Supprimez les rideaux de lit, obstacle au renouvellement de l'air, refuge des insectes, réservoir de poussière s et de miasmes. Aérez chaque jour et exposez s'il se peut au soleil les pièces de la literie. Comme on fait son lit on dort et l'on se porte.

Là où les circonstances le permettent, nous voudrions voir sacrifier, au besoin, une des pièces de luxe pour en faire la chmnhre des cfants. Lorsque le mauvais temps ou d'autres causes ne leur permettent pas les ébats au grand air, qu'ils aient nu moins à la maison une pièce à eux, en rapport avec leurs besoins. Pas de rideaux aux fenêtres presque toujours ouvertes, pas de meubles qu'il l tille traiter avec cérémonie, rien qui gêne les l:-anches allures, mais une natte sur le plancher ; our amortir les bruits et au besoin les chutes. Des jouets simples, qui soient une occasion d'exercice et de jeux actifs. Nous voudrions bannir la poupée, inventée pour immobiliser les enfants, < s « bandits aux lèvres roses » qui ne doivent l>as être « sages » si l'on veut qu'ils se portent tien.

L'adulte do 20 h 25 ans respire de 18 à 20 foi» par minute, l'enfant de S ans, 2(1 fois. Ces chiffres montrent que les besoins respiratoires de l'enfant sont bien supérieurs à ceux de l'adulte, et comme, d'antre part, il résiste beaucoup moins aux causes d'affaiblissement ou de maladie, on comprend qu'il lui faut beaucoup d'espace et beaucoup d'air pour se développer convenable ment. Le luxe mal entendu tue autant d'enfants que la misère, en les condamnant à l'immobilité, au silence, en les privant d'air et de lumière dans des appartements calfeutrés et capitonnés.

Les chambres de domestiques devraient peu différer de celles des maîtres au point de vue de l'hygiène. Nous admettrons qu'elles soient moins confortables, parce qu'elles sont moins habitées,, mais la santé, l'hygiène, ne connaissent point de distinctions sociales. Il y a égalité parfaite devant les rhumes et les fluxions de poitrine, l'étiolement faute d'air et de lumière, l'asphyxie ou l'empoisonnement dans une atmosphère confinée. Si la classe des serviteurs est utile, indispensable, il importe de la maintenir dans les meilleures conditions possibles, même au seul point de vue de l'économie sociale. Il appartient aux maîtres de veiller à ce que les chambres des serviteurs soient aménagées et entretenues de manière à leur assurer le confort et la salubrité compatibles avec lescirconstances, mais les serviteurs doivent s'instruire eux-mêmes des principes élémentaires de l'hygiène pour les appliquer avec soin et zèle ou pour réclamer les améliorations urgentes dans leur installation.

A la campagne et dans les petites localités les cuisines des maisons bourgeoises sont d'ordinaire assez vastes, suffisamment aérées et disposées de telle façon que les odeurs ne pénètrent pas dans les appartements. Mais chez les paysans, la salle commune dont nous avons parlé sert aussi à la préparation des repas, de sorte qu'aux mille odeurs et émanations qui s'y rencontrent, s'ajoutent les vapeurs culinaires, les senteurs acres et tenaces de graisses surchauffées. La plus humble maison rurale devrait avoir une cuisine séparée, pour assurer la propreté et prémunir l'habitation contre les émanations, la fumée qui s'en dégagent.

Dans les grandes villes, la cuisine fait corps, d'ordinaire, avec l'appartement ; on lui donne à regret, un coin obscur, étroit, carrelé, disposé de la façon la plus ingénieuse pour ruiner la santé des personnes qui y séjournent et pour incommoder plus ou moins les autres. Le fourneau chauffe fortement la tête, tandis qu'un courant d'air froid passant sous la porte glace les pieds; le tirage illusoire de la hotte laisse disperser aans la pièce l'oxyde de carbone, source immédiate de malaise, de maux de tête, et source lointaine d'uu véritable empoisonnement chronique. Par intervalles., des bouffées de vapeurs acres et irritantes achèvent de rendre irrespirable cette atmosphère viciée. Ajoutez à cela un évier dont le tuyau ouvert dégage une odeur méphitique d'oeufs pourris. Telle est la cuisine du plus grand nombre des logements de Paris et des grandes villes. Voici ce qu'il faut faire pour la rendre moins dangereuse et moins desagréable à tous égards. Sur le dallage mettre une natte épaisse ; poser un bourrelet au bas de la porte et à mi-hauteur des côtés : établir à la hauteur de la tête une prise d'air pur par la porte ou la fenêtre; pratiquer une ventouse prèsdu plafond pour l'échappement du mauvais air ; ventiler en grand, par un courant d'air, — sans y rester exposé, — dès qu'il s'est dégagé une edeur un peu forte, et après la préparation de chaque repas : employer fréquemment, et partout, la brosse et le savon. L'évier nécessite des soins spé-

MAISONS

MAISONS

ciaux. Plus tard, les architectes sauront les disposer de manière à ne pas en faire des foyers d'infection. On peut assainir les plus mal construits par de grands lavages avec une solution bouillante de potasse. Pour empêcher l'air impur de refluer par leur orifice, une soupape ou un bouchon de métal suffisent à la rigueur. Pour faire mieux, on couvre l'orifice d'un petit appareil filtrant, mobile, en forme de cloche, dont le bord ajouré repose sur une rainure pleine d'eau, de sorte qu'en laissant passer les liquides il s'oppose à la rentrée de l'air.

Les cabimis de toilette, garde-robes, débarras sont trop souvent des cabinets exigus, privés de lumière et d'air, laboratoires suspects où s'élaborent, fermentent et se multiplient les poussières, les miasmes, les vapeurs, les moisissures, les insectes. A tout cela, il faut de l'air, des nettoyages à fond renouvelés souvent. Le mieux serait de réunir dans une seule pièce nue, aérée, ensoleillée, toutes ces dépendances qui sont d'autant moins nécessaires que l'ordre règne davantage dans la maison. Bannissez les vieilleries de toute sorte ; si tout est en usage et en vue vous serez obligés de tout entretenir en bon état.

Tout est à faire, citez nous, dans la construction et l'aménagement des cabinets. La meilleure disposition est celle qui permet aux matières de se rendre directement à l'égout, en totalité ou après séparation des parties solides dans des appareils mobiles. Pour cela il faut un service d'eau abondant, des soupapes bien disposées et une ventilation spéciale des tuyaux, afin que l'air des égouts ne pénètre pas périodiquement dans l'habitation. Le système de fosses fixes est absolument barbare et homicide. Même lorsqu'elles sont munies d'un tuyau dévent pour les gaz en excès, elles infectent nécessairement les habitants chaque fois que s'abaisse la cuvette. De plus, il se produit toujours quelque fissure dans ce réservoir d'immondices, et le sol des caves, l'eau des puits se trouvent tôt ou tard souillés sans remède. De graves épidémies de fièvre typhoïde sont dues à cette cause. "A la fosse fixe' il faut donc absolument substituer la fosse mobile en attendant mieux.

Dans les campagnes le moyen le plus simple, le plus salubre consiste dans l'emploi de la terre sèche et pulvérisée ou des cendres sans valeur pour recouvrir immédiatement les matières qui sont tombées dans un tonneau. On ne perçoit aucune odeur, il n'y a pas de fermentation putride. Ce moyen est non seulement facile et hygiénique, mais il rembourse bien vite les frais minimes d'installation, car le contenu des tonneaux forme un excellent engrais. Il est facile d'improviser une trémie qui laisse tomber à volonté un peu de poussière sèche, mais à la rigueur on pourrait la verser de toute autre manière. Si l'on prend les précautions nécessaires et si l'on emploie assez de matières absorbantes, ce tonneau pourrait recevoir aussi tous les détritus de la cuisine. L'important, c'est que tout soit bien couvert et sec à la surface. La plus humble habitation rurale, munie de cet appareil, sera mieux partagée que les somptueuses maisons de Paris.

Un mot seulement sur les escaliers. C'est par eux, d'ordinaire, qu'arrive l'air extérieur lorsque les fenêtres sont bien closes. Il y aurait avantage et même économie à les chauffer en hiver au moyen d'un poêle, afin que l'air froid n'arrive pas subitement dans les pièces chauffées. Mais en tout cas, il importe qu'ils soient parfaitement aérés, car c'est aussi par l'escalier que le mauvais air d'un appartement s'introduit chez les voisins pour y porter la gène, le dégoût ou la maladie.

Les escaliers droits sont plus commodes que ceux dits tournants. Les marches ne devraient pas

avoir plus de 0m,16 de hauteur. On les fait d'ordinaire planes ou légèrement inclinées en avant, de sorte qu'il faut un effort musculaire considérable pour porter le corps en avant pendant qu'on l'élève; cet effort serait notablement diminué si l'on inclinait légèrement les marches en arrière.

L'ascension un peu rapide de quatre étages fait souvent monter le pouls de 72 à 130 pulsations par minnte. Les fonctions du cœur ei des poumons se trouvent donc gravement compromises pendant quelque temps, chaque fois qu'on renouvelle cette gymnastique. Les personnes disposées aux maladies de ces organes ou qui en sont déjà atteintes doivent tenir compte de ce fait. Vivre quelques étngesplus haut ou plus bas peut abréger ou prolonger notablement leur existence. Voici d'ailleurs un moyen pratique de réduire au minimum la fatigue de l'ascension. Prenez une longue et profonde respiration et gravissez doucement les marches jusqu'à épuisement de l'air lentement expiré : arrêtez-vous alors et recommencez la manœuvre ; vous serez surpris du soulagement produit par cette simple précaution.

Descendons un instant à la cave. \ous savons déjà que le sol doit être drainé, recouvert d'une couche épaisse de matériaux hydrofuges, puis de ciment ou de bitume. Les soupiraux seront ouverts toute l'année, protégés seulement par des barreaux de fer, et l'on fera en sorte que les corridors, les escaliers qui y conduisent soient secs et bien aérés. Cette pièce doit être aussi sèche, aussi salubre qu'une chambre à coucher, sans quoi elle répand dans la maison des exhalaisons, des miasmes, des germes de moisissures qui en font un véritable foyer d'infection. Le bois, les provisions, les tonneaux y seront disposés de telle sorte qu'une suneillance journalière permette de remédier au moindre accident, d'assainir aussitôt qu'on aura découvert de l'humidité ou des moisissures. Il faudrait des ordonnances de police pour obtenir la construction rationnelle des caves et l'assainissement de celles déjà construites. Tout ce qu'on peut faire comme palliatif, c'est de chauffer au moyen d'un poêle pour sécher les murs et le sol, d'élever tout ce que l'on y conserve sur des madriers ou mieux des pierres, et d'établir une ventilation aussi complète que possible.

L'hygiène des animaux est à peu près la même que celle des hommes. Si l'on veut en tirer tout le profit possible, on a intérêt à tenir sains et propres les locaux qui leur sont affectés. Ceux qu'on néglige le plus, les porcs, sont justement ceux qu'il importe de soigner davantage. La réforme sur ce point est partout possible ; il suffit d'en faire comprendre l'utilité, la nécessité. Même en supposant les écuries, les élables, les p>>rclieries, les poulaillers, les pigeonniers, etc., tenus avec la plus rigoureuse propreté, la nature même de ces annexes entraîne toujours l'accumulation de détritus et d'immondices d'où se dégagent des odeurs, des miasmes toujours désagréables et dangereux; ce sont des nids de parasites. Il est donc indispensable d'éloigner tous les bâtiments destinés aux animaux de ceux habités par les hommes.

C'est une erreur de croire, sur la foi de traditions sans fondement, que l'air des étables est hygiénique pour les gens sains ou malades. Mieux vaut coucher, bien couvert, dans une chambre froide que dans l'atmosphère d'une étable ou d'une écurie chauffée par les exhalaisons des animaux et toujours imprégnée de miasmes qu'une circonstance impossible à prévoir peut rendre dangereux. ,

Humidité. — Toute maison humide est malsaine. Au bout d'un certain temps ses habitants ressentent un trouble général des fonctions qui s'accuse par le lymphatisme, l'atonie, 1 anémie,

MAISONS

MALADIES

Je scorbut, les scrofules, les rhumatismes; la môme cause suffit pour causer des maladies mieux déterminées ou plutôt mieux localisées : angines, bronchites, fluxions de poitrine, pleurésies, hydropisies. C'est surtout l'humidité froide qui est dangereuse. Dans la môme maison et au môme étage, les pièces situées au nord seront meurtrières, tandis qu'on habitera sans trop d'inconvénients celles au midi.

Lorsque l'humidité tient à la construction même et non ;\ l'aménagement, elle est à peu près irrémédiable. Cependant il y a des palliatifs qu'on ne doit pas négliger. Le plus important, le plus efficace, c'est d'élever la température, en commençant par la cave et le rez-de-chaussée. C'est aussi le remède le plus facile à employer dans une maison à loyer, où l'on ne peut ou ne veut pas faire des dépenses d'amélioration. Un calorifère placé dans la cave avec bouches de chaleur dans les corridors, les escaliers et les pièces du rez-dechaussée, suffira presque toujours pour diminuer dans une forte mesure les dangers de l'humidité. Si ce moyen est trop dispendieux, que l'on chauffe avec des poêles, depuis octobre jusqu'en mai, les chambres habitées.

Si les réparations et améliorations sont possibles, la première consiste à drainer le sol sous le bâtiment et alentour. Cela suffira, dans bien des cas, pour sécher les caves et les murs du rez-dechaussée. Mais si les pierres poreuses, imprégnées de matières organiques, ont donné lieu à la formation de salpêtre qui recouvre leur surface d'une inflorescence blanche, l'assèchement du sol par le drainage ne suffira pas pour sécher les murs, parce que le salpêtre, substance hygrométrique, attire et retient l'humidité de l'air. Dans ce cas, le chauffage constituera le meilleur palliatif. On couvre souvent de lambris de bois les murs salpêtres; c'est un moyen de diminuer la proportion d'humidité qui s'exhale des murs, mais le bois pourrit infailliblement et la surface intérieur des lambris se couvre de moisissures dont la présence est toujours suspecte. On éviterait cet inconvénient en interposant une mince feuille de plomb entre le mur et le revêtement de bois.

La maison la mieux construite est humide longtemps après son achèvement. Les pierres perdent lentement leur eau de carrière; le mortier et le plâtre sèchent plus lentement encore. Habiter une maison nouvellement construite, essuyer les plâtres, comme l'on dit, c'est s'exposer sciemment et fatalement aux maladies causées par 1 humidité. Dans les grandes villes, on emploie maintenant des appareils de chauffage pour hâter l'assèchement des locaux neufs ; c'est une excellente mesure qu'il faudrait généraliser et rendre obligatoire, mais on se fait souvent illusion sur son efficacité et l'on ne continue pas assez longtemps le chauffage forcé pour permettre aux parties profondes des murs d'en éprouver l'influence.

Quelques moyens empiriques permettent d'apprécier le degré d'humidité d'une maison, d'une chambre. Le sel gris y devient promptement humide, la chaux vive pulvérisée se délite en fixant l'humidité de l'air et l'on peut apprécier la quantité d'eau absorbée en la pesant avant et après l'expérience.

A moins d'urgence, on ne doit habiter une maison qu'un an après son achèvement. Si l'on est forcé d'y vivre prématurément, le chauffage énergique et continu constitue la seule ressource pour atténuer l'influence dangereuse de l'humidité.

Dans une maison humide, la literie di;vra être exposée le plus souvent possible au soleil ; la toile sera bannie du lit et des vêtements; l'usage de la flanelle sur la peau est de rigueur.

En attendant qu'il ne soit plus permis de construire une maison contrairement aux lois de l'hy-

giène, il importe que chacun apprenne à reconnaître les qualités et les défauts des logement» tels qu'ils existent, et qu'on vulgarise les connaissances élémentaires au moyen desquelles une maison défectueuse peut être habitée avec le moins de risques. Lorsqu'on en comprendra l'importance, on choisira son logement avec plus de soin qu'on ne le fait d'ordinaire, et lorsqu'on sera forcé de vivre dans un milieu malsain, on s'appliquera à combattre les conditions défavorables par les moyens que nous venons de résumer.

[Dr Saffray.j

MALADIES. — Hygiène, XVI, XVIIf. — Chaque milieu exerce sur la santé une influence plus ou moins lente, plus ou moins manifeste, mais dont l'effet contribue toujours à maintenir, améliorer ou détruire la santé. L'école, considérée comme milieu au point de vue hygiénique, offre tous les inconvénients des locaux exposés à l'encombrement, source de mephitisme et de contagion. Nous traiterons plus loin (V. Travail, Vue) de l'influence spéciale du travail scolaire. Nous devons nous borner à donner ici quelques notions générales mais précises sur la malaaie, puis à signaler celles que les maîtres doivent s'efforcer de reconnaître dès le début pour interdire l'école aux enfants qui en sont atteints.

La santé et la maladie. — La santé est un état caractérisé par le fonctionnement régulier et concordant de nos organes, en harmonie avec le milieu où nous vivons. Cet état constitue un idéal dont nous trouvons peu d'exemples, surtout chez les peuples raffinés ; mais heureusement nous sommes organisés de telle sorte que nous pouvons nous en écarter sensiblement sans que notre existence se trouve compromise.

Entre la santé parfaite et la désorganisation qui produit la mort, on peut établir une série conventionnelle d'états intermédiaires commençant à l'indisposition et finissant à la maladie grave ou mortelle. Le langage usuel est suffisamment précis : par indisposition, on entend un désordre peu considérable et passager des fonctions; par maladie un désordre de longue durée. Au point de vue médical, le mot maladie indique, en outre, l'idée de lutte ou plutôt de réaction des organes contre une cause de désordre ou de destruction. Quelquefois un organe a reçu simplement une impression passagère, subite même. Cette impression atroUblé sa vie, sa manière d'être, il lui faut un certain temps pour rentrer dans son état normal. Souvent aussi l'impression a persisté, accumulant son influence, aggravant en proportion les troubles fonctionnels, de sorte qu'ils se prolongent longtemps après la cessation de la cause. Il peut arriver enfin que l'impression soit permanente et dès lors ne permette pas le rétablissement de l'équilibre dans les fonctions. Que cette impression provienne du froid, de la présence d'un gaz délétère, d'un liquide vénéneux ou de parasites microscopiques, le résultat est le même : il y a réaction contre la cause morbide en vertu d'une loi de notre nature, et ce sont les phases de cette réaction qui constituent la maladie.

Dans la plupart des cas la maladie ne consiste pas dans la présence matérielle d'un principe, d'un agent, d'une substance qu'il s'agit de détruire ou de chasser. Le plus souvent, lorsque les désordres fonctionnels se manifestent, la cause impressionnante a cessé d'agir, l'ennemi est hors de portée, il no reste que la réaction naturelle, qui constitue la maladie. Que trois personnes s'exposent ensemble au froid, dans des conditions identiques, l'une sera atteinte d'un coryza (rhume de cerveau), l'autre d'une fluxion do poitrine, la troisième d'une névralgie. Il n'y a eu qu'une cause, le froid; il n'a fait pénétrer dans l'économie aucun principe morbide matériel, mais il a causé trois impres-

MALADIES

MALADIES

sions qui ont affecté des points différents et se sont traduites par trois maladies distinctes.

Tout ce qui produit sur nos organes une impression perturbatrice peut devenir une cause de maladie. Ces causes peuvent être prochaines ou éloignées, externes ou internes, principales ou accessoires, générales ou locales, mécaniques, physiques, chimiques ou physiologiques. De plus, les causes sont prédisposantes ou déterminantes.

Parmi les causes prédisposantes de maladies, il y en a qui sont générales, qui affectent tous ceux qui y sont soumis ; telles sont : la pression atmosphérique, la composition do. l'air respiré, la quantité et Ja nature de la lumière, les climats, les saisons ,etc. ; elles produisent les maladies locales, les endémies. D'autres causes prédisposantes sont individuelles et dépendent de la personne même ou des circonstances spéciales de sa vie. De ce nombre sont : l'âge, le sexe, le tempérament, la constitution, les maladies antérieures, l'hérédité, les impressions morales, la profession, les habitudes, les aliments, le vêtement, l'exercice.

Les causes prédisposantes nous donnent seulement une aptitude à être affectés par d'autres causes plus spéciales que l'on appelle causes déterminantes, telles que le froid, le chaud, les écarts de régime, les chocs, les blessures, les caustiques. Parmi les causes déterminantes, quelques-unes ont un caractère spécifique, comme les parasites, les venins, les virus, les effluves, les miasmes, les eaux souillées, l'air confiné.

On appelle symptômes les troubles morbides qui se manifestent à nos sens. Les uns se rapportent aux fonctions, comme la difficulté de respirer, le manque d'appétit, la fréquence du pouls, la paralysie; les autres révèlent des altérations dans la structure intime ou dans l'apparence des organes : gonflement, rougeur, amaigrissement, ossification, etc. Quelques-uns frappent à première vue; d'autres ne se laissent découvrir qu'après un examen minutieux et méthodique. Parmi les symptômes, il y en a qui constituent l'aspect principal de la maladie, d'autres qui ne sont qu'accessoires; il faut distinguer enfin ceux qui appartiennent au désordre initial et ceux qui résultent de désordres dépendants de la maladie principale. Notons d'ailleurs que la maladie peut demeurer longtemps latente et ne se révéler par aucun symptôme bien déterminé.

Il arrive souvent que la maladie se propage par contact, par contagion, ou même par l'infection de l'eau ou de l'air qui deviennent les véhicules de la cause spécifique : c'est ce qui arrive pour les épidémies.

Toute maladie passe parles périodes d'invasion, de progrès, d'état et de déclin; quant à la durée, elles sont aiguës ou chroniques. Elles se terminent par la guérison, la substitution d'une autre maladie, l'altération permanente d'un ou plusieurs organes, ou parla mort. Notre organisme est disposé de telle sorte que la mort est la terminaison la plus rare.

Ces notions sommaires suffisent pour faire comprendre combien il est difficile, dans la plupart des cas, de former un diagnostic exact, complet, c'est-à-dire de reconnaître la nature de la maladie, les troubles fonctionnels et organiques apparents ou latents, principaux ou accessoires, etc. Mais le diagnostic ne suffit pas, il faut encore établir un pronostic, prévoir et prédire, dans certaines limites, la durée, la marche et la terminaison de la maladie.

Devoirs de l instituteur. — Seul le médecin est compétent pour établir un diagnostic assuré. Mais il importe que les parents, les instituteurs, apprennent à reconnaître les symptômes d'un certain nombre de maladies. Pour l'instituteur, c'est un devoir impérieux, car il doit refuser l'entrée

de l'école à tout enfant qu'il soupçonne atteint d'une maladie contagieuse. Il faut même qu'il soit pessimiste dans son appréciation, car le tort qu'il causera en faisant perdre à un enfant quelques heures de classe n'est pas comparable à celui auquel il expose le sujet lui-même et ses camarades, en usant de tolérance ou de temporisation. Dès qu'il soupçonne une maladie, il doit informer les parents et n'admettre l'enfant que sur un certificat du médecin constatant ou la bonne santé de l'enfant, ou le caractère non contagieux de la maladie, ou la guérison assez complète et ancienne pour que tout danger de contagion soit passé.

Qu'il soit donc bien entendu que l'instituteur, après avoir acquis les notions premières de l'hygiène médicale, ne sera pas apte à porter un diagnostic sûr. Il ne doit pas prétendre à cela. Mais la connaissance de ces notions élémentaires le mettra à même de reconnaître, avec une précision suffisante, certains caractères qui lui suffiront pour agir sans faiblesse comme sans légèreté. A défaut d'un diagnostic précis, qui est souvent difficile, même pour, le médecin, au début d'un certain nombre de maladies, il suffira que certains signes généraux indiquent un danger. Il importe de ne pas perdre de temps, quitte à se tromper et à croire malade un enfant simplement indisposé, car pour beaucoup de maladies contagieuses, le danger de diffusion commence avant le développement complet des symptômes. Ce que l'on doit demander aux instituteurs, aux directrices de salles d'asile, c'est bien moins un diagnostic de la maladie que la connaissance de certains signes caractéristiques, communs d'ailleurs à plusieurs affections, et qui suffisent pour faire isoler l'enfant qui les présente.

On peut ranger en deux grandes classes les maladies contagieuses : celles qui sont accompagnées de fièvre; celles dans lesquelles la fièvre n'existe pas. Les premières comprennent les maladies èruptives, les plus fréquentes et les plus graves parmi les affections contagieuses de l'enfance. La fièvre est donc un symptôme général suffisant pour motiver le renvoi d'un enfant à ses parents jusqu'à l'avis du médecin. Peu importe que l'on se trompe sur la nature de la fièvre et sur ses conséquences. S'il s'agit d'une indisposition passagère, l'enfant se rétablira mieux chez lui qu'à l'école, dont le séjour ne peut, dans ces conditions, lui être profitable en aucune façon. La fièvre la plus bénigne exige du repos, des soins, et celui qui en souffre est incapable de profiter du séjour à l'école. Il n'y a donc lieu d'avoir aucun scrupule à cet égard; tout enfant fiévreux doit être exclu de la classe. Cette précaution devient surtout impérative lorsqu'il règne une épidémie de fièvres èruptives. Il faut alors épier les moindres symptômes, éloigner le malade avant toute contagion et lui assurer un traitement immédiat.

Que l'on ne s'inquiète pas de reconnaître à quel genre de fièvre on a affaire. L'important c'est de savoir qu'elle existe. Le médecin lui donnera son vrai nom. Or il y a deux caractères auxquels les personnes les moins initiées à la médecine reconnaîtront la fièvre : augmentation delà température du corps, accélération du pouls. Il suffit de placer la main sur la poitrine, ou même d'ordinaire sur les joues, le front, pour reconnaître la chaleur insolite de la peau. II est bon de se servir toujours d'une montre pour constater l'accélération du pouls ; cependant avec un peu d'habitude (que l'on doit s'exercer à acquérir), les doigts qui pressent l'artère du poignet apprécient avec une approximation suffisante la dureté et la fréquence du pouls. La fièvre est ordinairement accompagnée de quelques symptômes accessoires : soif, frissons ou sueurs, manque d'appétit, langue blanchâtre, rouge ou sèche, alanguissement ou éclat des yeux,

MALADIES

MALADIES

mal de tête, fatigue, abattement ou excitation, délirante.

Nous allons passer en revue les maladies que les parents et les instituteurs, les directrices de salles d'asile, ont intérêt à connaître à cause de leur caractère contagieux.

Fièvres kiuttives. — Variole ou petite vérole. — Dès le commencement, douleur dans les reins, puis dans le dos et la poitrine, vomissements, lièvre intense. Il peut y avoir délire et convulsions. Du troisième au cinquième jour commence, à la face, une éruption de points rouges qui deviennent des taches, puis des pustules déprimées au centre. Du quatrième au sixième jour sétahlit la suppuration, accompagnée de fièvre. Du neuvième au dixième jour, les pustules se dessèchent, les croûtes tombent, laissant des taches rouges et des cicatrices. C'est pendant cette dernière période que la maladie se transmet le plus facilement par les poussières desséchées : il est utile, pour prévenir leur dissémination, de graisser la peau avec une pommade ou de l'enduire de glycérine. L'enfant devra être baigne plusieurs fois avant de rentrer à l'école.

La variole est rare dans les asiles et dans les écoles où les enfants ne sont admis qu'avec un certificat de vaccine, car d'ordinaire ils n'ont pas atteint l'âge où la vaccination cesse d'être efficace, puisque son action préservatrice dure une dizaine d'années. Mais en temps d'épidémie de variole, les instituteurs devront avoir soin de faire vacciner tous les enfants âeés de plus de dix ans.

Varicelle ou petite vérole volante. — C'est une maladie sans gravité. La fièvre, toujours peu intense, passe parfois inaperçue. On voit d'abord quelques taches rosées qui se développe n- en bulles grosses co:ume un petit pois. L'eau qu'elles contiennent se trouble, se dessèche et les croûtes qui en résultent tombent sans laisser de cicatrices. Le cuir chevelu est toujours atteint.

Rougeole. — Elle débute par un rhume de cerveau avec accès de fièvre, puis arrive une toux sèche. Quelquefois il y a des saignements de nez et de la diarrhée. Du troisième au quatrième jour apparaissent à la face, au cou, des taches rouges semblables à des morsures de puce, qui se réunissent en groupes irréguliers. Souvent elle se compliquï de bronchite assez grave. Cette affection de l'enfance est éminemment contagieuse, mais pour les petits malades qui gardent fa chambre et ne sont pas exposés au froid la terminaisen est presque toujours favorable.

La convalescence, qui dure une dizaine de jours, commence lorsque la peau se dépouille de son épidémie. Il est bon alors de la graisser ou de l'enduire de glycérine pour empêcher la dispersion des pellicules, source de contagion. Des bains sont nécessaires avant la rentrée à l'école.

Scarlatine . — Le début est celui d'un mal de gorge compliqué d'un accès de fièvre. Vers le deuxième jour, quelquefois dès le début, apparaît aux mains, aux pieds, à la face, aux articulations, à la partie interne des cuisses, une éruption de petites taches roses pointillées, accompagnée de lièvre, parfois d'un peu de délire. Le pointillé provient de points plus élevés qui deviennent de petites vésicules. Les articulations sont souvent douloureuses. Après deux ou trois jours les symptômes s'apaisent et l'épiderme commence à se détacher en larges écailles.

Quelquefois la maladie est si bénigne que la chute de l'épiderme appelle pour la première fois l'attention . Dans d'autres cas il survient à la gorge, au poumon, au cerveau, des complications sérieuses.

L'usage de la flanelle est indispensable pendant la convalescence, qui est longue et réclame des soins minutieux, surtout pour préserver du froid. Il faut au moins six semaines après la chute de l'é-

piderme pour que le danger de contagion soit passé En temps d'épidémie de scarlatine, on ferait bien de donner aux enfants, tons l< s deux jours, deux ou trois g'iutti's (],■ teinture de belladoi i . vertus préservatrices ne sont pas prouvées, mais à Cette dote c'est un médicament inoffensif et il semble avoir produit de bons résultats.

Il 01$. — Cette maladie se rapproche, sous certains rapports, des fièvres éruptives contagieuses, et nous pouvons, sans inconvénient, la mentionner ici.

Au début malaise, fièvre, gène vers l'articulation de la mâchoire, puis gonflement douloureux de la j/l 'anrfe parotide et des parties voisines. D'ordinaire, les deux côtés de la face sont pris se Bivement. La tuméfaction se résout, le plus souvent, au bout d'une huitaine de jours; quelque fois elle se porte sur d'autres organes.

Fièvre typhoïde (nommée aussi maligne, putride, muqueuse). — Le début n'est jamais brus que. L'enfant est abattu, il perd les fore l'appétit, puis la fièvre se déclare, accompagnée de mal de tète, saignement de nez, ballonnement du ventre, diarrhée fétide, stupeur, somnolence, délire ; du sixième au douzième jour apparaissent, sur l'abdomen et la poitrine, des taches semblables à celles produites par des piqûres de puce. Tels sont les symptômes de la première période. L'enfant cesse forcément de fréquenter l'école avant l'apparition des plus graves, mais sa présence est dangereuse dès le début ; par conséquent il importe d'agir aussitôt que les premières indications sont corroborées par le développement de la fièvre.

Maladies non fébriles. — Stomatite ulcéreuse.

— Les débuts sont peu marqués et n'appellent guère l'attention ; parfois cependant il y a un peu de fièvre. Les gencives, l'intérieur des lèvres et des joues, le voile du palais.se couvrent peu à peu d'ulcérations grisâtres, saignantes, qui s'aggravent assez rapidement. La fétidité extrême de l'haleine est ordinairement le premier symptôme que l'on remarque.

Angine diphtérilique ou maligne, couenneuse.

— Cette maladie éminemment contagieuse consiste dans la formation d'une exsudation membraneuse (fausse membrane, couenne) d'un aspect lardacé, jaunâtre ou noirâtre, qui recouvre d'abord les amygdales, puis l'arrière-gorge. Quand ces fausses membranes gagnent le larynx, la maladie prend le nom de croup. Il importe de ne pas confondre le croup, maladie terrible et parfois foudroyante, avec la laryngite striduleuse ou faux croup. Celuici débute brusquement par une toux rauque et sifflante, mais sonore ; c'est une affection principalement spasmodique. L'examen de la gorge ne montre pas de fausses membranes.

L'angine diphtéritique débute par un peu de gêne dans la gorge et d'enrouement, comme un cas de simple mal de gorge. Il ne faut donc jamais négliger de visiter avec soin cette organe, dès qu'un enfant y accuse un trouble quelconque. L'examen au moyen d'une cuiller dont le manche abaisse la langue suffit pour constater la présence ou l'absence de fausses membranes. A mesure que cellesci gagnent les fosses nasales, elles causent, un enchifrènement du nez avec écoulement plus ou moins abondant. Les glandes qui se trouvent en arrière de l'angle de la mâchoire s'engorgent, et le gonflement s'étend vers le cou.

Coqueluche. — C'est une affection nerveuse, contagieuse et épidémique. A son origine il n'est pas facile de la distinguer d'un simple rhume: cependant on remarque déjà que la toux se produit par quiiitet ou accès isolés et surtout la nuit. Cette période un peu indécise peut durer plusieurs semaines. Enfin la maladie prend son caractère spécial. L'accès débute par un malaise, puis la toux

MALADIES

MALADIES

ronvulsive se déclare par secousses rapides, presque ininterrompues, suivies d'inspirations sifflantes. Chaque accès se compose ordinairement d'un certain nombre de quintes qui se succèdent à peu d'intervalle, mais la première est la plus violente. Lorsque le calme se rétablit, l'enfant rejette des mucosités épaisses. Souvent les efforts produisent le vomissement. L'expectoration met fin à l'accès, qui dure environ une minute. Cette maladie se complique souvent d'accidents graves.

Dyssenterie ou fluc de sang. — Ce dernier nom suffit pour différencier la dyssenterie de la diarrhée. Celle-ci n'est qu'un catarrhe de l'intestin qui sécrète plus de mucus (glaires) qu'à l'état normal. Dans la dyssenterie, l'intestin enflammé sécrète du mucus mêlé à une exsudation sanguine. Les besoins d'aller à la garde-robe sont fréquents, les matières rendues sont, peu abondantes. Les coliques et le malaise obligent bientôt le malade à garder la chambre. Dès le début il faut empêcher l'enfant de se rendre aux cabinets d'aisance, car la dyssenterie peut être contagieuse.

Maladies parasitaires. — Gale. — On donne ce nom à une maladie de la peau causée par un petit insecte (aca)iis) long d'un tiers de millimètre et un peu moins large, qui ressemble à une microscopique tortue. Dans le principe, sa présence se décèle, particulièrement aux pieds, aux mains, aux poignets, par de petites vésicules qui produisent une vive démangeaison nocturne. Souvent elles ont été écorchées par les ongles et se trouvent remplacées par une croûte brunâtre. De la vésicule part souvent un sillon grisâtre ou brunâtre, long de quatre à cinq millimètres, semblable à une cututignure, et terminé par une petite bosselure plus foncée. Ce sillon est creusé la nuit par l'insecte, qui habite le fond du la bosselure et y dépose ses œufs.

Comme les poux, la gale a eu ses défenseurs : on la considérait comme un dépuratif digne de respect, voire môme de reconnaissance. Aujourd'hui, on s'en débarrasse le plus tôt possible en tuant l'insecte parasite, sans se préoccuper des conséquences chimériques attribuées à ce traitement rationnel par la médecine populaire.

L'insecte de la gale ayant dus habitudes nocturnes, la maladie se communique principalement la nuit ; cependant la contagion diurne est toujours possible, et l'isolement des enfants atteints s'impose jusqu'à parfaite guérison.

Teignes. — Nous admettrons ici trois teignes qui résultent de la présence de végétaux parasitaires analogues aux champignons, mais d'une organisation tout à fait élémentaire et si petits qu'on ne peut les reconnaître qu'à l'aide du microscope. Ces végétaux se propagent au moyen de semences d'une ténuité extrême, qui peuvent flotter dans l'air et disséminer la maladie. Mais le plus souvent la contagion provient du contact d'un objet imprégné de ces semences ou spees, comme un peigne, une brosse, une coiffure. En règle générale, il faut donc veiller à ce que les enfants ne s'exposent pas à ces contacts toujours suspects dans les agglomérations. Chaque teigne est caractérisée par un végétai particulier, dont le développement et la multiplication à la surface de la peau sont accompagnés de symptômes spéciaux.

La teigne proprement dite, ou teigne fiveuse, peut occuper toutes les régions garnies de poils, mais siège particulièrement au cuir chevelu. Les cheveux se décolorent, deviennent grêles, cassants ; il se forme à leur base des croûtes jaunàtrgs qui se rejoignent peu à peu sur des espaces assez considérables, et même envahissent toute la tête. Ces croûtes, formées de sérosité, de débris et de semences du végétal parasite, s'écaillent, tombent en poussière, et leur dispersion sème partout la maladie.

Dès le commencement, des démangeaisons annoncent l'invasion du parasite. Elles deviennent bientôt insupportables, et le cuir chevelu exhale une odeur fétide caractéristique. L'enfant atteint de teigne doit être éloigné jusqu'à complète guérison certifiée par le médecin.

La teigne tonsnrante doit son nom à ce qu'elle produit sur le cuir chevelu une véritable tonsure large de deux à cinq centimètres. Au début de l'invasion, les cheveux noirs deviennent rougeâtres; les blonds, d'un gris cendré; en même temps ils sont grêles et friables. Bientôt leur base se trouve étouffée par la végétation parasitaire et tous les cheveux se cassent à deux ou trois millimètres audessus du niveau de 1'épiderme. Le fond de la plaque ainsi tonsurée semble chagrinée, elle prend une teinte bleuâtre et laisse échapper une poussière prise. Quelquefois le mal est limité à une seule plaque, mais le plus souvent il se forme plusieurs centres qui gagnent de proche en proche.

La teigne décalvante ou pelade, au lieu de produire des plaques croùteuses ou des tonsures, fait disparaître entièrement les cheveux ou les poils de la partie attaquée. La peau reste unie, douce au toucher et très blanche. Les sourcils sont fréquemment le siège de cette variété de teigne. Elle est d'ailleurs plus envahissante que les autres et peut, de proche en proche, se répandre sur tout le corps.

Au début on ressent d'ordinaire une assez vive démangeaison, mais on ne remarque pas toujours dans la couleur et la nature des cheveux les changements qui annoncent l'invasion des autres teignes.

Souvent cette affection passe inaperçue pendant assez longtemps, de sorte qu'avec ses allures assez innocentes elle est, au fond, plus dangereuse, au point de vue de la contagion, que les autres variétés qui attirent promptement l'attention. Il y a donc liuu de surveiller périodiquement la tête des enfants pour signaler les premiers symptômes.

Ophtiialmies. — Toutes lus fois que les paupières sont tuméfiées et sécrètent du mucus ou du pus ou un mélange de liquides sanieux, on doit se hâter d'isoler et de faire traiter l'enfant atteint d'ophthalmie, sans s'inquiéter de savoir s'il s'agit d'ophthalmiediphtéritique, purulente ou autre. Dans tous les cas il. y a danger de contagion, et souvent la maladie fait des progrès si rapides que le médecin est impuissant. On doit donc toujours considérer l'oplithalmic comme grave et nécessitant des soins urgents. Surtout, que l'on ne perde pas de temps à essayer les recettes de familles, ou celles qu'offrent les guérisseurs de village. Il y a des ophtiialmies dans lesquelles il suffit de quelques heures perdues pour occasionner la perte des yeux.

Maladies du système nerveux. — Epilepsie, ou haut mal, mal caduc. — Cette terrible maladie peut se transmettre soit par suite de la frayeur que cause la vue d'une attaque, soit simplement par imitation. Il importe donc de savoir la reconnaître, afin d'isoler les enfants dès le début de l'attaque. Les maures useront pour cela de prudence et de discrétion ; ils se garderont bien de prononcer le nom de la maladie, et, en éloignant les élèves de leur camarade, ils auront soin de dire que c'est une indisposition passagère, qui réclame la tranquillité et l'isolement. On pourra donner à l'accident le nom de syncope, dire que l'enfant se trouve mal.

Quelquefois la personne épileptique prévoit, par certaines sensations, l'arrivée de l'attaque et peut s'y préparer; mais le plus souvent l'invasion de la crise est soudaine.

Quelquefois l'attaque est bénigne (petit mal;, c'est un vertige épileptique, qui consiste dans la perte de la connaissance et du mouvement. Tantôt le malade marche rapidement en ligne droite ou

MALADIES

Page 1