MARSUPIAUX
fin de 1560, et la reine-mère Catherine de Médicis obligea alors Marie à partir pour l'Ecosse, où elle devait régner. Elle y commit faute sur faute. Peu aimée des Ecossais, dont le plus grand nombre avait embrassé les doctrines calvinistes prêchées par John Knox, elle acheva de soulever ses sujets contre elle par ses deux mariages successifs, avec lord Darnley (1565), qui fut bientôt assassiné, et dont la mort fut imputée à Marie, puis avec le meurtrier même de Darnley, lord Bothwell (1567). Les Ecossais se révoltèrent sous la conduite de lord Murray, frère de Marie ; celle-ci fut faite prisonnière; mais ayant réussi à s'échapper, elle se réfugia en Angleterre. Elisabeth avait de nombreux griefs contre Marie Stuart, qui lui avait autrefois contesté sa couronne : quand elle eut sa rivale entre les mains, elle prétendit lui faire rendre compte du meurtre de Darnley, en vertu du droit de suzeraineté de la couronne d'Angleterre sur celle d'Ecosse; puis elle retint Marie en captivité, sous prétexte qu'elle n'avait pas suffisamment démontré son innocence. Marie Stuart, prisonnière d'Elisabeth, intrigua de tous côtés pour recouvrer sa liberté et détrôner son ennemie. Les complots de ses partisans furent tous déjoués par Elisabeth, qui se contenta, pendant de longues années, de faire surveiller plus étroitement sa captive. Mais la rivalité de ces deux femmes devait aboutir à un dénouement tragique. Marie Stuart avait pour elle le pape, le roi d'Espagne Philippe II, les ligueurs français, tous les mécontents d'Angleterre; Elisabeth se sentait sérieusement menacée. Une dernière conspiration ayant été découverte (1586), Marie Stuart y fut impliquée ; une commission spéciale la condamna à mort. Elisabeth, qui joignait l'hypocrisie à la cruauté, aurait préféré se débarrasser secrètement de sa rivale par le poison ; n'ayant pu y parvenir, elle se décida enfin à faire exécuter la sentence, et Marie porta sa tête sur Téchafaud (1587).
u Toute l'Europe avait les yeux sur cette lutte entre deux femmes qui se détestaient, l'une dans sa prison, l'autre sur le trône; mais la première, aidée par la ligue catholique, son esprit ardent, la magie incroyable de sa beauté non encore flétrie, semblait plus puissante que la seconde, tyrannique, vieille, haie d'une partie de ses sujets. Ces deux femmes représentaient les deux principes qui bataillaient en France ; la mort de l'une ou de l'autre semblait devoir être la ruine des causes qu'elles défendaient. Si Elisabeth désirait ardemment la mort de Marie, et plusieurs fois même avait demandé à ses gardiens de la faire périr en secret, Marie fomentait tous les complots contre la vie d'Elisabeth, se croyant pleinement dans son droit, cherchant la liberté par tous les moyens, usant des seules armes qu'elle eût en son pouvoir... Ce fut un événement qui fit tressaillir l'Europe, et dont le retentissement est venu jusqu'à nous : une reine jugée, condamnée, exécutée! La Réforme en reçut partout une grande force; le trône d'Elisabeth se trouva consolidé; « l'espérance qu'ont eue les Guises de jouir de l'Angleterre, dirent les protestants de France, est morte avec la reine d'Ecosse. » Le catholicisme en jeta des cris de fureur ; il mit au rang des saints la malheureuse Marie; il se prépara à des représailles terribles. Sixte- Quint renouvela la bulle de déchéance contre la , mue de la Bretagne; Philippe II hâta l'armement i l'une flotte formidable pour venger la martyre et mettre sur sa propre tête la couronne d'Angleterre » (Lavallée\
MARIE-THÉRÈSE. — Histoire générale, XXV.
— Fille de l'empereur d'Allemagne Charles VI, le dernier des Habsbourgs directs, Marie-Thérèse d'Autriche devait hériter des vastes domaines de son père, qui avait cru lui en assurer la paisible jouissance en faisant reconnaiire à toutes les cours.
d'Europe la pragmatique sanction, acte par lequo il assurait sa succession à cette princesse. .Mais à peine Charles VI fut-il mort (1740) que Marie-Thérèse se vit attaquée par la Prusse, la Bavière, la France, l'Espagne et la Sardaigne (V. Guerre de la succession d'Espagne). La jeune souveraine sut tenir tête à cette formidable coalition; elle réussit à faire donner la couronne impériale à son époux, François de Lorraine, duc de Toscane, et après huit ans de guerre, elle vit son pouvoir assuré dans les Etats autrichiens : elle avait dû seulement céder la Silésie à la Prusse et une partie du Milanais au roi de Sardaigne. La période de paix qui suivit permit à Marie-Thérèse d'accomplir des réformes administratives qui témoignèrent de la sagesse de ses vues. Engagée ensuite dans la guerre de Sept Ans (V .Guerre de Sept Ans), elle essaya inutilement de reprendre la Silésie. Plus tard, elle s'associa à Frédéric II et à Catherine de Russie pour accomplir une des grandes iniquités de l'histoire, le partage de la Pologne (1773). Elle régna jusqu'en 1780. Dès 1765, à la mort de son époux, elle avait fait donner le titre d'empereur à son fils aîné Joseph II : mais ce fut toujours elle qui exerça directement l'autorité dans ses Etats héréditaires pendant les quarante années qu'elle passa sur le trône.
MARIE TUDOR. — V. Tudor.
MARINE. — V. Navigation.
MARIOTTE (Loi de). -<- V. Elasticité.
MARSUPIAUX. — Zoologie, XIII. - En parlant des mammifères' en général (V. Mammifères), nous avons dit que parmi les vertébrés il en est un certain nombre qui naissent dans un état d'imperfection extrême et qui achèvent leur développement dans une poche (marsupium), placée sous le ventre de la mère. Cette poche, formée aux dépens de la peau de l'abdomen, est soutenue par deux os particuliers ou plutôt par deux tendons ossifiés, et renferme les mamelles auxquelles les petits demeurent quelque temps attachés.
Les mammifères qui présentent cette disposition singulière et chez lesquels le développement des jeunes est plus tardif que d'ordinaire, constituent l'ordre des Marsupiaux, caractérisé d'ailleurs par un certain nombre de caractères anatomiques, et entre autres par l'indépendance des deux hémisphères du cerveau. Dans les temps reculés, c'est-à-dire aux époques géologiques antérieures à la nôtre, ces animaux comptaient des représentants jusque dans nos contrées ; mais à l'heure actuelle ils sont confinés dans l'hémisphère austral, et se trouvent principalement dans l'Amérique du Sud, à la Nouvelle-Hollande, en Tasmanie et à la Nouvelle-Guinée. Dans ces diverses contrées ils revêtent des formes variées, correspondant à des différences de régime, certains d'entre eux étant insectivores, d'autres rongeurs, d'autres carnassiers, d'autres, enfin, complètement herbivores ou frugivores.
Parmi les marsupiaux insectivores ou Entomophoges, nous citerons les Péramèles, qui vivent en Australie et qui se reconnaissent à leur tête pointue, à leur corps ramassé, porté sur quatre pattes terminées par des doigts inégaux. Les trois doigts médians du membre antérieur sont en effet beaucoup plus développés que les doigts latéraux, le pouce du membre postérieur est atrophié, et les deux doigts suivants sont soudés jusqu'à la phalange unguéale. Ces animaux bondissent plutôt qu'ils ne marchent, et se servent de leurs pattes de devant pour porter les aliments à leur bouche. Ils exercent de grands ravages dans les plantations, en fouillant la terre pour découvrir des insectes ou des vermisseaux.
Les Thylacines et les Lasyures sont d'autres marsupiaux des terres australes, aussi carnassiers eme les loups et les civettes de l'Ancien-Mondo.