Votre, adj. poss. — Vautre, du verbe se vautrer
Comme on le voit par ces exemples, la différence entre deux paronymes consiste le plus souvent dans la nature de la première syllabe qui est longue ou brève, ouverte ou fermée. Aussi plusieurs grammairiens les ajoutent aux homonymes, ne regardant comme paronymes que les paronymes éloignés.
Voici quelques exemples de paronymes éloignés:
Abstraire, faire abstraction. — Distraire, détourner l'esprit d'une application.
Appareiller, ordinairement mettre à la voile. — Apparier, assortir par couple.
Amnistie, s. f., oubli des crimes commis contre l'État. — Armistice, s. m., suspension d'armes.
Denier, s. m., pièce de monnaie. — Dernier, adj.
Infecter, répandre une mauvaise odeur. — Infester, piller, ravager.
Plier, mettre en double par plis. — Ployer, courber, etc.
Ces exemples suffisent pour montrer que tous les mots de notre langue pourraient entrer dans la liste des paronymes éloignés. Chaque nom, chaque verbe n'a-t-il pas un voisin qui lui ressemble, soit par le son, soit par le sens ? Et quand il n'y a aucune analogie entre deux mots, comme entre amnistie et armistice qui sont pourtant cités par la plupart des grammairiens, la prononciation vicieuse du peuple et des étrangers, les jeux de mots par à peu près, les ont bien vite rapprochés. On entend dire tous les jours: « Qu'allait-il faire dans cette gabnre » ^barque), pour bagarre (querelle). — « Le lièvre (pour le lierre) meurt où il s'attache. » — « C'est un domaine conséquent » fpour considérable), etc. Ces confusions, nées de l'ignorance ou de la fantaisie, ont produit des eff'ts curieux dans notre langue. C'est ainsi que fasolet, diminutif de faseol (faseolus, petit haricot), a été remplacé par flageolet (petite flûte) ; réticule {reticulum, petit filet;, par son paronyme ridicule, etc. De pareilles erreurs nuisent à la pureté de la langue. Les maîtres ne sauraient trop réagir contre de semblables tendances, en insistant fortement sur le sens propre et le sens figure
PARTICIPE
PARTICIPE
des mots français, en marquant nettement les nuances qui les distinguent et les diverses modifications que les préfixes et les suffixes viennent apporter au sens étymologique de la racine. [J. Dussouchet.]
PARTICIPE. — Grammaire, XIV. — Le participe est un mot qui tient à la fois du verbe et de l'adjectif.
Participe vient du latin particeps (qui prend part, qui participe à). Il tient du verbe dont il dérive parce qu'il peut avoir les mêmes compléments : « Les éclairs, nous effrayant tous, redoublèrent. » Il tient de l'adjectif, parce qu'il marque comme lui la qualité, la manière d'être : « Ce conte est effrayant. »
Remarque. — Le participe n'est point une partie du discours, c'est un mode impersonnel du verbe comme l'infinitif (V. Verte,.
Il y a deux sortes de participes : le participe , r ient et le participe passé.
I. Accord du participe présent. — 1° Le participe présent employé comme verbe est toujours invariable : « Cette personne, obligeant tous les malheureux, est vraiment charitable. »
?vos participes présents viennent des participes présents latins ; ceux-ci étant traités par les Romains comme de simples adjectifs, nos participes i r -ents furent toujours variables jusqu'à la fin du seizième siècle. On trouve dans Rabelais : « Elles sont femmes bien entendantes les beaux endroits ; • dans Amyot : « Des paroles s' adressantes aux Ioniens; » Dans Malherbe : « Des enfants bienheureux ayants Dieu dans le cœur; » dans Bossuet : « Des âmes vivantes d'une vie brute et bestiale ; » dans La Fontaine : « Donner la chasse aux gens portants bâtons; » etc. Ce fut seulement en 1660 qu'Arnauld et Lance'ot enseignèrent, dans leur Grammaire de Port-Royal, qu'il y avait lieu de distinguer dans les formes en ont un adjectif verbal déclinable et un participe présent indéclinable. Ce principe erroné (que Ya:g -las avait admis en partie dès 1647) fut rec nnu par l'Académie dans sa séance du 3 juin lo79, et obtint dès lors force de loi. On trouve c pendant encore des traces de l'ancien usage dans quelques termes de jurisprudence tels que : di s ayants cause, des ayants droit.
2° Employé comme adjectif, le participe présent est dit adjectif verbal, et, comme tous les autres adjeciifs, est soumis aux règles de l'accord : <> Cette personne est obligeante, o
Le participe présent exprime l'action (« l'orage, e:i effrayant les animaux, dispersa tout le troupeau »), tandis que l'adjectif verbal exprime l'état (« l'obscurité est effrayante »)■ H faut donc savoir reconnaître sïl y a état ou action.
Il y a action et par conséquent pas d'accord :
1* Quand le participa a un complément direct : « On n'entendit plus les marteaux frappant l'enclume. »
2° Quand il est précédé de la préposition en : « La mer s'avance en mugissant » (c'est-à-dire en faisant Faction de mugir).
'.'.' Quand il est suiw d'un adverbe : «■ Une fille obéissant bien ; des esprits agissant toujours. »
11 y a état et par conséquent accord :
!• Quand l'adjectif verbal est accompagné du verle être : « Cette fleur est charmnxte. »
2» Quand cet adjectif verbal est précédé d'un adverbe : « Une liliu bien obéissante} des esprits toujours ag'ssants. »
Quand la forme en anl est suivie d'un coinplément Indirect ou circonstanciel, le sens peut seul In liqiier s'il doit y avoir accord. Ainsi l'on écrira : « Voyez-vous ces débris flottant rors la cote? n mais : « Calypso vit des cordages flottants sur la cô e. » Dans ie premier cas, // ittani est invariable, parce qu'il est participe et marque l'action : ces
débris flottent, se dirigent vers la côte. Dans le second cas, flottant s'accorde parce qu'il est adjectif et marque l'état de ces débris, qui sont abandonnés depuis longtemps aux flots.
Le français crée des noms nouveaux à l'aide du participe présent : de croyant, tranchant, débitant, participes de croire, trancher, débiter, il forme un croyant, le tranchant, un débitant, mots qui naturellement suivent au pluriel la règle ordinaire des subslantifs : des croyants, des tranchants, des débitants.
Il ne faut pas confondre les participes présents, tels que négligeant, adhérant, différant, extrmaguant, etc.. avec les adjectifs négligent, adhérent, différent, extravagant, etc. Les premiers sont régulièrement formés, par le français, des verbes négliger, adhérer, différer, extravaguer. Les seconds sont de véritables adjectifs tirés directement du latin. Ces adjectifs ne peuvent donc, en aucun cas, être dits les adjectifs verbaux de négliger adhérer, etc.
En voici la liste à peu près complète :
1" Participes dont le radical diffère de celui de l'adjectif :
Participes présents tirés des verbes français coxvafx
CRB, F.XTRAVAGCBR, FABRI
qcer, etc.
Convainquant.
Extravaguant.
Fabriquant.
Fatiguant.
Intriguant.
Suffoquant.
Vaquant .
Adjectifs ou substantifs ver baux tirés des participes
l o lins.
Convaincant.
Extravagant.
Fabricant.
Fatigant.
Intrigant.
Suffocant.
Vacant.
2° Participes dont la terminaison diffère de celle de l'adjectif :
Participes présents tirés des ' Adjectifs ou subslantifs ververbes français adhérer, I baux tires des participes affluer, etc. latins.
Adhérant.
A .Quant.
Différant.
Divergeant.
Équiv liant.
Excellant.
Expédiant.
Négligeant.
Précédant.
Présidant.
Résidant.
violant.
Adhérent.
Aûluent.
Différent.
Divergent.
Equivalent.
Excellent.
Expédient.
Négligent.
Précédent.
Pié^dent.
Késident.
Violent.
Le participe présent précédé de en forme ce qu'on appelle en latin le gérondif (amando, en aimant ; monendo, en avertissant). Cette forme verbale, toujours invariable en latin, l'a été aussi de tout temps dans notre langue. C'est là sans doute l'origine de l'invariabilité de notre participe présent, que les grammairiens ont peu à peu confondu avec la forme du gérondif. Au contraire, notre adjectif verbal, ordinairement tiré du participe présent latin, qui était toujours variable, en a conservé la variabilité.
11. Accord du participe passé. — 1° Pj'incipes généraux. — Quand le participe passé est joint au substantif sans l'aide d'un verbe, il est traité comme un adjectif, c'est-à-dire qu'il s'accorde toujours avec le nom en genre et en nombre : Les mérites récompensés, les bonheurs passés.
Quand le participe passé est précédé du verbe être, il s'accorde toujours avec le sujet en genre et en nombre : il est venu, elle est venue, ils sont venus, elles sont venues.
Quand Le participe passé est précédé du verbe avoir et n'est accompagné d'aucun complément, il est toujours invariable : il a chanté, elle a chanté, ils ont chanté, elles ont chanté.
PARTICIPE
PARTICIPE
2° Participe pnssé avec l'auxiliaire être. — Nous avons dit que le participe pass<; joint à l'auxiliaire être s'accorde toujours avec le sujet : la ville est ouverte; le port est fermé; ces fleurs sont épanouies.
Par conséquent, les verbes passifs, se conjuguant tous avec l'auxiliaire être, ont leur participe passé toujours d'accord avec le sujet : le roi est aimé, la reine est aimée, les princes sont aimés.
Il en est de même des quelques verbes neutres qui se conjuguent avec être, tels qu'aller, venir, partir, arriver. Leur participe passé s'accorde toujours avec le sujet : il est parti, elle est partie, ils sont partis, elles sont parties.
Dans les verbe*, impersonnels conjugués avec être, le participe, s'accordant avec le sujet invariable il, ne change jamais : il est survenu une tempête ; il est arrivé des malheurs.
Le français crée des prépositions nouvelles à l'aide de certains participes passés , comme excepté, attendu, passé, etc.; par exemple, dans excepté ma mère, attendu l'heure, passé l'époque, etc. Dans ce cas, les mots excepté, attendu, etc., sont 'oujours placés devant le nom. Mais les mêmes mots sont participes et prennent l'accord quand ils sont placés après le nom : sa mère exceptée, l'heure attendue, l'époque passée.
3° Participe passé avec l'auxiliaire avoir. — Le participe passé conjugué avec avoir s'accorde avec son complément direct quand il en est précédé : les chevaux que j'ai vus ; les fleurs que j'ai coupées; <*ue de services je lui ai rendus! combien de projets il a formés1
Mais il reste toujours invariable quand il n'a point de complément direct, ou quand le complément direct suit le participe au lieu de le précéder : je lui ai porté la lettre; j'ai vu la rose; j'ai vu des roses.
Le complément direct placé devant le participe est en général l'un des pronoms personnels : me, te, se, le, la, les, nous, vous, ou le relatif que. Mais dans notre vieille langue on plaçait souvent en poésie le nom comjplément avant le participe. Ex. : « Il avait dans la terri une somme enfouie » {La Fontaine); « Le seul amour de Rome a sa main animée » (Corneille;, etc. Du reste, les règles d'accord du participe conjugué avec avoir n'étaient pas observées par nos anciens écrivains. Ils suivaient la langue latine qui disait : « copias quas habebat paratas, les troupes qu'il avait préparées, » faisant du participe un adjectif qui s'accordait toujours avec le complément. C'est ainsi que Villehardouin a dit : « Seignors, je ai veues vos lettres, » c'est-à-dire « j'ai vos lettres vues. » C'est à partir du seizième siècle que l'usage de l'invariabilité, quand le complément suit, commence à se produire.
Les verbes neutres n'ayant jamais de complément direct, le participe passé de ces verbes conjugués avec avoir est par suite toujours invariable : « Cette mauvaise action nous a nui; les mères ont gémi de tous ces malheurs. »
Nous avons vu que quelques verbes sont employés tantôt comme neutres, tantôt comme actifs. Lorsqu'ils sont employés comme actifs, ils suivent les règles du participe passé conjugué avec avoir. Ainsi l'on écrira avec accord: « Cet homme nous a fidèlement servis. » Mais lorsqu'ils sont employés comme neutres, ils n'ont pas de complément direct, et leur participe reste invariable. Ainsi l'on dira sans accord: « Ces livresnous ont beaucoup servi » (c'est-à-dire ont servi à nous).
a) Les participes couru, pesé, valu sont invariables quand ils sont employés au sens propre, c'est-à-dire quand ils expriment lidée de course, de poids, de valeur. Ex.: «Je regrette les dix mille francs que cette maison m'a coûté, parce
qu'elle ne les a jamais valu; les deux heures que j'ai couru m'ont essoufflé , vingt kilogrammes ! cette caisse ne les a jamais pesé. » — Ces participes varient quand ils sont employés au sens figuré, c'est-à-dire quand ils signifient affronter, estimer la pesanteur d'un objet, procurer. Ex. : «Les dangers que j'ai courus sont nombreux: les caisses que j'ai pesées sont lourdes; voilà les chagrins que vous a valus votre paresse. »
6) Le participe passé des verbes vivre, dormir, régner est toujours invariable. Ex. : a Les jours qu'on a vécu dans l'oisiveté sont perdus ; les heures qu'elle a dormi l'ont reposée ; les années que Louis XIV a régné ont été bien remplies. » C'est comme s'il y avait: pendant lesquelles il a vécu... pendant lesquelles elle a dormi... pendant lesquelles Louis XIV a régné.
Les verbes impersonnels conjugués avec evoir n'ayant pas de complément direct, leur participe passé est nécessairement invariable : il a neigé, il a plu, il a tonné.
Par analogie, on a étendu cette règle au participe des verbes actifs employés comme verbc3 impersonnels : les grandes chaleurs qu'il a fait ; les inondations qu'il y a eu.
Les verbes réfléchis peuvent être soit des verbes réfléchis par nature (s'écrouler), soit des verbes actifs que l'on emploie comme verbes réfléchis (se laver), soit des verbes neutres employés delà même façon (5e nuire). Suivant ces trois cas, le sort du participe passé est différent.
Les verbes réfléchis par nature, tels que s'écrouler, s'évanouir, se cabrer, etc., ont toujours leur participe passé variable et s'accordent avec le pronom complément : « La jument s'est cabrée; nous nous sommes évanouis ; la maison s'est écroulée, » c'est à-dire, la jument a cabré elle; nous avons évanoui nous, etc. (l'auxiliaire être dans ces verbes étant mis pour avoir, d'où l'accord, puisque le complément direct précède).
S'arroger est le seul verbe réfléchi par nature qui n'ait pas pour complément direct le pronom qui le précède : on écrira donc : « Elles se sont arrogé certains droits qu'elles n'avaient pas; » {se signifie à soi et est complément indirect) ; — « Elles n'avaient pas les droits qu'elles se sont arrogés » (arrogés s'accorde avec que, mis pour lesquels droits, complément direct et précédant le verbe).
On range parmi les verbes réfléchis par nature certains verbes tels que apercevoir, attaquer, attendre, clouter, plaindre, prévaloir , saisir, taire, etc., qui changent de sens en devenant réfléchis: s'apercevoir, se douter, se taire, etc. Ex. : « Elles se sont prévalues de leur faiblesse; elles se sont tues. »
Les verbes actifs employés comme réfléchis font toujours accorder leur participe: « Je me suis lavée, ils se sont lavés » (c'est-à-dire j'ai lavé moi, ils ont lavé eux) .
Quand le complément direct suit, le participe du verbe réfléchi reste naturellement invariable: « Elle s'est brûlé le doigt » (se est ici complément indirect, elle a brûlé té doigt à elle). — « Elle s'est brûlée au doigt (c'est-à-dire elle a brillé elle au doigt; se étant ici complément direct).
Les verbes actifs imaginer, persuader, employés comme réfléchis, n'ont généralement pas pour complément direct le pronom qui les précède et restent invariables: «Elles se sont imaginé que tout serait prêt; elles s'étaient persuade qu'on n'oserait les contredire. » Ici le verbe a pour complément direct la proposition suivante. Employés activement, ils suivent la règle générale : «Je connais les contes qu'elles ont imaginés et les gens qu'elles ont persuadés. »
Cependant se persuader exprime parfois mie idée de réciprocité; alors le pronom se commande
PARTICIPE
l'accord, parce qu'il est complément direct : « Elles se sont mutuellement persuadées de leur sincérité. »
Le participe des verbes neutres employés comme réfléchis reste toujours invariable, parce que ces verbes ne peuvent avoir de complément direct. Ex. : « Bien des rois se sont succédé sur le trône ; elles se sont ri de nos menaces ; ils se sont plu à mal faire. »
Remarques particulières sur l'accord des participes passas. — Quand le participe est suivi d'un infinitif, il s'accorde s'il a pour complément direct le nom ou pronom qui le précède ; mais il reste invariable s'il a pour complément direct l'infinitif: ainsi le participe entendu varie dans cette phrase : o Ces femmes, je les ai entendues chanter » (c'est-à-dire j'ai entendu ces femmes chanter). Au contraire, dans « ces romances, je les ai entendu chanter à Paris » (c'est-à-dire j'ai entendu chanter ces ronances), le participe entendu, ayant pour complément direct l'infinitif chanter, reste invariable.
Le participe fait, suivi d'un infinitif, est toujours invariable. Ex. : « Les maisons qu'il zfait construire. »
Les participes dû, pu, voulu, sont invariables lorsqu'on peut sous-entendre un verbe après eux. Ex.: « Je lui ai rendu tous les services que j'ai pu et que j'ai dû » (sous-eniendu, lui rendre). — a Je lui ai lu tous les livres qu'il a voulu » (sousentendu que je tusse). — Mais on écrira: « J'ai payé les sommes que j'ai dues. »
Le participe passé, placé entre un que relatif et la conjonction que, reste invariable: « Les livres que j'avais présumé que vous liriez » (parce qu'ici le relatif que n'est pas le complément du participe, mais du verbe de la proposition qui suit). Cette tournure est d'ailleurs à éviter.
Le participe passé précédé de en reste invariable : «Tout le monde m'a offert des services, mais personne ne m'en a rendu. »
L'accord a lieu quand le pronom en est précédé d'un adverbe de quantité. Ex. : « Plus il a eu de livres, plus il en a lus » (c'est-à-dire plus de litres il a lui) ; « Combien en ai-je vus mourir ? » — Dans ce cas le participe s'accorde, par syllepse (V. Figures, p. 776), avec le nom dont le pronom en rappelle l'idée. Dans: Combien en ai-jecus mourir, combien est mis pour combien d homnir s, et l'accord du participe est ici tout aussi logique que dans : Combien y S07it restés.
Mais l'accord n'a plus lieu si l'adverbe suit le pronum en au lieu de le précéder. Ex. : « J'en ai beaucoup vu ; — j'en ai tant visité. »
Quand le, signifiant cela, précède le participe, celui-ci est toujours invariable: « Sa tranquillité n'est pas aussi assurée qu'il l'aurait désiré » (c'est-à-dire il aurait désiré tela, à savoir que sa tranquillité fût assurée).
Le participe passé précédé delà locution le peu varie selon le sens de cette locution :
Lorsque le peu signifie une petite quantité, le participe s'accorde avec le nom : « Le peu de nourriture qu'il a prise l'a sauvé » (c'est-à-dire cette quantité de noun-iture, si petite qu'elle fût, a suffi pour le sauver).
Lorsque le peu signifie l'insuffisance, le manque, le participe reste invariable : Ex. : « C'est le peu de nourriture qu'il a pris qui a causé sa mort » (c'est-à-dire c e-t la trop petite quantit: de nourriture qui, etc.).
Du rôle du participe dans la proposition. — Le participe peut occuper trois places différentes dans la proposition : 1" il peut se rapporter au sujet : « L'homme poussé par la faim devient criminel ; > 2* il peut se rapporter au complément : « Plaignons l'homme tombé dans le vice ; » 'A* il peut, un apparence, ne se rapporter ni au sujet,
ni au régime : « Tout étant fini, nous nous séparâmes. « On l'appelle, dans ce dernier cas, participe absolu.
Quand le participe se rapporte au sujet et que celui-ci précède : « L'enfant, a>/ant mangé di-s mets empoisonnés, mourut sur-le-champ , » on ne doit pas répéter le sujet devant le verbe. Il ne faut donc pas dire: « L'enfant ayant mang mets empoisonnés, il mourut sur-le-champ. ■>
Le participe doit toujours se rapporter clairement à un mot exprimé dans la phras". Ainsi l'on ne dira pas: « En vous accordant cette faveur, c'est me procurer un véritable plaisir <> ; mais : « En tous accordant cette faveur, je me procure un véritable plaisir. «
[J. Dussouchet.]
PARTAGE DES TENUES. — Arpentage, XV. — Le partage des terres est une opération d arpentage qui a généralement pour but de diviser une propriété entre plusieurs héritiers, soit en parties égales si le terrain a partout la même valeur, soit en parties inégales si le terrain n'a pas partout la même valour ou n'offre pas les mômes facilitée pour la culture, le transport des récoltes, l'arrosage, etc,
(Nous dirons figures égales au lieu de figures équivalentes. La première expression est moins exacte, mais plus usitée.)
I. Terrain d'égale valeur. — (a) Division en parties égales; [b) Division en parties proportionnelles à des nombres donnés. — 1° Soit d'abord un terrain de forme rectangulaire à diviser en 2, 3, 4... parties égales sans conditions spéciales.
Il suffit de se transporter sur le terrain avec la chaîne d'arpenteur, de diviser une des dimensions, la largeur, par exemple, en 2, 3, 4... parties égales et de jalonner des lignes perpendiculaires à cette largeur.
k° Soit un terrain rectangulaire ABCD, entouré de murs de tous côtés, ayant SSm,bii de long et SC'^O de large, que l'on veut diviser en trois parties égales aboutissant à une porte commune située en P, (fig. 1).
AN ^2 M /ti/ iç B
Fi<:. t.
Il faut d'abord calculer la surface du terrain et en prendre le tiers.
i/3 de la surface = 'r>8'5*:i6'2 = 70^, 90.
L'axe de la porte se trouve à 20 mètres du côté BC. Calculons la surface du triangle PBC.
Peur former une première part, il manque 7('5m<?,9 i — 362 = 343m<i,90, que nous allons prendre au moyen d'un triangle
PARTAGE DES TERRES — i521 — PARTAGE DES TERRES
BMP dont nous connaissons la hauteur, 36m,20. La base MB s'obtient en doublant la surface et en divisant par la hauteur.
343,90X2 tn
MB =
On détermine la base MN de la deuxième part, représentée par le triangle MNP, de la même manière.
36,20 ÔJ
La troisième part est représentée par le quadrilatère NADP.
Avant le tirage au sort des parts, il peut être stipulé que la première, qui est la plus avantageuse à cause de sa forme plus régulière et de ses trois murs de clôture, restituera à la seconde, qui est la moins avantageuse, une bande de terre de 20 mètres carrés, par exemple. Il suffit alors de détacher de cette première part un petit triangle MP//i dont la base Mm est égale à :
3° Soit un triangle quelconque à diviser en 2, 3, 4... parties égales au moyen de lignes issues d'un même sommet.
Il suffit de se transporter sur le terrain avec la chaîne d'arpenteur, de diviser le côté opposé au sommet commun en 2, 3, 4... parties égales et de jalonner des lignes droites vers ce sommet.
En effet, tous les triangles obtenus ont même base et même hauteur ; ils ont donc même surface.
4° Soit un terrain de forme triangulaire à diviser en trois parties égales au moyen de lignes parallèles au côté BC, fig. 2.
Fig. 2.
On mesure les côtés AB et AC, puis les longueurs AD et AF, AE et AG, que l'on détermine comme il sera dit plus loin, et l'on jalonne les parallèles DE et FG.
Les triangles ADEet ABC étant semblables, on a :
(On démontre en géométrie que les surfaces de deux triangles semblables sont entre elles dans le même rapport que les carrés de deux côtés homo- Jogues.)
Supposons que :
AB = 62m,4 et AC = 48m,5.
On tire des égalités (3) AD = AB y/1 = 62,4 AE = AC y/1 = 48,5 X
2e Partie.
On a de même, en considérant les triangles semblables AFG et ABC :
AFG