‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 204 sur 534 · PALMIPÈDES · texte numérisé non relu

PALMIPÈDES

PALMIPEDES

vient des Pterocarpus, ou que le sang-dragon produit par les Dracœua.

La sève du Corypha umbraculifera est employée comme émétique dans l'extrême Orient.

Presque tous les palmiers sont recherchés par les horticulteurs et les amateurs de plantes, à. cause de la beauté et de l'élégance de leur port et de leur feuillage.

Distribution géographique des Palmiers. — Les palmiers appartiennent exclusivement à la zone torride et aux régions les plus chaudes de la zone tempérée. Une seule espèce est indigène de l'Europe méridionale : c'est le Palmier nain {Ciiar/iterops humilis), qui se retrouve avec beaucoup plus d'abondance en Algérie. Ce palmier nain est l'un des plus grands obstacles que les colons algériens aient rencontrés au défrichement du sol, tant la végétation de cette plante est intense et tenace. Ce n'est que par le feu qu'on peut la chasser des terrains où elle croît.

Certains palmiers vivent en société et occupent seuls d'immenses espaces de terrain ; les uns croissent dans les savanes inondées, comme les Iriartea, les autres au milieu des sables arides, comme les Hy/j/iœne. Les palmiers sont relativement rares en Afrique ; ils sont plus nombreux dans l'Inde, l'Asie tropicale et l'archipel indien ; ils abondent dans l'Amérique tropicale.

[C.-E. Bertrand.]

PALMIPÈDES. —Zoologie, XVIII. — Les oiseaux qu'on désigne sous le nom de Palmipèdes sont particulièrement conformés en vue d'une existence aquatique. Leurs membres inférieurs sont en effet transformés en rames, grâce à l'existence d'une membrane qui s'étend entre les doigts antérieurs et qui comprend parfois aussi le pouce ou doigt postérieur. Cette particularité de structure permet, en général, de distinguer les Palmipèdes des Échassiers ; parmi ces derniers on rencontre cependant certains genres, tels que le genre Gallinula ou poule d'eau, chez lesquels les doigts sont déjà bordés d'une membrane étroite. Chez les Palmipèdes les pattes sont ordinairement placées très loin en arrière, dans la région abdominale ; le bec est tantôt grêle et pointu, tantôt élargi en spatule, et garni de lamelles sur le bord des mandibules ; les ailes sont tantôt entièrement développées, tantôt considérablement réduites, ou parfois même modifiées au point de constituer des organes de natation.

Les Palmipèdes habitent les bords de la mer, des fleuves ou des étangs, et quelques-uns même passent la plus grande partie de leur existence loin du rivage, au milieu des flots de l'Océan Beaucoup d'entre eux plongent avec facilité et nagent avec aisance entre deux eaux. Leur nourriture consiste en plantes aquatiques, en vers, en mollusques et en poissons.

Sur le sol, les Palmipèdes ont des allures gauches et embarrassées, et, à quelques exceptions près, ils sont incapables de se percher; ils font leurs nids sur des rochers, dans les trous, au milieu des joncs et des broussailles, ou tout simplement sur la grève. Leurs œufs sont tantôt d'un blanc pur, tantôt d'un jaune-verdàtre marbré de tach«s brunes. Les petits qui en sortent sont couverts d'un duvet d'un gris brunâtre ou d'un blanc pur, puis ils revêtent une livrée plus ou moins sombre, et ce n'est guère que dans la deuxième ou la troisième année qu'ils acquièrent leur plumage définitif. Mais lors môme qu'ils sont parvenus à leur développement complet, les Palmipèdes conservent presque toujours, au-dessous de leurs plumes normales, une couche moelleuse de duvet dont on fait grand cas dans le commerce des pelleteries. A l'âge adulte les mâles se distinguent ordinairement des femelles par la richesse ou l'éclat métallique de certaines parties de leur plumage.

Les Palmipèdes peuvent être subdivisés, d'une manière assez naturelle, en quatre tribus, savoir :

1° Les Plongeurs ou Brachyptères.

2" Les Longipennes.

3° Les Totiptdntes.

4° Les Lamellirostres.

Les Plongeurs ont les ailes extrêmement courtes, et ordinairement impropres au vol, et les pattes implantées tout à fait à l'arrière du corps, ce qui force l'oiseau à se tenir sur le sol dans une position verticale et ce qui rend la marche extrêmement difficile. Aussi ces palmipèdes ne sont-iis point faits pour fendre les airs, ni poui courir sur le sol : l'eau est leur véritable élément. Là ils se meuvent avec rapidité, se servant de leurs ailes comme de nageoires et de leurs pieds palmés comme de rames ou de gouvernail. Leur plumage, très serré, est ordinairement lubréfié par une matière grasse qui empêche l'imbibition, et ne présente généralement que des couleurs simples, du blanc, du noir, du gris, du roux ou du jaune.

A ce groupe appartiennent les Grèbes, les Plongeons, les Guillemots, les Macareux, les Pingouins et les Manchots.

Les Grèbes, dont la dépouille est très recherchée par les fourreurs, ont le plumage lustré, le corps trapu, la tête petite, souvent ornée d'une sorte de huppe ou de collerette, le bec grêle et pointu, les pattes courtes, les doigts antérieurs réunis seulement à la base et bordés de membranes découpées dans la plus grande partie de leur longueur, comme chez les Poules d'eau. Le Petit Grèbe ou Castagneux est très commun sur les eaux douces de lu France.

Les Plongeons, qui habitent les régions septentrionales des deux mondes, ressemblent aux Grèbes par leurs formes générales, mais sont de taille plus forte et ont le plumage moins brillant.

Les Guillemots n'ont que trois doigts aux pattes, le pouce étant avorté, et leurs ailes sont si réduites qu'ils peuvent à peine voler. Ils ne quittent guère les pays glacés du nord.

Les Macareux se distinguent par leur bec aplati latéralement en une lame assez mince, très élevée, et susceptible de se partager en plusieurs pièces qui se détachent à certaines saisons. Ils passent la plus grande partie de leur vie sur les eaux de la mer, dans le voisinage des côtes, et comme les Guillemots font leurs nids au milieu des rochers.

Les Pingouins ont le bec plus allongé, en forme de lame de couteau, mais leurs mœurs sont à peu pi es les mêmes que celles des Macareux. Une de leurs espèces les plus remarquables, le Grand Pingouin (Alci impennis), n'existe plus à l'heure actuelle, à la suite de la chasse impitoyable qui lui a été faite dans les contrées septentrionales de l'Europe.

Enfin les Manchots offrent au plus haut degré cette imperfection des organes du vol qui caractérise les oiseaux de leur groupe, leurs ailes, considérablement réduites, étant couvertes de petites plumes semblables à des écailles et servant exclusivement à la natation. Ils se trouvent principalement dans les terres australes, dans les parafes de la Nouvelle-Hollande et à l'extrémité méridionale de l'Amérique.

La tribu des Longipennes ou des Grands voiliers renferme des palmipèdes remarquables par le développement de leurs ailes et la puissance de leur vol. Chez tous ces oiseaux le bec est dépourvu de dentelures, et les pieds n'offrent de membranes palmaires qu'entre les doigXs antérieurs, le pouce, quand il existe, étant toujours indépendant.

Dans ce groupe prennent place les Pétrels, dont le bec se termine par un crochet recourbé, et dont les narines sont réunies en un tube double couché sur la mandibule supérieure ; les Albatros,

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