‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 134 sur 534 · BH AB · texte numérisé non relu

BH AB

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On doit donc avoir pour l'équilibre BH.

x. r. BH

de là résulte l'énoncé suivant :

Condition d'équilibre. — Lorsque la direction de la puissance e*t parallèle au plan incliné, l'intensité de cette puissance est au poids du corps quelle tient en équilibre sur le plan comme la n auteur du plan est à sa longueur.

Nous venons d'exposer dans cet article les principes généraux de la composition des forces; nous en avons déduit les conditions que doivent remplir les forces appliquées à un corps solide pour qu'il y ait équilibre ; enfin nous avons appliqué ces principes généraux au cas des machines les plus simples. C'est le résumé rapide de la première partie de la mécanique. — Il nous reste à exposer les principes généraux de la dynamique et à étudier, comme application de ces principes, les machines à l'état de mouvement, c'est-à-dire les machines produisant un travail industriel. C'est ce que nous ferons dans un second article au mot Travail des forces. [E. Burat.]

MÉDICAMENTS. — Hygiène, XVI.— L'hygiène doit se garder d'empiéter sur le domaine de la médecine. La prescription d< s remèdes n'est pas de son ressort. Mais, pour apprécier 1 état de santé et de maladie, l'hygiéniste a besoin de savoir ce qu'on entend par ces mots, il est obligé d'acquérir quelques notions élémentaires sur le mode d'invasion, les symptômes et le traitement général des affections lus plus communes. L'hygiène doit servir à mettre en garde contre les erreurs, les préjugés qui forment le fond de ce que l'on dit et fait dans la pratique domestique de la médecine. Il est donc uiile, nécessaire môme, de connaître sommairement ce que c'est qu'un médicament ou un remède et comment ils agissent. De saines notions sur ce sujet préviendront beaucoup d'imprudences et de malheurs, c*est là de la bonne hygiène

Lorsque le médecin a interrogé, examine le malade, établi son diagnostic, c'est-à-dire classé, étiqueté pour ainsi dire la maladie, il ne se pose pas cette question: quel est le remède? mais bien celle-ci : quel traitement et quelle médication

MÉDICAMENTS

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vais-je adopter? Il fait ;dors son plan ae campagne, sauf à le modifier selon les circonstances. Aussi, comme un général d'armé 3, se trouve-t-il quelquefois dans la nécessité de choisir entre ces trois résolutions : battra en retraite tout en surveillant l'ennemi, s'abstenir en attendant les événements, agir et sonner la charge. Le médecin choisit entre Yabslention, Yexpectative et le traitement actif.

L'abstention est parfois le seul parti sage, quoiqu'il déplaise aux malades, car certaines maladies constituent un bien relatif, au moins pour quelque temps, préviennent des accidents plus dangereux qui prendraient le dessus par suite d'une intervention intempestive. L'expectative, très mal vue des malades et de leur entourage, est le parti le plus sage dans un grand nombre de cas où il suffit d'interpréter la nature et de surveiller la réaction toute physiologique qui constitue la maladie. L'intervention active une fois résolue, il reste à fixer le mode de traitement et la nature de la médication.

Le traitement pourra être purement hygiénique, préventif, préparatoire, radical ou palliatif, général ou local, interne ou externe, rationnel ou empirique. Expliquons ces deux dernières expressions. Si le siège et la cause d'une maladie sont bien connus, s'il n'y a aucune hésitation dans le diagnostic, le traitement est dit rationnel, parce qu'il agit en pleine connaissance de cause et d'une façon presque mathématique, au moyen d'agents dont il connaît le mode d'action. Mais dans le cas contraire, et en attendant de pouvoir établir un traitementrationnel.on peut employer des moyens dits empiriques dont l'effet a été constaté sans qu'on en ait trouvé l'explication. Le traitement empirique s'adresse aux symptômes et combat surtout 1 élément douleur.

Enfin il est un autre traitement qui seul accomplit presque des miracles et qui contribue puissamment au succès de tous les autres, c'est le traitement moral. Personne ne conteste l'influence des passions, de limagination sur le fonctionnement de nos organes. Un élève de Boerhaave fut obligé de renoncer à la médecine parce qu'il éprouvait, à courte échéance, les symptômes des maladies décrites par le savant professeur. Nos anciens rois guérissaient les scrofuleux par l'imposition des mains; dans le même temps, on faisait disparaître certaines tumeurs en y appliquant la main desséchée d'un pendu. Tout le monde connaît les succès extraordinaires des pilules de mie de pain. Le courage diminue la gravité des maladies et en abrège la convalescence ; la joie cause d'heureuses modifications dans la circulation et le fonctionnement des nerfs : « les joyeux guérissent toujours, » disait Ambroise Paré. Les modificateurs moraux sont donc, entre les mains du médecin, de puissants auxiliaires; c'est à lui de les choisir selon les circonstances, pour en obtenir les plus grands effets.

Le nombre des remèdes est considérable et va chaque jour grandissant, en attendant qu'une expérience plus mûre, des observations exclusivement scientifiques, permettent de restreindre cet appareil encombrant dont s'embarrasse la médecine actuelle. Mais si les remèdes sont presque innombrables, il n'y a, heureusement, qu'un petit nombre de médications.

Un remède n'est point une substance qui, introduite dans nos organes, y pourchasse un principe morbide, le neutralise ou le tue. Quelques contre-poisons et les remèdes antiparasitaires agissent seuls de cette façon. On entend par remède un agent capable de produire sur nos organes certaines impressions qui en modifient les fonctions, la manière d'être, de même que les causes de maladie ont été pour eux des sources d'impressions pertubatrices. A l'impression qui a

causé une accélération fiévreuse de la circulation, si nous opposons une impression capable de contre-balancer la première, nous aurons appliqué avec succès un remède. Mais il y a plusieurs moyens d'obtenir cette impression médicatrice ; plusieurs remèdes la produisent à des degrés divers et avec des effets accessoires variés. Il y aura donc un choix à faire-, c'est une question de détail. L'important est d'établir tout d'abord quelle nature d'impression et par conséquent quelles modifications de fonctions ou de manière d'être nous voulons obtenir : c'est en cela que consiste la médication.

Ces principes étant bien établis, nous allons passer rapidement en revue les principales médications et les remèdes les plus importants dont elles disposent.

Médication tonique. — Elle a pour but de stimuler les fonctions, d'accroître la force, le volume de certains organes, afin de rétablir l'équilibre vital qui constitue la santé. Tout ce qui contribue à ce résultat est un tonique ; aussi les plus importants sont-ils les aliments, la lumière, l'exercice. Rien ne peut remplacer ces agents naturels. Le fer, par exemple, ce reconstituant dont on exagère singulièrement les vertus, n'est util» que comme adjuvant des moyens hygiéniques que nous venons de mentionner.

On attribue à quelques toniques tirés du règne végétal la propriété d'augmenter la force de résistance vitale par une action spéciale sur le système nerveux. De ce nombre sont : le Quassia, le Marronnier d'Inde, la Gentiane, la Centaurée, la Chicorée sauvage, et le Quinquina, que remplacent très bien, à ce point de vue, nos plantes indigènes.

Médication astringente. — Elle complète souvent la médication tonique en excitant la vitalité des tissus, en resserrant les trames relâchées. Elle emploie les végétaux riches en tanin : écorce de Chêne, Cachou, Ratanhia, Bistorte, Noyer ; des sels de Plomb, l'Alun, etc.

Médication excitante. — Son but est d'occasionner une exaltation de la vitalité, une sorte de fièvre éphémère. Pour cela, elle utilise les plantes aromatiques : Anis, Angélique, Thym, Mélisse, Menthe, Sauge, Camomille, Arnica, Gingembre, Cannelle, Girofle ; quelques autres sans arôme, comme le Raifort sauvage, le Cresson ; elle emploie encore la Chaleur, l'Alcool, le Thé, le Café. Lorsqu'il s'agit d'influencer spécialement les membranes muqueuses, surtout celles des bronches, on choisit les balsamiques : Térébenthine, Goudron, Soufre, Genièvre, Benjoin, baume de Tolu. Pour augmenter la sécrétion urinaire, on administre la Pariétaire, la Scille, l'Asperge, le Nitre, qui possèdent des propriétés diurétiques bien établies. Enfin, pour obtenir une abondante sécrétion de la peau, on prescrit les sudorifiques : Gayac, Salsepareille, Sassafras, etc.

Lorsqu'on a en vue de donner du ton, de l'énergie aux muscles, on a recours à des remèdes dits excitateurs, dont les plus utiles sont la Noix vomique, l'Ergot, l'Électricité, le Massage, la Gymnastique.

Médication irritante. — Elle repose, en grande partie, sur des hypothèses, et même des préjugés. Que l'on emploie des Alcalis, des Acides ou de la Moutarde pour produire une légère inflammation superficielle qui stimule le système nerveux et augmente la circulation capillaire, rien de mieux, ce procédé peut rendre de grands services. Mais espérer qu'une mouche de Milan, ou tout autre dérivatif, posé sur le bras, y attirera de prétendues humeurs qui causent un mal d'oreille, rien de moins fondé en théorie comme en pratique. L'action du vésicatoire nest pas non plus celle qu'on lui attribue d'ordinaire : le liquide qui s y accumule provient exclusivement des vaisseaux ca-

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pillaires et jamais d'épancliements profonds comme celui do la pleurésie. Quant à la cautérisation, elle rond d'incontestables services en détruisant les tissus désorganisés et en provoquant, dans les parties encore saines, une vive circulation qui favorise la formation d'une cicatrice.

Médication altérante. — Il fallait un terme vague pour exprimer quelque chose d'assez mal défini. L'expérience a indiqué que le mercure, l'iode, l'arsenic, les sels alcalins, agissent sur toute l'économie en ralentissant la nutrition et la formation de produits accidentels ordinairement inflammatoires. La médication altérante exige une surveillance minutieuse, sous peine de produire de véritables maladies qu'il faudrait combattre ensuite par un long usage des toniques et des agents hygiéniques.

Médication évacuant''. — Elle comprend les vomitifs et les purgatifs. Les vomitifs sont destinés quelquefois à vider rapidement l'estomac, par exemple dans les cas d'empoisonnement; mais le plus souvent on ne désire utiliser que leur action sur le système nerveux, ce sont : le Tartre stibié (émétique), l'Ipécacuanha, la Violette, le Narcisse, etc.

On peut séparer les purgatifs en deux grandes classes : les sels de soude, de potasse, de magnésie, qui produisent une exsudation de sérum des vaisseaux capillaires, en môme temps qu'une stimulation de l'intestin; et les agents irritants qui rendent beaucoup plus actifs les mouvements naturels de l'intestin et causent un véritable catarrhe de la muqueuse dont il est tapissé, ce sont : les huiles de Groton, d'Epurge, de Ricin ; le Jalap, l'Aloès, la Coloquinte, le Séné, la Rhubarbe, le Nerprun, le Sureau, les fleurs et les feuilles de Pécher, la Manne, le Calomel, etc. Notons toutefois que la purgation, c'est-à-dire la sécrétion liquide de l'intestin ne provient pas toujours d'une irritation directe causée par les purgatifs et peut se pro duire par une simple action nerveuse; peut-être les deux effets se combinent-ils toujours après l'ingestion d'un purgatif.

Quel que soit l'agent employé et son mode d'action, le liquide rejeté par l'intestin provient du sang; de là cet adage : purger, c'est saigner.

On distingue ordinairement trois classes de purgatifs : les laxatifs, dont l'action douce ne cause aucun trouble général, tels sont la Manne, le Miel ; — les drastiques, qui opèrent avec énergie, violence même, et dont les effets se font sentir dans toute l'économie : de ce nombre sont l'huile de Groton, la Coloquinte, la Bryone, le Jalap ; — les cathartiques, comme le Séné, l'huile de Ricin, tiennent le milieu entre les laxatifs et les drastiques. Cette division n'a rien de bien rigoureux puisqu'il suffit de varier les doses pour obtenir des effets plus ou moins prononcés.

Médication mimante. ' — Elle se propose de diminuer la vitalité, de ralentir la circulation ; c'est l'opposé de la médication excitante. Ses principaux moyens d'action sont : la saignée, les purgatifs, la diète, le froid, les bains.

Dans cette classe, il faudrait ranger les médicaments dits émollients, les tisanes si chères à la médecine domestique, préparées avec le Chiendent, la Guimauve, la graine de Lin, les quatrefleurs, et qui n'ont guère d'autres vertus que celles, — très appréciables d'ailleurs, — de l'eau chaude qui sert à faire les décoctions ou les infusions. Cependant, si ces tisanes anodines contiennent du mucilage, Aa la fécule, du sucre, il est évident qu'elles sont utiles, comme aliments légers. ■

Médication sédative. — Celle-ci a principalement pour but de diminuer la force de la circulation ; ses agents sont : le Froid, l'Antimoine, le Bromure de potassium, le Vôràtre vert, le Colchique, la Digitale.

Médication antispasmodique. — Son objet consiste à calmer les surexcitations nerveuses. Kile y réussit au moyen de la Valériane, de lAssafœtida, du Musc, du Camphre, du Tilleul, de la fleur d'Oranger, de l'Éthcr, du Chloroforme. Ces deux derniers agents, employés à dose un peu forte, constituent des ane$the»iques: non seulement ils calment les nerfs, mais ils produisent l'insensibilité : leur emploi prolongé amènerait la mort par asphyxie.

Médication stupéfiante. — Elle n'emploie guère que les narcotiques, qui agissent puissamment -ur le système nerveux: ce sont la Belladone, la Jusquiame, le Datura stramonium, le Tabac, la Morelle, le Pavot, et surtout l'Opium avec tous ses dérivés, Morphine, Laudanum, etc. La médication stupéfiante exige les plus grandes précautions, surtout chez les enfants. On a vu une seule goutte de Laudanum tuer un enfant à ki mamelle.

Médication antiparasitaire. — Elle s'adresse à un ennemi connu, déterminé, qui a élu domicile à la surface du corps ou dans l'intérieur des organes. Ses principaux moyens d'action sont le Soufre, laStaphisaigre, le Borax, le Mercure, l'Arsenic, la mousse de Corse, le Semen-contra, la Santonine, la Fougère mâle, la Suie, etc. Cette médication devient chaque jour plus importante, parce que l'on croit pouvoir attribuer à la présence de parasites microscopiques, végétaux et animaux, un certain nombre de maladies dont la nature était inconnue.

Médication spécifique. — Certains agents comme les poisons, les virus, produisent toujours des désordres identiques dans des organes déterminés ; il y a aussi des médicaments qui jouissent d'une sorte de faculté d'élection et agissent spécialement sur certains organes ou combattent, à coup sûr, certaines maladies, sans que nous puissions expliquer leur mode d'action; on leur donne le nom de spécifiques : tels sont la Quinine, dans le traitement des fièvres intermittentes, le Mercure, dans celui de plusieurs maladies de la peau. L'idéal de la médecine serait d'avoir pour chaque maladie un spécifique, en attendant de comprendre comment il agit. La médecine populaire voit un spécifique dans tous les remèdes, et ne demande point à comprendre.

Maintenant que nous avons quelques notions justes sur les maladies, les médications et les remèdes, revenons à cette médecine populaire qui vante encore les « remèdes de précaution », les « remèdes qui ne font pas de mal s'ils ne font pas de bien », et les fameuses recettes transmises de père en fils, — surtout de mère en fille, — avec la foi aux rebouteurs et aux sorciers.

Le temps n'est pas loin où l'on croyait indispensable de se faire saigner au moins une fois l'an, par précaution. Aujourd'hui on continue, toujours par précaution, à se « rafraîchir », à se « dépurer le sang » de temps en temps. Si les remèdes de précaution n'étaient qu'inutiles, ce ne serait qu'ui peu de temps et d'argent perdus. Mais ils causent un affaiblissement passager qui rend plus sensible aux impressions morbides, ils accoutument l'économie à l'effet des remèdes qui agissent moins bien lorsqu'on en a besoin ; enfin, la médication périodique produisant une habitude, on se procure artificiellement, à échéance fixe, une espèce de maladie qui ne cède qu'à un traitement devenu nécessaire.

Quant aux remèdes qui ne peuvent pas faire de mal, il faut s'entendre. L'infusion de quatre-fleurs peut causer la mort d'un malade si vous essayez de le guérir avec cette tisane inerte au lieu d'appeler le médecin.

Que dire des remèdes populaires inscrits par la mère de famille à côté des recettes pour les confitures, et de ces panacées auxquelles l'annonce

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