Chambre noire
dite du nouvel appareil est constituée par une caisse parallélipipédique en bois, dont une moitié N est fixe et l'autre M mobile. La paroi postérieure de la caisse porte un écran en verre dépoli et à coulisse C, sur lequel viendra se peindre l'image des objets extérieurs. Cela dit, le mode d'emploi du daguerréotype s'explique de lui-même. On dirige le tube AB vers l'objet à reproduire. Par un mouvement progressif, en avant ou en arrière suivant les cas, de la caisse mobile M, on amène l'écran à la position voulue derrière la lentille pour que l'image de l'objet s'y reproduise avec netteté, et on achève enfin la mise au point très exactement en faisant tourner le bouton V. Il n'y a plus alors qu'à substituer au verre dépoli l'écran sensibilisé, sur lequel l'image laisse désormais une trace durable, pour que la reproduction fidèle de l'objet puisse s'opérer dans de bonnes conditions. Nous H
- Daguerréotype.
n'avons pas à insister davantage sur ce point, les détails opératoires relatifs à la sen-ibilisation de la plaque, à la durée de la pose, à la fixation de l'image sont donnés à l'article Photographie.
III. Chambre claire. — La chambre claire a la même destination que la chambre noire ;mais elle est beaucoup plus employée aujourd'hui que cette dernière.
Depuis que la photographie a accompli les grands progrès que tout le monde peut apprécier, la chambre noire ne sert plus pour ainsi dire aux dessinateurs. Ceuxci ont recours, de préférence, à l'instrumentdeDagucr-
re. La chambre claire a été conservée pour la topographie ; elle permet, en campagne et sans recou-
Fig. 5. — Chambre claire.
OPTIQUE (INSTRUMENTS D') — 1451
rir à une installation gênante, d'effectuer, avec quelque rigueur, des levers de plan. Le colonel au génie Laussedat a perfectionné, dans ces derniers temps, ce petit instrument, et en a fort ingénieusement régularisé l'emploi. Nous nous bornerons ici à indiquer le principe de la chambre claire.
On prisme quadrangulaire de verre, dont la section droite ABCD est représentée dans la fig. 5, dirige vers l'œil de l'opérateur, placé au-dessus de la lentille I et de l'arête D, les rayons lumineux provenant de l'objet à étudier. Ces rayons tombent d'abord sur la face AB du prisme dans une direction telle que L; ils subissent deux fois, après avoir pénétré dans le verre, une réflexion totale, d'abord sur la face BC, puis sur la face CD ; finalement ils arrivent dans l'œil et lui font percevoir l'image des objets comme le ferait un simple miroir convenablement disposé. L'œil, placé de façon à ce que sa pupille soit divisée en deux parties égales par le plan vertical qui contient l'arête D, projette instinctivement cette image sur une feuille de papier blanc posée en E sur une table et éprouve la même impression que si elle y existait réellement. L'opérateur peut donc avec son crayon en dessiner tous les contours. Seulement, la grande difficulté, c'était l'adaptation de l'œil à la fois à la vision d'objets éloignés, ceux dont l'image est fournie par le prisme, et à la vision nette d'un objet distant de »»i centimètres, à savoir le crayon que manie le dessinateur. On a résolu la difficulté par l'emploi d'une lentille I convenablement ajustée et que traversent avant d'arriver à l'œil les seuls rayons venant de l'objet éloigné. Leur point de concours est ramené par cette lentille au point E, et l'œil peut alors voir en même temps et très distinctement l'image qui se projette sur le papier et la pointe du crayon qui y trace des lignes.
Les angles dièdres du prisme quadrangulaire employé ont les valeurs suivantes:
On prouve, à l'aide de considérations géométriques très simples, que dans ces conditions, tout rayon incident qui pénètre dans le prisme par la face AB en émerge par la face AD, en prenant finalement une direction exactement perpendiculaire à sa direction initiale. Ainsi, si le rayon incident L est horizontal, le rayon émergent qui lui correspond est vertical. Les deux réfractions que le rayon subit en traversant le prisme se compensent exactement, et tout se passe finalement, au point de vue de la déviation totale, comme si la lumière avait traversé un milieu à faces parallèles. IV. Microscope compose. — Quel est le premier inventeur du microscope? Cette question de priorité est demeurée fort incertaine. Les uns en attribuent la découverte à un Hollandais, Zacharie Jansen, d'autres en font honneur au naturaliste Leuwenhoeck, son compatriote. Ce qu'il y a de positif, c'est que le microscope composé date de la fin du seizième siècle ou des premières années du dix-septième.Ce qu'il y a d'incontestable aussi, c'est que, dans son état premier et à raison des images peu nettes et par trop irisées sur leurs bords qu'il fournissait, cet instrument n'avait au point de vue scientifique qu'une médiocre importance. Euler, le premier, en 1769, démontra la possibilité de le rendre achromatique, et c'est la réalisation pratique en 1816 par Fraunhofer de l'idée d'Euler qui a fait du microscope un de nos meilleurs instruments de recherches. Amici de Modène, Pritchard et Ross en Angleterre, Charles Chevalier, Lerebours, Oberhauser et .\achet en France ont ensuite porté l'instrument, par des modifications successives, audegré de perfection que nous lui connaissons aujourd'hui.