DC 217 BD
La droite BC a une pente de 0m,i5 par mètre.
On dit de la même manière que la pente d'une ligne de chemin de fer, par exemple, est de om,25 par kilomètre pour indiquer que, chaque fois que l'on parcourt une distance horizontale égale à un kilomètre, on s'élève ou on s'abaisse d'une hauteur égale à Qm,ïî>.
Le produit de la pente d'une droite par le module est toujours égal à l'unité :
pxm-.
DC BD, :BDXDC
Problème II. — Etant données les projections d'une droite cotée en deux points, trouver la cote d'un point quelconque ; trouver les points à cote ronde.
Soient la droite ai ffig. 2), représentée à l'échelle d<' i à 200 ou de bmm par mètre, et le point c dont on veut connaître la cote.
On fait le rabattement de la droite AB, comme il vient d'être dit; on élève la perpendiculaire cC. sur a>> et l'on évalue la longueur de cette ligne à l'aide de l'échelle. On trouve 3»»,6.
C'est au moyen de deux constructions analogues que l'on reconnaît si deux lignes, qui se COUpenl en projection, se coupent réellement dansTespace. Il suffit, en effet, de rabattre ces deux lignes et de déterminer, sur chacune d'elles, la cote du point -de rencontre des projections. Quand les deux ré-
sultats sont identiques, c'est une preuve que les lignes se coupent.
Il y a trois points à coie ronde sur la ligne ab. Pour les obtenir, il suffit de porter sur une perpendiculaire à cette ligne, à partir du pied, trois longueurs égales à 3m, 4m et 5m, puis de mener des horizontales jusqu'à la rencontre de AB et d'abaisser des verticales sur ab. Les points obtenus d,e,f, sont équidistants.
Cette dernière construction nous indique le procédé général pour trouver la projection d'un point dont la cote est donnée.
Problème III. — Déterminer les cotes rondes d'une droite, connaissant sa pente, sa direction et la cote d'un point.
Soit proposé de coter une droite ab ayant une pente de |, sachant que la cote du pointa est 8m,5. (Le lecteur est prié de faire la figure.)
On porte une longueur égale à 9 mètres à partir du pointa; la cote du point obtenu est égale à Km,5 + 4 = I2m,5 ou 4,5 selon que la droite s'élève ou s'abaisse. Les cotes rondes se déterminent ensuite comme dans le problème précédent.
Ce problème apprend à mener par un point une parallèle à une droite donnée, il suffit, en effet, de mener une parallèle à la droite sur le plan horizontal et de lui donner la même pente et dans le même sens.
5" Le plan. — Si l'on coupe un plan quelconque par des plans horizontaux parallèles au plan de comparaison, les horizontales du plan se projettent parallèlement. Le plan peut être représenté par deux horizontales; mais il est également déterminé par une seule ligne perpendiculaire à ces horizontales, et c'est ce dernier moyen que l'on emploie généralement.
Cette perpendiculaire aux horizontales d'un plan s'indique par un double trait et se cote comme une droite ordinaire ; c'est la ligne de plus grande pente du plan ou encore Y échelle de pente du plan.
Les problèmes relatifs à la droite s'appliquent à l'échelle de pente d'un plan.
Soit un plan horizontal P, coupé par un plan quelconque Q, (fig. 3).
Fie. 3.
PLANS COTÉS
PLANS COTES
Si d'un point C, pris dans le plan Q, on mène une perpendiculaire CD et une droite quelconque CE sur l'horizontale AB, la pente de la première ligne est plus grande que celle de la seconde.
En effet, abaissons une perpendiculaire Ce sur le plan P et menons cD et cE ; nous avons :
pente de CD = -^
pente de CE = —
mais cD est perpendiculaire à AB, parce que le plan CcD est lui-même perpendiculaire à AB, tandis que cE est une oblique à cette ligne. Donc on a :
cD<cE,
ce qui prouve que la première fraction est plus grande que la seconde.
Problème IV. — Un plan est déterminé par trois points cotés, trouver son échelle de pente et la cote d'un point quelconque.
Soient les trois points cotés a,b,c, et le point non coté d vfig. 4).
rfS:::: ^ ;;.;.:;;:
sj^\..
Fig. 4.
On joint ab et bc ; on détermine, sur ces deux lignes, deux points ayant la même cote, par exemple, 4 mètres, par le procédé connu (prob. II) ; on joint ces points, ce qui donne une horizontale du plan, et l'on mène une perpendiculaire en un point quelconque de cette horizontale: c'est l'échelle de pente du plan, qu'il est facile de graduer en cotes rondes.
Pour trouver la cote du point d, on fait passer, par ce point, une horizontale du plan, qui rencontre l'échelle en un point dont on détermine la cote (prob. II).
On résoudrait facilement d'autres problèmes analogues au précédent : trouver l'échelle de pente d'un plan déterminé par une droite et un point, par deux droites qui se coupent, par deux droites parallèles.
G" Surface quelconque. — La méthode des projections cotées est exclusivement employée pour indiquer le relief du sol et pour représenter des surfaces tout à fait irrégulières.
Il faut, au préalable, faire deux opérations bien distinctes, le levé du plan pour la projection horizontale, et le nivellement pour les cotes (V. ces deux mots).
A l'aide du levé de plan, on représente les limi tes de la surface ; au moyen du nivellement, on trace des lignes courbes horizontales ayant la même cote en tous leurs points et représentant des sections faites dans les surfaces par des plans horizontaux. Ces courbes planes s'appellent courbes de niveau. Elles sont généralement à cotes rondes. Elles sont d'autant plus serrées que la pente est plus rapide i,V. Sicellemenl).
Problème V. — Etant donnée une surface topographique, représentée par des courbes de niveau, on veut y tracer : 1° un talus de pente régulière, ce qui revient à trouver 1 intersection de
cette surface avec un plan dont l'échelle de pente est donnée; 2° l'axe d'un chemin ayant une pente uniforme imposée d'avance.
Soient la surface et l'échelle de pente données en cotes rondes, et le point a, origine du chemin à tracer ;fig. 5) .
Par les points de division de l'échelle, on mène des horizontales du plan, c'est-à-dire des perpendiculaires à cette échelle; on détermine les interjections de ces horizontales avec les courbes de mêmes cotes et l'on joint les points obtenus.
Pour tracer le chemin, dont la pente devra être, par exemple, égale à ^, il faut d'abord chercher la distance horizontale qui devra exister entre deux courbes de niveau, c'est-à-dire la distance qu'il est nécessaire de parcourir horizontalement pour s'élever d'un mètre.
Il suffit évidemment de résoudre la proportion suivante :
A partir du point a, avec une ouverture de compas, mesurée sur l'échelle et égale à 7m,5, on décrit un arc de cercle qui coupe la deuxième courbe au point b ; on joint ab : c'est la première partie du tracé demandé. Au point b, on opère de la même manière pour avoir le point c, et ainsi de suite, pour toutes les courbes de niveau.
Il est évident que l'on peut obtenir plusieurs tracés issus du point a avec la même pente, puisque le premier arc de cercle courbe la deuxième horizontale en deux points b et blt et que ceux-ci peuvent donner à leur tour quatre points c, c4, Cj. c8. On prendra le contour le plus agréable à l'œil et le plus facile à effectuer sur le terrain.
Application. — La plus utile application de la méthode des plans cotés se trouve dans le tracé d'une voie de communication.
Nous allens indiquer sommairement la suite des opérations à faire pour le tracé d'une portion de chemin de fer, entre deux points A et B imposés d'avance. 1° Examen de la carte de l'étatmajor, qui donne l'altitude des points A et B et, par suite, une indication importante sur la pente générale à adopter pour la ligne ; 2° tracé, sur la carte, d'un premier parcours polygonal; '■'>" reconnaissance du terrain et jalonnement de cette ligne polygonale (de grandes perches ou balises sont plantées aux sommets des angles); 4° modifications successives du tracé, imposées par des difficultés particulières d'exécution ou pour ménager certains intérêts, et adoption définitive de la ligne qui paraît le mieux répondre à tous les besoins ; 5° tracé des courbes à tous les angles,
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généralement des arcs de cercle, dont les rayons ne peuvent être inférieurs à un minimum donné, (500 mètres pour les grandes lignes, "200 à 250 mètres pour les lignes secondaires) ; pour cette opération intéressante, on mesure exactement les angles avec des instruments de précision ; on calcule la longueur des tangentes, et le développement des arcs, étant donnés les rayons: on mesure ces tangentes, à partir des sommets, pour avoir les points de raccord ; on élève, de distance en distance, des perpendiculaires sur ces tangentes, sur lesquelles on porte des longueurs calculées d'avance, et l'on obtient des points de la courbe, que l'on indique par des piquets ; 6° chaînage et piquetage de la ligne (tous les accidents du terrain sont indiqués par un piquet ordinaire, tes hectomètres sont indiqués par un piquet plus fort, portant un numéro d'ordre : exemple, 1 H, 2 H, et les kilomètres par un piquet encore plus fort avec un numéro d'ordre, portantla distance à partir de l'origine de la ligne : exemple, lKm, 2Km) ; 7° construction du plan de la ligne et de toutes les propriétés parcellaires traversées, à 40 mètres environ de chaque côté de l'axe (ce plan est généralement à l'échelle de 1 à 1000, ; S° nivellement de l'axe et tracé du profil en long, en prenant un plan de comparaison inférieur à tous les points relevés, souvent le niveau de la mer, et en prenant l'échelle des ordonnées double de celle des abscisses, afin de mieux indiquer les accidents du terrain (les ordonnées ordinaires sont en trait rouge, celles des hectomètres et des kilomètres sont en noir, le profil du terrain est en noir et la ligne elle-même en rouge,; 9° nivellement et tracé des profils en travers, c'est-à-dire de profils perpendiculaires à l'axe passant par tous les piquets (sur chaque profil en travers, une horizontale en trait rouge indique le niveau du point correspondant de l'axe de la ligne ; les déblais, qui sont au-dessus, sont marqués en teinte rouge, et les remblais, qui sont au-dessous, sont marqués par une teinie jaune) ; 10° calcul des déblais et des remblais en intercalant des plans verticaux à égale distance des profils en travers, de manière à déterminer des prismes formés par ces sections, par les faces en talus et par les plans horizontaux supérieurs et inférieurs ; 11° évaluation du coût total et du coût kilométrique, en tenant compte des difficultés de transport, de la dureté des roches et des volumes à déplacer respectivement à la pelle, à la brouette, au tombereau et au wagon. [A. Bougueret.J
PL ANTAGE.NET. — Histoire générale , XV1II-XX, XX VIII. — Nom d'une famille royale, d'origine française, qui a donné à l'Angleterre treize souverains. Les notices ci-dessous, consacrées à ces princes, compléteront les indications générales données à l'article Angleterre.
Henri II (1154-1189) était le fils de Geoffroy, cornue d'Anjou, du Maine et de Touraine, surnommé Pluntagenet à cause de la branche de genêt qu'il avait l'habitude de porter à son casque. Geoffroy d'Anjou avait épousé en 1127 la princesse Mathilde, fille du roi d'Angleterre Henri Ier et veuve de l'empereur Henri V. Mathilde était l'héritière de la couronne d'Angleterre; mais, à la mort d'Henri Ier, les barons normands refusèrent de la reconnaître, et prirent pour roi un petit-fils de Guillaume le Conquérant par les femmes, Etienne de Blois (1185). Celui-ci, après avoir eu à lutter pendant tout son règne contre les entreprises des partisans de Mathilde, finit par reconnaître pour sou héritier le lils do sa rivale. Henri d'Anjou Tenait de s'unir à l'épouse divorcée du roi de France Louis VII, Eléonore d'Aquitaine, qui lui avait apporté en dot ses vastes domaines, le Poitou, l'Auuis et la Saintonge, l'Angoumois, la Marche, le Périgord et la Gascogne, lorsqu'il suc-
céda en 1154 à Etienne, sous le nom d'Henri II; il se trouva donc posséder, outre ses Etats anglais, un tiers de la France, toutes les provinces occidentales, de la Normandie à l'embouchure de l'Adour, moins la Bretagne, qu'il acquit plus tard par le mariage d'un de ses fils avec Constance, fille du duc Conan IV.
Henri Plantagenet, malgré sa puissance, n'en était pas moins le vassal du roi de France; mais il nourrissait l'espoir de substituer sa famille à la dynastie capétienne, et de réunir ainsi les deux couronnes de France et d'Angleterre : à cet effet, il négocia un mariage entre son fils aîné, Henri, duc de Normandie, et une fille de Louis VII. Ce projet échoua, le duc de Normandie étant mort avant son père, et Louis VII ayant eu de sa troisième femme un fils qui lui succéda.
Les démêlés d'Henri II avec l'Eglise forment l'événement le plus important de son règne. Il voulut, par les co -stitutions de Clarendon, soumettre les ecclésiastiques à la juridiction royale; l'archevêque de Cantorbury, Thomas Becket, fit l'opposition la plus vive à cette mesure, et, après une querelle qui dura des années, le roi fit tuer l'archevêque au pied même de l'autel (1170). Menacé d'excommunication, le roi abolit les constitutions de Clarendon, fit hommage au pape de son royaume qu'il transforma en fief du Saint-Siège, et, moyennant ces actes de soumission, obtint son pardon ; le pape lui accorda même l'investiture de l'Irlande, dont Henri fit aussitôt la conquête.
Cependant sa tyrannie et ses débauches avaient excité contre lui son peuple et sa propre famille : une révolte générale éclata, fomentée par sa femme Eléonore ; ses trois fils aînés, auxquels il avait donné ses provinces françaises, prirent les armes contre lui, soutenus par le roi de France. Henri calma les haines de ses sujets anglais par une pénitence publique au tombeau de Thomas Becket ; il fit enfermer sa femme dans un couvent, battit le roi de France, et parvint à ramener ses fils à l'obéissance. Mais la révolte de ces jeunes princes, pleins d'orgueil et de turbulence, se renouvela peu de temps après. Henri, l'aîné, et Geoffroy de Bretagne, le troisième, moururent ; il ne resta que Richard Cœur de Lion. Celui-ci, allié à Philippe -Auguste, le nouveau roi de France, prit pour la troisième fois les armes contre son père; le vieil Henri II, contraint à une paix humiliante, mourut de chagrin (1189).
Richard Cœur de Lion (1189-1199), devenu roi à la mort d'Henri II, s'embarqua l'année suivante pour la troisième croisade, qu'il entreprit de concert avec Philippe-Auguste et Frédéric Barberousse (V. Croisade^). Pendant les quatre années que dura son absence et sa captivité en Autriche, son frère Jean sans Terre, dernier fils d'Henri II, essaya de s'emparer du pouvoir; il était appuyé par le roi de France, qui, pour prix de son alliance, voulait se faire céder la Normandie. Le retour de Richard (1194 déjoua ces projets : Jean sans Terre fit sa soumission; Philippe-Auguste, ayant accepté la guerre, fut battu ; mais le pape s'interpssa et une trêve fut signée (1199). La même année, Richard fut tué au siège du château de Chalns en Limousin.
Jean sans Terre (1199-1216; succéda à son frère Richard, qui était mort sans enfants. Son neveu Arthur, fils de Geoffroy de Bretagne, lui disputa la couronne et fut soutenu par lo roi de France. Vaincu et fait prisonnier, Arthur fut égorgé à Itouen (1203). Philippe-Auguste, se posant en vengeur du jeune prince, s'empara de la Normandie, de l'Anjou, de la Touraine et du Poitou. Pour reprendre ces provinces, Jean forma plus tard une coalition contre la France : mais son allié l'empereur Othon IV fut vaincu à Bouvines (1214), et lui-même, battu en Poitou, trouva à son
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retour les barons anglais soulevés. Ils obligèrent le roi à signer en 1215 la Grande Charte et à en jurer l'observation; mais aussitôt après, Jean, qui avait obtenu l'appui du Saint-Siège sous la promesse d'un tribut annuel, se fit relever de son serment par le pape Innocent III et recommença la guerre contre ses barons. Ceux-ci appelèrent le fils du roi de France, Louis (depuis Louis VIII), et lui offrirent la couronne (1210); ce prince débarqua en Angleterre, mais sur ces entrefaites Jean sans Terre mourut, laissant un fils en bas âge-
Henri III (1216-K72), fils de Jean sans Terre, fut reconnu pour roi par la majorité des barons anglais, qui abandonnèrent le parti du prétendant français, préférant un souverain enfant qui serait plus facile à gouverner. Louis dut retourner en France (1211), et Henri III régna sans conteste, après avoir juré d'observer la Grande Charte. Il perdit, dans deux guerres contre Louis VIII et Louis IX, la plupart des provinces que l'Angleterre avait conservées en France; mais plus tard, saint Louis, par un traité qui fait plus d'honneur à sa générosité chevaleresque qu'à son esprit politique, lui rendit ou lui laissa le Limousin, le Périgord, le Quercy, l'Agénois, une partie de la Saintonge, et le duché de Guyenne (1259). A l'intérieur, ce règne fut signalé par un grand événement, l'organisation du Parlement anglais; le roi ayant à plusieurs reprises violé la Grande Charte, les barons, réunis en parlement, proclamèrent le statut d'Oxford (A258), qui plaçait la royauté sous le contrôle d'un conseil de vingt-quatre barons. Le roi. feignant d'abord de céder, se fit relever ensuite de son sermeut par le pape, puis invoqua l'arbitrage de saint Louis ; les barons alors, sous la conduite de Simon de Montfort, comte de Leicester, prirent les armes : Henri III fut vaincu et fait prisonnier (1264), et Leicester, devenu le maître., compléta le Parlement en créant la Chambre des Communes par une ordonnance qui prescrivait l'élection de deux chevaliers par comté et de deux citoyens par bourg. L'année suivante, le pouvoir de Leicester fut renversé, et lui-même périt à la bataille d'Evesham; mais Henri III, remonté sur le trône, n'osa pas révoquer l'ordonnance de 1264. 11 mourut en 1272.
Edouard I" (1272-1307), fils et successeur d'Henri III, eut un règne glorieux. Renonçant à chercher des agrandissements en France, il visa à mettre sous sa domination la Grande-Bretagne tout entière ; en même temps il accepta franchement l'existence du Parlement, qui, à partir de ce règne, siège d'une manière régulière. Une guerre longue et acharnée lui donna le pays de Galles, dont le dernier chef national, David, fut pris et mis à mort (1283), l'héritier présomptif de la couronne d'Angleterre porta désormais le titre de jj/i?ice de Galles. L'ancienne dynastie des rois d'EcoNse s'étant éteinte à la mort d'Alexandre III (1286), Edouard fut appelé par les Ecossais à prononcer entre deux prétendants rivaux, Jean Baliol et Robert Bruce ; il désigna Baliol, mais en lui imposant la condition de l'hommage féodal. Le nouveau roi d'Ecosse essaya bientôt de s'affranchir des liens de cette vassalité; mais il fut vaincu et pris à Dunbar (1297). Un noble écossais, YVallace, continua la résistance; il fut livré par un traître, et l'Ecosse dut se soumettre aux Anglais. Mais bientôt le fils de l'ancien rival de Baliol, Bruce, *e mit à la tête du parti national, se fit couronner roi, et recommença la lutte (1306,). Edouard mourut avant d'avoir pu triompher de ce nouvel adversaire (i3i7).
Edouard il 1307-1327 , fils du précédent, prince faible et ilébauché, fut gouverné par des favoris qui causèrent sa ruine : Gaveston, dont l'orgueil amena une révolte des barons, qui le firent prisonnier et le tuèrent (1312), et ensuite les frères
Spenser. Le Parlementprofita de ces circonstances, favorables à l'extension des libertés nationales, pour conquérir de nouveaux droits : dès 1309, il met des conditions au vote de l'impôt; en 1312, il nomme une commission de lords ordonnateurs, et le consentement des Communes est expressément spécifié. La guerre contre les Ecossais avait continué; la mémorable défaite des Anglais à Bannock-Burn (1314) assura définitivement l'indépendance de l'Ecosse. En 1325, une nouvelle révolte des barons éclata ; ils voulaient se débarrasser de la domination des Spenser. L'épouse même d'Edouard, Isabelle, fille do Philippe le Bel, se mit à la tète des révoltés : les frères Spenser furent pris et exécutés, le roi dut abdiquer en faveur de son fils, et fut jeté dans une prison où Isabelle le fit périr (1327).
Edouard III (1327-1377) régna d'abord sous la tutelle de sa mère ; mais, dès qu'il fut majeur, la soupçonnant d'avoir été l'auteur du meurtre d'Edouard II, il la fit enfermer dans une forteresse. La couronne de France venait de passer dans la famille de Valois à l'extinction des Capétiens directs ; Edouard résolut de faire valoir les droits qu'il pensait posséder comme petit-fils de Philippe le Bel du côté maternel: ce fut l'origine de la guerre de Cent ans. Le roi de France avait pour allié le roi d'Ecosse, David Bruce : Edouard tourna d'abord ses efforts de ce côté ; il accorda des secours au prétendant Edouard Baliol, fils du Baliol détrôné en 1297 ; celui-ci vainquit David Bruce et occupa le trône à sa place. Ensuite il attaqua directement le roi de France. Ses victoires et celles de son fils le Prince Noir, puis le traité de Brétigny, firent de lui le maître d'un tiers de la Fiance ; mais en même temps il dut renoncer à ses prétentions à la couronne. Toutefois il reperdit la plus grande partie de ses conquêtes sous Charles V. (V. Guerre de Cent ans.) Il mourut en 1377.
De ce règne datent les premiers progrès de l'industrie anglaise; la bourgeoisie, qui s'enrichit et qui fournit à l'armée royale sa redoutable infanterie, prend une importance politique toujours plus considérable. L'Angleterre s'affranchit du tribut qu'elle payait au Saint-Siège depuis Jean sans Terre : le Parlement déclare que nul n'a pu assujettir le pays à un pouvoir étranger. Wiclef commence ses prédications hardies, s'attaquant d'abord à l'autorité du pape, puis au clergé en général : Edouard III le protège. Les idées de liberté et de réforme sociale, qui avaient produit en France la tentative d'Etienne Marcel et la Jacquerie, fermentaient aussi dans le peuple anglais; elles allaient faire explosion sous le règne suivant.
Richard II (1377-1399) était le petit-fils d'Edouard III, auquel il succéda, son père Edouard, prince de Galles (Je Prince Noir) étant mort en 1376. Il n'avait que onze ans lorsqu'il monta sur le trône. La guerre contre la France était suspendue ; mais l'Angleterre allait avoir à traverser une crise intérieure. En 1381, les paysans de plusieurs comtés, écrasés d'impôts, se révoltèrent sous la conduite d'un ouvrier, Wat Tyler, et d'un prêtre disciple de Wiclef, John Bail. Ils marchèrent sur Londres, s'en emparèrent, et forcèrent le jeune roi à leur livrer l'archevêque de Cantorbury et d'autres hauts personnages, qui furent mis à mort. Mais le chef des révoltés, ayant été perfidement attiré à une entrevue avec le roi, fut tué en trahison ; ses partisans, dispersés, furent ensuite massacrés par petites troupes. C'est aux doctrines de Wiclef que la cour fit remonter l'origine de l'insurrection ; aussi les adhérents du réformateur furent-ils proscrits et persécutes. Bichard gouverna ensuite despotiquement, bravant leméconteiuement du Parlementet des seigneurs ; mais en 1399, tandis qu'il était en Irlande pour y
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comprimer une révolte, son cousin le duc Henri de Lancastre, qu'il avait dépouillé de ses biens et exilé, rentra en Angleterre, appela aux armes ses partisans, et s'empara de Londres. Richard, abandonné de tous, dut signer son abdication, et le Parlement donna la couronne à Henri de Lancastre; l'année suivante, le roi déposé fut assassiné dans la prison où il avait été enfermé.
HemilV (1:599-1413). —V. Lancastre.
Henri V (1413-1422). — V. Lancastre et Guerre de Cent ans.
Henri VI (1422-14711, — V. Lancastre, Guerre de Cent ans et Gnen'e des Deux-Roses.
Edouard IV (1461-148i), fils du duc Richard d'York (V. Guerre des Deux-Roses), était devenu le chef du pnrti de la Rose blanche après la bataille de Wakefield (1460), où son père avait été tué. Aidé du puissant Warwick, il vainquit Henri VI à Tovvton et à Exham, et devint roi sous le nom d'Edouard IV. Mais il se brouilla bientôt avec Warwick; et celui-ci, passant dans le parti delà Rose rouge, hattit le nouveau roi à Noitingham (14"0) et rétablit Henri VI sur le trône. Edouard IV se réfugia auprès de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, qui avait épousé sa sœur. L'année suivante, il rentra en Angleterre, et recouvra sa couronne par les victoires de Barnet et de Tewkesbury. Désormais maître incontesté de l'Angleterre, il devint l'allié de son beau-frère Charles le Téméraire dans sa lutte contre Louis XI; en 1475, il débarqua à Calais; mais, ne trouvant pas l'appui sur lequel il avait compté, il conclut avec le roi de France le traité de Pecquigny. Il mourut en 14 83, laissant deux fils encore enfants.
Edouard V (1483), l'aîné des fils d'Edouard IV, lui succéda sous la tutelle de son oncle le duc de Glocester. Mais, au bout de deux mois, il périt assassiné à la Tour de Londres, avec son jeune frère, par les ordres de son tuteur. La fin tragique des enfants d'Edouard a inspiré plus d'une fois les peintres et les poètes. (V. le Richard III de Shakespeare, les Enfants d'Edouard de Casimir Delavigne, et le tableau de Paul Delaroche au Louvre.)
Richard IH (i 483-1 485), duc de Glocester, frère d'Edouard IV et oncle d'Edouard V, obtint la couronne en faisant périr son neveu. Mais son règne fut de courte durée. En 1485, Henri Tudor, comte de Richmond, prit les armes contre lui, et le vainquit à Bosworth. Richard fut tué dans la bataille. Avec lui s'éteignit la maison des Plantagenets, à laquelle succéda celle des Tudors. (V. Tudor.)
PLANTES ARBUSTIVKS. — Agriculture, IX.
— En dehors de l'arboriculture et de l'exploitation des forêts, l'agriculteur cultive d'une manière spéciale un certain nombre d'arbres pour leurs fruits ou les autres produits qu'il en peut tirer. C'est surtout dans la région méridionale de la l'Vance que les cultures arbustivcs trouvent leur place. Là, en effet, les cultures annuelles courent le risque d'être a peu près complètement détruites par la sécheresse, et ne donnent, la plupart du temps, que des récoltes chétives, tandis que les racines des arbres et des arbustes vont chercher dans les couches profondes du sol l'humidité dont elles ont besoin. C'est donc une dos faces principales do l'économie rurale du Midi que Cette prédominance des cultures arbustivrs. Quand on remonte vers le nord, ce caractère disparaît: ce sont, au contraire, les arbres qui deviennent do plu bu plus rares.
Les arbres principalement cultivés dans les champs sont: 1° l'olivier; V l'amandier; 3° le mûrier; 4° la vigne ; 5" le châtaignier ; G" le noyer. Vins allons donner quelques détails sur chacun d'eux, en reportant à un article Bpé< ial, que Justifie son importance, ce qui doit être dit de la vigne.
1° L'Olivier est en France l'arbre caractéristique de l'extrême région méridionale au sud-est, dans la basse vallée du Rhône, depuis l'Ardèche et la Drôme jusqu'à la mer, et sur tout notre littoral méditerranéen. On le cultive, de temps immémorial, pour ses fruits qui entrent dans l'alimentation et dont on extrait une huile excellente. La statistique évalue à 147 600 hectares environ la surface qu'il occupe, et à 5 400 000 hectolitres la production moyenne d'huile qu'on en retire. L'huile d'olive, outre qu'elle est employée comme comestible, forme la base du savon dont d'importantes fabriques se sont créées depuis longtemps dans le Midi.
L'olivier vient dans la plupart des terres. Il pousse très bien dans les terres fortes et profondes, mais il se contente aussi des terrains secs, arides, sans profondeur. Il fait la richesse des terres rocailleuses de certaines parties de la Provence qui ne peuvent porter d'autre culture; toutefois ses produits y sont moins abondants. Deux méthodes sont employées pour les plantations : tantôt les oliviers couvrent toute la surface du sol, en formant des massifs, tantôt ils sont placés en cordons espacés de manière que l'on puisse établir entre les lignes des cultures intercalaires : c'est ce que, dans le midi, on appelle planter en ouillères. C'est l'automne qui est la saison la plus favorable pour planter, dans les terres sèches; le printemps, pour les terres humides.
L'olivier doit être taillé avec soin. La taille repose sur ce fait que l'arbre ne fleurit que sur le bois de deux ans, et sur la nécessité de mettre les fleurs et les fruits à une bonne exposition au soleil. La taille consiste à supprimer tous les rameaux qui s'élèvent verticalement, à couper les branches mortes, et les rameaux latéraux qui deviennent trop longs, à supprimer les rameaux qui sont le plus intérieurs, de manière à donner à l'arbre une forme sphérique. Sur les rameaux conservés, on garde le bouquet terminal et seulement quelques-uns de ceux qui en sont le plus rapprochés. Pour former la tête des jeunes arbres, le tronc est ébourgeonné avec soin.
Pendant l'hiver, on butte le pied des arbres, pour les soustraire à l'action des gelées. On profite de ce travail, pour leur donner l'engrais qui leur est nécessaire; celui qui est le plus généralement employé est le tourteau. Quand on fait des cultures annuelles intercalaires, les engrais employés pour les cultures suffisent souvent pour les oliviers. Quand on a de l'eau à sa disposition, il est bon de donner aux arbres deux ou trois arrosages au printemps et au commencement de l'été.
La cueillette des olives se fait un peu avant qu'elles soient complètement mûres. Cette opération, commencée au mois de novembre, est continuée jusqu'à la deuxième quinzaine de décembre» Le produit en fruits varie beaucoup suivant les années, ainsi que suivant l'âge des arbres. Quand l'arbre est en plein rapport, ce qui arrive au bout de vingt ans à peu près, il donne 7 à 10 litres d'olives suivant les espèces. Comme il faut généralement 750 litres d'olives pour fabriquer 100 litres d'huile, on estime que le produit moyen d'un arbre est de 1 litre d'huile. La quantité produite par hectare dépend naturellement du nombre des arbres. Dans le département de Vaucluse, on estime qu'un hectare produit annuellement :i0 hectolitres d'olives. La production de l'olivier se maintient, en Provence, jusqu'à 45 à 50 ans ; < n Italie et en Corse, elle dure pendant beaucoup plus longtemps.
Le froid, suivi d'un dégel rapide, est le principal ennemi de l'olivier. Cet arbre est aussi attaqua par divers insortos; les principaux sont le kermès rouge, qui se multiplie sur les branches, et la U10Uche de l'olivier, qui s'attaque aux fruits.
PLANTES
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2° V Amandier se rencontre presque partout en concomitance avec l'olivier ; mais il est moins délicat, et on le retrouve dans la région plus septentrionale, avec la vigne. On en cultive plusieurs espèces, qui peuvent se partager en deux catégories : les amandiers à fruits doux, et les amandiers à fruits amers. Dans la première catégorie, l'amandier princesse et celui dit à la dame sont les variétés qui produisent les fruits les plusestimés; elles conviennent davantage aux pays méridionaux; elles fructifient mal en dehors de la région de l'olivier.
L'amandier se propage par semis; le plus souvent on sème en pépinière, et on met en place le jeune arbre de cinq ou six ans. On peut greffer en pépinière amandier sur amandier, quand le sujet a deux ans; mais beaucoup de cultivateurs ne greffent qu'après plantation définitive, ce qui retarde notablement la mise à fruit de l'arbre. La plantation se fait en lignes espacées d'une dizaine de mètres quand le terrain est profond : l'écartement peut aller jusqu'à 25 mètres, lorsque le terrain n'offre qu'une faible profondeur. Cet arbre est délicat et redoute les gelées blanches; c'est pourquoi on élève jusqu'à lm,ôO et au delà l'origine delà bifurcation des branches.
Comme pourl'olivier, et beaucoup d'autres arbres, les fleurs et les fruits ne se développent que sur le bois de deux ans. C'est d'après ce principe que la taille doit être faite. On a surtout soin d'enlever les branches gourmandes. Rarement on donne des engrais aux amandiers; mais c'est à tort, car on a constaté que ceux qui sont cultivés en ouillères profitent des engrais donnés aux cultures intercalaire^.
On estime à 6 kilog. d'amandes cassées, c'està-dire dépourvues de leur péricarpe, le produit moyen d'un amandier en bon état d'entretien. La récolte se fait le plus souvent en battant les arbres avec des gaules faites en canne de Provence, qui n'endommagent pas les branches.
La gourme est la maladie qui attaque le plus souvent l'amandier. Il a pour principaux ennemis : parmi les insectes, un puceron et un kermès qui lui sont spéciaux, ainsi que la piéride de l'olivier; parmi les végétaux, le gui qui se développe sur les branches, et dont on débarrasse l'arbre par extirpation.
3° Le Mûrier est, comme les précédents, un arbre du midi. On le cultive pour la nourriture que ses feuilles fournissent aux vers à soie. Parmi les diverses espèces de mûrier, le mûrier blanc est celui que l'on rencontre presque exclusivement dans les cultures méridionales, principalement dans les Cévennes, où il avait pris une très grande extension avant les épidémies qui ont sévi sur les vers à soie, et qui en ont fait diminuer la culture; mais on a fait, depuis quelques années, des replantations sur une assez grande échelle. Cet arbre paraît originaire de la Chine et de la Perse : il a été importé en Europe, avec la production des vers à soie, par la Grèce et l'Italie.
Ce que l'on cherche dans la culture du mûrier, c'est à la fois une grande quantité de feuilles, et une valeur nutritive considérable dans ces feuilles. La culture a amené la formation d'un certain nombre de variétés qui ont des propriétés diverses, à ce double point de vue. Les variétés le plus estimées sont le mûrier moretti, le mûrier multicaule, le mûrier rose, ainsi appelé de la couleur de ses fleurs.
Le mûrier est cultivé tantôt à haute tige ou à mi-tige, tantôt en arbuste. Dans les premiers cas, les plantations sont faites en quinconces ou en bordures ; les pieds sont espacés de 7 mètres dans les quinconces, et de 10 à 12 mètres dans les bordures. Les mûriers en arbuste ou nains sont plantes en haies ou en taillis; les pieds sont espacés 2e Partie.
plus ou moins suivant la nature du sol; leur écartement se restreint parfois jusqu'à 50 centimètres.
La multiplication s'opère par graines, par boutures, par marcottes ou par greffes. La greffe se fait le plus souvent en écusson ou en flûte sur sauvageon obtenu par semis. D'après des observations faites avec soin, la production d'un mûrier bien conduit va généralement en augmentant pendant ses vingt premières années ; elle reste stationnaire pendant vingt autres années, et elle va en déclinant, lorsque l'arbre a atteint l'âge de quarante à quarante-cinq ans; à partir de ce moment, le bois a pris trop de volume.
La taille du mûrier a un but absolument opposé à celui de la taille des arbres cultivés pour leurs fruits : il s'agit de lui faire produire la plus grande quantité de feuilles, et aussi peu de fleurs que possible. Pendant les premières années, la taille forme la charpente de 1 arbre, qui doit avoir l'aspect d'un vase, afin que les jeunes branches puissent se développer sans obstacles. Ensuite, on taille de manière à ne laisser qu'un certain nombre de bourgeons qui développent des rameaux vigoureux, avec des feuilles grandes et abondantes. Suivant la nature des sols, on taille l'arbre annuellement ou tous les deux ans. La taille annuelle se fait en été ; on la pratique après la cueillette des feuilles, lorsque l'arbre est planté en terrain assez frais pour pouvoir fournir de nouveaux bourgeons qui se développent librement. La taille bisannuelle est pratiquée au printemps après la première récolte de feuilles; elle est adoptée lorsque les arbres sont en terrain trop sec ou sous un climat trop froid pour permettre aux nouveaux bourgeons de se développer vigoureusement. Dans ce dernier cas, on partage les mûriers d'un domaine en deux séries que l'on taille alternativement, de manière à avoir, chaque année, de la feuille en quantité suffisante pour les vers à soie.
La feuille du mûrier se développe très hâtivement au printemps ; elle est quelquefois détruite par les gelées blanches. La seconde pousse, toujours plus faible et moins bonne, est alors la ressource du cultivateur. La cueillette commence dès que les bourgeons ont donné un nombre suffisant de feuilles complètement développées ; on commence par les haies et les taillis, où les feuilles se^développent plus tôt que sur les arbres à haute tige. La cueillette dure trente à quarante jours ; il ne faut la commencer que lorsque la rosée du matin est évaporée ; on l'arrête avant la fraîcheur du soir : il faut surtout se garder de cueillir pendant la pluie ; la feuille mouillée est toujours préjudiciable, aux vers à soie.
Les travaux d'entretien du mûrier, en dehors de la taille, consistent en deux labours qu'il convient de donner, l'un à la fin de l'hiver, l'autre au commencement de l'été. Ces labours maintiennent la surface du sol ameubli et s'opposent à l'action de la sécheresse; en outre, ils détruisent les plantes parasites. L'arbre se trouve très bien de l'emploi des engrais, qui en augmentent la production dans des proportions très notables. Le fumier est l'engrais le plus généralement adopté ; les tourteaux peuvent aussi servir avec avantage, de même que les détritus des magnaneries.
La production de la feuille de mûrier n'est pas toujours unie à l'éducation des vers à soie. Les éducateurs achètent le plus souvent la feuille qui leur est nécessaire à des agriculteurs qui n'élèvent pas de vers à soie ou qui ont une production de feuilles sensiblement supérieure à leurs besoins.
4° Le Châtaignier est cultivé dans un double but : comme arbre donnant des fruits, et comme arbre forestier dont les taillis donnent d'excel-
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lent bois pour faire les futailles. Le châtaignier est un arbre de la région de la vigne et il mûrit ses fruits un peu au delà jusqu'en Bretagne, et sur des hauteurs où la vigne ne vient pas, comme dans le Limousin. Pour mûrir, la châtaigne a besoin d'une chaleur soutenue et prolongée plutôt que forte. L'arbre est assez sensible aux froids du printemps ; s'il résiste généralement bien à ceux de l'hiver, les gelées printanières lui sont souvent nuisibles.
On cultive plusieurs espèces de châtaignes; les principales sont : le marron, qui se distingue par sa forme presque sphérique et son fruit savoureux ; l'exalade; la châtaigne verte. Le châtaignier demande des terres meubles et profondes ; les sols schisteux lui conviennent bien, et il y prend des proportions considérables, de même que dans les alluvions siliceuses. On sème sur place les châtaigniers qui doivent être cultivés comme arbres forestiers, mais on plante ceux qui sont élevés pour les fruits. On greffe les bonnes variétés, afin de les maintenir: quant au plant nécessaire à la plantation, on peut soit l'acheter, soit le préparer en pépinière. Les soins de culture sont peu importants : la taille consiste en un simple émondage pour enlever le bois mort, et les drageons qui poussent au pied.
Un beau châtaignier porte 50 à 60 kilogrammes de châtaignes chaque année. Les fruits sont vendus soit dans leur état naturel, soit après avoir été desséchés dans des séchoirs, pendint une dizaine de jours, sous l'action du feu; les châtaignes desséchées se réduisent à peu près au tiers de leur volume primitif.
5° Le Noyer est cultivé dans les mêmes régions que le châtaignier, à la fois pour la vente de ses fruits et pour la préparation de l'huile qu'on en extrait. A côté du noyer commun, on cultive plusieurs autres variétés ; les principales sont : le noyer à coque tendre, et le noyer tardif. Ce dernier est surtout précieux dans les contrées sujettes aux gelées printanières. La culture de cet arbre est facile; elle ne demande, quand l'opération de la greffe est faite, que quelques binages annuels, et une taille assez simple qui consiste à retrancher les branches les plus basses et qui pencheraient trop vers le sol.
Pour faire ce qu'on appelle les cerneaux, on cueille les noix avant leur maturité. C'est en août que cette cueillette se fait, car celle des fruits mûrs commence en septembre et se prolonge jusqu'à la fin d'octobre, suivant les climats. Après la cueillette, les noix destinées à la fabrication de l'huile sont mises en tas ; on laisse un certain intervalle entre les deux opérations pour que l'huile se développe dans le fruit.
Le produit des arbres varie dans de très fortes proportions suivant les sols dans lesquels ils sont plantés. On l'estime, en général, pour un arbre de trente à quarante ans en pleine production, de 00 à 80 litres de noix. 11 faut ajouter que le bois de noyer est très recherché par l'ébénisterie. [Henry Sagnier.]
PLANTES INDUSTRIELLES. — Agriculture, VIII. — Les plantes industrielles sont celles dont les produits sont transformés par les industries agricoles, avant d'être livrés à la consommation. Suivant la nature de ces produits et de leurs transformations, on divise les plantes industrielles en plantes sucrières, plantes oléagineuses, plantes textiles, etc. Nous allons passer rapidement en revue chacune de ms catégories.
Plantes bochièrhs. — Betterave. — La betterave est la seule plante BUCrière cultivée en Europe. Assez recherchée comme plante alimentaire dès le m* siècle, i.i betterave entrait dans l'alimentation des hommes et du bétail, lorsque la disette <lu sucre colonial, effet du blocus continental sous.
le premier empire, fixa l'attention sur ses propriétés saccharifères signalées pour la première fois, au milieu du xvmc siècle, par un chimiste allemand. Depuis cinquante ans, la culture de la betterave à sucre a pris une extension considérable en France, en Belgique, en Allemagne, en Autriche, en Bussie. Tous les pays rivalisent d'ardeur dans la fabrication du sucre. L'honneur de l'initiative de cette industrie revient tout entier à la France.
On cultive plusieurs variétés de betteraves. Les soins de culture sont les mêmes, qu'il s'agisse de betteraves à sucre ou de betteraves fourragères. La betterave blanche de Silésie, la betterave francoallemande de Simon-Legrand, la betterave dite améliorée de Vilmorin, sont les variétés sucrières qui donnent les meilleurs résultats en France. Parmi les variétés de betteraves fourragères le plus estimées, il faut particulièrement citer la jaune globe et la jaune ovoïde des Barres.
La betterave est le plus souvent précédée par une céréale dans l'assolement. La préparation du sol, pendant l'hiver qui suit la semaille, doit être faite avec beaucoup de soin. Il faut surtout faire des labours profonds, car la racine pivotante de la betterave demande, pour se bien développer, un sol ameubli. En même temps qu'on procède à cos travaux, on fume abondamment, d'abord avec du fumier de ferme, puis avec des engrais du commerce comme compléments.
Les semailles se font au mois de mars ou au commencement d'avril ; elles doivent être pratiquées en lignes. Lorsque les plants sont levés, on procède à plusieurs binages successifs dont le but est d'ameublir la surface du sol et de la débarrasser des mauvaises herbes. L'espacement entre les lignes de betteraves doit être de 40 centimètres environ ; quant aux racines, elles sont espacées de 30 centimètres dans la ligne.
La récolte des betteraves se fait en octobre, et même en novembre : l'époque précise varie suivant les terres et les années. Dans la plupart des exploitations, l'arrachage des racines se fait encore à bras ; mais on commence à utiliser plusieurs instruments spéciaux soit pour enlever les feuilles avant l'arrachage, soit pour sortir les racines de terre. Le rendement moyen d'un hectare de terre, dans les conditions ordinaires, est de 40,000 kilog. de racines. Les cultivateurs, vendant la betterave au poids aux fabricants de sucre, ont intérêt à obtenir le poids le plus élevé. Ce résultat est souvent obtenu au détriment de la richesse eiï sucre de la racine. Il en résulte parfois des conflits entre les uns et les autres. Il est aujourd'hui démontré que l'on peut, avec des variétés de betteraves bien choisies, et par la culture serrée, obtenir à la fois rendement en poids et rendement en sucre.
Aujourd'hui, les fabriques de sucre extraient, en France, chaque année, 250 à 400 millions de kilogrammes de sucre brut des betteraves qu'elles travaillent. Les résidus des racines, connus sous le nom de pulpes, reviennent à la ferme, et forment une excellente nourriture pour le bétail.
Dans un certain nombre d'exploitations, des distilleries ont été créées pour l'alcool de la betterave. Les pulpes provenant des distilleries sont également recherchées pour le bétail.
La culture de la betterave, en même temp qu'elle donne un produit industriel d'une grande valeur, est une cause générale d'amélioration des champs et d'une plus grande production en céréales et en viande. Elle a enrichi tous les départements où ello a été adoptée; elle continue d'ailleurs à se développer.
Quanl au\ betteraves fourragères, elles sont, après l'arrachage, conservées dans des caves ou des silos ; elles servent à l'alimentation du bétail
PLANTES
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pendant l'hiver. On les coupe en tranches minces après les avoir lavées, et on les mélange à du son, des balles, des tourteaux ou des fourrages hachés.
Plantes oléagineuses. — Les plantes oléagineuses sont cultivées pour l'huile qu'on extrait de leurs graines. Les résidus de la fabrication de l'huile forment les tourteaux, dont on se sert soit comme engrais, soit pour la nourriture du bétail. Les principales plantes oléagineuses sont le colza, le pavot, la navette, la cameline, la moutarde.
Le colza est la plus importante des plantes oléagineuses cultivées en France. Il y en a deux variétés : le colza d'hiver et le colza de printemps. La première est la plus productive ; son rendement est de 35 à 40 hectolitres de graine à l'hectare. Le colza demande un sol bien préparé, assez bien fumé. Les semailles se font soit à la volée, soit en lignes, à l'automne, pour le colza d'hiver, et au mois de mars pour celui de printemps. Le colza est coupé à la faucille un peu avant la maturité complète des graines; la méthode généralement adoptée pour séparer les graines des tiges est de battre celles-ci sur des bâches dans le champ même, lorsque les plantes coupées sont devenues suffisamment sèches. La graine de colza étant sujette à s'échauffer, il ne faut la mettre qu'en tas peu épais dans les greniers. Quand le colza d'hiver a eu à souffrir de froids trop rigoureux, pendant l'hiver, on regarnit les champs, dans les places où il y a des vides, par de la graine de colza de printemps.
La navette, comme le colza, comprend deux sortes, l'une d'hiver qui est semée à l'automne, l'autre de printemps qu'on peut semer en avril ou en mai. La méthode à, suivre pour la culture de la navette est analogue à celle qui est adoptée pour le colza. Le rendement est moins élevé, et la graine, à volume égal, donne moins d'huile que celle de colza ; mais la navette peut venir avantageusement dans des sols secs et calcaires. Quand la navette d hiver est bien cultivée, son rendement atteint 25 hectolitres par hectare; celui de la navette de printemps ne dépasse pas 20 hectolitres.
Le pavot ou œillette est cultivé sur une assez grande échelle dans le nord de la France; sa graine donne presque le tiers de son poids en huile d'excellente qualité. De même que la plupart des plantes oléagineuses, il demande un bon sol, fumé avec soin, et quelques binages. Les semailles se font dès le commencement du printemps, au mois de février, aussitôt que l'état du sol le permet. Son rendement est de 20 à 25 hectolitres par hectare. Dès que les têtes de pavot commencent à devenir grises, on les coupe, puis on les fait sécher; le battage se fait au fléau. On distingue trois espèces de pavot : le pavot commun à graines grises, le pavot noir ou aveugle, et le pavot blanc.
La cameline croît dans presque toutes les parties de l'Europe, mais elle préfère les climats humides et brumeux. Les soins de culture sont les mêmes que ceux qui viennent d'être résumés. Son rendement est d'environ 22 hectolitres de graine à l'hectare.
La moutarde blanche est. plus rarement cultivée. Sa graine renferme beaucoup d'huile ; mais cette niante demande une terre très bien préparée et richement fumée. En outre, son rendement est peu élevé : il ne dépasse pas 15 hectolitres par hectare.
Plantes textiles. — Les deux principales plantes textiles cultivées en France sont le chanvre et le lin. Elles ont perdu une partie de leur ancienne importance, à cause de l'extension qu'a prise l'usage des étoffes de coton.
Le chanvre donne une filasse grossière, mais d'une grande solidité. On en distingue deux va-
riétés : le chanvre ordinaire et le chanvre de Piémont ou gigantesque, qui ne diffèrent que par la taille. Le chanvre est une des plantes dont la croissance est le plus rapide. Il peut venir dans un grand nombre de sols, mais il préfère les terres profondes des vallées. Il faut que la terre soit profondément ameublie et bien fumée. Les semailles se font h la fin du mois d'avril. Quand la plante est levée, on procède à un sarclage, puis à des binages. La récolte se fait de juillet en août. Suivant l'usage auquel est destinée la filasse, les tiges sont coupées ou arrachées. Afin de far- < disparaître la substance gommeuse qui imprègi.< les filaments du chanvre, on procède au rouissage ; cette opération consiste à faire séjourner les gerbes de chanvre pendant quelque temps dans l'eau. On les égoutte ensuite, et on procède au teillage, c'est-à-dire à la séparation de la filasse de la partie ligneuse de la tige ; le teillage est pratiqué, soit avec des appareils très simples appelés broyés, soit, depuis quelque temps, avec des machines perfectionnées. Le rendement moyen du chanvre peut être estimé à 1000 kilogrammes de filasse par hectare.
Le /m est cultivé suivant des procédés analogues à ceux adoptés pour le chanvre. C'est une plante encore plus délicate et qui demande plus de soin. Les semailles se font au mois de mars. Les tiges sont arrachées quand les capsules des fruits commencent à se former. Le lin doit être soumis au rouissage et au teillage, comme le chanvre. Il fournit la filasse la plus fine et la plus estimée. Son rendement moyen est d'environ 500 kilogrammes de filasse par hectare.
Le chanvre et le lin peuvent aussi être cultivés comme plantes oléagineuses ; leurs graines donnent une huile d'excellente qualité.
Plantes tinctoriales. — Les plantes tinctoriales sont celles dont on extrait des matières propres à la teinture.
Naguère la garance, qui donne une très belle couleur rouge, était très cultivée dans le Midi. Sa culture a été abandonnée, parce que l'alizarine artificielle, créée par l'industrie à meilleur marché, est venue détrôner ses produits.
Le safran est surtout cultivé dans le Gàtinais. Le stigmate de sa fleur donne une couleur d'un beau jaune doré. Sa culture demande des soins spéciaux sur lesquels il n'y a pas lieu d'insister
La gaude renferme, dans la partie supérieure de ses tiges et dans ses feuilles, un principe colorant jaune qui est très estimé. C'est aussi une plante oléagineuse. Elle est principalementcultivée dans quelques parties de la Normandie, ainsi que dans le Languedoc.
Le pastel fournit une couleur bleue se rapprochant de celle de l'indigo. C'est dans ses feuilles que réside ce principe colorant. On les récolte lorsqu'elles commencent^ se violacer sur les bords, puis on les broie sous une meule pour en faire une pâte.
Plantes industrielles diverses. — Parmi les autres cultures industrielles, il en est deux sur lesquelles nous devons encore insister : le tabac et le houblon.
Originaire de l'Amérique, le tabac s'est très bien acclimaté en Europe. Il appartient à la famille botanique des solanées, féconde en poisons. Ses tiges s'élèvent souvent à une hauteur de plus de '1 mètres ; elles portent de grandes et larges feuilles ; les fleurs sont roses ou d'un vert bleuâtre. Les semailles se font en février. Quand les premières feuilles ont poussé, le plant est repiqué. Il est important que le sol soit profondément labouré et largement fumé. La première récolte des feuilles se fait en juillet ; elle est achevée à la fin du mois d'août ou de septembre. On donne le nom
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de manoquos à la réunion d'un certain nombre de feuilles lices ensemble par la queue. On les fait sécher dans des locaux spéciaux avant de les livrer. En France, où le gouvernement se réserve le monopole de la fabrication et de la vente des tabacs, la culture de cette plante ne peut être faite que dans un certain nombre de départements où elle est autorisée, et les cultivateurs qui s'y livrent doivent se soumettre aux prescriptions des règlements administratifs sur cette matière.
Le houblon croit spontanément dans toutes les parties septentrionales de l'Europe. La Lorraine, les Vosges, le Nord et une partie de la Bourgogne sont les régions de la France où il est principalement cultivé. Il lui faut une terre profonde, fraîche, mais où l'argile ne domine pas. Avant les semailles, on fait un labour de défoncement et on fume abondamment. La plantation s'effectue de la mi-février à la mi-avril. Les jeunes sujets sont généralement placés à 2 mètres de distance les uns des autres: la moyenne du nombre des plants doit être de 70u0 à 8000 par hectare. Les soins de culture consistent dans l'échalassement qui a lieu en mai, dans deux binages que l'on exécute en été aux époques les plus favorables pour maintenir la fraîcheur du sol. La récolte se fait à l'automne; puis on enterre le bas des tiges conservé pour repousser l'année suivante. Une houblonnière en bon sol et bien cultivée peut durer de quinze à vingt ans. Les récoltes commencent la troisième année. La récolte est. en moyenne, de 1500 à- 201)0 kilogrammes de cônes par hectare, plus 500 à 1000 kilogrammes de feuilles et de tiges sèches servant comme fourrage. On sait que les cônes de houblon sont employés par les brasseurs pour donner à la bière son goût particulier et pour la préserver des altérations auxquelles les boissons fermentées sont exposées. [Henry Sagnier.]
PLANTES LÉGUMINEUSES. — Agriculture, VII. — Les légumineuses sont des plantes dont les graines, comme celles des céréales, servent à la nourriture de l'homme et des animaux. Elles sont caractérisées par la forme de leurs fruits qui sont renfermés dans une gousse.
Les principales plantes légumineuses cultivées sont les fèves, les haricots, les pois et les lentilles. Leurs graines contiennent une proportion notable d'azote qui leur donne une grande valeur nutritive.
La fève est la plus importante des légumineuses. Plusieurs variétés sont cultivées ; celle que l'on rencontre le plus souvent est la fève gourgane, plus connue sous le nom de féverole.
La féverole préfère les terres compactes, un peu humides; elle entre dans l'assolement comme plante sarclée ; elle peut se succéder plusieurs fois à elle-même sans que le produit en souffre. La terre doit être préparée par de nombreux labours, pour les semailles qui peuvent se faire en hiver, mais pour lesquelles il est préférable d'attendre le mois de mars. La quantité de semence à employci1 varie de 100 à 3i 0 litres par hectare, suivant qu'on sème au semoir ou à la volée.
Un hersa go après la semaille, deux binages à la houe, et enfin un buttage, tels sont les soins d'entretien nécessaires pendant la végétation. Lorsque les cosses inférieures commencent à se développer, on procède à l'écimage des tiges, opération qui assure un rendement plus élevé. La récolte se fait dans le courant de l'été, lorsque les cosses commencent à noircir.
Le rendement moyen par hectare est de 20 à 25 hectolitres de féveroies, plus 2000 à 2500 kilogrammes de fanes sèches qui peuvent être consommées en fourrage.
La culture des haricots est très répandue dans une partie du nord et de l'est de la France. On en cultive deux groupes : les haricots à rames, dont
les liges ont besoin de tuteurs, et les haricots nains qui se soutiennent par eux-mêmes. Les variétés de haricots à rames et nains dits de Soissons sont les plus estimées pour l'alimentation.
Les haricots redoutent l'humidité, et demandent une terre assez sèche. Ils entrent dans les assolements comme plantes sarclées. La terre étant bien préparée par plusieurs labours, on sème à la fin d'avril ou au commencement de mai. Les semailles doivent être faites en lignes espacées de 30 à 40 centimètres, et les semences doivent être placées dans des poquets distants de 15 à 20 centimètres. Après les semailles, avant la levée des graines, on pratique un hersage en travers. Après la levée, on fait deux binages, puis un buttage complet. Enfin, lorsque les tiges sont assez élevées, on les rame, c'est-à-dire qu'on les soutient avec des gaulettes piquées obliquement en terre et entre-croisées à leur sommet. Après la récolte, on laisse les plantes achever de mûrir en javelles, puis on les rentre pour procéder au battage. La quantité de semence à employer par hectare est de 150 litres environ. Le produit moyen varie de 25 à 35 hectolitres de graines, plus 2000 à 25t)0 kilog. de fanes sèches.
Les pois comprennent un grand nombre de variétés, pour lesquelles la culture est la même. Les travaux à faire sont d'ailleurs à peu près les mêmes que pour les haricots. Mais il ne faut pas faire revenir cette plante avant cinq ou six ans sur le même champ. La quantité de semence à employer varie un peu suivant les variétés. Elle est de 125 litres environ pour les pois dits cultivés, et 200 litres pour ies pois gris, le tout par hectare. Quant au rendement, il est, pour les premiers, de 12 à 15 hectolitres de graine et 2300 à 3000 kilog. de fourrage par hectare; pour les seconds, de 18 à 20 hectolitres de graines et 4000 à 4500 kilogrammes de fourrage. Les pois gris sont donc la variété qui donne le rendement le plus élevé.
Les lentilles fournissent pour l'alimentation humaine des graines très nourrissantes, et pour l'alimentation du bétail un excellent fourrage. La lentille peut prospérer dans presque toutes les parties de la France, mais elle préfère les sols sableux ou calcaires aux terres argileuses. Les travaux préparatoires pour cette culture consistent en un labour et un hersage qui doivent être faits pendant l'hiver. Les semailles doivent être terminées au printemps ; elles se pratiquent en lignes espacées de 40 à 50 centimètres. La quantité de semence à employer par hectare est de 1 hectolitre environ. Pendant la végétation, on procède d'abord à un binage pour nettoyer la surface du champ, puis à un buttage énergique. On récolte un peu avant la maturité complète de la graine. Le rendement est de 15 à 20 hectolitres de graines en moyenne, et de 1800 à 20U0 kilogrammes de fourrage par hectare.
On cultive deux variétés de lentille commune : la grande lentille, dont le grain est blond et aplati; la petite lentille, appelée aussi lentille à la reine ou lentillon, dont le grain est moitié plus petit que le précédent, plus coloré et bombé.
Les vesces sont surtout cultivées comme plante fuuri'.i ri v. toutefois la consommation qui se fait de leurs graines pour la nourriture du bétail leur donne une place parmi les plantes légumineuses. C'est dans les terres argileuses que la vesce réussit le mieux. Pour préparer le sol, il suffit d'un seul labour, suivi d'un hersage qui est pratiqué immédiatement avant la semaille. Celle-ci peut se faire dès le mois de mars; elle se fait généralement à la lin de ce mois ou dans le courant de celui d'avril. La quantité de semence à empl lyi r est de I hectolitre 1/2 par hectare pour la vesce de printemps et de 2 hectolitres pour celle