MAMMIFÈRES
•en tournoyant, puis tombe, la face pâle, les yeux fixes; tantôt le mal le surprend au milieu d'une phrase, d'un mouvement, et il demeure comme frappé de la foudre. Dans quelques cas il se remet presque aussitôt, achève l'action ou la phrase commencée, sans avoir conscience de ce qui est arrivé; dans d'autres, il demeure un peu assoupi et inconscient.
L'enfant sujet au petit mal doit ôtre l'objet d'une surveillance spéciale; si les attaques sont rares et bénignes, il serait sans doute rigoureux de lui refuser l'entrée de l'école; mais on a lieu de craindre que la maladie ne prenne la forme plus grave du grand mal, qui est une cause d'exclusien.
Au moment de l'attaque, l'enfant pâlit, pousse d'ordinaire un cri, et tombe sans connaissance. Le corps se raidit, puis s'agite en mouvements convulsifs de plus en plus violents. L'insensibilité est complète. La face devient ronge violacée, les traits grimacent, une écume abondante sort de la bouche. Peu à peu le calme se rétablit, la face pâlit, un assoupissement profond remplace l'agitation convulsive.
L'attaque dure ordinairement de deux à dix minutes, mais elle peut se prolonger pendant plusieurs heures. Il est inutile de chercher à contenir le malade, on doit se borner à le placer de telle sorte qu'il ne puisse se blesser.
Attaque de nerfs. — Il est rare que cette affection atteigne les petites filles en âge d'école ; cependant on doit savoir la reconnaître, surtout pour ne pas la confondre avec l'épilepsie. Une ■émotion violente, une contrariété sont les causes ordinaires de l'attaque de nerfs, qui n affecte pas le sexe masculin. Elle est remarquable par l'agitation générale, les cris, les pleurs, rarement ac- -compagnés de la perte de connaissance.
Si une enfant est sujette aux attaques de nerfs, sans qu'on puisse les attribuer à une cause fortuite et extraordinaire, il devient nécessaire de l'éloigner de l'école jusqu'à guérison complète. C'est, en effet, une des maladies qui se transmettent le plus facilement par imitation, et une fois produite elle peut dégénérer d'une façon, alarmante.
Churée ou Danse de Saint-Guy. — Les filles sont particulièrement sujettes à cette névrose, qui consiste en mouvements involontaires, irréguliers, ordinairement bornés à un membre, au cou, à la face, mais qui peut se généraliser. Tout enfant atteint de cette maladie doit être éloigné de l'école, car c'est une de celles qui se propagent par imitation.
Tic convulsif. — Il consiste en mouvements locaux habituels, involontaires, de certains muscles et particulièrement de ceux de la face. Ce tic non douloureux fait faire des grimaces grotesques ou hideuses, dont la vue est une cause de désordre ou de dégoût. De plus, les enfants sont portés à les imiter, par raillerie d'abord, puis sous l'influence de ce que l'on a nommé la contagion nerveuse, c'est-à-dire l'imitation inconsciente. Une fois l'habitude prise, le tic acquis devient aussi rebelle que la maladie naturelle. Pour tous les cas un peu marqués, il y a donc lieu d'exclure de l'école les enfants atteints du tic do la face.
Les indications sommaires que nous venons de donner ne constituent pas pour les non initiés des connaissances médicales, et ils ne doivent point s'en prévaloir à ce point de vue. Elles suffisent toutefois pour permettre à ceux qui ont charge d'enfants d'exercer sur leur santé une surveillance intelligente, afin de remplir le devoir délicat mais impérieux de les exclure de la classe dès qu'ils présentent les symptômes des maladies que nous venons d'énumérer. Ils y apporteront toujours le tact, l'humanité, les formes bienveillantes, qui adouciront, pour les parents et pour
Les élèves, la rigueur de mesures pénibles, mais nécessaires pour sauvegarder la saute de l'école et assurer aux malades un traitement immédiat.
[Dr Saffray.]
MAMMIFÈRES. — Zoologie, IV. — On sait que les animaux peuvent ôtre répartis en un certain nombre de groupes principaux, ou embranchamonts, dont le premier est constitué par les Vertébrés, c'est-à-dire par des êtres très élevés en organisation et pourvus d'une charpente solide qui est elle-même formée de pièces osseuses ou vertèbres, tandis que le dernier renferme des êtres d'une simplicité extrême, les Zoophj/fes et les lnfusoires, qui touchent par certains côtés au règne végétal. A leur tour ces embranchements se subdivisent en groupes secondaires ou classes. Les Vertébrés, par exemple, comprennent cinq classes : les Poissons, les Batraciens, les Reptiles, les Oiseaux et enfin les Mammifères, qui occupent le sommet de la série et dont nous allons dire quelques mots.
Les Mammifères,étantles premiers des Vertébrés, sont par cela môme le« premiers des animaux, et ils ont à leur tête l'espèce humaine, en faveur de laquelle on a voulu parfois créer un ordre, une classe ou même un règne à part.
A première vue, les mammifères se distinguent des vertébrés des autres groupes par leur forme extérieure et par la nature de leurs téguments. En effet, leur corps est ordinairement muni de quatre membres qui servent tous à la locomotion, ou qui peuvent être affectés en partie à la préhension des aliments; la tète est distincte et le corps est très souvent recouvert de poils. Mais il n'en est pas toujours ainsi : certains mammifères aquatiques en effet, tels que les baleines, ont la tête confondue en arrière avec le tronc, les membres antérieurs transformés en nageoires, les membres postérieurs atrophiés, le corps presque glabre, surmonté d'une nageoire dorsale et terminé par une nageoire caudale; bref, ces animaux aquatiques ont tout à fait l'apparence des poissons, avec lesquels on les confond trop souvent. Les baleines cependant ont le même mode de développement que les autres mammifères, comme eux elles produisent des petits vivants, comme eux elles les nourrissent dans les premiers temps avec du lait, liquide sécrété par des organes particuliers nommés mamelles.
Il n'y a en effet qu'un nombre assez restreint de mammifères qui naissent les yeux ouverts et qui soient capables de courir immédiatement à droite et à gauche à la recherche de leur nourriture. La plupart ont besoin des soins de leurs parents; quelques-uns même viennent au monde dans un tel état de faiblesse qu'ils doivent s'abriter, pendant un certain temps, dans une poche disposée sous le ventre de la mère. C'est le cas de> kangourous, des sarigues, dontil seraquestion dans un autre article (V. Marsupiaux).
Les poils qui couvrent les diverses parties du corps des mammifères varient beaucoup sous le rapport du nombre, de la longueur, de la qualité et de la couleur.
Les uns, comme les cheveux de l'homme, sont longs, souples, et fins; d'autres au contraire, comme les piquants du porc-épic, sont épais et asse", durs, assez aigus pour constituer des armes défensives ; d'autres encore s'aplatissent en écailles de manière à former la cuirasse des tatous et des pangolins ; ceux-ci sont d'une seule couleur; ceuxlà marqués de zones ou d'anneaux, etc.
La forme du corps des mammifères est déterminée par le squelette, qui offre en général la même disposition que dans l'espèce humaine. On constate cependant dans certains groupes des modifications de détail : le nombre des vertèbres de la région antérieure ou de la partie postérieure du