‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 121 sur 534 · MARIE STUART · texte numérisé non relu

MARIE STUART

C'est ainsi du moins que les choses se passeraient si la terre était immobile, tournant toujours le môme point vers la lune. Il n'en est pas ainsi. La terre tourne sur elle-même et la lune tourne autour de la terre. Il résulte de ces mouvements combinés que tout le pourtour de la terre passe successivement en regard de la lune qui nous semble effectuer sa rotation complète en 24 heures ,r)0 minutes environ. Le double renflement des eaux fera donc lui-môme sa rotation complète en 24 heures 50 minutes. Chaque jour la mer montera et descendra deux fois, chaque marée du jour étant de 50 minutes en retard sur la marée du jour précédent.

Mais ces deux immenses vagues qui courent ainsi à la surface des mers ne répondent pas instantanément à l'appel de la lune ; elles sont traînées à son arrière. Au lieu d'être à son maximum quand la lune passe au méridien, la marée en quelques lieux commence alors à peine à monter et n'atteint guère son plus haut point qu'après un temps variable suivant les localités. Ce retard se nomme établissement du port; il est peu considérable sur les côtes qui bordent les grands océans; il augmente progressivement à mesure qu'on pénètre plus avant dans des mers plus retirées dans les terres. Voici quelques exemples de ces retards ou établissements de ports :

Embouchure de la Gironde.... 3h,53m

Bordeaux 7,45

Bayonne 4 ,5

Brest.... 3 ,46

Saint-Malo 6 ,10

Cherbourg 7 ,58

Dieppe 11 ,8

Dunkerque. , . . ., 12 ,13

La hauteur des marées est très variabie suivant les localités. En plein océan elle est peu considérable ; mais quand la masse d'eau mise en mouvement pénètre dans des golfes largement ouverts ou dans des mers intérieures communiquant avec l'océan par des espaces très étendus, cette masse brusquement arrêtée par la côte peut atteindre à des niveaux très élevés.

On appelle unité de hauteur de la marée pour un port donné, la quantité dont l'eau s'y élève, dans une marée moyenne, au-dessus du niveau que la mer y garderait si les marées n'existaient pas. Cette unité de hauteur change d'un port à l'autre. En voici quelques exemples :

Dunkerque .... 2m,6S

Calais . ....... 3 ,12

Dieppe .., ...... 4 ,40

Le Havre 3 ,57

Cherbourg 2,82

Granville 6 ,15

Saint-Malo 5 ,GS

Brest 3 ,21

Lorient 2 ,24

Entrée de l'Adour . 1 ,40

Dans une marée moyenne à Granville, la mer monte à environ 6 mètres au-dessus de son niveau et descend ensuite à 6 mètres au-dessous, ce qui fait une excursion totale de 12 mètres. A l'entrée de l'Adour, l'excursion correspondante serait inférieure à 3 mètres; elle est presque nulle dans les ports français de la Méditerranée, mais sensible au fond de l'Adriatique. Ces conditions influent nécessairement beaucoup sur les habitut le régime des ports. Les ports où les marées sont fortes ne sont généralement accessibles qu'à la mer montante et on profite pour la sortie de la marée descendante. Des bassins munis d'écluses s'ouvrant à la marée montante et se fermant quand la mer descend permettent de main-

tenir les bâtiments à flot pendant les basses mers. Les côtes voisines peuvent, au moyen de bassins doubles communiquant, l'un avec la haute mer, l'autre avec la basse mer, se créer ainsi des forces motrices considérables et toujours prêtes.

Les marées sont loin d'être toujours égales dans un même lieu. Nous n'avons tenu compte en effet que de l'action lunaire. L'action solaire, quoique plus faible, n'est pas négligeable; mais elle ne se superpose pas exactement à la première. Les doubles marées lunaires'se succèdent à des intervalles de 2 i heures 50 minutes environ ; les doubles marées solaires se succèdent à des intervalles de 24 heures seulement. Les unes et les autres se superposent exactement aux époques des nouvelles et des pleines lunes, surtout dans les périodes d'éclipsé de soleil ou de lune, aux syzygtes. Elles se contrarient dans les quadratures, quand la lune est au quart ou aux trois quarts visible. Alors la haute mer solaire coïncide avec la basse mer lunaire, ou réciproquement, et l'excursion totale de la marée en est notablement réduite ; c'est l'époque de la morte eau des marins. Toutefois, de même que le maximum de la température n'arrive pas à midi, quand le soleil est le plus haut et nous verse le plus de chaleur, de même la marée maxima ne coïncide pas exactement avec les syzygies, elle arrive 36 heures plus tard. Les effets s'ajoutent, et la marée augmente d'amplitude tant que la cause qui la produit est supérieure aux frottements qui tendent à la restreindre.

La théorie mathématique des marées, ébauchée par Newton, a été développée dans tous ses détails par Laplace. Aujourd'hui on calcule la hauteur de chaque marée dans un temps indéfini, et la Connaissance des temps publie à l'avance la table des grandes marées de chaque année. Ces résultats théoriques étant connus, pour en déduire la hauteur de la marée dans un port donné, il suffit de multiplier le nombre inscrit dans la Connaissance ces temps par l'unité du port en question. Toutefois, le résultat ainsi obtenu n'est pas toujours conforme à la réalité, parce que le calcul suppose une atmosphère calme qu'on ne rencontre pas toujours. Quand le vent souffle en tempête de la mer à la côte, l'impulsion qu'il produit sur la mer s'ajoute à l'effet naturel de la marée, qui peut alors acquérir une énergie exceptionnelle et produire de véritables désastres en submergeant et détruisant sans retour de vastes étendues de terrain. C'est ainsi sans doute que les îles anglaises de la Manche ont été séparées du continent, dont le niveau baisse graduellement d'ailleurs, bien qu'avec une extrême lenteur, dans ces parages. Il en est de même des grandes inondations de la Hollande. Inversement, un vent fort, soufflant de la terre vers la mer, peut, en refoulant les eaux, réduire à une proportion ordinaire une marée annoncée comme devant être très forte.

Quand la marée apparaît à l'embouchure de certains fleuves, tels que la Seine, elle y produit une vague énorme qui remonte rapidement le cours du fleuve : c'est le mascaret. [Marié-Davy.]

MARIE STUART. — Histoire générale, XXII. — Fille du roi d'Ecosse Jacques V et de Marie de Lorraine, cette princesse, née en 1542, fut élevée en France par les soins de ses oncles le duc de Guise et le cardinal de Lorraine. En 1558, elle épousa le dauphin François, et la même année, la reine d'Angleterre Marie Tudor étant morte, elle prit le titre de reine d'Angleterre comme étant la plus proche héritière de Henri VIII (potn? l'Europe catholique, Elisabeth, fille d'Anne Boleyn, était un enfant illégitime). Son époux devint roi de France en 1559, a la mort de Henri II, et aussitôt les oncles de Marie Stuart s'emparèrent du gouvernement (V. François II). Mais François mourut à la

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