‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 238 sur 534 · PLATINE · texte numérisé non relu

PLATINE

d'hiver. Quant aux travaux de nettoyage du sol pendant la végétation, ils se réduisent à un hersage qui suit la semaille et qui est destiné à enterrer les semences. La récolte se fait aussitôt que le champ présente un certain nombre de gousses mûres. Le rendement est d'environ 15 hectolitres de graines, et 3000 kilog. de paille qui donne un excellent fourrage.

[Henry Sagnier.]

PLATIAE. — Chimie, XX. — Etym. : de platina, en espagnol diminutif de platn, argent.

Le platine a été découvert vers 1730 dans les sables aurifères du Pinto, Amérique du Sud; il fut importe en Europe sous le nom de Platina dcl Pinto en 1740, et en 1822, on le rencontra dans l'Oural .sous forme de pépites de 4, 5, 6 et même 12 kilogrammes. Aujourd'hui ses principaux gisements sont dans les monts Ourals, au Brésil, dans la Nouvelle-Grenade; on le trouve aussi à Haïti.

On le rencontre à l'état natif, dans des sables d'alluvion, mélangé à des métaux rares, tels que l'osmium, le palladium, l'iridium, l'or, et souvent aussi au fer, au cuivre, à l'argent, au plomb, à des pyrites.

Propriétés. — Le platine est d'un blanc grisbleu, se rapprochant fortement de la couleur du plomb; il est brillant comme l'argent. Sa densité est 21,15. C'est le plus lourd de tous les métaux.

11 fond vers 2000° centigrades seulement. Pendant longtemps on ne pouvait le fondre que très ■difficilement et en petites masses; tous les objets de platine se faisaient par le martelage. Il y a une vingtaine d'années, M. Deville est parvenu à le fondre facilement et en masses considérables, au moyen de la flamme oxhydrique ; on fabrique maintenant aisément toutes sortes d'objets de toutes dimensions en platine. Le platine peut prendre un grand éclat; il est d'une telle ductilité qu'on a pu faire des fils de platine ■si fins qu'ils étaient difficilement visibles. Il est •aussi très malléable et très tenace quand il est parfaitement pur, mais ces qualités sont très considérablement diminuées par les moindres traces de substances étrangères, telles que le soufre, le phosphore, l'arsenic, qui le rendent cassant.

Le platine est inaltérable à l'air; aucun acide, même bouillant, ne l'attaque, mais l'eau régale (mélange d'acide azotique et d'acide chlorhydrique) le dissout rapidement en le transformant en chlorure de platine; à chaud il est également attaqué par le nitre et par la potasse ; il faut donc se garder de chauffer quoi que ce soit renfermant de ces substances, dans des creusets ou des capsules de platine qui coûtent fort cher et seraient •détériorés. Tous ceux qui travaillent dans les laboratoires savent qu'un creuset de platine se détériore rapidement au feu de charbon; cela tient à la présence dans le charbon d'une certaine quantité de sable ou do silice.

Chauffé à blanc, le platine se ramollit et se soude à lui-même. Quand il est fondu, il absorbe l'oxygène et labandonne en rochant pendant le refroidissement.

Lampe sans flamme; spirale de platine incandescente. — Le platine a la propriété, dans certaines conditions, de condenser les gaz à sa surface ; c'est ce qui permet d'expliquer la curieuse expérience dite de la lampe sans flamme. Une spirale en fil de platine est suspendue dans la flamme d'une lampe à esprit de vin, on éteint la flamme, aussitôt le fil de platine rougit; ce qui est produit par la .chaleur dégagée par la combustion lente des vapeurs d'alcool au contact de l'oxygène condensé à ia surface de la spirale métallique.

Eponge ou mousse de platine. Noir de platine. — En calcinant le chlorure ammoniacal de platine, •on obtient pour résidu une masse spongieuse, terne, -d'aspect terreux; c'est du platine pur, léger, très,

poreux, et qu'on a appelé éponge ou mousse de platine. On appelle, au contraire, noir de platine, le métal obtenu en poudre noire par la réduction de son bichlorure par le zinc. L'éponge, et plus encore le noir de platine, peuvent condenser dans leurs pores des quantités considérables de gaz, et donnent ainsi naissance à des phénomènes curieux. D'après Mitscherlich, une masse de noir de platine peut condenser jusqu'à 745 fois son volume d'hydrogène et plusieurs centaines de fois son volume d'oxygène. On provoque la combinaison instantanée d'un mélange d'hydrogène et d'oxygène en y mettant du noir de platine; si on le projette dans de l'alcool anhydre, celui-ci s'enflamme et brûle au moyen de l'oxygène antérieurement condensé dans le noir et qui devient incandescent. En laissant tomber goutte à goutte de l'alcool sur du noir ou sur do l'éponge de platine, on no tarde pas à sentir l'odeur de l'aldéhyde, puis ensuite celle du vinaigre (acide acétique), produits résultant de l'oxydation de l'alcool. En dirigeant un jet d'acide sulfureux sur du noir de p'atine, on obtient immédiatement de l'acide sulfurique (V. Soufre).

Lampe à hydrogène ou briquet à hydrogène. — On doit à Dcebereiner ou à Gay-Lussac une lampe alimentée par l'hydrogène et qui s'allume à volonté par le contact de ce gaz avec une petite masse de noir de platine. Elle a été perfectionnée et est assez en usage aujourd'hui sous le nom de briquet à hydrogène. La description en est facile à comprendre; le briquet à hydrogène se compose d'un réservoir contenant de l'eau acidulée par de l'acide sulfurique ; dans ce liquide plonge une cloche fermée par en haut au moyen d'une garniture métallique à robinet; dans l'intérieur de la cloche est suspendu un morceau de zinc ; ce métal, au contact de l'eau, donnera de l'hydrogène qui va remplir la cloche en refoulant le liquide dans le vase extérieur, et quand la cloche sera pleine, le dégagement gazeux cessera, puisque le zinc ne sera plus en contact avec l'eau acidulée. Si alors on ouvre le robinet, le gaz sortira par un tube effilé et viendra s'enflammer sur une masse de noir de platine convenablement placée au bout d'un fil métallique. Au commencement, le gaz qui sort de la lampe est un mélange d'hydrogène et d'air, mélange explosible : aussi doit-on le préserver du contact du noir de platine ; pour cela celui-ci est recouvert d'un chapeau qui ne s'enlève qu'après l'épuisement du mélange détonnant.

Extraction du platine. — Avant les travaux de M. Deville sur la fusion du platine, on l'obtenait assez difficilement en lingot. Après plusieurs préparations mécaniques, on traitait le minerai par le mercure pour en retirer l'or par l'amalgamation, puis on le chauffait avec de Veau régale ; on évaporait jusqu'à siccité, et le résidu était ensuite traité par une dissolution concentrée de sel ammoniaque, ce qui donnait un précipité de chloro-platinate d'ammoniaque laissant par la calcination un résidu d'épongé de platine ; celui-ci, comprimé fortement à plusieurs reprises, puis chauffé au blanc et martelé, se transformait en un petit lingot que l'on pouvait ensuite laminer.

Aujourd'hui, avec la flamme du gaz oxhydrique, on opère la fusion du platine aussi facilement que celle de l'or; l'opération, qui se fait dans des creusets en chaux pure, peut donner d'une coulée des blocs de 25, 30 et même ,ri0 kilogrammes, comme tout le monde a pu en admirer à l'exposition de

Sels de platine. — Les sels de platine n'ont point assez d'importance pratique pour qu>; nous en parlions ici avec détail. Tous se réduisent par la chaleur en donnant de l'éponge de platine. Traités par les alcalis, les sels de platine donnent

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des sels doubles dans lesquels le compose binaire qui contient le platine joue le rôle d'acide ; en un mot il se forme des platitudes et non des sels à base de platine. Les chlorures de platine s'obsiennent facilement par l'action de l'eau régale tur le platine et servent à préparer les autres sels de platine; avec les chlorures alcalins ils forment des chlorures doubles, tels que le chlorure double do platine et de potassium, PtCl-,KCl; le chlorure double de platine et d'ammonium, PtCl2,AzH*Cl.

Alliages du platine. — Le platine du commerce n'est presque jamais complètement débarrassé de l'iridium et du palladium , avec lesquels il se trouve dans la nature ; ces métaux en augmentent la dureté sans en diminuer la ductilité. Le platine forme avec le cuivre, lorsqu'il y entre seulement pour '/gg, un alliage rose assez joli; 16 de cuivre, 1 de zinc, 7 de platine donnent un alliage couleur d'or, très ductile et inaltérable à l'air.

Usages du platine. ■ — Le platine métallique est employé fréquemment dans les arts et dans l'industrie. Les bijoutiers, les opticiens, les orfèvres en font des télescopes, des miroirs, etc. Il entre dans la fabrication des instruments de chirurgie ; mais c'est surtout dans les laboratoires et dans l'industrie des produits chimiques que ce métal a rendu et rend les plus grands services. On l'emploie pour faire des creusets, des capsules, des spatules, et surtout des cornues pour la condensation de l'acide sulfurique. A l'Exposition universelle de 1S78, nous avons vu de magnifiques cornues de platine dont la valeur dépassait certainement plusieurs milliers de francs; l'une d'elles valait même 30 000 francs.

Le platine, à cause de sa haute température de fusion et de sa conductibilité électrique, sert aussi à faire des pointes de paratonnerres. A l'état de lingot, le platine se vend aujourd'hui de 1200 à ,1300 francs le kilogramme.

[Alfred Jacquemart.]

PLATRE. — Chimie, XV. — La poudre blanche que tout le monde connaît sous le nom de plâtre est du sulfate de chaux anhydre, S03,CaO.

Origine et préparation. — Le plâtre s'obtient par la cuisson du sulfate de chaux naturel, cristallisé, qu'on appelle le gypse; celui-ci a pour formule S03,CaO,2HO; il porte aussi le nom de pierre à plâtre ou plâtre cru. Le gypse se rencontre, en assez grandes masses, dans les terrains secondaires, situé tantôt au-dessus, tantôt au-dessous, du sel gemme, qu'il accompagne souvent. La plupart du temps le gypse, ainsi que les marnes et les argiles qui l'accompagnent, au-dessus ou au-dessous du sel gemme, est dépourvu de traces d'êtres organisés marins. On le rencontre en Autriche dans les environs de Salzbourg, dans le Tyrol et le Vorarlberg; dans le nord de la Suisse et du Wurtemberg; dans la Saxe, la Thuringe; dans l'ouest de l'Angleterre, en Espagne, dans l'Amérique du Nord et enfin en France, principalement dans les alentours de Paris, où il est l'objet d'une industrie fructueuse et fort importante; Montmartre, Gagny, Argenteuil, Montreuil, Franconville, Herblay, Creil, Vaux, sont des centres d'extraction qui desservent Paris et le nord de la Fiance. Le département de Saône- et -Loire, le Puy-de- Dôme, la Côte-d'Or, approvisionnent le centre et le midi de la France. Dans les alentours de Paris, le pyp^e forme des collines, comme à Montmartre et a Montreuil, où l'extraction se fait à ciel ouvert. Il est souvent en masse cristallisée, h texture saccharoïde, compacte, grenue ; il est rayé par l'ongle; quelquefois il est limpide, d'autres fois blanc opaque, jaune, grisâtre. On le rencontre aussi sous forme de cristaux en fer 6a lance, dérivant d'un prisme oblique ; on peut alors le diviser avec un couteau en lames extrêmement minces et

transparentes, qui souvent reproduisent merveilleusement les phénomènes de coloration des lames minces, connus des physiciens sous le nom d'anneaux de Newton, parce que l'illustre savant anglais en a le premier donné une explication. Ce gypse laminaire a quelquefois remplacé le verre pour couvrir de petites images; de là les noms anciens de pierre à Jésus, glace de Marie, miroir d'nne. Si on chauffe l'une de ces lames transparentes, simplement à la flamme d'une bougie, elle devient immédiatement opaque, blanche et amorphe ; c'est le résultat d'un commencement de cuisson, autrement dit de déshydratations.

Albâtre g>/pseux. — Certains gypses, à grains fins, durs, en masses demi-translucides, blanches ou colorées, se travaillent facilement et sont employés, sous le nom d'albâtre gypseux, à faire des vases, des socles de pendule, des lambris, divers objets d'ornement. La Sardaigne, la Toscane donnent un très bel albâtre ; on en trouve aussi à Montmartre. L'albâtre calcaire, qui est un carbonate de chaux, est plus beau que l'albâtre gypseux et coûte beaucoup plus cher.

Caisson duplâtre. — Lorsque le gypse a été chauffé pendant trois ou quatre heures, au-dessus de 100°, il perd ses 2 équivalents d'eau, son aspect cristallin disparaît, il est devenu du plâtre. Pulvéris é, il possède alors la propriété, en présence de l'eau, de s'hydrater de nouveau en formant une bouillie qui. au bout de quelque temps, se transforme en une masse solide, compacte.

Cela tient à ce que les particules de plâtre, au contact de l'eau, reprennent la forme cristalline, augmentent de volume, se rapprochent, et se feutrent, pour ainsi dire, en s'enchevêtrant. La cuisson du plâtre se fait rapidement de 120° à 130°. Si on chauffe au delà de 150°, le plâtre ne se prend plus au contact de l'eau que fort lentement; enfin si la température a atteint le rouge, il ne se prend plus du tout, parce qu'il n'est plus susceptible de recristalliser en absorbant de l'eau. Il résulte de cette influence de la température de cuisson sur les propriétés du plâtre, que le fabricant doit la modérer et la régulariser dans les fours, d'après les usages auxquels il le destine. Le plâtre qui sert au moulage doit se prendre dans un temps qui varie de 5 à 8 minutes. Pour l'essayer, on en gâche une poignée dans une soucoupe de manière à obtenir une bouillie assez claire, puis on attend, la montre à la main, que les rides obtenues à la surface de la matière, par une légère agitation, ne s'effacent plus ; le plâtre est pris.

La cuisson du plâtre se fait dans des fours on maçonnerie, surmontés d'une couverture en tuile à claire-voie, soutenue à quelque distance, audessus du four, par une charpente en bois. Dans ces fours, on forme une série de voûtes à sec, avec les plus gros moellons de plâtre cru, et on surcharge les voûtes avec les morceaux plus menus. Le chauffage se fait avec des branchages de bois sec introduits dans les voûtes. La cuisson peut durer 10 heures pour les plâtres ordinaires; elle ne dure pas plus de 5 à 7 heures pour les plâtresà mouler, qui doivent se prendre beaucoup plus vite que les autres; dans ce cas- là, elle se fait dans des fours ressemblant à de grands fours de boulanger. Dans aucun cas, la température ne doit atteindre 200°; on la mesure avec des thermomètres placés dans des étuis en fer qu'on plonge dans la masse de gypse en cuisson.

Au sortir du four le plâtre est pulvérisé par des meules, puis tamisé et conservé à l'abri do l'humidité; sans cela il s'cvetiterait, c'est-à-dire qu'il perdrait ses qualités. Le plâtre bien préparé doit s'échauffer un peu, lorsqu'on le met en présence de l'eau.

On appelle plâtre au panier le plâtvo grossier

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qui a été tout simplement tamisé avec un panier, et plâtre au tas celui qui a été passé au tamis.

Usages du plâtre. — Les usages du plâtre sont nombreux. Sa fabrication et son commerce sont fort importants. Les murailles des habitations, dans les villes surtout, sont enduites de plâtre. Pour cet objet Paris en fait une consommation prodigieuse. Les mouleurs en fabriquent des statuettes, des médailles, des ornements de toute sorte. Grâce au plâtre, on peut orner le plus modeste logis des reproductions des chefs-d'œuvre de la sculpture. Pour obtenir ces reproductions, l'ouvrier verse, dans le moule en creux de l'objet à reproduire, la bouillie claire obtenue en gâchant le plâtre avec de l'eau. Celui-ci pénètre en se gonflant dans les plus petits interstices du moule, qu'il reproduit en relief.

Stuc. — En gâchant le plâtre à mouler dans une dissolution d'alun et de gélatine on obtient le stuc, qui a une dureté beaucoup plus grande que le plâtre. Le stuc se travaille comme le marbre qu'il imite ; en introduisant dans la bouillie des matières colorantes, on obtient, après la solidification, un stuc veiné comme le marbre. Le stuc est employé dans la décoration intérieure des maisons de luxe, et des monuments; les murs de Saint- Pierre de Rome sont entièrement revêtus de stuc.

Plâtrage des vins. — Depuis longtemps on a l'habitude d'ajouter du plâtre en poussière aux vins de médiocre qualité ; cela les empêche de s'acidifier et leur donne une plus belle couleur. Le plâtre n'est pas véritablement un poison ; du reste, il est très peu soluble dans l'eau et principalement dans le vin ; mais en présence du tartre {bit art rate <-e potasse), qui existe toujours naturellement dans le vin, il se forme du sulfate de potasse qui peut être toxique à une assez faible dose ; l'administration, après avoir pris l'avis du conseil supérieur d'hygiène, a ordonné des poursuites, par une circulaire ministérielle du garde des sceaux, en date du 16 août 1880, contre les commerçants ou les propriétaires qui livreraient des vins contenant plus de 2 grammes de sulfate par litre. Devant les protestations du commerce, appuyées d'avis favorables émanant de chimistes et hygiénistes compétents, les effets de la circulaire ministérielle ont été provisoirement suspendus, jusqu'à ce que de nouvelles études aient été faites sur cet important sujet.

Le plâtre en agriculture. — Nous ne pouvons renoncer à rappeler ici la magnifique expérience que fit Franklin, pour démontrer, de visu, h ses voisins et connaissances, qui en doutaient, l'efficacité de la poussière de plâtre répandue sur une prairie artificielle. L'illustre Américain imagina de semer du plâtre sur un champ de trèfle, suivant de grandes lettres formant les mots : effet <lu plâtre. Le trèfle poussa sur cet endroit plus vite et plus abondamment qu'à côté, et au bout de peu de temps, on pouvait lire en immenses lettres d'herbe : effet du plâtre. Tout le monde fut convaincu, et depuis cette époque le plâtre est employé dans 1 amendement des prairies artificielles : trèfle, luzerne, sainfoin, etc., aussi bien en Europe qu'en Amérique. On emploie de 2 à 3 hectolitres par hectare. Beaucoup de cultivateurs pensent que son efficacité est nulle lorsqu'on le répand sur le sol nu, et qu'il faut le jeter à la volée sur la récolte lorsqu'elle a déjà plusieurs centimètres de hauteur; il est avantageux de choisir un temps humide. D'après Mathieu Dombasle, le plâtre produit les meilleurs effets, quand sec il est mélangé à la semence et répandu sur le sol avec elle.

Rôle chimique du plâtre dans lu végétation. — D'après le célèbre chimiste allemand Liebig, le plâtre maintiendrait sur le sol en le condensant à sa surface le carbonate d'ammoniaque gazeux provenant de la décomposition des engrais azotés; il

se formerait une double décomposition, entre le sulfate de chaux et le carbonate d'ammoniaque, qui donnerait naissance à du sulfate d'ammoniaque, sel à peu près fixe ; ce sulfate resterait sur le sol à la disposition de la plante. M. Adrien de Gasparin, agronome distingué, prétend que le plâtre agit directement sur les plantes et qu'il est absorbé par elles ; il soutient que précisément les plantes qui prospèrent le mieux, sous l'influence de cet amendement, telles que les légumineuses et les crucifères, sont aussi celles qui contiennent le plus de sulfates. | Alfred Jacquemart.]

PLOMB. — Chimie, XIX. — Propriétés du plomb. — Le plomb est un métal d'un gris bleuâtre, brillant quand il est fraîchement coupé ; le plus mou des métaux, il est rayé par l'ongle et laisse une trace sur le papier ; on peut en faire des crayons. Il faut bien se garder de confondre les crayons de plomb, peu en usage aujourd'hui, avec les crayons ordinaires, dits de mine de plomb, qui ne contiennent pas un atome du métal dont ils portent le nom (V. Charbon, p. 368). Le plomb est très malléable ; on en fait des feuilles qui peuvent être très minces, soit au martelage, soit au laminage ; sa ductilité est limitée, car il est peu tenace : un fil de 0"',002 de diamètre se rompt sous une charge de 'J kilogrammes ; or on sait que pour réduire un métal par la filière, il faut qu'il puisse résister à une traction assez forte relativement à son diamètre. La densité du plomb est 11,35, c'està-dire qu'un décimètre cube de ce métal pèse à la température ordinaire ] lks,350 grammes. C'est le plus lourd des métaux communs; c'est pour cela qu'on dit : lourd comme du plomb; mais le mercure, l'or, le platine, sont plus lourds que lui ; le platine à volume égal pèse à peu près deux fois autant.

Action de la chaleur sur le plomb. — Le plomb fond à 334° ; à une température très élevée, il donne des vapeurs, sans pouvoir pour cela se distiller.

Si on le laisse refroidir lentement, puis qu'on le décante avant que toute la masse ne soit solidifiée, on obtient une belle cristallisation de plomb sous forme de double pyramide à quatre faces ou octaèdre régulier. Chauffé à l'air, le plomb se recouvre d'une pellicule irisée appelée cendre de plomb ; cette pellicule se transforme rapidement en une substance jaune appelée massicot ; c'est de l'oxyde de plomb. Cette couche protège le plomb contre une oxydation plus complète, mais, si on l'enlève au fur et à mesure qu'elle se forme, on pourra transformer toute la masse de plomb en massicot.

Propriétés chimiques du plomb. Action des acides. — Le plomb est moins oxydable que le fer, le zinc, le bismuth, l'antimoine; il l'est plus que l'argent, le mercure, l'or et le platine. Il 1 est plus ou moins que le cuivre, selon les conditions.

Les acides chlorhydrique et sulfurique n'attaquent pas le plomb à froid; mais, concentrés et bouillants, ils le transforment, le premier en chlorure, le deuxième en sulfate; on peut néanmoins employer le plomb dans les chambres où se prépare l'acide sulfurique et qu'on appelle chambres de plomb. C'est également dans des vases de plomb que se fait la première concentration de cet acide ; aussi contient-il toujours des traces de sulfate de plomb, dont on peut du reste le débarrasser facilement, si cela est nécessaire pour les usages auxquels il sera destiné. L'acide azotique attaque le plomb à froid, ce qui fait que les chambres de plomb sont vite détériorées, quand, dans la préparation de l'acide sulfurique, on n'a pas soin d'empêcher l'excès d'acide azotique. La plupart des acides organiques, acétique, tartrique, chrique, etc., attaquent le plomb en présence de l'air atmosphérique.

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Action de Vair à froid en présence de l'eau. — Au contact de l'eau distillée ou des eaux pluviales, et en présence de l'air, le plomb s'oxyde rapidement, et il se forme à la surface un hydrocarbonate de plomb, vénéneux comme tous les sels de plomb, et soluble dans l'eau ; il en résulte qu'on doit éviter d'employer des tuyaux de plomb pour recueillir les eaux de pluie, lorsqu'elles doivent être utilisées pour la préparation d'aliments quelconques. Au contraire, on peut employer les tuyaux de plomb avec les eaux ordinaires de puits, de fontaine, sans qu'ils présentent de danger ; ces eaux contiennent des sels calcaires qui empêchent la solubilité des composés plombiques.

principaux composés du plomb. Oxydes. — La substance jaune, pulvérulente, qui se forme à la surface du plomb chauffé à l'air, et qu'on appelle massicot, est un protoxyde de plomb, PbO ; on peut encore l'obtenir en calcinant le blanc de céruse du commerce.

Si on chauffe le massicot jusqu'à fusion, on obtient par le refroidissement des paillettes cristallines, jaunes, vertes ou rouges, selon la rapidité du refroidissement : c'est la litharge, qui a la même composition chimique que le massicot. Ces oxydes se combinent facilement, à chaud, à l'acide silicique (silice, sable) pour former un silicate, fort fusible; c'est ce qui fait que les creusets d'argile se détériorent et sont perforés rapidement quand on y chauffe des sels ou des oxydes de plomb. Le cristal est un silicate de plomb. La litharge se transforme à l'air en carbonate de plomb. Le massicot chauffé à l'air sans qu'il y ait fusion se suroxyde en donnant le minium, belle poudre rouge qui a de nombreux usages, et dont la composition est représentée par la formule PbO2, '..'PbO.

On distingue dans les arts les miniums à un feu et à deux feux, selon qu'ils ont été obtenus après une ou deux chauffes ; les derniers sont plus riches que les autres. Si on chauffe jusqu'à fusion, le minium est décomposé et on a de la litharge. Tous ces oxydes, comme du reste presque tous les sels de plomb, sont réduits par le charbon à chaud et donnent un culot de plomb (caractère analytique).

Il est important de signaler ici une curieuse propriété que la litharge en fusion au contact de l'oxygène partage avec l'argent fondu : elle absorbe une certaine quantité de ce gaz, qui se dégage complètement pendant le refroidissement et peut même, lorsque la masse est considérable et le refroidissement brusque, produire une explosion et une projection de matière.

Carbonate de plomb ou blanc de céruse. — Le blanc de céruse, appelé encore blanc de plomb, est un produit extrêmement employé dans la peinture ; c'est un carbonate de plomb, C02PbO. Celte substance est complètement insoluble dans l'eau ; elle noircit au contact des émanations sulfureuses par suite de la formation du sulfure noir de plomb ; c'est même pour cela qu'on tend de plus en plus à la remplacer par le blanc de zinc (oxyde de zinc), puis aussi parce que sa fabrication et son usage sont fortement nuisibles aux ouvriers.

La céruse se prépare en grand par deux procédés : le procédé de CH hy, dû à Thénard, et le procédé hollandais. Le premier consiste à faire passer un coorani d'acide carbonique dans de l'acétate de plomb auquel un a mêlé de la liii Le second esl fort ancien, et s'emploie en Hollande et dans hs Flandres : on recouvre de fumier des pots de terre contenant un pou do vinaigre ot des feuilles de plomb enroulées cylindriquement ; la chaleur produite par la fermentation du fumier évaporé le vinaigre acide acétique) : il se forme de l'acétate de plomb, que l'a< ide carbonique provenant du fiinuor en décomposition transforme en carbonate' de plomb.

Le blanc de Venise, le blanc de Hambourg sont formés par des mélanges de céruse et de sulfate de baryte.

Sel de Saturne ou acétate de plomb. — En traitant la litharge par le vinaigre, on obtient des cristaux blancs d'acétate de plomb; ce sel, qui a pour formule PbO,C*H80»,3HO, s'effleurit à l'air. On l'appelait aussi autrefois sucre de Saturne, parce qu'il aune saveur légèrement sucrée. Quand on le met dans l'eau ordinaire, il donne un liquide blanc laiteux qu'on emploie en médecine sous le nom à'eau blanche ou eau de Goulard.

On rencontre aussi dans les arts le cliromale de plomb, sous le nom de jaune de chrome ; des chlorures de plomb sous les noms de jaune de Cassel, jaune minera1, jaune de Turner.

Caractères généraux des sels de plomb. — Tous, comme nous l'avons dit plus haut, sont réduits par le charbon ; tous noircissent par l'hydrogène sulfuré (gaz des lieux d'aisance et des œufs pourris ou encore gaz de plomb) ; tous sont vénéneux et donnent à la longue, quand ils sont absorbés en petite quantité, ce qui est le cas le plus commun, les maladies dites saturnines, auxquelles les peintres en bâtiment sont surtout exposés. Comme préservatif, il est bon de prendre des boissons très légèrement acidulées par de l'acide sulfurique (D' Gendrin).

Alliages du plomb. — 5 parties de plomb, 3 d'étain, 8 de bismuth fondues ensemble forment l'alliage fusible de Darcet qui fond dans l'eau bouillante ; en variant les proportions de ces métaux, on obtient des alliages qui diffèrent surtout par leurs points de fusion ; celui de Darcet, qui fond à 98", est le plus fusible. Les caractères d imprimerie contiennent 78 à 80 de plomb pour 20 à '22 d'antimoine. La potée d'étain, employée par les potiers, contient 12 à 18 p. 100 de plomb. Le piomb de chasse renferme quelques millièmes d'arsenic; cela lui donne la propriété de former des grains de diverses grosseurs en tombant en fusion et d une très grande hauteur sur des cribles convenables. On en a fabriqué longtemps dans la tour Saint-Jacques la Boucherie.

Usages du plomb et de ses principaux composés. — Le plomb est connu depuis la plus haute antiquité. Autrefois on l'appelait plomb noir, tandis que l'étain était appelcplomb blanc et le bismuth plomb gris. Les alchimistes l'appelaient Saturne, parce qu'il dissout (dévorej plusieurs métaux quand il est fondu.

Le plomb est extrêmement employé dans des constructions diverses : à la couverture des édifices, à la fabrication des tuyaux de conduite d'eau ; il recouvre les parois des chambres dites de plomb où se fabrique l'acide sulfurique. On en fait de la grenaille, du plomb de chasse, des balles de fusil, des alliages, du massicot, de la litharge, du sel de Saturne, etc.

Le massicot est employé à la fabrication du minium. La litharge entre dans un grand nombre de vernis (toiles cirées), dans l'émail des vernis, dans l'émail des poteries, la fabrication dos cristaux, la confection des emplâtres qui ne sont qu'un mélange d'axonge et de litharge. Le minium sert à colorer en rouge la cire à cacheter ; il outre dans la fabrication du lut des chaudières, dans la peinture du fer, dans la fabrication du flint-glass. La céruse Berl è fabriquer le mastic dos vitriers; on on faii une consommation considérable dans la peinture en blanc des boiseries et des appartements; mélangée à des traces d'indigo, la céruse acquiert un beau refiel bleu. Dans L'antiquité les

dames s'en servaient roi fard. Enfin Vacétate

<ii plomb esl ires employé en médecine, principalement contre les entorses, les foulures; la teinturerie en fait aussi une grande consommation. 'Dus les se|s de plomb étant vénéneux, la théra-

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peutique ne les emploie guère que pour des usages externes.

Minéralogie et métallurgie du plomb. — On compte plus de trente espèces minérales naturelles contenant du plomb; c'est donc un métal très répandu; néanmoins on ne l'a rencontré à l'état métallique que dans de rares produits volcaniques.

Le plus important de tous les minerais du plomb, c'est la galène ou sulfure de plomb. La galène ressemble à la plombagine et à la blende (sulfure de zinc), mais elle s'en distingue par sa grande densité, qui est 7,5. La galène est souvent argentifère; on la rencontre dans les terrains de sédiment aussi bien que dans ceux de cristallisation ; elle est cristallisée en cubes et en octaèdres. Elle se trouve en filons réguliers, en amas, en veines irrégulières et en nodules disséminés. « La plupart de ces filons, dit Delafosse, sont ouverts dans les terrains de transition : à Sainte- Marie-aux-Mines (Vosges), à Ppntgibaud (Puy-de- Dôme), puis dans la Lozère, dans le Cumberland (Angleterre) ; là ils sont dans le calcaire carbonifère. Dans la Charente, on les trouve dans le calcaire ju. ïssique. A Eiffel (Prusse Rhénane], la galène se rencontre en nodules et en grains disséminés. >> Le minerai le plus important après la galène, c'est le carbonate ou céruse naturelle; ce sont les deux seuls exploités. En Franco les mines de plomb sont nombreuses, mais on en exploite un nombre restreint, 6 ou 7 au plus. Ce sont celles de Pontgibaud (Puy-de-Dôme), de Poullaouen et Huelgoat (Finistère), Vialas (Lozère), Lacoste (Gard),Pontpéan (Ille-et-Vilaine), Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne). D'après Arthur Mangin, les mines de plomb de France produisent annuellement 220000 kilogr. de plomb, 155 000 de litharge, 250 000 kilogr. de minerais triés vendus aux potiers, et 3000 kilogr. d'argent.

La consommation annuelle du plomb en France dépasse 2O0OOU00 de kilogr.; c'est assez dire que la plus grande partie nous vient de l'étranger.

Pour extraire le plomb de ses minerais on emploie deux procédés : le procédé par réduction et le procédé par réaction. Dans le premier, on réduit le minerai par le fer ; celui-ci s'applique aux minerais riches en gangue siliceuse: le deuxième consiste à faire réagir à chaud le sulfate et l'oxyde sur la galène. Pour cela on la grille dans un fourneau à réverbère, où elle se convertit en partie en oxyde et en sulfate ; puis, pendant un second coup de feu, on obtient du plomb par la réaction de ce qui reste de sulfure sur le mélange d'oxyde et de sulfate. Ce procédé s'applique surtout aux minerais riches contenant au moins 50 pour 100 de plomb. On l'emploie en Angleterre, puis, en France, en Bretagne et en Auvergne. On peut résumer comme suit les diverses opérations de cette métallurgie : on débarrasse la galène de sa gangue par le bicardage et le lavage, puis on l'introduit dans le four à réverbère, là elle subit les opérations suivantes : 1° le grillage, qui transforme une partie de la galène en oxyde et en sulfate ; 2° le brassage, qui consiste à brasser le mélange sur le sol d'un four à réverbère : on obtient du plomb ; 3° le resuage, qui a pour but de retirer le plomb resté dans le minerai en réduisant celui-ci par le charbon. Quelquefois les soussullures ou mattes sont traités par le fer.

fAlfred Jacquemart.] PLUIE. — Météorologie, V1I-X, XIV-XIX . — C'est un des trois éléments essentiels de la diversité des climats terrestres : lumière, chaleur, humidité.

La pluie est le résultat de la condensation de la vapeur d'eau contenue dans l'air ; elle s'échappe généralement des amas de cette vapeur condensée ■qui constitue les nuages; mais des gouttes do pluie peuvent aussi tomber d'un ciel en apparence

sans nuages. La vapeur condensée est alors très disséminée dans les hautes et basses régions de l'air; elle donne au ciel une teinte bleue plus pâle sans y former de masses nuageuses très distinctes. Ces gouttes de pluie sont quelquefois très volumineuses; elles grossissent, en tombant, de tous les globules qu'elles rencontrent, ainsi que de la vapeur qu'elles peuvent condenser dans leur chute. D'autres fois, au contraire, on voit de loin un nuage se résoudre en pluie, sans que les traînées visibles qui en descendent s'étendent jusqu'au sol. Les couches inférieures de l'air sont alors chaudes et sèches et les gouttes de pluie s'évaporent avant de toucher le sol.

La distribution générale des pluies à la surface du globe est la conséquence du mode de circulation de l'atmosphère (V. Courants). Les particularités de cette distribution sont le résultat du relief de la surface terrestre et de la répartition des continents et des mers.

Pluies entre les tropiques. — Dans les zones occupées par les vents alizés, les pluies sont très rares; elles n'y surviennent guère que clans certaines régions marquées par le passage des ouragans ou cyclones. On conçoit qu'il en soit ainsi. L'air y progresse régulièrement des régions tropicales vers la zone du globe où la température est le plus élevée ; sa capacité de saturation va donc en croissant en même temps que sa vapeur augmente. Tout s'y réduit à des rosées nocturnes généralement très abondantes.

L'aspect du ciel change complètement quand on approche de la zone des calmes équatoriaux qui sépare les deux alizés. Là viennent s'accumuler toutes les vapeurs amassées par les alizés dans leur long parcours à la surface de l'Océan. Ces vapeurs sont entraînées par la nappe équatoriale ascendante vers les hautes régions de l'atmo?phère. Dans ce mouvement ascensionnel, la masse d'air se refroidit graduellement par le fait même de sa montée et par suite de l'expansion que produit en elle la diminution progressive de sa pression barométrique. Elle atteint bientôt son degré de saturation, puis apparaissent les nuages. Dans cette région, les pluies sont fréquentes et torrentielles, la chaleur molle et accablante, les orages nombreux et violents. Le bruit du tonnerre y est presque incessant à la surface des grands océans.

Vanneau de nuages se déplace annuellement à la surface du globe, en suivant d'un peu loin la marche du soleil, comme si ce dernier le traînait après lui. En été, l'anneau de nuages et ses pluies se sont rapprochés du tropique nord : c'est, pour cette partie du globe, la saison pluvieuse alternant avec une longue saison sèche qui correspond à notre hiver. Durant l'hiver, au contraire, l'anneau de nuages et ses pluies se rapprochent du tropique austral, et la saison sèche y correspond à notre été. Entre ces limites, la zone des nuages, dans son oscillation périodique, passe deux fois par an au-dessus des régions équatoriales qui ont alors deux saisons pluvieuses annuelles séparées par deux saisons sèches. Les deux saisons pluvieuses sont à peu près équidistantes au milieu de l'intervalle parcouru par l'anneau de nuages; elles se rapprochent progressivement vers les limites de ce parcours pour se fondre en une seule saison qui correspond à nos mois d'été près du tropique nord, et à nos mois d'hiver près du tropique austral.

Pluies en dehors des tropiques. — Au delà des zones des alizés et des tropiques, nous retrouvons dans chaque hémisphère le courant équatorial, qui doit son nom à son origine (V. Courants). Ce courant sème les pluies sur son parcours comme l'anneau de. nuages équatoriaux; seulement, il est plus diffus, plus variable dans ses allures d'une année à l'autre ; ses pluies sont moins constantes

PLUIE

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et régulières. Comme l'anneau de nuages, le courant équatorial suit aussi la marche du soleil sur la terre. Il se rapproche des tropiques en hiver et s en éloigne en été. Il en résulte que dans le voisinage du tropique nord, au-dessous du tropique, il pleut en été, comme au Sénégal ; au-dessus du tropique, il pleut en hiver, comme en Algérie.

Zone des déserts. — Entre ces deux zones de pluies de saisons opposées, se trouve une longue bande où il pleut rarement : c'est la bande des déserts qui traversent l'Afrique septentrionale de l'Atlantique à l'Asie, et s'étend sur ce dernier continent jusqu'en Chine, en remontant vers le nord sous l'influence de la mer des Indes. Ces déserts se retrouvent aussi dans l'Amérique du nord, mais beaucoup moins accusés parce que le continent y est plus étroit. Nous les voyons encore, mais également moins marqués, et pour la môme raison, sur l'Afrique et l'Amérique méridionales et sur l'Australie.

Pluies en Europe. — L'Europe méridionale est soumise au régime des pluies d'hiver. A mesure qu'on s'y élève vers le nord, cette saison se dédouble en une saison pluvieuse d'automne et une saison pluvieuse du printemps; mais, en même temps, l'une et l'autre saison deviennent de plus en plus diifuses et s'étendent à presque toute l'année. Le relief du sol et le voisinage des océans prennent alors une influence prépondérante. Dans le nord de l'Europe, et même dans le nord de la France, le maximum des pluies tombe en automne sur les côtes occidentales ou sur les versants des chaînes de montagnes exposés aux vents du sudouest: il tombe en été dans l'intérieur du continent et surtout à l'est des massifs montagneux.

Abondance des pluies. — Sous le rapport des quantités, les pluies donnent une hauteur d'eau annuelle d'autant plus grande, en général, qu'on est plus près de l'équateur dans la région intertropicale, ou qu'on y est plus éloigné de la zone des déserts. En dehors des tropiques, cette hauteur d'eau annuelle est aussi d'autant plus grande qu'on est plus rapproché de ces lignes, sans cependant s'approcher trop près des déserts. Toutefois, la position des lieux par rapport à la mer, et la direction des vents dominants, produisent des différences considérables. Dans les régions intertropicales, en Amérique, en Asie, en Afrique et dans les grandes îles de l'Océanie, les côtes orientales placées sous le vent des alizés sont copieusement arrosées. Il en est ainsi, en particulier, du Brésil et du Venezuela, en Amérique ; des royaumes de Siam, d'Annam et de la Chine méridionale, en Asie ; des côtes d'Ajan, de Zangucbar, de .Mozambique, en Afrique ; des côtes orientales de l'Inde pendant la mousson d'hiver et surtout de leurs côtes occidentales pendant la mousson d'été. Tandis que la moyenne des eaux pluviales qui tombent à Paris est annuellement de 0mf50 environ, h Saint-Benoist, dans l'île de la Réunion, M. Maillard a recueilli lGm,50 d'eau de pluie en quatre ans, ce qui donne pour moyenne annuelle 4m,12 par an. Dans l'Inde, la hauteur totale de pluie annuelle varie de 2 à 3 mètres suivant les localités; il en est à peu près de même dans l'Amérique centrale et dans laSénégambie. Si on considère que, dans toutes ces régions, les chutes >]e pluie sont peu nombreuses, et souvent de courte durée, on comprend que les averses doivem avoir une Intensité énorme: il en est qui donnent en quelques heures 10 millimètres d'eau. Dans l'intérieur des terres, répondant, l'abondance des pluies diminue d'une manière notable. A Seringapatam, dans l'Inde, et à Bogota, en Amérique, elle est à peine supérieure à celle d'Europe.

Le» mêmes différences existent en Europo :

plus de pluie au midi qu'au nord, bien que le nombre des jours pluvieux marche en sens contraire; plus de pluie sur les côtes ouest et sur les versants occidentaux des chaînes de montagne que dans l'intérieur des continents et sur l'est des massifs montagneux.

Voici un tableau approximatif des hauteurs moyennes de pluies annuelles qui tombent sur les principales régions de l'Europe :

millim. d'eau

Russie 360

Scandinavie ... 480

France septentrionale, Allemagne G80

Angleterre, régions de l'est... 090

Cotes occidentales de l'Europe. 740 Italie, au sud des Apennins,

France méridionale 810

Angleterre, régions de l'ouest. 920

Italie au nord des Apennins. . . . 1220

Sur certaines parties des côtes de Norvège, cette hauteur peut dépasser 2 mètres.

Pluies en France. — La région méditerranéenne, de Perpignan à Nice, reçoit annuellement une quantité de pluie supérieure à celle qui mouille le bassin parisien ; mais, surtout en Provence, les pluies ne tombent guère que dans l'automne ou dans le premier printemps; elles y sont très rares en été, et cette circonstance, jointe à l'ardeur du soleil, y fait donner la préférence aux cultures arbustives quand on n'y dispose pas d'eaux d'irrigation suffisantes. Cette rareté des pluies d'été dans la Provence s'étend au nord sur le versant méridional du Plateau central, et assez haut dans la vallée du Rhône, tout en s'y affaiblissant graduellement. Sur le reste de la France, les pluies d'été augmentent progressivement à mesure qu'on remonte vers le nord et vers l'ouest. La quantité de pluie qui tombe sur le bassin de la Seine dépend avant tout de l'altitude des lieux, de leur orientation et de leur distance à la mer. Le Morvan, qui en forme la partie la plus élevée, peut recevoir suivant les années de 1 à 2 mètres de hauteur d'eau pluviale annuelle. Quand des lignes de partage des bassins divers, on descend vers la partie inférieure du bassin de la Seine, on trouve du côté de Paris une région de pluies minima, comprenant une grande partie de la Champagne sèche, de la Beauce et de la vallée de l'Oise. Enfin, quand on se rapproche de la mer, la quantité de pluie augmente de nouveau, même pour les plaines basses. On y retrouve à peu près les nombres obtenus dans les parties montagneuses vers 400 mètres d'élévation au-dessus du niveau de la mer.

A Paris et dans toute la région environnante, la quantité de pluie tombée dans les six meis de la saison chaude est beaucoup plus forte que la quantité tombée dans les six mois de la saison froide; de [859 à 1.S75 le rapport est de GO à 40. On sait que les pluies estivales sont sans profit pour les sources, sinon pour les récoltes. A mesure qu'on s'approche du périmètre du bassin, dans ses points élevés, l'accroissement des pluies porte plus sur les pluies d'hiver que sur les pluies d'été, en sorte que la proportion de ces deux saisons se trouve renversée, 47 à 53. Ce fait a une grande importance au point de vue des cours d'eau. Les pluies d'hiver comme les pluies d'été ne donnent presque rien aux sources dans la partie moyenne du bassin, et elles donneront de moins en moins à mesure que la culture fera des progrès, jusqu'au moment ne région pourra disposer d'eaviv d'irrigations suffisantes. C'est donc particulièrement sur les bords du bassin que les nappes souterraines peuvent s'alimenter. Là, même, les pluies d'été n'ont qu'une médiocre importance à ce point de vue

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