MÉTÉORE
METEOROLOGIE
et cbauds. L'action de la lune sur le baromètre, sur le thermomètre, sur la pluie ou l'état du ciel, est tellement problématique qu'il est à peu près impossible de la constater par des chiffres précis et que les résultats obtenus changent ou se renversent d'un lieu à l'autre ou d'une année à l'autre. La crédulité publique a étendu l'influence des pbases lunaires à toutes les opérations agricoles, à tous les actes de la vie des champs. Avec M. de Gasparin, l'un de nos plus grands agronomes, nous dirons aux personnes les plus prévenues en faveur des influences lunaires : Ou vous pensez que ces influences résident principalement dans les modifications qu'elles impriment à l'atmosphère et, par contre-coup, à la végétation ; alors simplifiez votre tâche : adressez-vous aux résultats sans remonter aux causes, consultez, pour planter, semer, récolter, etc., l'état du terrain et l'état du ciel, sans vous préoccuper des phases de la lune. Ou bien vous croyez que la lune agit par elle-même sur la plante, sur la marche occulte de la sève, etc. Cette opinion a été soumise à de nombreuses vérifications, fondées sur des données précises régulièrement enregistrées et non sur de fugitifs souvenirs, et rien n'est venu en confirmer l'exactitude. Les concordances et les discordances se présentent toujours en égal nombre et de valeurs semblables, et on en trouve l'explication dans les faits purement météorologiques et nullement dans les phases lunaires. [Marié- Davy.]
METEORE. — Météorologie VII et XIII. — Étym : du grec météôros, élevé. — Dans le langage des météorologistes, ce mot s'applique à tous les phénomènes qui se produisent dans l'atmosphère. Les nuages, la pluie, la neige, sont des météores aqueux, comme l'arc-en-ciel ; les couronnes, les étoiles filantes sont des météores lumineux. — V. Météorologie, Phénomènes optiques de l'atmosphère.
51ÉTEOR1TES. — Nom primitivement donné aux pierres tombées du ciel. — V. Aérolithes.
METEOROLOGIE. — La météorologie ou science des météores a pour objet l'étude des variations du temps et des climats, ainsi que la recherche de leurs causes et de leurs effets.
La météorologie est très ancienne. Dès le commencement des temps historiques, on trouve dans les traditions des peuples les moins civilisés quelques notions de météorologie particulièrement applicables à la prévision des changements de temps; dans les ouvrages des peuples de l'antiquité classique, on rencontre une foule d'observations et de lois météorologiques consignées avec soin.
Malgré cette origine reculée, et malgré ses rapports continuels avec l'astronomie, la météorologie est encore peu avancée. C'est qu'elle est essentiellement une science d'observation portant sur des faits d'une mobilité extrême, et que pendant de longs siècles les observateurs, dépourvus de tout moyen de mesure, devaient s'en tenir à l'examen du ciel et des vents et aux impressions fugitives et changeantes que les intempéries exercent sur nos organes. Ses progrès les plus marqués datent d'une époque récente.
L'invention du thermomètre* à la fin du seizième ou au commencement du dix-septième siècle ; celle du baromètre* vers le milieu du dix-septième siècle, ont déjà permis de substituer des évaluations précises aux indications vagues qui les avaient précédées, et d'agrandir le champ des observations. Avec le pluviomètre, dont l'usage est à peu près contemporain des deux premiers, et la girouette, dont l'origine est très lointaine, on a l'ensemble des quatre instruments principaux qui ont longtemps suffi à l'étude générale des climats du globe et des intempéries des saisons. Aujourd'hui encore ils forment la base du travail des avertissements irologiquea en usage dans la plupart des pays civilisés. Mais si leurs indications, augmentées de
celles que fournit l'examen direct de l'état du ciel, peuvent conduire à la découverte des causes des variations du temps, elles sont insuffisantes pour en faire connaître les effets sur la végétation ou sur la santé publique. Ici, le champ de l'observation s'élargit et se transforme. Pour discerner quelles sont les données météorologiques réellement actives sur la végétation, quelles seront lesconséquences immédiates ou lointaines des allures d'un climat ou d'une saison sur les culturesengagées ou sur celles qu'il convient d'entreprendre, les rapprochements vagues, indéterminés ne peuvent conduire qu'à l'erreur ; l'étude exacte de la marche des cultures doit être constamment associée à celle de la marche des saisons : les mesures doivent y être faites avec un égal soin. On constate alors que les résultats ordinaires fourni» par le baromètre, le thermomètre, le pluviomètre, la girouette et l'inspection du ciel sont incomplets au point de vue agricole ; qu'il est un autre élément aussi essentiel à évaluer que la chaleur et l'humidité : c'est la lumière que le ciel nous départit en proportions très variables. L'éclairement des plantes ne peut pas être évalué avec quelque précision par la simple inspection des nuages; ou le mesure exactement avec Yactinomètre.
Même augmenté de l'actinomètre, le matériel d'observation du météorologiste est donc encore très simple ; mais la valeur du travail qu'on en tirs au point de vue de la science ressort principalement de la réunion et de la discussion de l'ensemble des données similaires recueillies sur la plus grande étendue possible de la surface du globe.
La théorie de la plupart des phénomènes météorologiques, envisagésen eux-mêmes etsurplace, est déjà très avancée grâce aux travaux des physiciens. C'est, l'étude de leur origine, de leurs causes, de leurs effets qui laisse le plus à désirer. Déjà, cependant, Humboldt, en réunissant les observations de température connues de son temps, a pu figurer sur une sphère terrestre le mode général de répartition de la chaleur à la surface du globe. Berghauss, à l'aide des relevés de pluie également épars, a pu construire une carte approximative de la répartition des pluies sur la terre, ensorte que l'on connaissait déjà deux des éléments de la distribution géographique des plantes libres et des cultures.
Maury, en compulsant un nombre considérable des livres de bord tenus par les marins pendant leurs traversées, a pu reconnaître et figurer sur des cartes le mode général de circulation de l'atmosphère sur la surface des océans ; il a pu en même temps tracer aux navigateurs les routes les plus courtes en durée pour se rendre d'un point à un autre ; et les traversées les plus longues ont été abrégées de plus d'un tiers. Tous ces grands travaux d'ensemble, plus ou moins imparfaits à l'origine, se complètent peu à peu. Ils constituent de grands progrès qui en appellent d'autres.
Pour reconnaître la nature des liens intime& qui unissent entre eux les divers climats du globe ; pour trouver l'origine, la cause, la nature, le mode de progression et les signes précurseurs des perturbations atmosphériques auxquelles nous sommes exposés, les observations faites à des dates indéterminées sur les divers points de la terre et des mers ne suffisent pas; il y faut, de plus, la simultanéité de ces observations permettant la construction de cartes synoptiques du temps dressées chaque jour, afin de figurer l'état général de l'atmosphère à un même instant, et de suivre les changements qui s'y produisent d'un jour à l'autre. Plus les régions embrassées gagnent en étendue, plus il convient au début de limiter les données employées et de les réduire à celles qui ont le plus d'importance au point de vue du travail entrepris.