‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 143 sur 534 · MÉTAMORPHIQUES — 1299 — MÉTAMORPHIQUES · texte numérisé non relu

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ligne qui les joint. Cinq parties de bismuth, trois cTétain et deux de plomb forment l'alliage de Darcet, fusible dans l'eau bouillante. Le bismuth biùle à une haute température, s'enflamme dans le chlore froid.

De ses composés, le plus intéressant est l'azotate ; le sel acide est décomposé par l'eau en acide azotique et sous-azotate insoluble, remède excellent, prompt et sans danger contre la diarrhée. Ce même sel est le fard, dont l'usage détériore la peau. Le phosphate est remarquable en «e qu'il est insoluble et fournit un des moyens de dosage de l'acide phosphorique.

Le Glucinium, analogue de l'aluminium, fournit <les sels à saveur sucrée, d'où son nom. C'est une curiosité de laboratoire.

Le Palladium, compagnon fréquent et analogue du platine, est plus précieux que l'or. Il donne avec l'argent l'alliage qui se prête le mieux à la gravure, et est très inaltérable : on l'emploie pour les graduations d'instruments de précision.

L Iridium, que l'on trouve aussi à côté du platine •et qui a des propriétés semblables, forme avec lui un alliage fort dur qui tend à remplacer le platine pur pour la fabrication des appareils de chimie.

Le minerai de platine est encore accompagné d'autres métaux excessivement rares, rhodium, ruthénium, qui n'ont d'intérêt que pour le chimiste. [Paul Robin.]

MÉTAMORPHIQUES (Roches). — Géologie, V.

— Les sorties de matières en fusion de l'intérieur de la terre ne te sont pas bornées à amener vers sa surface les divers amas de roches ignées ; jointes au*; éruptions de gaz et à l'action de la chaleur centrale, elles ont encore plus ou moins modifié les matériaux préexistants, en donnant lieu à des phénomènes importants, dont les géologues ne se sontoccupés que dans ces derniers temps etauxquels ils ont donné le nom de métamorphisme des roches.

On n'a d'abord connu que le métamorphisme de eontact, c'est-à-dire les altérations actuelles, et les caractères particuliers que présentent quelquefois les roches de sédiment au contact des basaltes et des trachytes, caractères que l'on attribuait aux effets de la chaleur développée par ces roches. C'est ainsi que l'on avait remarqué, par exemple, que des bancs de craie ou de calcaire compact prennent, dans le voisinage des basaltes, une texture lamellaire ou saccharoïde, un aspect brillant «t un commencement de translucidité; que de la houille se trouve transformée en anthracite, que le lignite devient plus sec et se divise en parallelipipudes, que des grès sont crevassés et prennent un aspect vitreux, que des schistes argileux deviennent plus durs et passent au jaspe ou à la porcellanite. Mais depuis que l'on attribue à des ijaculations intérieures l'origine des dykes porphyriques et des filons cristallins, on a vu aussi un effet de ces éjaculations intérieures dans les différences qui existent souvent entre les parties des roches neptuniennes qui avoisinent ces matières et celles qui en sont éloignées. D'un autre côté, on a reconnu aussi que ces différences ne consistent pas seulement dans la cohérence et dans la texture des roches, mais qu'elles s'étendent même à leur nature, c'est-à-dire que l'on voyait, par exemple, le calcaire passer à la dolomie ou au gypse, les roches schisteuses aux roches feldspathiques ou talqueuses, d'où l'on a conclu que des émanations contenant, entre autres, du magnésium, du potassium, du sodium, rendus gazeux par leur combinaison avec d'autres corps, et aidés par le développement de la chaleur, s'étaient introduites dans l'intérieur des roches calcaires ou sciiisteuses et y avaient donné lieu à des combinaisons nouvelles. Ces idées ont d'abord

rencontré beaucoup d'opposition ; mais la facilité avec laquelle elles expliquent des faits dont on ne pouvait se rendre raison auparavant, les ont fait assez généralement adopter, et elles ne peu- , vent plus être contestées depuis que l'on est parvenu à produire expérimentalement des résultats analogues.

Dans les contrées où les dépôts stratifiés ont été fortement disloqués, relevés ou renversés, les roches sont généralement plus cohérentes et plus , cristallines que celles des contrées où elles son* I restées en couches horizontales, et, comme elles i se rapprochent beaucoup plus que celles-ci des 1 roches métamorphiques, on attribue aussi leurs propriétés à une action métamorphique que i M. Daubrée a appelée régionale, parce que, au lieu d'être restreinte à de petites portions de roches, elle s'étend sur de vastes étendues. Cette action métamorphique, plus générale, est moins l évidente et moins facile à concevoir que celle qui s'est opérée au contact des roches en fusion ; aussi n'aurait-on peut-être jamais pensé à l'admettre, si l'on n'y avait été conduit par l'observation du métamorphisme de contact; mais on ne peut plus contester son existence depuis que l'on a reconnu qu'un même dépôt composé de craie, de sable et d'argile dans une plaine en couches horizontales, passe à l'état de marbre, de quarzite et de schiste satiné dans une montagne en couches disloquées, état de choses que M. Elie de Reaumont a ingénieusement comparé à un tissu à moitié charbonné. Du reste, une fois que l'on a reconnu que des émanations de l'intérieur ont pu modifier des portions de roches, on peut concevoir que les phénomènes qui ont soulevé et disloqué de grandes parties del'écorce terrestre, ont produit une chaleur et des émanations suffisantes pour que l'action métamorphique se fît sentir sur tout le massif disloqué. Lorsque l'on a commencé à faire ce rapprochement, on assimilait entièrement cette action au métamorphisme de contact, l et on l'attribuait à l'action immédiate des roches éruptives qui avaient traversé et soulevé des dépôts disloqués ; mais, comme il existe des contrées où la transformation a eu lieu sans que l'on y aperçoive des roches éruptives, et que l'on voit souvent de ces roches qui ont traversé les masses stratifiées sans que les parties de ces dernières qui avoisinent les premières soient différentes de la masse principale, on doit reconnaître que la modification est due à une action plus générale que celle de l'injection des roches éruptives. On conçoit d'ailleurs que quand celles-ci, en crevassant l'écorce terrestre, parvenaient jusqu'au jour, elles perdaient bientôt une partie de leur chaleur, et que les émanations gazeuses qui s'en échappaient se dissipaient dans l'atmosphère, tandis que, quand le massif de r«ches stratifiées mettait un obstacle au passage du liquide intérieur, la chaleur dont celui-ci était doué, et les matières gazeuses qui s'en échappaient, devaient exercer une action beaucoup plus générale sur la masse qui faisait obstacle à leur passage.

On voit par ce qui précède qu'il ne doit pas exister de limites tranchées entre les roches métamorphiques et les autres matériaux qui composent l'écorce du globe. En effet, l'action métamorphique partant du point de contact des matières éjaculées avec celles qu'elles traversaient, on conçoit que ses effets doivent aller en diminuant d'une manière presque insensible; de sorte qu'il doit être souvent impossible de savoir où elle s'est arrêtée, d'autant plus qu'il y a encore d'autres causes, notamment la pression, qui peuvent modifier les caractères originaires des dépôts.

Les phénomènes du métamorphisme donnent aussi une explication très facile de l'origine des minéraux disséminés dans des roches d'une autre

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nature , ou, pour mieux dire, la formation de ces minéraux n'est qu'une simple conséquence du métamorphisme; car, si la clialeur a dilaté les roches préexistantes et permis l'introduction dans leur sein d'émanations de natures différentes, le jeu des affinités a dû donner naissance à la formation de cristaux divers, de même que, dans nos chaudières de cristallisation et dans nos fourneaux de fusion, nous voyons se former des cristaux de diverses natures. Cette manière de voir explique pourquoi les minéraux disséminés sont si rares dans les dépôts neptuniens non métamorphiques, et pourquoi ceux que l'on rencontre dans les dépôts métamorphiques ont en général beaucoup de rapport avec ceux qui se trouvent dans les roches plutoniennes. Il est à remarquer à ce sujet que, dans les roches trappéennes et au voisinage de ces roches, il s'est principalement formé des hydrosilicates, tandis que ce sont des silicates anhydres qui se trouvent dans les granités et dans les dépôts voisins des granités.

Les changements résultant de l'introduction de principes étrangers dans des roches préexistantes ont aussi donné les moyens d'expliquer le relèvement des couches qui recouvrent certains amas lenticulaires, notamment ceux de gypse enfermés dans des marnes triasiques. En effet, le calcul démontre que si du calcaire est transformé en gypse, celui-ci prend un volume beaucoup plus considérable que celui du calcaire. Or, lorsqu'on voit que l'eau, en se congelant, brise les vases les plus tenaces, et que de simples racines d'arbres soulèvent des pierres d'un grand poids, on conçoit que le gonflement éprouvé par le calcaire transformé en gypse puisse relever et même renverser les couches qui le recouvraient.

Enfin le métamorphisme combiné avec les mouvements que les soulèvements ont imprimés aux dépôts, donne les moyens de concevoir l'origine de la foliation, c'est-à-dire des feuillets schistoîdes contractant avec la direction des couches, ainsi que cela a lieu si fréquemment dans les ardoisières des Ardennes ; fait dont il était impossible de se rendre raison, car si ces feuillets résultaient du dépôt successif des sédiments, leurs plans auraient dû être parallèles ou peu obliques à ceux des couches qu'ils forment. On conçoit au contraire, et l'expérience a prouvé, que réchauffement d'une roche dilatant ces molécules donne à celles-ci de l'aptitude à glisser les unes sur les autres lorsque la roche est mise en mouvement sous une forte pression, et qu'il peut en résulter la formation d'une texture feuilletée dont les joints de clivage sont parallèles à la direction de ce mouvement.

Actuellement, un certain nombre de géologues regardent comme métamorphiques un grand ensemble de roches cristallines stratifiées situées au-dessous de tous les terrains sédimentaires à fossiles; mais nous préférons les considérer encore comme le résultat de la consolidation lente des parties les plus extérieures du globe terrestre et les décrire sous leur ancien nom de terrains tifs *. [V. Raulin.]

MÉTAYAGE. — V. Exploitation (Systèmes d').

MÉTÉOBOGNOSIE. — Météorologie, XX. — Art de prévoir les changements de temps d'après certains signes ou pronostics.

Pronostics fournis p'/r l'homme et les animaux — Un grand nombre de personnes dont le système nerveux a acquis un certain degré d'irritabilité soit par suite de maladies ou d'affections rhumatismales, soit par affaiblissement du système musculaire ou sanguin, soit par toute autre cause, ressentent fréquemment des indispositions plus ou moins graves aux époo|ucs de changemeiH de temps. A l'approche de la pluie, les hirondelles rasent la terre de leur vol, les Lézarda se <■■ les chats se fardent, les oiseaux lustrent leurs

plumes, les mouches piquent plus fortement, les poules se grattent et se couvrent de poussière, les oiseaux aquatiques battent des ailes et se baignent. Tous ces actes se rattachent à des causes diverses : l'accroissement de chaleur et le calme humide qui précèdent l'arrivée des orages, les mouvements électriques de l'atmosphère, tout aussi bien que l'arrivée de la pluie. Tous ces pronostics n'ont donc de valeur pratique que si une observation attentive et prolongée a permis de les rattacher à l'état de l'atmosphère et à ses variations. L'emploi des instruments donne une base plus précise à ce travail de comparaison, sans en diminuer la nécessité.

Pronostics généraux. — Sur la surface de l'Europe, les variations du temps sont sous la dépendance des fluctuations du courant équatorial, (V. Courants aériens et marins), et des mouvements tournants qui s'y succèdent à de courts intervalles [V. Orages, Tempêtes.) Le ciel y est généralement couvert ou nuageux sur le trajet du courant équatorial : d'autant plus qu'on est plus près des côtes ou qu'on est plus élevé sur le versant occidental des massifs montagneux; d'autant moins qu'on est plus avant dans l'intérieur des terres ou qu'on est mieux abrité par les montagnes. Le ciel est pur dans les régions où sont établis les courants de retour ou courants polaires ; il est encore beau, mais d'une manière moins constante, dans la région comprise entre le courant équatorial et le courant polaire.

Les massifs montagneux produisent des déviations quelquefois considérables dans le courant équatorial ou polaire, et il est nécessaire d'en tenir compte dans chaque région de la France. Chaque branche dérivée donnera lieu à des probabilités de pluie d'autant plus grandes qu'elle marchera de régions plus chaudes vers des régions plus froides ou qu'elle gravira des pentes plus prolongées. Les probabilités se changeront presque en certitude à l'approche de chaque bourrasque tournante, forme sous laquelle se présentent à peu près toutes les perturbations atmosphériques de l'Europe.

Il est presque sans exemple qu'un mouvement tournant de l'air ait abordé l'Europe sans y semer des pluies, et qu'une pluie un peu importante survienne sans se rattacher au passage plus ou moins proche ou lointain d'un mouvement tournant. Ces derniers sont accusés, sur le bulletin météorologique quotidien, par la forme concave, dirigée vers le centre du mouvement, que prennent les lignes d'égale pression barométrique à la surface de notre continent. — V. Précision du temps.

Le passage d'un mouvement tournant en vue d'un lieu donné ne dure généralement qu'un petit nombre de jours; les pluies qu'il amène sont encore moins prolongées, surtout en été ; mais ces phénomènes se suivent souvent à des intervalles rapprochés, et leur ensemble peut constituer toute une saison ou toute une année pluvieuse. Les orages suivent la marche des pluies. 11 ne s'en forme jamais dans la région occupée par le courant polaire, mais seulement dans le courant équatorial. Quelquefois cependant il s'en forme dans la branche descendante de ce dernier courant vers le sud, alors que, limité dans son expansion sur l'Europe, il pénètre au travers de l'Allemagne ou do la France sur le bassin de la Méditerranée.

Pronostics tirés du baromètre. — La hauteur du baromètre en un lieu varie avec la direction du courant général qui règne en ce lieu et que les girouettes accusent d'une manière beaucoup moins [Ue la marche des nuages. Cette hauteur est moindre que la moyenne quand on est en plein courant équatorial ; elle, augmente graduellement quand on s'approche do la rive méridionale du lit de ce courant; elle est supérieure à la moyenne

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quand on est placé en dehors du courant, dans la concavité de l'orbe qu'il décrit, entre le courant équatorial et le courant de retour ou courant polaire. L'oscillation des courants équatorial et polaire à la surface de l'Europe produit donc des oscillations correspondantes dans les hauteurs du baromètre ; mais ces oscillations sont généralement progressives et à longues périodes, durant plusieurs semaines, quelquefois des mois entiers. •Les périodes de pression barométrique généralement basse ne sont pas continues, elles sont entrecoupées par des hausses barométriques accidentelles et temporaires dont chacune se rattache au passage d'une bourrasque avec retour ou recrudescence du mauvais temps. Chaque bourrasque tournante est, en effet, précédée et suivie d'une hausse barométrique : elle est accompagnée d'une baisse qui atteint son maximum au centre même de la bourrasque. L'oscillation accidentelle qui en résulte dans la hauteur du baromètre est ■d'autant plus brusque et plus profonde que le centre de la bourrasque passe plus près de nous et que la perturbation est plus intense.

En suivant la marche du baromètre, on reconnaîtra, par un retour à la hausse succédant à une baisse, que le centre de la bourrasque, après s'être approché de nous, commence à s'en éloigner.

Le baromètre est donc l'instrument par excellence de la prévision du temps en France ; mais il est nécessaire de se familiariser avec ses indications par une pratique de tous les jours. On peut y employer soit un baromètre à cadran, ancien système, soit un baromètre métallique, anéroïde, holostérique, etc. On ne doit jamais s'en tenir à ses indications actuelles ; mais consulter ses mouvements, en partant, autant que possible, de sa hauteur moyenne dans le lieu où il est placé.

Dans les périodes de beau temps, le baromètre, généralement haut, varie peu. Sa baisse peu prononcée indique une bourrasque passant au loin <Jans le nord, mais sans nous atteindre. Si la baisse s'accentue et se prolonge, c'est que le courant équatorial s'approche de nous amenant des temps variables et souvent des pluies. Les signes barométriques acquièrent alors des valeurs très inégales suivant qu'on est en plein été, dans une période de temps orageux, ou bien qu'on est entré dans la saison froide, de l'automne au printemps, époque des tempêtes. Dans cette dernière les oscillations du baromètre sont profondes. Dans la première, au contraire, elles sont faibles et les plus forts orages arrivent souvent quand le baromètre est à sa hauteur moyenne. Toute baisse du baromètre dans les périodes de temps variables indique une tendance à la pluie, mais l'arrivée de celle-ci est généralement précédée d'un ou deux beaux jours. Toute hausse du baromètre indique une tendance au beau temps, mais souvent précédé de pluies peu durables. Le baromètre continuant à monter, le beau temps s'accentue ; mais si le vent des nuages, qui a tourné -vers l'ouest ou le nord-ouest, cesse de continuer à gagner le nord et le nord-est, surtout s'il rétrograde vers l'ouest, ce n'est qu'un répit : une nouvelle bourrasque suit la première et produira la même série d'effets.

Pronostics tirés du thermomètre. — En hiver, la température est généralement douce sur le trajet du courant équatorial, en même temps que le ciel est couvert ou pluvieux. Sur celui du courant polaire elle est au contraire d'autant plus froide que ce courant vient de plus loin dans le nord-est. Entre les deux courants, l'air est calme, le ciel souvent brumeux ; le froid moins vif est plus humide et plus désagréable.

Durant l'été, la température baisse au contraire en plein courant équatorial sous l'action des nua-

ges et des pluies. Le courant polaire est chaud et sec ; l'évaporation qu'il produit à la surface de notre corps nous aide à supporter la chaleur ; mais la sécheresse jointe à une grande lumière amènent quelquefois le hâle des récoltes. Entre les deux courants l'air est calme, chaud et humide ; la chaleur devient pénible. Les fluctuations du courant équatorial vers le sud ou le nord amèneront donc des fluctuations correspondantes dans la température d'un même lieu, mais elles sont généralement à longues périodes. On les retrouve encore en plein courant équatorial, mais elles y sont dues aux bourrasques tournantes et elles ne durent alors que quelques jours, sauf à se renouveler à des intervalles plus ou moins rapprochés. Sur chaque disque tournant de l'air, la température est à son maximum sur le demicercle méridional et antérieur, là où les vents soufflent d'entre sud-est et sud-ouest ; elle est à son maximum dans le demi-cercle septentrional et postérieur, làoù les vents soufflent d'entre ouestet nordest. Le passage d'une bourrasque tournante est donc précédé d'une hausse du thermomètre en même temps que d'une hausse du baromètre ; mais le baromètre a déjà commencé à descendre que la température continue à monter. Ce passage est suivi d'une baisse du thermomètre en même temps que le baromètre se relève. C'est alors que les gelées blanches sont particulièrement à craindre dans le printemps. Succédant à une période de quelques jours humides et chauds, elles trouvent de jeunes pousses pleines de sève nouvelle et très sensibles au froid.

Si, malgré la hausse du baromètre, l'air reste tiède, le vent rétrogradera vers l'ouest. C'est qu'une nouvelle bourrasque suit la première : le beau temps sera de courte durée.

Le thermomètre employé peut être un thermomètre à alcool, qui est d'un prix peu élevé; autant que possible on le place au nord; s'il est adossé à un mur, il doit en être écarté de 10 à 12 centimètres. La température la plus basse de chaque nuit est celle à laquelle M. de Gasparin attachait le plus d'importance. Elle est donnée par le thermomètre à minima à alcool, que l'on pose dans une position presque horizontale, le réservoir un peu plus bas que l'extrémité opposée, et qu'on redresse chaque jour après la lecture, pour remettre l'index en contact avec l'extrémité libre de la colonne liquide.

D'après M. de Gasparin, le vent soufflant de la région chaude et humide, si la température minima de la nuit s'abaisse, la pluie est très probable pour le jour même ou le jour suivant.

Si cette température minima s'élève pendant que régnent les vents froids et secs, ces derniers sont près de leur fin, et il peut y avoir pluie par l'entrée des vents du sud. La fixité des minima annonce la continuité du même temps.

Les minima haussant graduellement annoncent que l'air devient moins sec, qu'il se sature de vapeur et qu'on marche vers la pluie. L'inverse a lieu quand le ciel tourne au beau temps.

Pronostics lunaires. — Parmi les dictons les plus enracinés dans le peuple se trouvent ceux qui s'appuient sur les phases de la lune ; ce sont aussi les plus controversés parmi les météorologistes. Il en est ainsi en particulier de la lune rousse. Cette lunaison coïncide à peu près avec la période critique des gelées tardives. Elle a longtemps tenu lieu pour les cultivateurs d'almanach et d'instruments météorologiques ; et on l'a considérée comme la cause des faits dont elle n'est que le témoin accidentel. Quand la lune brille, le ciel est clair; quand le ciel est clair, le refroidissement nocturne est intense au printemps et les gelées blanches sont à craindre, surtout si elles succèdent à une période de jours pluvieux

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