MAMMIFÈRES
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corps augmente ou diminue suivant que la tête est portée sur un col allongé, comme chez la girafe, ou bien au contraire enfoncée dans les épaules, comme chez l'ours ; suivant que la queue est bien développée, comme chez le lion, ou rudimentaire, comme chez le cerf. De même la forme, la longueur et le nombre des dents sont en rapport avec le régime; les mammifères qui vivent de racines tt de graines dures ont des incisives bien développées, ceux qui mangent de l'herbe ont de larges molaires, ceux qui se nourrissent de chair, de puissantes canines.
Sans être aussi profondément déguisés que les baleines, s'il est permis d'employer cette expression, certains mammifères marins, les phoques, ont déjà les extrémités de leurs membres disposées en forme de rames ; d'autres au contraire, qui pour chercher leur nourriture ou pour échapper à leurs ennemis doivent courir rapidement à la surface du sol, ont les pattes longues et grêles, la portion correspondant au cou-de-pied et au poignet s'étant étirée pour ainsi dire et le nombre des doigts s'étant réduit. C'est le cas des chevaux, des cerfs, des antilopes, etc. Chez la taupe, tous les os des bras ont subi une modification précisément inverse ; ils sont extrêmement courts et massifs, et la main affecte la forme d'une large pelle. La tète présente également chez les mammifères une très grande variété de formes ; elle est tantôt épaisse et arrondie, tantôt allongée et pointue : les oreilles sont tantôt à peine distinctes, tantôt longues et dressées ; la région frontale est parfois surmontée d'appendices simples ou ranieux, droits ou recourbés, qu'on appelle des bois ou des cornes suivant qu'ils sont caducs ou qu'ils persistent pendant toute la durée de la vie de l'animal. Quelquefois enfin, comme chez l'éléphant, le nez s'allonge démesurément et constitue une trompe au moyen de laquelle l'animal peut saisir les objets, cueillir des feuilles et les porter à sa bouche, ou se défendre contre ses ennemis.
Nous avons déjà rappelé que les dents ne sont pas disposées chez tous les mammifères suivant un plan uniforme ; quelquefois même ces organes sont remplacés, comme chez les baleines, par des lames cornées ou fanons, ou simplement, comme chez les ornithorhynques, par des lames garnissant les bords du museau et ressemblant au bec d'un oiseau palmipède. Signalons encore, pour terminer ce qui est relatif à l'appareil digestif, la nature plus ou moins complexe de l'estomac, qui, chez les mammifères herbivores dits ruminant*, 6e décompose pour ainsi dire en plusieurs parties distinctes; les dimensions plus ou moins considérables de l'intestin, le développement inégal des glandes salivaires, du foie, du pancréas, etc.
L'appareil respiratoire et l'appareil circulatoire présentent une plus grande fixité ; le premier en effet est toujours constitué par une trachée-artère, des bronches et des poumons à petites cellules; le second par des artères, des veines et un cœur à quatre cavités, deux oreillettes et deux ventricules.
Nous ne saurions, sans sortir des bornes qui nous sont tracées, insister sur les degrés de perfection que peuvent offrir le système nerveux et les organes des sens ; nous avons eu du reste l'occasion de signaler ailleurs la finesse de l'odorat chez le chien , la délicatesse de l'ouïe chez le cheval, la faiblesse de la vue chez la taupe, et nous avons montré que les différences de cet ordre sont en rapport avec les mœurs de l'animal et les conditions dans lesquelles il se trouve placé.
En étudiant le genre de vie, le régime, les allures, la physionomie et la structure intime de tous les mammifères, on est parvenu à découvrir entre eux, soit des points de contact, soit des dissemblances, et par suite on a pu les distribuer
en un certain nombre de groupes d'importance diverse, en espèces, en genres, en familles, en tribus et en ordres. Quelques-uns de ces groupes sont nettement définis et par conséquent admis sans conteste par tous les naturalistes ; d'autres, au contraire, se fondent les uns dans les autres par des transitions insensibles, de sorte qu'il est difficile de leur assigner des limites précises, et que tous les auteurs ne leur attribuent pas une égale étendue. Tout le monde n'étant pas d'accord du reste sur la valeur qu'il convient d'attribuer à tel ou tel caractère, il y a de notables divergences entre les classifications proposées successivement pour la subdivision intérieure de la classe des mammifères.
La classification que nous indiquerons ici, et qui est empruntée aux savants les plus autorisés, repose principalement sur les modifications qui existent dans le mode de développement des mammifères, dans la conformation de leurs membres et dans la disposition de leur système dentaire.
Nous avons dit plus haut que certains mammifères naissent dans un état d'imperfection extrême, tandis que d'autres, et ce sont les plus nombreux, au moins dans la nature actuelle, viennent au monde avec tous leurs organes ; chez les premiers, les deux hémisphères du cerveau offrent une structure peu compliquée et restent indépendants l'un de l'autre ; chez les derniers, au contraire, ces mêmes parties sont marquées à leur surface de sillons plus ou moins nombreux et rattachés l'un à l'autre par un corps calleux ou mésolobe. On peut donc subdiviser immédiatement la classe qui nous occupe en deux grandes catégories: 1° les Mammifères di'delplnens ; 2° les Mammifères monodelphiens.
Les Mammifères didelphiens à leur tour comprennent deux groupes secondaires ou ordres : les Marsupiaux et les Monotrèmes, qui sont chacun l'objet d'un article spécial. De leur côté, les Mammifères monodelphiens se composent de Mammifères ordinaires, conformés pour vivre ordinairement à terre, et ayant par conséquent le corps couvert de poils et porté par quatre membres, et de Mammifères pisciformes, conformés pour une existence aquatique et ayant le corps presque nu, terminé en arrière par une nageoire, privé de pattes postérieures et muni seulement de membres antérieurs complètement transformés. Les Cétacés et les Siréniens (V. Cétacés) constituent à eux seuls la catégorie des Mammifères pisciformes; mais il y a un beaucoup plus grand nombre de Mammifères ordinaires.
En tête de ceux-ci se placent les Bimanes, groupe composé de l'espèce humaine (V. Races humâmes); puis, à un niveau notablement inférieur, viennent les Quadrunumes , c'est-à-dire les Singes et les Lémuriens (V. Singes); plus bas encore les Chiroptères *, les Insectivores *, les Rongeurs ', les Carnivores ordinaires*, les Carnivores mariîis qu'on appelle aussi les Amphibies *, les Proboscidiens * ou Eléphants, les Porcms*, les Jumentés (ces trois derniers groupes étaient autrefois réunis en un seul et formaient l'ordre des Pachydermes *) ; enfin les Ruminants *.
Pour l'étude détaillée de ces différents ordres, nous renvoyons le lecteur aux notices particulières qui leur sont consacrées dans le corps du Dictionnaire. [E. Oustalet.]
MAPPEMONDE. — Géographie générale, I. — Forme du globe. — On connaît depuis fort longtemps la forme du globe que nous habitons, puisque Thaïes de Milet, 600 ans avant l'ère chrétienne, enseignait déjà sa sphéricité. Mais ce ne fut que deux mille ans plus tard, au début du xvie siècle, que Magellan, en accomplissant pour la première fois la circumnavigation de la terre, vérifia par l'expérience
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la réalité de cette théorie. Des lors aussi, on connut à grands traits la distinction des eaux et des terres émergées à la surface du globe, connaissance qui devient chaque jour plus complète à mesure que les nations civilisées pénètrent davantage chez les peuples encore barbares, s'ouvrent de nouvelles routes que les difficultés matérielles avaient jusqu'ici tenues fermées, ou, perfectionnant leurs procédés d'expérimentation, mesurent d'une manière plus précise les dimensions de la terre, et les coordonnées géographiques ainsi que l'altitude de chaque lieu.
Les mers et les terres. — Quoiqu'on n'ait pas encore pu délimiter autour de chaque pôle l'espace occupé par les terres et celui qui, bien que couvert par les glaces, se rattache aux mers, on peut dire que les trois quarts de la surface du globe sont du domaine de l'océan.
Leur distribution sur le globe. Les grands océans. — La distribution des continents et des mers n'est pas uniforme sur les diverses parties du globe. Au sud de l'équatcur les océans sont beaucoup plus étendus qu'au nord, et entre les côtes occidentales de l'Amérique et les côtes orientales de l'Asie, l'immense océan Pacifique couvre à lui seul près de la moitié du globe.
A l'est de l'Amérique, Yocéan Atlantique, bien moins vaste que le Pacifique, puisqu'il n'a que 3500 kilomètres de largeur entre la côte du Brésil et celle de Guinée, a néanmoins suffi pour isoler l'ancien et le nouveau monde jusqu'à Christophe Colomb. Aujourd'hui les navires le traversent en une dizaine de jours entre l'Europe et l'Amérique du nord. Le troisième grand océan, celui des Indes, qui s'étend au sud de l'Asie et à l'est de l'Afrique, n'a été traversé dans son entier qu'au xvie siècle, lorsque les Portugais abordèrent aux îles de la Sonde, et les Hollandais à la côte d'Australie.
Avec les océans qui s'étendent probablement jusque sous les glaces des deux pôles, et que, pour cette raison, on appelle océan glacial du nord ou océan Arctique, océan glacial du sud ou océan Antarctique, les trois grands océans que nous venons de nommer forment les grandes divisions maritimes du globe.
Les continents. — L'ancien continent, constitué par la réunion de l'Asie, l'Afrique et lEurope, est baigné par ces trois océans et l'océan Arctique. Le nouveau continent formé par l'Amérique est enveloppé par l'océan Pacifique, l'océan Atlantique et l'océan Arctique.
De ce dernier côté, les deux continents ne sont séparés l'un de l'autre que par le détroit de Behring, et la chaîne des îles Aléoutiennes, jetées à la rencontre de la presqu'île asiatique de Kamtchatka, constitue un second trait d'union entre les deux mondes. Peut-être, à une époque inconnue, des tribus asiatiques, émigrant de proche en proche, ont-elles suivi cotte route pour venir peupler le continent américain.
Au nord-est de l'Amérique, le Groenland et l'Islande jalonnent aussi le chemin de l'Europe, et les navigateurs Scandinaves ont ainsi trouvé la route du Labrador avant que Colomb n'abordât à son tour sur le nouveau continent.
C'est donc par le nord que les terres sont le plus voisines, c'est de ce côté qu'elles tournent leurs rivages les plus étendus. Au sud, au contraire, 'lins se terminent par des promontoires étroits : i" i 'i> 1 1 uni pour l'Amérique du sud, le cap de Bonne-Espérance pour l'Afrique, le cap Comorin pour l'Inde, le cap Romania, à l'extrémité de la presqu'île de Ualacca, pour rindo-Chine.
i <■< mers m conda \ret. Le» grands golfes et les archipel» — Entre ces caps, ies océans Pacifique. Atlantique et Indien s'ouvrent de larges débouchés sur l'océan Antarctique. Au nord, au contraire,
la communication avec la mer polaire ne se fait largement qu'entre l'Europe et le Groenland, et elle est réduite à des détroits à l'est et à l'ouest de l'Amérique.
Nous avons déjà cité le détroit de Behring; le canal de Baffin, qui sépare le Groenland des terres de Parry, se partage en plusieurs canaux. A l'ouest, le canal de Lancastre forme l'entrée du passage N.-O. Au nord, le canal de Smith conduit dans la mer paléocristique, c'est-à-dire de glaces anciennes, où l'homme a gagné jusqu'à présent la plus haute latitude, 83° environ.
Lesrivagesdc l'océan Pacifique se développenten courbes régulières du côté de l'Amérique, où l'on ne remarque que la presqu'île de Californie et le golfe ou la mer Vermeille qui la sépare du Mexique, puis, au nord, les archipels de l'Alaska et de la Colombie britannique, et au sud, ceux du Chili et de la Patagonie. Du côté de l'Asie au contraire, le Pacifique projette une suite de mers intérieures, celles de Behring, d'Okhotsk, du Japon , la mer Jaune, la mer de Chine, que dés presqu'îles comme le Kamtchatka et la Corée, et des archipels, comme les Aléoutiennes, les Kouriles, les îles du Japon, les Philippines couvrent du côté du large.
La mer des Indes entame aussi le continent par de vastes golfes, ceux du Bengale et d'Oman, les golfes Persique et Arabique ou mer Rouge.
L'océan Atlantique découpe encore davantage les rivages de l'Europe. L'étroit canal de Gibraltar débouche dans la Méditerranée, dont les rivages partagés entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique ont été le berceau de quelques-unes des plus antiques civilisations. La Manche et le Pas-de-Calais, la mer du Nord et la Baltique pénètrent au loin dans l'intérieur des contrées septentrionales de l'Europe.
Allant au-devant du golfe Arabique, la Méditerranée faisait de l'Afrique une presqu'île rattachée à l'Asie par le seuil bas et étroit de l'isthme de Suez, avant qu'on n'y eût ouvert le canal maritime qui en fait actuellement un des principaux points de passage du commerce.
Du côté de l'Amérique, l'océan Atlantique projette sur les côtes de l'Amérique centrale la mer des Antilles, qui, avec le golfe du Mexique, forme la séparation entre l'Amérique du nord et l'Amérique du sud, et qui n'est séparée de l'océan Pacifique que par l'étroi asthme de Panama, où un canal maritime fera bientôt sans doute penaant au canal de Suez.
Dans l'océan glacial Arctique, il faut citer l'archipel qui couvre l'Amérique. Au sud de cet archipel s'ouvre sur le continent la vaste baie d'IIudson; puis, à l'est du Groenland, d'où descendent les plus vastes glaciers du monde, le Spitzberg et la terre nouvellement découverte de François- Joseph forment des archipels presque toujours couverts de glaces. La Nouvelle-Zemble enveloppe au nord-ouest la mer de Kara, limite commune de l'Asie et de l'Europe. Au nord de ce continent, la mer Blanche entame profondément le rivage de la Russie.
C'est au long de l'océan Indien qu'on trouve les plus vastes lies du monde, l'Australie qu'on appelle quelquefois le troisième continent, Madagascar, la Nouvelle-Guinée, Bornéo, Sumatra. On ne trouve, au contraire, dans tout l'océan Pacifique, au nord de la Nouvelle-Zélande, qu'un très grand nombre de petites îlus. Dues pour la plupart aux constructions des coraux, elles semblent les embryons d'un continent en formation.
Le relief des continents. — Les montagnes, qui Surgissent sur le sol des continents, n'y sont pas
plus Bymétriqu eut distribuées que les eaux à
la surface <lu globe. 11 y a des îles fort petites où s'élèvent des pics très élevés. Chacun connaît de
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réputation le pic de Ténériffe dans les Canaries, qu'on aperçoit de 40 lieues en mer. Java et les autres îles de la Sonde, Hawaï au centre du Pacifique, renferment de nombreux pics de 3 à 4000 mètres d'altitude.
Sur los continents, c'est au pourtour des océans plutôt qu'au centre des terres qu'on rencontre les chaînes et les sommets les plus élevés. Ainsi l'océan Pacifique est enfermé, en Amérique, par la chaîne des Andes, la Sierra-Nevada de Californie, le mont Saint-Eiie et le mont Beautemps de l'Alaska, où l'on trouve des sommets de 40UO, 5 000, 6 000 mètres d'altitude et au delà, à quelques lieues de la côte. En face, sur les rivages de l'Asie, les volcans du Kamtchatka, des îles du Japon, et les Alpes de l'Australie ferment cette ceinture, sur laquelle se rencontrent presque tous les volcans du globe qui n'ont pas encore perdu leur activité.
L'Himalaya, où se trouvent les plus hautes sommités de la terre, n'est pas au centre du continent asiatique ; le Caucase unit la mer Noire à la Caspienne, et c'est presque au bord de celle-ci • lue s'élève en Perse le haut mont Démavend. En Europe, le pied de l'Etna baigne dans la mer Ionienne, la Sierra Nevada d'Espagne borde presque le détroit de Gibraltar, les fjords de la Norvège découpent les hautes montagnes de la Scandinavie. En Afrique, les monts Camérones se dressent au bord du golfe de Guinée, et le Kénia et le Kilimandjaro non loin de l'océan Indien. Et l'on pourrait encore multiplier ces exemples.
Les grands bassins. — Les versants que séparent les montagnes sont donc très inégaux en étendue. L'océan Pacifique ne reçoit que trois fleuves considérables, le Kiang, le Hoang-Hô et l'Amour. L'Amérique ne lui envoie que l'Orégon et le Colorado, ce dernier aux eaux rares.
C'est dans l'Atlantique ou ses dépendances, au contraire, que débouchent les deux fleuves les plus considérables du monde par la masse de leurs eaux, l'Amazone et leLivingstone, les fleuves les plus longs par l'étendue de leur cours, le Mississipi, le Nil, et d'autres encore très considérables, comme le Saint-Laurent, 1 Orénoque, la Plata.
Les glaciers du Tibet s'écoulent dans l'océan Indien par le Gange, le Brahmapoutre et l'indus, et les eaux de la Sibérie vers l'océan Arctique par la Lena, ITéniséi, l'Obi.
Au centre des continents, la sécheresse est assez forte pour que l'évaporation sur les nappes où se réunissent les eaux compense l'apport de fleuves quelquefois considérables. La Caspienne boit ainsi le Volga, le fleuve le plus long de l'Europe, dont le bassin couvre la moitié de la Bussie ; l'Aral absorbe le Syr et l'Amou-Daria descendus des hauts glaciers du Pamir. La mer Morte boit le Jourdain. Le Balkachi et plusieurs lacs de la Mongolie jouent le même rôle. Il en est ainsi du lac Tchad, en Afrique, du lac Salé dans les Etats-Unis, du Titicaca en Bolivie, et de quelques nappes de la Confédération argentine dans l'Amérique du Sud.
Lu circulation des eaux. Les courants maritimes. — Les eaux des océans, échauffées par le soleil sous l'équateur, s'élèvent et font place dans les profondeurs de la mer à des eaux plus froides et plus lourdes telles que celles des contrées plus éloignées de l'équateur : il tend donc naturellement à s'établir à la surface de la mer un courant se dirigeant de l'équateur vers chacun des pôles, tandis qu'en dessous de ce courant superficiel règne un courant inverse dirigé vers le foyer d'appel.
Mais les eaux à l'équateur, entraînées dans le mouvement de rotation de la terre de l'ouest à l'est, sont animées dans ce sens d'une vitesse plus grande que les points du globe situés sur des parallèles plus élevés, puisque dans les vingt-quatre
heures elles doivent parcourir la circonférence de l'équateur, plus grande que celle d'un parallèle. Les eaux qui s'éloignent de l'équateur doivent donc s'incliner vers l'est, tandis que celles qui se rapprochent de l'équateur doivent, pour une raison inverse, incliner vers l'ouest.
La rotation de la terre détermine une autre nature de courants. Les eaux et l'atmosphère enveloppant le globe ne le suivent pas aussi vite dans son mouvement de rotation que les corps attachés à sa surface. Ces eaux, comme l'air, semblent donc reculer par rapport aux rivages dans le sens de l'est à l'ouest. C'est ce qu'on appelle les courants équatoriaux, situés au nord et au sud de l'équateur. Ils ont pour contre -partie un contre-courant équatorial suivant l'équateur même dans le sens de l'ouest à l'est.
Le Gulf-strcam. — Parmi les principaux courants maritimes il faut citer celui duGulf-stream.Issu du golfedu Mexique, cecourantsunlescôtesdesEtats- Unis, traverse l'Atlantique, où il se bifurque en deux grandes branches. L'une d'elles baigne toutes les côtes de l'Europe occidentale, les réchauffe, y verse des pluies bienfaisantes et s'étend au nord de la Scandinavie jusque dans les parages compris entre le Spitzberg et la Nouvelle-Zemble. 1 a seconde branche du Gulf-stream s'infléchit au sud le long des côtes de l'Afrique. Une troisième branche intermédiaire vient contourner le golfe de Gascogne.
Le Kouro-Sii o. — Un second courant analogue au Gulf-stream part des côtes du Japon, traverse le Pacifique et vient baigner les côtes de l'Amérique septentrionale. C'est le Kouro-Sivo, dont les effets, analogues à ceux du Gulf-stream, donnent à la Californie un climat pareil à celui du Portugal, et à l'Alaska celui de la Norvège.
Les deux courants froids les plus remarquables sont celui qui arrive du pôle nord le long des côtes du Labrador, en charriant de grandes montagnes de glaces descendues des glaciers du Groenland. Ces montagnes fondent à la rencontre des eaux plus chaudes dans le voisinage de Terre- Neuve, y déversant au fond de la mer les pierres et les autres matières solides qu'elles tenaient enfermées dans leur masse. C'est là l'origine du fameux banc. Au delà le courant froid, poursuivant sa route, plonge sous les eaux chaudes du Gulf-stream et reparaît ensuite à la surface à l'ouest des Bermudes. L'n autre courant froid venant du pôle antarctique refroidit les côtes du Chili et du Pérou.
Les courants maritimes ont une grande influence sur le climat des pays qu'ils baignent. Ils servent aussi à faciliter ou à entraver la marche des navires. C'est d'après l'étude qu'on en a faite qu'on trace aujourd'hui la route la plus sûre et la plus rapide à suivre pour se rendre d'un point à un autre. Mais plus d'un marin inexpérimenté aura été jeté hors de sa route par un courant dont il n'a pas été le maître. N'est-ce pas ainsi sans doute que les terres isolées de la Polynésie avaient été successivement découvertes et peuplées par des blancs sortis de l'Asie? Qui sait même si les ancêtres des Indiens d'Amérique n'avaient pas ainsi traversé toute l'étendue du Pacifique?
Les vents réguliers. — Les vents n'ont pas une influence moins grande sur les climats que les courants maritimes. De même que les eaux marines, l'air est appelé constamment des pôles vers le point au zénith duquel se trouve le soleil dans la zone torride, et comme le foyer d'appel se trouve animé dans le mouvement de rotation de la terre d'une vitesse plus grande que les parallèles d'où viennent ces vents, ils semblent se diriger vers l'ouest en se rapprochant de l'équateur. Ces vents, qui se nomment les alises, sou fil •mt ainsi du nord-est au sud-ouest dans l'hémisphère
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nord, du sud-est au nord-ouest dans l'hémisphère sud pour les océans Pacifique et Atlantique. Dans la merdes Indes, le soleil passant alternativement au nord et au sud de l'équateur, le foyer d'appel se trouve différent pendant le printemps et l'été de ce qu'il est pendant l'automne et l'hiver. Durant cinq mois la mousson souffle du nord-est, et pendant cinq autres mois du sud-ouest. Chacune des deux moussons est séparée par un mois de calmes.
Les vents alises et les moussons, reconnus depuis longtemps par les marins des nations les moins civilisées, ont joué le plus grand rôle dans les pérégrinations et les émigrations de ces peuples. Les Arabes, les Malais, les Hindous n'entreprennent leurs voyages qu'àl'époquede la mousson favorable. (V. Courants.)
Climats. Division de la terre en cinq zones. — Le climat d'un lieu tient tout d'abord à sa latitude ; et c'est ainsi qu'on partage la terre en cinq zones : au centre, la zone torride comprise entre les deux tropiques, et dont chaque point voit le soleil passer à son zénith au moins pendant un des jours de l'année ; puis les deux zones tempérées, situées entre chaque tropique et le cercle polaire du même hémisphère, dont les habitants, sans jamais avoir le soleil à leur zénith, ne le perdent du moins jamais de vue pendant vingt-quatre heures consécutives ; et enfin les deux zones polaires, qui ont au moins une nuit et un jour de vingt-quatre heures chacun par an.
Mais l'altitude, l'exposition, le voisinage des océans ou des montagnes, le régime des vents et des pluies, la nature même du sol viennent modifier singulièrement l'uniformité du climat à laquelle seraient soumis les points de même latitude, si cette dernière circonstance seule était déterminante.
Les températures moyennes les plus élevées se rencontrent dans l'hémisphère septentrional sur le Soudan en Afrique, le golfe du Bengale en Asie, la mer des Antilles en Amérique. Dans l'hémisphère sud, les lignes isothermes suivent à peu près les degrés de latitude; mais dans l'hémisphère nord, elles dessinent au contraire des courbes très irrégulières. Grâce au Gulf-stream, la température est aussi douce aux îles Loffoden qu'à Terre-Neuve, au Spitzberg que dans le nord de la baie d'Hudson. Le nord de la Sibérie et de l'Amérique, tourné vers le pôle arctique, est soumis à une température moyenne très rigoureuse. A l'embouchure de l'Amour, située à la même latitude que Copenhague, la moyenne de l'année est la même qu'au cap Nord de l'Europe.
En général, l'hémisphère sud est plus froid que l'hémisphère nord, à cause de la plus grande masse d'eaux qui le recouvre ; les côtes occidentales de l'Europe et de l'Afrique sont plus échauffées que les rivages de l'Amérique qui leur font face. Pour l'Amérique septentrionale la température, à latitude égale, est plus élevée sur la côte occidentale que sur la côte orientale. C'est l'inverse pour l'Amérique méridionale.
Les pluies. — Les pluies se déversent aussi très irrégulièrement à la surface du sol. Le Sahara africain, l'intérieur de l'Arabie, de la Perse, do la Mongolie forment une zone presque continue où la sécheresse de l'atmosphère est extrême et où il ne tombe jamais d'eau. Il en est de même au centre de l'Australie, sur les côtes péruvienne et bolivienne du Pacifique dans l'Amérique du sud, et sur quelques points du littoral mexicain ou du Colorado américain.
Par contre le soleil pompe dans les mers équatoriales une masse énorme de vapeur qui se déverse généralement en orages et pluies très ('■paisses. C'est là ce qui donne à la végétation inlertropicale une si grande force. Généralement
c'est au long des rivages que les pluies tombent en plus grande abondance. Il en est ainsi dans le golfe du Mexique, sur les côtes occidentales de la Patagonie, de la Colombie britannique, dans l'Amérique septentrionale, sur les côtes de Norvège, de Malabar, etc. La côte du Pacifique, dans l'Amérique méridionale, fait exception, comme nous l'avons vu.
Les montagnes sont aussi de grands condensateurs de l'humidité des nuages sous forme de pluies ou de neiges. Ainsi, sur le versant sud de l'Himalaya, il tombe chaque année plusieurs mètres d'eau.
Les déserts, les forêts, les cultures, les pâturages. — L'humidité est indispensable à la végétation : aussi le Sahara et le désert de Kalahari, au sud de l'Afrique, sont-ils extrêmement arides. Les premiers explorateurs qui ont tenté de traverser le continent australien y ont péri de soif et de faim. Le désert du Gobi, dans la Mongolie, celui de Thur, au nord-ouest de l'Inde, les steppes de la Faim dans le Turkestan, les déserts de l'Arabie,, sont aussi désolés. L'Europe n'offre de soliiudes semblables que sur quelques points du littoral de la Caspienne. L'Amérique a le désert qui sépare le Texas du Colorado, et celui d'Atacama, où l'on n'exploite que des nitrièressurles confins communs du Pérou, de la Bolivie et du Chili.
A part ces divers déserts, les zones tempérées sont pour la plus grande partie couvertes de forêts, que les hommes défrichent successivement pour y substituer diverses cultures plus productives. Certaines régions, toutefois, ne se sont pas recouvertes spontanément de forêts et restent à l'état de pâturages quand la pluie y fait verdir l'herbe. Au centre de l'Asie et dans le sud de la Russie, les steppes sont le domaine des principales races nomades, les Tartares, les Turcs, les Mongols, les Kirghiz, les Kalmouks. A l'ouest du Mississipi, la prairie s'étend jusqu'au pied des Montagnes Rocheuses : c'est l'ancien domaine des Indiens chassant le buffle, devenu aujourd'hui le Far West américain, où se créent chaque jour de nouvelles fermes et qui sera bientôt entièrement recouvert d'épis et de moissons. Les pampas de la République argentine, les plaines de l'Australie et de l'Afrique méridionale nourrissent aujourd'hui les plus nombreux troupeaux du monde.
Les deux zones glaciales sont généralement stériles, offrant çà et là quelques mousses ou lichens dont les rennes seuls savent se contenter. Les rares habitants de ces contrées doivent chercher dans la pêche et dans la chasse des animaux à fourrures le principal aliment de leur misérable existence.
Les races humaines. — On trouvera aux articles Europe, Asie, Afrique, Amérique, Australie, Océanie, les détails concernant les divers peuples qui se partagent le globe. On ne peut pas encore démêler d'une manière certaine la filiation qui rattache les races provenant de croisements aux trois grands types blanc ou caucasique, jaune ou ouralo-altaique, et enfin nègre. On ne connaît pas non plus exactement les migrations qui ont dû s'effectuer successivement pour les disperser de leur point d'origine sur les diverses parties du globe. L'Asie orientale et septentrionale reste toujours le principal domaine de la race jaune. l'Europe est presque tout entière habitée par des blancs, ainsi que le sud-ouest de l'Asie, l'Inde et l'Amérique. L'Afrique est la terre des noirs. (V. liaces hu>nai?ies.)
Les alime?its. — Bien que chaque pays cherche à tirer de son sol sa propre subsistance, la facilité des échanges tend de plus en plus à concentrer sur les points les plus favorables les diverses cultures utiles.
Le blé, qui forme la base de la nourriture de la
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