Calcul de la circonférence. — De l'égalité
-,=7t on tire c= aX 7t. a
De là cette règle : In longueur de la circonférence est égale au produit du diamètre multiplié par le nombre iz.
Si on désigne le rayon par r, cette règle est ainsi exprimée :
c = 27tr.
Réciproquement on trouve le diamètre en divisant la circonférence par le nombre 7t.
15. — Mesure d'un arc. — 1° Pour connaître la longueur d'un arc d'un certain nombre de degrés, on calcule d'abord la demi-circonférence en multipliant le rayon par tc ; on divise le produit par 18", ce qui donne la longueur d'un arc de 1 degré, et on multiplie le quotient par le nombre de degrés.
bi l'arc contient des degrés, des minutes et des secondes, il vaut mieux, au lieu de tout convertir en secondes, calculer la longueur de l'arc de t minute, celle de l'arc de 1 seconde, les multiplier par le nombre de degrés, par le nombre de minutes, par le nombre de secondes et additionner ensuite les produits.
Exemple. — Calculer la longueur d'un arc de 56°37' pris sur une circonfèrenc: dont le diamètre a 2m,48.
Longueur de la demi-circonférence :
Longueur de 180° 3m,8936.
Longueur de 1°
Longueur de 1'.
OU
Arc de 56° 0",021G3x56 = 1,21128.
Vrcde 37' 0B,,00036X31 =0,01332.
Longueur de l'arc de 56°37', lm, 22460.
10. — Détermination den. — Considérons un cercle d'un rayon connu, qui aurait par exemple 1 unité de longueur, et un hexagone régulier inscrit. Le périmètre de cet hexagone étant égal à 6, la circonférence est supérieure à G. Inscrivons ensuite des polygones réguliers de 12, 24, 48, etc., côtés; le périmètre, toujours inférieur à la circonférence, en différera de moins en moins, à mesure que le nombre des côtés deviendra de plus en plus grand.
Pour calculer ces périmètres, il faut d'abord résoudre le problème suivant :
Etant donnés le rayon d'un cercle et te côté du polygone régulier inscrit, trouver le côté du polygone régulier inscrit ayant u?i nombre de côtés double.
Pour cela tirons le diamètre CE perpendiculaire au côté AB (fig. Il) d'un polygone régulier inscrit :
désignons par a le côté AB, par r le rayon et par c le côté AC du polygone régulier inscrit ayant deux fois plus de côtés que le premier.
Dans le triangle rectangle CAE, le côté AG est moyen proportionnel entre sa projection CD sur l'hypoténuse et l'hypoténuse; on a donc :
AC2=CEXCD ou :
e*=2rx(r— OD).
Le triangle rectangle ODA donne ensuite : 0D=V/A0- — ADS,
ou
OD
= y>-s- j^Vi^-a*.
En substituant cette valeur de OD dans celle de c2, on trouve :
C2 = 2rx(>- — |V*'-S — a-h
et enfin :
c=\2r*— r\'tri — a?-.
Application. — Prenons le rayon égal à 11; la formule devient:
Le côté c6 de l'hexagone étant 11, on a pour le côté Cia du décagone :
En remplaçant dans la formule (1) a* par le carré de c2 on trouve pour le côté c2i du polygone de 24 côtés :
c2, =V 2 — V-i — 2 +Vâ7 ou:
.«vA-vV
Cst=V2— Y2-T-V3.
On trouverait de même :
et ainsi de suite.
Voici, comme exemple, le tableau du calcul d< c48 à l'aide des logarithmes à 5 décimales.
POMMES DE TERRE
S/2 H-Vâ = 1,93185.
2— V 2+U+Vi = 0,0 1 7 1 1 .
pkS= 0,1 3085 X 48 = 6,27864.
En effectuant les calculs avec une plus grande approximation, on trouve pour les périmètres les valeurs suivantes :
Périm. de 6 côtés 6,00000
La partie 6,282 commune à ces deux derniers périmètres se reproduira dans tous les périmètres suivants; elle est donc une valeur de la circonférence approchée à moins de 1 millième près. Il ne reste plus qu'à la diviser par 2, valeur du diamètre, pour avoir le rapport t.; on obtient ainsi :
Archimède avait trouvé 3 i. Adrien Métius, géomètre hollandais du xvnc siècle, a donné pour ce rapport le nombre |y|,qui est plus approché que celui d'Arcliimôde. Il est facile à retenir, si l'on observe qu'il suffit d'écrire deux fois de suite chacun des trois premiers nombres impairs, et de prendre les trois derniers chiffres pour le numérateur et les trois premiers pour le dénominateur. [G. Bovier-Lapierre.l
POLYPES. —V. Rayonnes.
POMMES DE TERRE. — Agriculture, VIII. — Originaire de l'Amérique méridionale, la pomme de terre fut importée en Europe au xvic siècle par les Espagnols. Elle se répandit d'abord dans les Pays-Bas, dans les Flandres et dans une partie de la Lorraine. Mais sa culture ne devint générait qu'après les efforts faits au xvme siècle par Parmentier pour la propager en France. On compte aujourd'hui, en France, chaque année environ 1,200,000 hectares cultivés en pommes de terre. Leur produit, en année moyenne, est de 130,600,000 hectolitres de tubercules, soit à peu près 1 10 litres par hectare. Dans d'autres pays, la production de la pomme de terre est encore plus élevée qu'en France ; en première ligne, il convient de citer l'Irlande et l'Allemagne.
La pomme de terre est cultivée, comme on sait, pour ses racines tuberculeuses. Tantôt on les emploie directement à la nourriture de l'homme ou à celle des animaux, tantôt on les soumet à un travail spécial, pour en extraire la fécule qu'elles renferment; tel est le but des féculeries, qui constituent une importante industrie agricole.
Sous linfluence de la culture, il s'est produit un grand nombre de variétés de pommes de terre, recommandables, les unes par leur rendement, les autres par leur précocité, d'autres enfin par la finesse de leur goût. Il est impossible d'énumérer ici toutes ces variétés. Les plus connues et les plus répandues sont les vitelottes, les jaunes rondes, les jaunes longues, les pommes de terre de Hollande, les marjolins, les patraques, etc.
La pomme de terre a une végétation très rapide
POMMES DE TERRE — 1068
POMMES DE TERRE
et très vigoureuse. Plantée au printemps, en mars ou avril, elle parcourt dans le courant de l'été toutes les phases de sa végétation, et elle arrive h maturité à l'automne. C"est par la plantation des lubercules que se fait sa reproduction.
Partout où les céréales sont cultivées, la pomme de terre peut venir avec avantage. C'est dire que l'aire sur laquelle peut se faire sa culture est d'une grande étendue. Les terres qui lui conviennent le mieux sont les sols légers ou de consistance et d'humidité moyennes, les terres d'alluvion, et celles où domine le calcaire. Néanmoins elie s'accommode de la plus grande partie des natures de sols, quoique, dans les terres argileuses, elle ne donne généralement qu'un assez maigre produit. Dans tous les cas, pour que la récolte vienne bien, il faut que le sol soit profondément labouré et parfaitement ameubli, afin que les racines puissent y prendre tout leur développement. La pomme de terre viendra bien après des labours de défoncement, après des défrichements de luzernières qui exercent sur le sol l'action d'ameublissement qui est nécessaire pour sa bonne végétation. Quant aux fumures, elles sont nécessaires pour avoir une abondante récolte. Sans ii.sister sur les nombreuses expériences qui en ont donné la preuve, il suffit de dire que jusqu'ici le fumier est l'engrais qui convient le mieux à cette culture ; une fumure copieuse donne toujours d'excellents produits. Toutefois, il paraît résulter d'essais faits avec soin que la fumure avec le purin aurait pour résultat de diminuer la richesse des tubercules en fécule.
Le plus généralement, on prend la récolte des pommes de terre entre deux céréales. Il arrive, dans les petites cultures, que l'on fait succéder la pomme de terre plusieurs fois à elle-même ; cette pratique est surtout usitée en Irlande ; la récolte se maintient, à la condition que les soins de culture soient bien donnés.
On a vu plus haut que c'est au printemps qu'on plante les tubercules des pommes de terre. Cette opération doit être faite aussitôt que possible, mais il faut éviter trop de précipitation dans les pa} s sujets aux gelées tardives qui frapperaient les plantes levées. Quelques agriculteurs ont préconisé la plantation automnale. Dans ce cas, le tubercule mis en terre profite de la première chaleur pour germer. Mais cette pratique ne s'est pas généralisée. On plante ordinairement derrière la charrue à versoir ou derrière un araire. Une deuxième charrue recouvre les tubercules déposés dans le sillon. Cette pratique présente d^ux inconvénients : d'abord, les tubercules sont souvent plantés trop profondément; ensuite, la plantation est irrégulière, d'où il résulte que le buttage et le binage présentent de6 difficultés. Le mieux est de tracer les lignes, à l'espace voulu, avec un rayonneur, et de placer ensuite au fond de la raie les tubercules que l'on recouvre de terre par un coup de herse. Par ce ce système, la profondeur de la plantation est toujours la même, et il y a une grande régularité dans les lignes.
Les tubercules des pommes de terre portent à. leur surface un certain nombre de boutons ou yeux qui sont autant de germes d'où sortiront des plantes nouvelles. De là est venue, dans certaines contrées, l'habitude de couper les tubercules en autant de morceaux qu'ils portent d'yeux, ft de planter chacun de ces morceaux. L'expérience a démontré que le produit était, dans ce <-as, inférieur à celui que donnent les pommes de terre entières ; il ne faut donc avoir recours h cette méthode que dans le cas de disette ou de cherté excessive des pommes de terre de sei : snce.
La plantation des tubercules doit être faite à
une profondeur de 15 à 20 centimètres. Le meilleur espacement entre les plantes parait être de 30 centimètres, et entre les lignes de 40 à 50 centimètres.
Les soins de culture à donner pendant la végétation de la pomme de terre sont importants. Lorsque le plant a atteint dix à quinze centimètres de hauteur, on pratique un premier binage pour détruire les mauvaises herbes. Un peu plus tard, on butte, c'est-à-dire on ramène une certaine hauteur de terre autour de la tige, afin que celle-ci soit enterrée plus profondément. Les avantages du buttage ont été mte en doute à diverses reprises; mais il est certain que cette opération, si elle a pour effet de diminuer un peu le rendement, compense largement cet inconvénient par la plus grande facilité qu'elle présente pour faire la récolte. Dans tous les cas, il ne faut pas que le buttage soit trop élevé; il ne doit pas dépasser environ le tiers de la hauteur que les tiges atteignent. Le buttage se fait soit à la houe, soii, dans les grandes cultures, avec une charrue spéciale dite buttoir, et qui porte deux versoirs disposés dos à dos.
On a quelquefois conseillé de supprimer les fleurs et même une partie des feuilles, sous prétexte que la plante, ne produisant pas de graines, donnerait des tubercules plus abondants. Des expériences bien faites ont démontré que cette opinion était erronée.
La dessiccation des tiges et des feuilles indique le moment où il convient de procéder à la récolte. L'arrachage des tubercules est fait le plus souvent à la houe fourchue; des femmes suivent les ouvriers et enlèvent les tubercules. On peut aussi procéder à l'arrachage avec un appareil spécial, consistant en une charrue dont le soc est surmonté par une sorte de grille inclinée on griffe qui pénètre dans le sol, et, soulevant les pieds de pommes de terre, amène les tubercules à la surface, où ils sont enlevés par des ouvrières. Il convient de choisir un temps sec pour procéder à l'arrachage, autrement les pommes de terrsont terreuses, humides et se conservent moine bien. Les tubercules doivent être ramassés dès qu'ils sont arrachés et chargés sur des tombes reaux pour être portés à la ferme.
Le rendement des pommes de terre varie beaucoup. Il est moindre, quand on les récolte avant leur maturité complète ; mais dans le Midi, où l'on fait beaucoup de pommes de terre de primeurs, on ne tient pas compte de cette infériorité qui est d'ailleurs largement compensée par le prix élevé auquel on vend la récolte. Dans les conditions ordinaires, on estime le produit moyen d'un hectare de pommes de terre bien cultivé de 250 à 280 hectolitres ; le poids moyen de l'hectolitre étant de 80 kilog., la récolte en poids est, dans ces conditions, de 20,000 à 22,500 kilog.
Les tubercules sont conservés dans des caves ou dans des silos creusés dans les champs. 11 est important qu'ils soient à l'abri de la gelée. Au printemps, il convient de les retourner et de les étendre par des pelleta ges ou de les placer dans un lieu sec et aéré, afin de retarder le développement des germes.
La pomme de terre est sujette à diverses maladies. La plus importante, celle qui, à certains moments, a sévi d'une manière désastreuse, est la pourriture provoquée par un champignon auquel on a donné le nom de Botrytis inf'ednns ou de Pereito\f,ora i?ifestan$. Ce champignon opère, pendant la végétation de la plante, une véritable migration du tubercule de semence à la tige et aux feuilles, et de la aux racines où il atteint les tubercules en formation. Sa présence se manifeste par des taches d'un brun-violet entourées d'une ligne blanchâtre, que l'on remarque sur les
POMPE
POMPE
feuilles. On n'a pas encore trouvé le moyen de détruire ce champignon ; mais on a observé que la maladie se développe surtout à la fin de l'été, dans les années pluvieuses et dans les cultures en sol argileux. On la prévient, autant que possible, en cultivant des variétés précoces, et en ne plantant que des tubercules absolument sains. On conseille aussi de couper les feuilles atteintes, et surtout de les rejeter loin du champ, afin d'empêcher le développement de la maladie, ou mieux de les brûler.
Aux États-Unis d'Amérique, le développement extraordinaire d'un coléoptère, ie Don/pfiora decernlineata, a été la cause de la disparition presque complète de la pomme de terre dans un certain nombre d'États. Cet insecte n'existe pas en Europe; des mesures ont été prises par tous les États pour en prévenir l'importation. A deux reprises il a été importé en Allemagne ; mais on s'en est débarrassé par des mesures très énergiques, consistant principalement dans la destruction de la récolte et dans la désinfection du sol.
[Henry Sagnier.]
POMPE. — Physique, XII. — Les pompes sont les appareils le plus fréquemment employés pour élever les liquides. Dans toute pompe se trouvent un cylindre creux ou corps de pompe dans lequel se meut un piston, et des pièces mobiles appelées soupapes qui établissent ou interceptent, au moment voulu, la communication entre le corps de pompe et les tuyaux qui l'accompagnent.
Le piston est ordinairement un cylindre métallique, d'un diamètre moindre que celui du corps de pompe, et sur lequel on enroule un cuir gras ou des étoupes fortement serrées, de manière que le piston remplisse exactement le corps de pompe tout en conservant la possibilité d'y glisser.
Les soupapes sont de plusieurs formes : c'est une sphère ou une portion de sphère, guidée par une tiae et posée sur l'orifice qu'elle doit fermer ; ou bien c'est un clapet, c'est-a-dire une rondelle métallique mobile autour d'une charnière fixée sur le bord de l'ouverture.
Quelle que soit la disposition particulière adoptée, les pompes peuvent être groupées en trois types principaux:
Les pompes aspirantes, les pompes foulantes, les pompes aspirantes et foulantes.
1. — Pompe aspirante. — Dans cet appareil, le corps de pompe est à une certaine distance du niveau de l'eau et il est prolongé par un canal étroit plongeant dans l'eau et qui est le tuyau d'aspiration. A la soudure de ce tuyau avec le corps de pompe est une soupape s'ouvrant de bas en haut.
Le piston est percé d'un canal qui porte également une soupape s'ouvrant comme la première. Le canal de déversement esta la partie supérieure du corps de pompe.
Le jeu de l'appareil est simple. Au début, l'eau est au même niveau dans le réservoir et dans le tuyau d'aspiration; celui-ci est plein d'air d'une force élastique égale à celle de l'air extérieur. On soulève le piston, le vide se fait en-dessous de lui ; l'air du tuyau d'aspiration soulève la soupape inférieure et se répand dans le corps de pompe. L'eau s'élève au-dessus de son niveau jusqu'à ce que la pression due à la colonne d'eau soulevée, ajoutée à celle de l'air resté dans le tuyau, fasse équilibre à la pression extérieure. Sitôt que le mouvement ascendant du piston cesse, la soupape inférieure retombe et toute communication est fermée entre le corps de pompe et le tuyau d'aspiration. Lorsque l'on redescend le piston.il comprime l'air renfermé dans le corps de pompe; et quand cet air est assez réduit de volume pour acquérir une pression supérieure à celle de l'atmosphère,il soulève la soupape du piston et s'échappe. Ainsi, au commencement, toute pompe aspirante
fonctionne comme une machine pneumatique : elle extrait l'air contenu dans le tuyau d'aspiration. Mais l'eau s'élève à chaque coup de piston dans le tuyau, et si la première soupape est à moin? de 10 mètres au-dessus du niveau de l'eau dans le puits, l'eau pénètre dans le corps de pompe. A partir de ce moment, l'eau peut passer au-dessus du piston et s'écouler ensuite par l'ajutage supérieur.
L'eau monte par l'effet de la pression atmosphérique s'exerçant sur la nappe liquide du réservoir ; or cette pression ne peut tenir en équilibre qu'une colonne d'eau de 10m33. Si donc la première soupape se trouvait, au-dessus du niveau du puits, h plus de 10 mètres, l'eau ne pourrait la franchir, et la pompe ne fonctionnerait pas. C'est le cas qui se présenta aux fontainiers de Florence qui voulaient établir une pompe dont le tuyau d'aspiration avait 20 mètres. Dans la pratique, on ne met guère que 8 à 9 mètres entre le niveau inférieur de l'eau et la position supérieure du piston, à cause des imperfections inhérentes à l'appareil qui font que le piston ne peut jamais faire au-dessous de lui un vide absolu. Alors, dès que l'eau a atteint le corps de pompe, elle suit le piston dans son mouvement et remplit le corps de pompe. L'appareil est amorcé, et chaque fois qu'on soulève le piston, on fait sortir par le canal de déversement un volume d'eau égal au volume que parcourt le piston dans le corps de pompe.
Habituellement on produit le mouvement du piston à l'aide d'un levier. Comme la plus grande résistance a lieu pendant le mouvement ascendant du piston, le levier doit être disposé pour que le poids de celui qui manœuvre la pompe agisse précisément quand le piston monte, que celui-ci soit mu par un levier ordinaire ou par une bielle fixée à un volant mobile par une manivelle.
L'effort à faire pour soulever le piston, quand la pompe est amorcée, est égal au poi'ls d'une colonne d'eau ayant pour buse la section du piston et pour hauteur la <iistance à laquelle l'eau est élevée. On s'en rend compte en cherchant la pression que l'eau exerce sur chaque face du piston, et en retranchant, de celle qui s'exerce en dessus, celle qui agit en dessous. Ainsi, en élevant l'eau à 9 mètres avec un piston de 50 centimètres carrés de surface, l'effort à faire serait de 9C0x50 = 45000 grammes ou 45 kilogrammes,
2. — Pompe foulante. — Dans la pompe foulante, le tuyau d'aspiration est supprimé et le piston est plein. Le corps de pompe plonge directement dans le réservoir. Il porte d'un côté une soupape qui s'ouvre du dehors au dedans, de l'autre an tuyau d'écoulement ou d'élévation à la naissance duquel est une soupape s'ouvrant du corps de pompe vers l'extérieur.
Vient-on à soulever le piston, il fait le vide audessous de lui, l'eau du réservoir ouvre la première soupape et vient remplir ce vide. Sitôt que le mouvement ascendant cesse, la soupape se ferme. Si alors on redescend le piston, il comprime l'eau; celle-ci fait ouvrir la seconde soupape et passe dans le canal élévatoire.
Dans ces sortes d'appareils, la plus grande résistance a lieu quand le piston descend ; outre le frottement, l'effort à déployer est égal au poids d'une colonne d'eau d'une section comme celle du piston et delà hauteur comprise entre le déversoiet le réservoir.
3. Pomp» aspirante et foulante. — En réunissant les effets des deux pompes précédentes, on obtient un appareil appelé pompe aspirante et foulante. Cette pompe emprunte à la pompe aspirante son tuyau d'aspiration avec la soupape qui le termine; elle emprunte à la pompe foulante son piston plein et son canal élévatoire. Quand le piston monte, il aspire l'eau dans le corps de pompe;
POMPE
PONCTUATION
quand il descend, il comprime l'eau et la fait passer dans le canal élévatoire. L'effort du piston est considérable pendant les deux moitiés de son mouvement alternatif, aussi a-t-on ordinairement recours à un volant pour le faire momoir. Avec cette pompe, on tire l'eau d'un puits qui est à y mètres au-dessous de la soupape d'aspiration, et à partir de là on peut l'élever à une hauteur qui n'a de limite que l'effort auquel peuvent résister les parois de l'appareil.
Emploi d'un piston plongeur. — Lorsqu'on veut élever l'eau à une grande hauteur, ou la lancer dans une enceinte à haute pression comme une chaudière de machine à vapeur, on ne peut employer les pistons ordinaires avec leurs lames de cuir ou leurs étoupes grasses; on les remplace par un piston plongeur. C'est un cylindre plein dont le diamètre est un peu plus petit que celui du corps de pompe ; il glisse à frottement dans une boîte à étoupes placée à la partie supérieure du corps de pompe ; durant le reste de la course, il ne touche pas les parois. Quand ce piston est soulevé, il fait dans le corps de pompe un vide que l'eau vient remplir après avoir ouvert les soupapes. Quand on le redescend, il comprime l'eau et en chasse hors du corps de pompe un volume égal au sien.
Usage des pompes. Pompes à incendies. — La pompe aspirante est employée pour tirer l'eau des puits ou réservoirs peu profonds, quand il ne faut pas élever le liquide à plus de 8 à 9 mètres de son premier niveau. On en fait au besoin une pompe élévatoire.
On la remplace par la pompe aspirante et foulante dans le cas où l'on veut conduire l'eau d'un puits profond dans un réservoir élevé d'où on la distribuera ensuite à tous les étages d'une maison.
La pompe foulante sert pour arroser les jardins, pour épuiser une pièce d'eau ou tout réservoir dans lequel la pompe elle-même peut être mise et manœuvrée.Elle sert à prendre l'eau à une rivière pour l'élever jusqu'au réservoir qui la dispensera à toutes les maisons d'une ville. Enfin c'est elle qui forme l'organe principal des pompes à incendies.
La pompe à incendie résulte de l'accouplement de deux pompes foulantes montées de manière à donner un jet régulier et continu. Les tiges des deux pistons sont articulées sur un même balancier, de sorte que l'un des pistons monte quand l'autre descend. L'eau est apportée dans un réservoir attenant à l'appareil; elle est puisée là par chaque pompe qui l'envoie dans un réservoir à air. C'est cette boîte à air qui assure la continuité du jet : l'eau en y arrivant comprime l'air qui se trouve à la partie supérieure, et le gaz réagissant par sa force élastique chasse l'eau dans le tuyau de sortie. Celui-ci est terminé par un ajutage conique nommé bmce qui sert à diriger le jet. Et comme l'orifice de sortie ne peut débiter tout le liquide que le jeu un peu précipité des pistons amène dans la boîte à air, la force de l'eau à la sortie de la lance acquiert très vite une très grande puissance de projection que l'on utilise pour envoyer l'eau assez loin de la pompe.
Cette pompe est d'un très grand secours pour l'extinction des incendies. On en fait des modèles d'un transport et d'une manœuvre très faciles. On ralimente par un puits, par une borne-fontaine ou par une prise d'eau sur la voie publique, et à défaut de ces moyens, en apportant de l'eau, à l'aide de seaux, dans son réservoir. S'il faut envoyer l'eau de la pompe à une certaine distance, aux points où elle est nécessaire, on prolonge le tuyau de sortie à l'aide de boyaux en cuir cousu portant ,i liuis extrémités des douilles à vis pour raccordemenl ; le dernier est muni de l'ajutage ou lance qui débite l'eau. Veut-on une grande force de pro-
jection pour lo liquide, on prend une pompe Si grand réservoir d'air: une manœuvre rapide a m eue dans ce réservoir assez d'eau pour comprimer l'air à plusieurs atmosphères et le liquide est lancé avec cette force que l'air comprimé lui communique. [Haraucourt.]
ro\CTL'ATIO\. — Grammaire, XXV. — Etym.: du latin pjunctum, point. — La ponctuation est l'art de distinguer par des signes conventionnels les phrases entre elles, les diverses parties de chaque phrase, et les différents degrés de subordination qui conviennent à chacune de ces parties.
Utilité et principes de la ponctuation. — Une bonne ponctuation sert à donner de la clarté audiscours ; elle soulage les yeux et l'esprit du lecteur, en lui faisant voir et sentir l'ordre, la liaison et la distinction des éléments qui entrent dans la composition d'une phrase. « 11 y aurait, dit l'Encyclopédie, autant d'inconvénient à supprimer ou à mal placer dans l'écriture les signes de ponctuation qu'à supprimer ou à mal placer dans la parole les repos de la voix. Les uns comme les autres servent à déterminer le sens; et il y a telle suite de mots qui n'aurait, sans le secours des pauses ou des caractères qui les indiquent, qu'une signification incertaine et équivoque, et qui pourrait même présenter des sens contradictoires, selon la manière dont on y grouperait les mots. »
Ces saines notions sur le rôle et l'utilité de la ponctuation remontent à une assez haute antiquité, et cependant encore de nos jours elles sont peu comprises et souvent mal appliquées. La faute en est aux grammairiens, qui par négligence, et peut-être bien par pure ignorance, se contentent de lui consacrer un chapitre tout à fait insuffisant, où il n'est pas rare de rencontrer des principes erronés. Ces principes sont exposés avec autant de clarté que de simplicité dans une lettre que M. Guizot écrivait, le 28 juin 1839, à sa fille, alors âgée de dix ans.
« Ma chère Henriette, je te ferai encore la guerre sur ta ponctuation ; il n'y en a point ou presque point dans tes lettres. Les phrases se divisent sans aucune distinction ni séparation, comme les mots d'une même phrase. Quand cela n'aurait d'autre inconvénient que de causer à chaque instant, à la lecture de tes lettres, une sorte d'embarras et de surprise, il y aurait là une raison bien suffisante pour te corriger et pour ponctuer comme tout le monde... Toute ponctuation, virgule ou autre, marque un repos de l'esprit, un temps d'arrêt plus ou moins long, une idée qui est finie ou suspendue, et qu'on sépare par un signe de celle qui suit. Tu supprimes ces repos, ces intervalles; tu écris comme l'eau coule, comme la flèche vole. Cela ne vaut rien, car les idées qu'on exprime, les choses dont on parle dans une lettre, ne sont pas toutes absolument semblables et toutes intimement liées les unes aux autres comme les gouttes d'eau. Il y a entre les idées des différences, des distances, inégales mais réelles, et ce sont précisément ces distances, ces différences entre les idées que la ponctuation et les divers signes de la ponctuation ont pour objet de marquer. Tu fais donc, en les supprimant, une chose absurde; tu supprimes la différence, la distance naturelle qu'il y a entre les idées et les choses. C'est pourquoi l'esprit est étonné et choqué en lisant tes lettres ; le défaut de ponctuation répand, sur tout ce que tu dis, une certaine uniformité menteuse, et enlève aux choses dont tu parles leur vraie physionomie, leur vraie place, en les présentant toutes d'un trait et comme parfaitement pareilles et contiguës. »
Il ne suffit pas de dire à un enfant de mettre des points et des virgules dans ses lettres ou dans ses devoirs. Si l'on n'y joint ni les règles ni les exemples, la recommandation est souvent inutile.
PONCTUATION
PONCTUATION
L'enfant essaiera sans doute de ponctuer ; mais, faute d'un guide sûr, il placera les signes au hasard, avec plus de bonne volonté que d'intelligence. C'est ce qui ne manqua pas d'arriver à la fille de M. Guizot. En effet, quelques jours après, le père lui adressait ces observations :
« Ma chère enfant, tu me trouveras bien contrariant; mais, je t'en prie, ne me jette pas à la tête tant de virgules. Tu m'en accables, comme les Homains accablèrent cette pauvre Tatia de leurs boucliers. — Bonne maman n'a pas voulu, que nous adossions à la pépinière parce que, il faisait trop chaud. Nous avons toutes deux, très bien pris nos leçons de piano; j'ai pris bien, celle d'écriture. — Quelle raison pourrais-tu me donner de celles que j'ai soulignées? Il n'y a évidemment là aucune suspension, aucun intervalle entre les choses et les idées; elles se tiennent au contraire très étroitement, et il faut passer sans s'arrêter de l'une à l'autre. Pense à ce que tu fais ; penses-y pour mettre une virgule ou ne pas la mettre, comme pour prendre un chemin au lieu d'un autre quand tu veux aller quelque part. »
Une conséquence de la définition que nous avons donnée plus haut, c'est que les signes de la ponctuation ne doivent servir qu'à indiquer les coupures logiques du discours, c'est-à-dire les divisions qui résultent de la décomposition d'une idée ou d'un fait en parties plus ou moins indépendantes. Or, une phrase n'étant autre chose que la forme matérialisée ou le vêtement d'une idée ou d'un fait, il est évident que dans l'écriture on ne doit pas réunir des mots qui sont séparés dans la pensée, ni séparer des membres de phrase intimement liés dans l'esprit. C'est donc avec raison que M. Legouvé, l'habile propagateur de la lecture à haute voix, pose comme première règle de l'art de lire l'observation des pauses indiquées par la ponctuation.
Cependant il y a une différence fondamentale entre ce que nous appellerons la pause oratoire et les pauses indiquées par la ponctuation. La première est laissée jusqu'à un certain point à la volonté de l'orateur, tandis que la seconde est assujettie aux lois de la logique ; l'une est personnelle et variable, l'autre est générale et soumise à des règles fixes.
C'est pour avoir méconnu cette distinction que certains auteurs donnent comme première règle de ponctuation le besoin de respirer. Un peu de pratique et de réflexion leur auraient fait reconnaître que la respiration est un acte purement physiologique, qui varie d'un individu à l'autre, qui dépend de l'état de santé du lecteur ou- de l'orateur, qui s'affaiblit par la fatigue et se fortifie par l'exercice. Comment dès lors prendre pour règle et pour guide des mouvements de la pensée humaine un besoin physique sujet à tant de variations?
Cette distinction n'a pas échappé aux anciens. Cicéron, si versé dans les moindres détails de l'art oratoire, dit dans le De Oratore : « Les repos de la respiration ne doivent pas être commandés par la fatigue de l'orateur ou par les signes des copistes, mais bien par la disposition des mots et des phrases. » De ce passage de l'orateur romain on peut conclure que, si la fatigue ne doit pas être la règle de la respiration oratoire, elle ne doit pas davantage être celle de la ponctuation. Les mots « par les signes des copistes » prouvent que les artistes qu'on appelait à cette époque libraires, c'est-à-dire confectionneurs de livres, employaient certaines marques qui n'étaient autre chose que des signes de ponctuation. Mais pourquoi Cicéron permet-il à l'orateur de ne *°iir aucun compte des pauses indiquées par les copistes? C'est qu'apparemment alors comme aujourd'hui on faisait parfois de ces signes un emploi peu judicieux;
c'est que, comme la plupart des écrivains de nos jours, ils n'avaient d'autre guide que la routine du métier, d'autre règle que le caprice du manient.
L'orateur peut donc reprendre haleine avant que sa provision d'air soit épuisée, avant que les niuscles de sa poitrine aient perdu leur ressort: il peut arrêter, ralentir ou précipiter son débit, suivant l'action qu'il veut exercer sur son auditoire. C'est là une question de tempérament, d'habileté et de passion. Il est vrai que la plupart du temps les arrêts ou pauses oratoires coïncident avec les coupures logiques du discours; mais il ne manque pas de cas où cette coïncidence n'a pas lieu : de sorte que l'on a eu raison d'établir une différence entre la ponctuation parlée et la ponctuation écrite. En d'autres termes, le lecteur ou l'orateur peuvent faire une pause partout où il y a une ponctuation écrite ou imprimée, mais il est interdit à l'écrivain de figurer par un signe tous les repos du débit oratoire.
On trouve cependant dans les Plaideurs de Racine un exemple de figuration de la ponctuation parlée. Mais il est évident que le poète n'a eu d'autre intention que de guider le débit de l'acteur. Voici le passage tel qu'il est ponctué dans l'édition de lt>69:
l'istimé. <Tun ton pesant.
Puis, donc, qu'on nous, permet, de prendre Haleine, et que l'on nous, défend, de nous, étendre, Je vais, sans rien obracttre, et sacs prévariqucr, Compendieusement énoncer, expliquer, Exposer, à vos yeux, l'idée universelle De ma cause, et des faits, renfermés en icelle.
On reconnaîtra sans peine que cette profusion de virgules n'a rien à voir avec la ponctuation grammaticale.
C'est donc à tort qu'un très grand nombre d'auteurs ponctuent comme ils parlent : ils séparent par une virgule les membres de phrase les plus étroitement liés entre eux, le sujet de son verbe, l'antécédent de son conséquent, les compléments, les modifications, les adverbes les plus inséparables. De là des phrases coupées, hachées, divisées en tronçons dépourvus de tout lien logique.
Le principal rôle de la ponctuation est de rendre la phrase bien claire. Or ce qui distingue la langue française entre toutes les langues, soit anciennes, soit modernes, c'est son admirable clarté. Quand une phrase n'est rendue claire qu'à grand renfort de ponctuations, on peut affirmer qu'elle n'est pas française.
La ponctuation est en général fort négligée dans les écoles primaires : témoin les devoirs et les exercices recueillis par M. Buisson à l'Exposition universelle de 1878. La même insuffisance se rencontre dans l'enseignement des lycées et des collèges. C'est dans les bonnes imprimeries que se sont conservées les saines traditions de l'art de ponctuer. Ayant constamment affaire à des manuscrits qui présentent les ponctuations les plus arbitraires et les plus contradictoires, les correcteurs d'imprimerie ont dû adopter une règle commune, fondée sur l'analyse logique, c'està-dire sur la structure même de la phrase. Dans l'application de cette règle il y a sans doute parfois certaines divergences : cela est inévitable dans une matière souvent assez délicate ; mais ces divergences ne portent que sur des points secondaires, où l'emploi de telle ponctuation plutôt que de telle autre n'affecte en rien ni le sens ni la clarté du discours. Il suffit que l'on soit d'accord sur les principes généraux. Ce sont ces principes que nous nous proposons d'exposer dans cette étude, en les justifiant par de nombreux exemples, tirés pour la plupart de nos auteurs classiques.
PONCTUATION
PONCTUATION
Avant d'aborder l'étude pratique de la ponctuation, nous croyons devoir en faire succinctement l'histoire : question d'érudition pleine dintérêt, qui a été l'objet des recherches de nos savants paléographes.
Historique. — La ponctuation remonte à une haute antiquité. Dès les premiers temps, on voit les points servir à distinguer les mots. Dans les fameuses tables Eugubines, en lettres étrusques, chaque mot est suivi de deux points, et dans celles qui sont en caractères latins, un seul point suit chaque mot. Un des exemples les plus anciens de l'emploi des signes de ponctuation est une inscription qui fut trouvée à Athènes et qui date de l'année môme de la mort de Cimon, 450 ans avant l'ère chrétienne : les mots de cette inscription sont séparés par trois points disposés verticalement. Il est cependant vrai de dire que les siècles anciens fournissent un grand nombre de manuscrits gravés ou écrits dans lesquels les signes de ponctuation n'ont jamais existé ou n'ont été ajoutés qu'après coup.
Ponctuation dans tes inscriptions. — L'emploi du point dans les inscriptions n'avait pas pour but en général de distinguer les parties d'une phrase et les phrases entre elles, mais d'établir la séparation des mots, abstraction faite des divisions que le sens aurait pu exiger. Aussi le point, qui est le signe le plus simple et en môme temps celui dont on a fait le plus fréquent usage, a-t-il été remplacé par des figures d'une forme complètement arbitraire. Mais d'abord il est bon de faire boserver que le point lui-même a été employé de bien des manières différentes. On le voit placé soit au bas, soit au milieu, soit au haut de la lettre; au lieu d'un point, on en trouve deux, trois, quatre et jusqu'à neuf; cependant, sous ces différentes formes, le point a toujours la môme valeur. On trouve aussi des points disposés horizontalement, obliquement, en triangle, en losange, en carré, etc. On s'est servi de lignes droites et de lignes courbes, et on les a combinées pour former des croix, des triangles, des carrés, des losanges, des trapèzes, des demi-cercles, des cercles, des rosaces, des cœurs, etc. Ces courtes indications suffisent pour donner une idée de la variété des signes qui tenaient lieu du point dans un grand nombre d'inscriptions.
De la ponctuation dans tes manuscrits . — Les anciens ne mettaient dans leur écriture aucune séparation entre les mots : ce qui en rendait la lecture très pénible. Il en serait de môme de nos jours, si les écrivains et les imprimeurs n'avaient soin de faire cette séparation. On en jugera par l'exemple suivant :
LHOMMENESTQUUNROSEAILEPLUSFAIBLEDELANÀTUREMAIS CESTUNROSEAUPENSANTILNEFAUTPASQUELUNIVERSENTIE- RSARMEPOURLÉCRASERUNEVAPEURUNEGOUTTEDEAUSUFFI- TPOURLETUER (PASCAL).
Cet usage s'est maintenu jusqu'au xie siècle de notre ère.
Cependant la ponctuation était connue depuis longtemps. On trouve des points dans plusieurs manuscrits de la plus haute antiquité, quoique les mots n'y soient point séparés : tel est le Virgile de Médicis et quelques autres. Il y en a de très anciens où l'on n'aperçoit ni points, ni séparation de mots, pas môme aux endroits qui offrent un sens naturellement suspendu. Ce n'est pas que les points ne soient beaucoup plus anciens que les manuscrits ; mais les copistes se déchargeaient de la ponctuation sur les correcteurs, et ceux-ci la négligeaient ordinairement.
La manière la plus connue de suppléer à la ponctuation dans les premiers temps fut d'écrire par versets, et An distinguer ainsi lus membres et 60us-membre8 du discours. A l'exemple de Cicé-
ron et de Démosthènes, saint Jérôme introduisit cette distinction par versets dans l'Ecriture Sainte. Souvent on mit au commencement d'une nouvelle phrase ou d'un verset une lettre un peu plus grande et qui débordait sur les autres lignes. Les vides en blanc suppléaient encore aux interponctions ; et c'est la plus ancienne manière de ponctuer. Ces espaces vides, servant de points et de virgules, donnèrent naissance à la distinction de chaque mot dans l'écriture des manuscrits et des diplômes. Dans le vne siècle, les séparations de mots commencent à se montrer plus fréquemment, et dans le vme elles deviennent plus nombreuses.
La ponctuation succéda à la distinction du discours par versets et aux intervalles laissés en blanc pour marquer les divers membres et la fin de la phrase. Selon Montfaucon, la ponctuation des manuscrits ne remonte pas au delà d'Aristophane de Byzance, qui vivait environ deux cents ans avant l'ère chrétienne. Ce grammairien inventa les signes des différentes distinctions du discours, et ces signes ne consistaient que dans un seul point, mis tantôt en haut, tantôt en bas, et tantôt au milieu de la dernière lettre. Le point placé en haut de la lettre indiquait le sens fini ou la distinction parfaite. Le point mis au bas désignait la petite pause ou sous-distinction. Le point marqué au milieu était le signe d'une pause plus grande, mais qui laissait encore l'esprit en suspens. On remarque ces différentes positions du point dans le Virgile de Médicis, corrigé par Apronien en l'an 494.
Quoique la virgule ne soit pas aussi ancienne que le point, on ia rencontre dans des manuscrits qui remontent au commencement du vie siècle. Sa forme et surtout sa position ne sont pas toujours les mômes. Elle ressemble quelquefois à une petite 5, à un accent circonflexe, à un v diversement incliné. Quand elle ne s'éloigne pas de la forme actuelle, le trait courbe qui sert à la représenter prenait toutes les positions intermédiaires. Dans plusieurs manuscrits antérieurs au vme siècle, le point et la virgule se combinent ensemble pour former notre point-virgule (;). A compter du vme siècle, la ponctuation devint plus ordinaire, mais sans règle certaine, le même signe servant à la fois pour séparer les mots et pour indiquer les divisions du sens, ou plusieurs signes de forme différente remplissant les mêmes fonctions. Après le xe siècle, rien de plus ordinaire que de rencontrer le point surmonté d'une ligne ondulée, ou d'une courbe semblable à celle qui indique les syllabes brèves dans les livres de prosodie.
Au xvie siècle, les règles de la ponctuation n'étaient pas encore universellement observées. Ce résultat peut s'expliquer par la négligence ou l'ignorance des copistes. Denys Sauvage, historiographe du roi Henri II, avoue qu'il lui a falu souventes fois deviner dans la lecture des maauscrits de Froissart, principalement en faute de les avoir trouvé* ponctués. Les règles posées par les anciens grammairiens étaient donc inconnues de la plupart des copistes, et les premiers imprimeurs ne suivirent pas non plus un système uniforme. Toutefois les bonnes traditions se retrouvent dans un petit nombre d'éditions du xve siècle; quelques copistes soigneux y étaient d'ailleurs restés fidèles. La typographie n'eut, à vrai dire, qu'un choix à faire dans les anciens manuscrits pour y rassembler les différents signes qu'elle emploie aujourd'hui. Etienne Dolet, imprimeur à Lyon, publia en 1540 un petit traité de ponctuation dans lequel il assigne le rôle de chaque signe. 11 semble ne pas connaître le point-virgule, qui est remplacé par le deux-points. Son système est assez arbitraire; mais c'est celui de son temps, si l'on en juge par ces paroles : a Lisant les bons autheurs, et bien imprimés tu pourras congnoistre ma tradition estre vraie. »
PONCTUATION
PONCTUATION
A partir du xvinc siècle, la ponctuation devient à peu près uniforme dans les langues néo-latines et dans les langues germaniques. Avec le xixe siècle une amélioration importante s'introduit dans les livres : la différence entre la fonction du pointvirgule et celle du deux-points se précise. Au lieu de les confondre et de les employer l'un pour lautre, on assigne à chacun d'eux son véritable rôle, en se fondant uniquement sur la structure de la phrase et sur les besoins de la clarté.
Analyse logique. — La ponctuation ayant pour base les rapports logiques des différents membres d'une phrase, nous croyons devoir rappeler succinctement les principaux termes employés dans l'enseignement de l'analyse logique.
Toute proposition est l'énoncé d'un jugement. Elle se compose de trois termes essentiels, savoir : le sujet, le verbe et l'attribut.
Le sujet est simple quand il n'exprime qu'une idée.
L'attribut est simple lorsqu'il n'exprime qu'une seule qualité du sujet.
La réunion de ces deux conditions constitue une proposition simple :
L'homme est mortel.
Les compléments d'une proposition sont des idées secondaires qui s'ajoutent aux idées principales pour les compléter ou les modifier.
Un complément est déterminatif, quand il précise la signification du substantif auquel il est joint :
Le livre de Pierre.
Le complément ou régime direct est celui qui reçoit l'action exprimée par le verbe :
Le complément indirect est celui qui s'unit par le moyen d'une préposition au mot dont il dépend :
Le juste obéit aux lois.
Une phrase se compose ordinairement de plusieurs propositions.
On appelle proposition principale celle à laquelle se rattachent une ou plusieurs propositions secondaires ou subordonnées :
Je crois que Dieu est juste.
Craignez Dieu qui punit les méchants.
La proposition participe est celle dont le verbe est un participe :
Les parts étaut faites, le lion parla ainsi.
Parmi les propositions subordonnées, les plus importantes à reconnaître au point de vue de la ponctuation sont les propositions incidentes. Ce sont celles qui sont ajoutées à la proposition principale pour en déterminer ou en expliquer le sens, ou pour y ajouter quelque circonstance. Il y a donc deux sortes de propositions incidentes : les déterminatives et les explicatives.
Les incidentes déterminatives restreignent ou précisent la signification de la proposition principale :
Lus livres que vous m'avez prêtés ne me plaisent pas.
Les incidentes explicatives ajoutent une explication, un développement à la proposition principale :
L'homme, qui est un être raisonnable, devrait s'attacher -à régler ses passions.
Le caractère fondamental de l'incidente déterminative est de se rattacher à la proposition principale d'une manière tellement intime, qu'on ne saurait l'en séparer sans dénaturer le sens de la phrase. Elle doit donc rester en contact avec les
mots qu'elle détermine. C'est pour rendre ce contact visible que nous avons écrit sans aucune interposition de ponctuation :
Les livres que vous m'avez prêtés ne me plaisent pas.
Au contraire, l'incidente explicative devra tonjours être isolée pour le regard, comme elle l'esc pour l'esprit :
L'homme, qui est un être raisonnable, devrait s'attacher à régler ses passions.
Enfin nous appellerons incise une petite phrase qui, formant un sens partiel, entre dans le sens total de la proposition :
C'est parce que l'or est rare que l'on a inventé la dorure, qui, sans en avoir la solidité, en a tout le brillant.
Signes de ponctuation. — Il y a quatre signes principaux, qui à la rigueur pourraient suffire à tous les cas possibles. Ce sont : la virgule (,), le point-virgule ( ; ), le deux-points ( : ) et le point (.).
Les grammairiens y en ont ajouté trois autres : le point d'interrogation (?), le point d'exclamation ( ! ), les points suspensifs (...).
Enfin les imprimeurs en ont introduit quelques autres, qui sont plutôt des signes typographiques. Ce sont : les parenthèses ( ), les guillemets « », et le tiret — , que les typographes appellent moins, à cause de sa signification en arithmétique.