ORCHIDÉES
ORIENT (EXTRÊME
d'une enveloppe blanchâtre que l'on nomme velamen ; le velamen n'est autre chose qu'une pilorhize ordinaire qui ne subit pas d'exfoliation ; le velamen est par conséquent un revêtement subéreux qui protège la surface de la racine. Dans un petit nombre de plantes, ces racines aériennes se chargent de chlorophylle et jouent ainsi partiellement le rôle de feuilles.
La tige des orchidées est généralement assez peu développée, rampante ou dressée, parfois très grêle et se terminant par une hampe florale nue. Dans un petit nombre de genres, chacun des entre-nœuds de cette tige se renfle en un tubercule d'une forme toute particulière. Ce n'est que dans le genre Vanille que la tige présente un très grand développement; mais, même dans ce cas, elle demeure herbacée et conserve une structure très simple.
Les feuilles des orchidées sont engainantes, entières, allongées, à nervures parallèles peu nombreuses ; ces feuilles sont, la plupart du temps, presque radicales. Ce n'est guère que dans le genre Vanille qu'on trouve les feuilles dispersées sur toute la surface de la plante. En approchant de 1 inflorescence, les feuilles se réduisent à l'état de petites écailles.
La fleur des orchidées se compose d'un périanthe hexaphylle dont les pièces fort dissemblables les unes des autres sont disposées sur deux rangs. L'une des pièces du verticille intérieur de ce périanthe prend un développement considérable et une forme spéciale; on lui donne le nom de labelle; très fréquemment le labelle présente un enfoncement ou éperon dans lequel est cachée une glande dont le nectar a pour but d'attirer les insectes qui doivent concourir à la fécondation de la fleur. Les diverses pièces de la fleur sont insérées au sommet de l'ovaire qui devient par cela même infère. L'androcée ne comprend qu'une seule étamine opposée au labelle, hypertrophiée et adhérente au style qui surmonte l'ovaire ; cette anthère est biloculaire; tous les grains de pollen de chaque loge demeurent adhérents les uns aux autres et forment ce que l'on nomme une pollinie; très fréquemment chaque pollinie se prolonge en une sorte de bec ou caudicule. En regard de l'anthère le style porte une glande ou retinacle qui produit une humeur visqueuse très adhésive ; cette humeur se répand jusque sur les caudicules, et s'y attache ; en séchant, elle se contracte, tire à elle les pollinies, par l'intermédiaire des caudicules et vient ainsi en aide à la déhiscence très imparfaite des loges de l'anthère.
L'ovaire est uniloculaire, tricarpellé, et présente trois placentas pariétaux bilobés qui sont chargés d'une multitude d'ovules anatropes bitégumentés. Dans l'épaisseur des parois ovariennes, on trouve parfois des glandes septales très développées. L'ovaire est surmonté d'un style court massif qui se termine par un stigmate glanduleux très grand et fortement courbé en forme de cuiller ; la concavité de ce stigmate regarde vers le sol. Dans la position ordinaire, le stigmate semble placé immédiatement au-dessus de l'anthère.
Les pollinies sont transportées sur le stigmate par l'intermédiaire des insectes hyménoptères.
La fleur d'un petit nombre d'orchidées diffère quelque peu de celle que nous venons de faire connaître : c'est ainsi que dans le Cypripedium, le périanthe et l'androcée ont une symétrie binaire et un ovaire infère tricarpellé.
Le fruit des orchidées est une capsule déhiscente en trois ou six valves ; très souvent, dans les orchidées de nos pays, les trois valves interplacentaires restent unies entre elles au sommet. Pendant le développement du fruit et la formation de la graine, on voit souvent les suspenseurs des embryons s'étaler à la surface des placentas, pour
y absorber les matières nutritives que ceux-ci contiennent.
L'ensemble des caractères des orchidées nous montre ces végétaux comme des types profondément dégradés, et ce fait s'accorde parfaitement avec l'habitude, générale chez les plantes de cette famille, de vivre soit comme plantes hinnicoles, soit comme plantes épiphytes. Un très petit nombre d'orchidées sont franchement parasites : telles sont le Limodorum, la Seottia nidu< avis; dans ces deux plantes, la chlorophylle est remplacée par des cristalloïdes rouges. Certaines orchidées sont tellement dégradées qu'elles ne présentent jamais de racines; telles sont le Coralorhiza et YEpipoqon.
Usages des Orchidées. — Les plantes de la famille des orchidées sont très recherchées à cause de la bizarrerie et de la beauté de leurs fleurs, qui ressemblent tantôt à un papillon, tantôt à une abeille, tantôt à un singe, etc. Leur culture demande le plus ordinairement la serre chaude et des soins assidus; elle est devenue en Angleterre et en Belgique l'objet d'une véritable passion. Les célèbres horticulteurs Veitch et Linden entretiennent à grands frais des voyageurs dans les régions tropicales du globe pour y recueillir spécialement les orchidées. Aussi Linné, qui, au milieu du siècle dernier, ne connaissait qu'une douzaine d'orchidées exotiques, pourrait-il lire aujourd'hui, sur les catalogues des horticulteurs anglais, les noms de 3o00 espèces de ces végétaux.
Parmi les orchidées, peu nombreuses , qui sont utiles à l'homme, nous citerons :
1° Les Vanilles. Ce sont des plantes sarmenteuses qui croissent dans les régions chaudes et humides du Mexique et de la Guyane. La culture les a acclimatées dans les Antilles, au Brésil, et dans l'île Maurice. On les cultive pour leur fruit. Ce fruit est une capsule longue, noire, dont les graines globuleuses, coriaces, fort petites, sont plongées dans un tissu placentaire qui sécrète une huile balsamique à laquelle est dû le parfum délicieux du fruit. La vanille est employée dans la préparation de quelques mets délicats. La variété la plus estimée est celle qui vient de l'île Bourbon. Conservée dans un endroit sec, elle se couvre de cristaux blancs d'acide benzoique. La vanille du Mexique, qui est la plus commune et la moins parfumée, est connue dans le commerce sous le nom de vanillon.
2° UAgrecum fragrans ou Faham, originaire des îles Mascareignes. Les feuilles de cette plante sont vendues sous le nom de thé de Bourbon ; elles ont une saveur amère et une odeur de fève tonka.
3° Les Orchid, qui produisent un petit tubercule dont on extrait une fécule très légère connue sous le nom de salep. Le salep nous vient de l'Asie-Mineure et de la Perse. Bien que les espèces qui produisent le salep soient indigènes dans l'Europe centrale, ces plantes n'y sont pas assez abondantes pour y permettre la fabrication directe de cette fécule.
Le salep se mange cuit comme le tapioca ou incorporé au chocolat. [C.-E. Bertrand.]
OREILLE.,— V. Ouïe.
ORGANISÉS (Êtres). — V. Règnes.
ORIENT (EXTRÊME). — Histoire générale. 1. — L'extrême Orient comprend les deux empires de la Chine et du Japon.
Chine. —Les Chinois font remonter leur antiquité à 81600 ans avant leur ère historique. La Chine était alors gouvernée par des dieux, puis par des souverains descendant des dieux, tels que Fo-hi, Chin-Soung et Yao, auxquels on attribue l'invention du feu, des maisons, de l'agriculture, des arts et métiers, de la médecine, de l'écriture, du calendrier, etc. L'époque historique commeuce en 2608 avec le règne de Hoang-Ti, que les Chi-