‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 197 sur 534 · ORIENT (EXTRÊME) — UG6 — ORIENT (EXTRÊME · texte numérisé non relu

ORIENT (EXTRÊME) — UG6 — ORIENT (EXTRÊME

nois regardent comme leur premier législateur. En 2205 l'empire, électif jusqu'alors, devient héréditaire, et Vu fonde la dynastie Ma, qui règne jusqu'en 1 7(6. Le dernier empereur de cette famille, Li-Koué, déposé à cause de ses cruautés, fut remp'acé par Tching-Tnng qui fonda la dynastie Chang (1706-1122). Celle des Tchéou lui succéda et occupa le trône jusqu'en 247. Son fondateur, Wou-Wang, fit rédiger le Théou-li, recueil de lois politiques et sociales déjà existantes et suivies encore aujourd'hui. Sous le règne de Ling-Xang naquit Confucius (551-479). La dynastie des Tchéou fut renversée par l'usurpateur Thsin, qui mit un peu d'ordre dans l'empire morcelé et bouleversé, et qui fonda une dynastie nouvelle (249-197;, tari uelle donna son nom à l'empire : T Usina, Chine. Un des successeurs de Thsin, Chi-Hoang-Ti, éleva, vers 214, la grande muraille contre les Hiong-nou 'Huns). On dit que, pour se délivrer des importunités des hauts fonctionnaires qui à son autorité opposaient les traditions, il fit brûler tous les livres relatifs aux moeurs et à l'histoire de la Chine. A la dynastie des Thsin a succédé celle des llan de 197 av. J.-C.à 2:'0 ap. J.-C.) Sous les Han, la Chine eut des rapports officiels avec l'empire romain, qu'elle appelait Taï-Tsin et où elle était connue sous le nom de Sérique (pays de la soie). Une ambassade chinoise s'arrêta, en revenant, dans l'Inde, et en rapporta la religion de Bouddha (le Fô des Chinois).

Après les Han, la Chine, livrée aux discordes, se divisa en deux empires : celui du Nord formé par une invasion de Tartares, et celui du Sud. En 589, la dynastie des Soui monta sur le trône et réunit les deux empires. Celle des Tung lui succéda (617-907) et fut très brillante. Sous cette dynastie, la Chine étendit sa domination, par force ou par soumission volontaire, sur la Corée, le Japon, le Thibet, le Turkestan, la Mongolie, le pays des Mandchoux, le Tonkin, le Cambodge, la Cochinchine, Siam, Haïnan et Formose. Elle prit pour capitale Signan-fon. Après les Tang, les troubles éclatèrent de nouveau et les dynasties se succédèrent rapidement ; la deuxième dynastie des Song se maintint plus longtemps (990-1270). Sous son règne, le Nord de la Chine fut envahi par les Tartares ; les empereurs n'en conservèrent une partie qu'en se soumettant à un tribut; ils durent transporter leur résidence a Hang-tchou-fou. Délivrés un moment par les Mongols sous la conduite de Gengis-khan qu'ils avaient appelé, ils furent bientôt les victimes de leurs alliés. Gengis-khan conquit la Chine par deux victoires et fit périr l'empereur avec tous les membres de la famille des Song. Son petit-fils Kublaï-Khan, connu en Chine sous le nom de Thi-Tsou, fonda la vingtième dynastie chinoise, celle des Mogols ou Yen (1279-132«), qui administra sagement l'empire. Sous le règne de cette dynastie, les missionnaires et les voyageurs européens pénétrèrent dans la Chine, connue alors en Kurope sous le nom de Cathay. Le plus illustre d'entre eux est Marco Polo. Avec Tchou ou TaP-TiOfig l'r, monta sur le trône la dynastie nationale des Ming (1368-1614). Les Européens commencèrent, pendant cette période, à entretenir dis relation! suivies avec l'empire; les Portugais l'établirent à Macao (1522), et le jésuite Mathieu liicoi fonda des missions avec assez de succès (1583 . La dynastie aujourd'hui régnante, celle des Taî'Tring ou des Tartares-Mandchouxt a été imposée à la Chine par la conquête (1644). Elle a déjà donné à la Chine sept empereurs, dont le «l"rnier, Clii-sang, est monté sur le trône en 1861. Ces princes ont conquis la Mongolie, Formose, le Thibet, le Kasch^ar, la Dzoungarie ; ils ont introduit, dans l'empire, le faste et la servides royaumes orientaux, mais ils n'ont rien

changé à l'administration plusieurs fois séculaire. A la fin du xvnic siècle ont commencé les démêlés qui durent encore entre l'Europe et la Chine. L'Angleterre profita la première des mauvais traitements exercés contre les Européens pour prendre pied dans l'empire. Les ambassades de lord Macartney (1792) et de lord Amherst (1802) n'eurent point de résultats, et en 1815 tous les catholiques furent chassés ; les missionnaires de Pékin eurent le même sort en 1828. Le privilège de la Compagnie des Indes ayant ces-é en 1834, le gouvernement anglais ne craignit plus de se voir fermer le port de Canton sans intervention possible, et, désormais seul chargé de protéger son commerce, il chercha une occasion de commencer les hostilités. La Chine l'offrit bientôt. L'empereur s'émut des effets de l'opium introduit en grande quantité malgré sa prohibition, et de l'exportation de l'or et de l'argent donnés seuls en paiement. Les commerçants européens furent retenus prisonniers jusqu'à ce qu'ils eussent livré leurs cargaisons d'opium : la guerre commença (1839). Les Anglais bombardèrent Canton et arrivèrent jusqu'à Nankin. Une convention signée dans cette ville (1842) mit fin à la guerre de l'opium et imposa aux Chinois la légalisation du commerce de l'opium, la cession de Hong-Kong à l'Angleterre, une indemnité de 105 millions de fr. et l'ouverture des cinq ports conquis au commerce européen. M. deLagrenée, représentant de la France à Canton, entama à son tour des négociations et, de sa propre autorité, imposa à la Chine le traité de Vampora (1844), qui donnait à la France les avantages du traité de Nankin, permettait aux Chinois d'embrasser le christianisme et prescrivait la restitution des églises bâties depuis 1722 qui n'avaient pas encore été converties en pagodes. La France obtenait en outre un acte officiel lui donnant le droit de faire des réclamations.

Pendant cette période d'embarras, la secte des Nénufars, ayant pour but de placer sur le trône une dynastie nationale, fit de rapides progrès et abou-

| tit à une révolte. A la voix des Tchang-mao ou rebelles aux longs cheveux, les populations se soulevèrent; en mars 1853, Nankin tomba entre leurs mains et l'empereur des rebelles proclama l'ouverture d'une ère nouvelle, celle de la Grande-Paix ou Taï-Ping. Il s'empara ensuite d Emouy et de

| Shang-Haî. Une nouvelle guerre avec l'Europe, dont nous parlerons tout à l'heure, empêcha le gouvernement de diriger toutes ses forces contre les insurgés : toutefois, attaqués, après les traités de 1861, par l'armée franco-anglaise, ceux-ci perdirent Nankin et Shang-Haï ; et à partir de 1880, la rébellion a été complètement réprimée. La révolte du Turkestan amena la séparation de ce pays d'avec l'empire (1873); celle des Chinois m h nimans ou Pansis (1875) vient enfin d'être

En 1856, les Anglais, profitant des embarras du gouvernement chinois, et s'appuyant sur une prétendue insulte faite à leur pavillon, reprirent la guerre avec l'alliance de la France. Canton fut pris ; l'armée franco-anglaise remonta le Pc-ro (Pel-ho) jusque près de Pékin (1858). Les traites de Tien Tsin et la convention commerciale de Shang-hai ouvrirent aux Européens les cinq nouveaux ports de Niou-Chouang, Teng-Tchéou, Souatau, Thai-Ouan, Kioung-Tchéou, cédèrent à la llussie le territoire de l'Amour qu'elle avait occupé en 1855, consacrèrent la résidence permanente a Pékin d'ambassadeurs européens, et fixèrent les droits de douane à 5 p. 100 de la valeur des marchandises importées ou exportées ; la taxe fut abaissée pour la soie et le thé, l'interdiction du commerce de l'opium fut levée. Mais lorsq\i en 1859 les envoyés français et anglais se présentèrent aux bouches du Pé-ro, l'entrée leur en

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fut refusée ; la guerre recommença (18C0). L'armée franco anglaise s'empara de l'île de Chusan, et, après lecombat de Peh-Tang, des forts de Ta-Kou ; elle marcha ensuite jusqu'àTong-Tcbéou, à lG kilomètres de Pékin. Pendant que le gouvernement chinois amusait les ambassadeurs par des négociations, l'armée européenne fut attaquée, à l'improviste, par les Tartares, près de Tchang-Kia- Wang, mais, victorieuse au pont de Pa-li-Kao, elle entra à Pékin. Les traités y furent signés. Ils confirmèrent ceux de Tien-Tsin, donnèrent une indemnité de 60 millions à la France et à l'Angleterre, restituèrent aux chrétiens tous les établissements religieux, et ouvrirent au commerce européen trois nouveaux ports : Tien-Tsin, Tching- Kiang, Han-Kéou. Un ministère des affaires étrangères fut créé en 1861, et les ambassadeurs français et anglais s'établirent dans la capitale. A la mort de l'empereur, le prince Kong, son frère, qui avait signé les traités, s'empara du gouvernement malgré le conseil de régence, et prit la tutelle de son neveu Chi-Sang, âgé de sept ans. Depuis cette époque, les fonctionnaires de l'empire se divisent en deux partis : celui de la résistance et celui du progrès ; les progressistes veulent emprunter à l'Europe ses armes perfectionnées, son instruction scientifique, son organisation militaire, ses engins de défense, afin de préserver la Chine d'une nouvelle attaque et d'une ruine imminente ; le parti de la résistance, qui veut, avec un patriotisme moins éclairé, conserver intactes les mœurs nationales, est en minorité, et, grâce à l'appui du prince Kong, les progressistes ont commencé avec succès la réalisation de leurs projets. Un arsenal et une école de marine militaire ont déjà été fondés à Fou-Tchéou.

Les Chinois appartiennent à la race jaune et à la famille indo-sinique ; ils ont le visage large, les yeux noirs, petits et relevés vers les tempes, la bouche et le nez petits, les pommettes saillantes, le teint jaune, les cheveux noirs et légèrement crépus. Ils n'ont pas de barbe. Les Chinois sont doux et polis jusqu'à l'obséquiosité, mais aussi fourbes, poltrons et vains. Leur langue appartient à la famille des langues monosyllabiques, elle n'a ni genre ni nombre; elle comprend la langue officielle ou langue mandarine, et un grand nombre de dialectes ; ceux-ci ne sont point compris lorsqu'on les parle hors de leurs provinces respectives, mais la langue écrite est comprise partout. L'écriture chinoise se trace de haut en bas ; elle compte 36 785 caractères, outre 12* lettres-mères servant à former les autres.

Les Chinois qui veulent arriver aux fonctions publiques sont astreints à des examens destinés à constater leur degré d'instruction. Les bacheliers ont le monopole de l'enseignement, peuvent porter le bouton d'or sur leur chapeau et devenir mandarins, nom sous lequel les Européens désignent la classe des fonctionnaires. Les mandarins forment deux catégories : les mandarins civils ou lettrés, et les mandarins militaires. On distingue, dans le mandarinat, un certain nombre de grades. Le plus haut, celui à' académicien {kanAin), s'obtient aprèsune épreuve dont l'empereuriui-même est le juge suprême. . Trois religions se partagent la Chine: la religion d'Yu, qui est celle de l'Etat et des lettrés, établie par Confucius; le Tao-tse (ou la Raison primitive1, doctrine enseignée par Lao-tseu, et le culte de Fô ou le Bouddhisme.

Les Chinois sont très indifférents en matière de religion ; les sectateurs des deux premières religions surtout sont le plus souvent libres-penseurs ; néanmoins la pratique de leur religion est un grand moyen de conserver leur ascendant sur le peuple attaché aux superstitions les plus grossières. Les Roui-tze (Ouigours), incorporés à l'empire au xvne siècle, sont restés musulmans et sont

assez libres. Les juifs, au nombre d'environ 50 000, pratiquent librement leur culte. Le christianisme, introduit par les Nestoriens, au vne siècle, et propagé plus tard par les jésuites, au xvne et au xvmc siècle, s'est heurté à l'indifférence des Chinois et aux persécutions du gouvernement; les efforts des missionnaires n'ont réussi qu'à conserver à peu près intact le nombre des familles converties.

Les Chinois se divisent en quatre classes : cello des lettrés ou de la noblesse, dans laquelle on peut entrer après avoir subi trois examens publics; celle des agriculteurs, celle des industriels et celle des commerçants. Les maîtres de maisons de jeu, les acteurs, les coiffeurs et les bateleurs sont exclus des fonctions publiques.

Le gouvernement chinois est une monarchie absolue, héréditaire sans ordre déterminé dans la ligne masculine. Le prince, Fils du ciel, réside à Pékin, et à Djé-hol en été. Il a pour conseil les Tsnseï-Siangs, mandarins nommés par lui. Ce conseil dirige neuf départements : Relations avec les pai/s tributaires , intérieur, finances, culte, guerre, justice, travaux publics, extérieur, censure. Les provinces gouvernées, deux par deux, par un Tsong-Thon, ont chacune un gouverneur général ou vice-roi appelé Tsong-Kouan, Chaque ville de premier ordre est gouvernée par un Kouan-Fou qui dirige, en même temps, un certain nombre de villes de deuxième ordre. Les villes du troisième ordre sont sous l'autorité d'un mandarin. Les bourgs ont un Tso-Thung, et les villages (Paô) un Yù. Ces fonctionnaires sont amovibles, nommés et rétribués par l'empereur, sauf le Yô qui est nommé par le mandarin et non rétribué. Il n'y a ni classes privilégiées, ni places héréditaires. Chaque province doit envoyer à Pékin une redevance en nature et en espèces. Les bureaux de douane, très nombreux, prélèvent les droits sur les marchandises. Tous les hommes de 20 à 60 ans paient une capitation. Il n'y a pas de monnaies d'or ou d'argent ; le commerce se fait par lingots dont l'unité de poids, variable selon les provinces, est le taël ou Hong (37 grammes à), ou par feuilles de métal ou par papier. Il n'y a qu'une monnaie de cuivre, le sapeque achien, dont la valeur, sujette à des variations, est d'à peu près 1/2 centime.

L'empereur ne paie que ses mandarins, ses soldats et son sérail ; chaque province lève ses contributions et se suffit à elle-même. L'armée s'élève à peu près à un million d'hommes avec l'arrière-ban. Elle se compose de l'armée tartare et de l'armée chinoise. L'armée tartare, lamoinsnombreuse,mais la plus solide, comprend lecontingentrégulier et le contingent irrégulier. Le premier, qui se rapproche le plus de notre armée permanente, comprend tous les hommes valides de la race tartare-mandchoue et garde les places fortes. Quand il est appelé à marcher, ce qui n'a lieu qu'à la dernière extrémité, il reçoit une solde régulière partie en espèces, partie en nature; ses généraux (Tchiano-kin) sont tartares-mandchoux. Le contingent irrégulier est composé des Tartares-Mongols disséminés sous les ordres des différents petits princes, et se divise en huit bannières. Les Tartares-Mongols vivent dans leur patrie et ne marchent qu'à l'appel de l'empereur. L'armée chinoise, composée de volontaires, est répartie dans les dix-huit provinces de la Chine. Chaque soldat est enrôlé dans sa province et ne sert qu'une partie de l'année. Le chiffre de l'effectif est très variable ; la discipline presque nulle. Les grades sont donnés au concours. Les armes étaient l'arc et la flèche ; le fusil tend de plus en plus à s'y substituer. La marine militaire compte environ 800 bâtiments, et 5^000 hommes, commandés par deux amiraux. — L'agriculture, élevée, par les lois et les coutumes, au-dessus des autres professions, est très développée ; ses^ produits sont les légumes, le coton, le thé, le mûri r,

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