JEUX
JOOG —
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d'un de ces termes, le premier enfant auquel il la demandera s'empressera de la lui donner en action, trop heureux de rendre service en faisant une bonne partie.
Jeux d'action sans instruments :
La Mère Garuche à clochepieds.
Les Quatre coins.
Deux c'est assez, mais trois c'est trop.
Le Colin-Maillard.
Le Colin-Maillard à la baguette.
L'Hirondelle.
L'Ours.
Les Animaux.
Le Roi détrôné.
L'Imitation.
Cache-cache.
Les Barres.
Le Saut de mouton.
Le Saut de mouton arec mouchoirs.
Le Saut de mouton avec couronnes.
Le Cheval fondu.
Les Métiers.
Le Chat perché.
Le Chat coupé.
La Passe.
La Mère Garuche.
Jeux d'action avec instruments :
Jeux de balle : La Balle au mur, la Balle au camp, la Balle aux pots, la Balle au bâton, la Balle à la crosse, la Balle à la riposte, la Balle en posture, la Balle au chasseur, la Balle cavalière.
Jeux de paume : La Longue paume, la Courte paume, le Ballon.
Jeux de billes : La Poursuite, le Triangle ou le Cercle, la Tapette, la Bloquette, la Pyramide, le Tirer, le Pot, les Villes, le Jeu du serpent, le Calot et la Trime.
La Toupie à ficelle.
Le Sabot.
La Marelle.
La Marelle ronde.
La Marelle des jours.
Le Palet.
Le Bouchon.
Le Tonneau.
Les Boules.
Le Galet.
Les Quilles.
Le Jeu de Siam.
Le Mail.
La petite Corde.
La longue Corde.
Le Cerceau.
La Balançoire ou Escarpolette.
La Bascule.
Le Volant.
Les Grâces.
Le Diable.
Le Bilboquet.
L'Emigrant.
Le Toton.
Le Bâtonnet.
Le Cerf-volant.
Le Billard.
Le Billard anglais.
Jeux paisibles avec instruments
Les Osselets.
Les Jonchets.
Le Loto.
Les Dominos.
Les Dames.
Les Echecs.
Le Tric-trac.
Les Jeux de cartes.
Les Tours de cartes.
Les Tours d'adresse et d'escamotage.
Jeux gymnastiques avec ou sans instruments :
Escrime.
Jeu de l'arc et de l'arbalète.
La Fronde.
Le Patinage.
Les Glissades.
Les Pelotes de neige.
Les Constructions en neige.
Danses et rondes.
Saut en largeur.
Saut en profondeur.
Saut en hauteur.
La Marche par évolutions.
La Course.
La Lutte.
Saut à la perche.
Natation à sec.
Natation.
Récréations intellectuelles
Découpage. Jeux de patience.
Coloriage.
Dessin.
Modelage.
Jeux d'esprit:
Jeu des homonymes ou Corn- Jeu de proverbes.
ment l'aimcz-vous? Enigmes.
Charades. Problèmes amusants.
Charades en action.
Jeux de société, dits Jeux innocents:
La Sellette, Pigeon-voie, le Furet, les Couleurs, les Propos interrompus , le Corbiilon, etc., avec l'in-
nombrable série des gages qui sont eux mêmes autant de petits jeux.
Nous aimerions à voir dans toutes les bibliothèques scolaires un excellent, manuel des jeux, dont nous avons imite, en partie, la classi-
fication : c'est le livre intitulé Jeux des adolescent»^ par M. G. Bélèze. [I)r SafTray.]
JOSEPH. — Histoire générale, XXVII. — .Nom de deux empereurs d'Allemagne.
Joseph I", fils aîné et successeur de Léopold Ier, monta sur le trône en 1705. L'Allemagne était alors engagée dans la guerre de la Succession d'Espagne; le prince Eugène de Savoie, général de l'empereur, gagna sur les Français les batailles de Turin (1706) et de Malplaquet (1709). Joseph I" ne vit pas la fin de la guerre : il mourut en 1711, et eut pour successeur son frère Charles VI.
Joseph II, fils de François Ier de Lorraine et de la célèbre Marie-Thérèse, reçut le titre d'empereur a la mort de son père, en 1765; mais Marie-Thérèse resta investie de l'autorité réelle, et continua à gouverner elle-même, tant qu'elle vécut, les Etats autrichiens. Prince éclairé, Joseph employa les années de sa jeunesse à voyager ; il visitales principales villes de l'Europe, entre autres Rome et Paris, et se fit remarquer parla s;mplicité de ses manières et l'indépendance de ses idées. En 1780, Marie-Thérèse étantmorte, il prit le pouvoir, et voulut réaliser aussitôt les réformes qu'il méditait depuis longtemps. Son plan était d'enlever au clergé et à la noblesse leurs privilèges, et de donnera ses Etats une administrationuniforme, en substituant partout sa propre autorité à celle du vieux droit féodal. Il désirait sincèrement faire le bonheur de ses sujets et supprimer les abus: mais, agissant en monarque absolu, sans tenir compte des traditions nationales, il devait se heurter à la fois aux résistances des privilégiés et à celles des peuples auxquels il imposait despotiquement ses réformes.
Dès son avènement, il abolit les dîmes, les corvées et les droits seigneuriaux, diminua le pouvoir du clergé, supprima de nombreux couvents qu'il transforma en hôpitaux, et rendit un éditde tolérance (1781) autorisant l'exercice des cultes grec et protestant. Le pape Pie VI, alarmé des changements introduits par l'empereur dans la discipline ecclésiastique et dans la législation sur le mariage, se rendit à Vienne pour l'engager à ne pas persister dans son entreprise de réformes ; mais Joseph II tint bon. Il développa l'instruction publique, créa des manufactures, encouragea le commerce intérieur par la suppression des douanes provinciales, ouvrit des routes, creusa des canaux, et s'efforça par une réglementation minutieuse, et parfois oppressive, d'assurer le bien-être matériel et moral de ses sujets.
Pendant plusieurs années, il n'y eut pas de résistance ouverte à la volonté du souverain. Mais, après les désastres de la guerre des Turcs, les mécontentements sourds se changèrent, là en op- " position passionnée, ici en révolte. La Hongrie demandait le retour aux usages nationaux, que Joseph avait abolis ; elle voulait conserver la langue magyare, qu'il avait cherché à remplacer par l'allemand. Dans le Brabant, les rancunes du clergé s'unirent aux aspirations des patriotes qui désiraient secouer la domination autrichienne ; une insurrection victorieuse éclata en 17K9. A la nouvelle de la révolte des Pays-Bas, Joseph II, malade, assombri, craignant de voir la Hongrie se soulever à son tour, accorda aux Magyars leurs demandes. Il mourut peu après (1790), désespérant de son œuvre, que ses successeurs en effet ne devaient pas tarder à détruire.
En 1788, Joseph II avait déclaré la guerre à la Turquie, alors aux prises avec la Russie ; mais il n'avait essuyé que des défaites, et la Hongrie fut môme envahie parles Turcs. Le maréchal Laudon, toutefois, arrêta l'ennemi, et prit Belgrade. La guerre durait encore lorsque Joseph mourut, et ne se termina que par le traité de 1791.
.loin. — Cosmographie, H, III, IV. — Le so-
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leil, la lune et tous les astres semblent tourner autour de nous, en allant de la partie du ciel nommée levant ou orient, oh. ils apparaissent, vers la partie opposée nommée couchant ou occident, où ils se cachent, pour reparaître ensuite là où ils s'étaient montrés la veille, et continuer ainsi indéfiniment la même marche. Ce mouvement général est nommé mouvement diurne. Dans le langage ordinaire on désigne par le nom de jour ou de journée le temps pendant lequel le soleil nous éclaire, depuis son lever jusqu'à son coucher; la nuit est le temps pendant lequel nous ne le voyons plus, depuis son coucher jusqu'à son lever. Ce mouvement diurne n'a aucune réalité; c'est une illusion dont nous sommps le jouet, quoique nous sachions très bien qu'elle est tout à fait semblable à celle qui se produit pour le voyageur entraîné à grande vitesse sur un chemin de fer, lorsqu'il croit voir les arbres et les maisons qui bordent la route fuir rapidement en sens inverse. Le véhicule dans lequel nous sommes assis, c'est la terre ; elle nous emporte avec elle, 6ans que nous nous en apercevions, dans la rotation qu'elle accomplit sur elle-même en un jour et une nuit. Or l'étendue de la journée est variable avec les époques et les lieux; chez nous, par exemple, elle est plus grande en été et moins grande en hiver. Au contraire, le temps qui sépare deux levers consécutifs du soleil semble toujours avoir à peu près la même étendue ; aussi fut-il tout naturellement adopté dès la plus haute antiquité pour la mesure du temps : nous le désignons par le nom de jour. Ce jour, qui comprend la journée et la nuit, est celui dont il s'agit quand on dit par exemple que la semaine a 7 jours, que les mois en ont 30 ou 31, etc. Mais cette notion un peu vague ne saurait suffire; pour l'exposer ici avec toute la clarté et la simplicité nécessaires, nous raisonnerons comme si le mouvement diurne était réel, suivant ainsi la voie dans laquelle les astronomes ont marché eux-mêmes pour arriver à la détermination exacte de cette unité de temps.
Horizon. — La surface de l'eau tranquille, prise sur une faible étendue, peut être regardée comme plane, quoiqu'elle ait en réalité la courbure de la mer; elle se nomme surface horizontale : la ligne verticale indiquée par le fil à plomb lui est perpendiculaire. Imaginons qu'une surface plane parallèle à celle de l'eau, c'est-à-dire perpendiculaire au fil à plomb, s'étende indéfiniment autour d'un observateur, en passant par son œil, dans une vaste plaine complètement découverte ; son contour semblera une immense circonférence. Le cercle ainsi déterminé sépare la. partie du ciel visible pour nous de celle qui reste au-dessous cachée à nos yeux : c'est V horizon astronomique. Le lever d'un astre est le moment ou le point de l'horizon où il apparaît au-dessus de ce cercle du côté de l'orient; son coucher est le moment ou le point dans lequel il disparaît au-dessous.
Méridien. Jour solaire. — Quoique le lever d'un astre soit assez bien déterminé par cette définition, les astronomes ont néanmoins trouvé plus commode de prendre un autre point pour reconnaître la durée du jour. Imaginons qu'une table soit posée bien horizontalement en plein air et qu'une„tige fine, droite, comme une aiguille a tricoter, par exemple, y soit fixée perpendiculairement. La surface de cette table figurera l'horizon pour un observateur qui aurait l'œil au niveau de cette surface.
Qu'on suive l'ombre projetée par l'aiguille dans une journée où le soleil n'est pas voilé par les nuages. Très longue le matin, elle diminue peu à peu en pivotant autour du pied de l'aiguille jusqu'à une certaine position, à partir de laquelle tlle grandit au contraire jusqu'au soir, en continuant à tourner en sens inverse de la direction
du soleil. Le moment où l'ombre est réduite à sa longueur minimum est évidemment celui où le soleil se trouve à sa plus grande hauteur dans le ciel; il divise en deux parties égales le temps que cet astre met pour aller de son lever à son coucher; c'est le milieu du jour ou midi. La droite marquée à ce moment sur la surface horizontale par la direction de l'ombre est appelée méridienne; les deux points de l'horizon où aboutit son prolongement sont, l'un le nord et l'autre le sud.
Supposons maintenant qu'une plaque mince, bien plane, établie verticalement le long de la méridienne, se prolonge indéfiniment dans le ciel, comme un cercle immense ; ce cercle divise en deux parties l'arc décrit par le soleil de son lever à son coucher, et le moment où cet astre le traverse est midi. Ce cercle porte le nom de méridien. Dans l'accomplissement de leur mouvement diurne, c'est-à-dire dans l'espace de la journée et de la nuit, les astres traversent deux fois le méridien : au point le plus élevé en allant d'orient en occident, et en un point plus bas opposé en allant d'occident en orient : on distingue donc le jtass'ige supérieur et le passage inférieur. C'est du premier qu'il s'agit toujours quand on dit simplement le passage de l'astre.
On appelle jour solaire le temps qui s'écoule entre deux passages consécutifs du soleil au méridien. Le moment du passage est le moment même où l'ombre de l'aiguille verticale se retrouve dans la direction de la méridienne.
Jour sidéral. — À l'aide de lunettes dont l'axe est exactement dans la direction du méridien, 'es astronomes peuvent saisir le moment précis où un astre quelconque traverse le méridien. Or, en mesurant, à l'aide d'une pendule construite avec toute la précision possible, le temps qui sépare deux passages consécutifs d'une étoile (mais non d'une planète), ils ont reconnu que ce temps est invariable et qu'il est le même pour toutes les étoiles indistinctement. En raison de cette durée constante, ils l'ont adopté pour unité dans la mesure du temps sous le nom de jour sidéral. Ce jour se divise en 24 parties égales nommées heures sidérales; l'heure en 60 parties égales nommées minutes sidérales, et la minute en 60 par ties égales nommées secondes sidérales. Elles sont indiquées dans les observatoires par une pendule réglée sur la marche des étoiles et nommée pour cette raison pendule sidérale.
Inégalité îles jours solaires. Jour solaire moyen. — Supposons que le soleil et une étoile passent ensemble au méridien un certain jour. Le lendemain, on observe que l'étoile y revient la première et que le soleil est en retard sur elle d'environ 4 minutes sidérales. Le surlendemain le retard est à peu près double; le jour suivant, il est triple, etc. ; de telle sorte que ce retard augmentant de jour en jour, le soleil finit par se retrouver en même temps que l'étoile au méridien. Le temps qui s'est écoulé entre le premier passage simultané des deux astres au méridien et le suivant est précisément ce qu'on appelle année sidérale (V. Année). Cet excès du jour solaire sur le jour sidéral provient de ce que le soleil, tout en effectuant son mouvement diurne d'orient en occident, comme tous les astree, possède un autre mouvement propre, en vertu duquel il semble marcher en même temps d'occident en orient, en avançant chaque jour dans cette direction d'un arc d'environ un degré.
La vitesse du soleil dans ce mouvement propre n'est pas constante ; à certaines époques de l'année elle est plus grande, à d'autres époques, plus petite. De là vient que l'excès du jour solaire sur le jour sidéral n'est pas constamment le même et qu'il se trouve tantôt un peu inférieur, tantôt un peu
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supérieur à 4 minutes. Les Jours solaires n'ont donc pas tous la môme durée.
Voyons quelle conséquence en résulte pour la mesure du temps au moyen de nos horloges. Ou'une bonne montre soit réglée sur le soleil à une certaine époque, en d'autres termes qu elle marque midi ce jour-là et le lendemain, au moment du passage du soleil au méridien, c'est-à-dire au midi vrai, qui se trouve indiqué parla position de l'ombre de l'aiguille verticale sur la méridienne ou celle de l'ombre projetée par le style d'un cadran solaire (V. Cadran scolaire), l'accord ne subsistera pas longtemps. De jour en jour, le midi de la montre avancera pendant une certaine période et retardera pendant une autre sur le retour du soleil au méridien, de sorte qu'on serait dans la nécessité de déranger fréquemment les aiguilles pour rétablir l'accord et pouvoir dire de sa montre qu'elle marche comme le soleil. C'est ce qu on fit pendant longtemps.
Pour éviter cet inconvénient, les astronomes ont pris pour unité un jour dont la durée serait la moyenne des durées différentes de tous les jours solaires vrais de l'année : c'est ce qu'ils nomment le jour solaire moyen. 11 correspond à un soleil imaginaire qui décrirait l'équateur céleste, d un mouvement uniforme et dans un temps égal à la durée de la révolution du soleil vrai. Le passage de ce soleil fictif au méridien est ce qu'on nomme le midi moyen. C'est sur ce jour solaire moyen, d'une durée constante, que sont réglées aujourd'hui toutes les horloges.
De même qu'ils peuvent calculer d avance 1 heure précise du lever et du coucher du soleil, les astronomes déterminent aussi à l'aide du calcul 1 avance ou le retard du midi moyen sur le midi vrai pour tous les jours de l'année. Ces indications sont inscrites dans l'Annuaire du bureau des longitudes. On y trouve pour chaque jour le temvs moyen qu'il faut faire marquer à 1 horloge au moment àamidi vrai. On lit, par exemple, que pour l'année 1880, l'horloge devait marquer midi 13 minutes 47 secondes au midi du cadran solaire le f février, et que le 1" octobre elle devra au contraire, marquer à cet instant 1 1 heures 49 minutes 29 secondes. Ce n'est que quatre fois nar an que le midi moyen a lieu en même temps oue le midi vrai. Ces quatre époques varient peu d'une année à l'autre; elles sont actuellement : le 15 avril, le 15 juin, le 31 août et le 25 de-
°LaJ différence entre le temps moyen et le temps vrai est la cause d'une singularité qui étonne beaucoup de personnes: c'est que, pendant le mois de janvier, l'accroissement de la durée du îour (du lever du soleil à son coucher) est beaucoup "plus sensible dans l'après-midi que dans la matinée. En effet, pendant les mois de janvier.feyner et mars, le midi moyen est en avance sur le midi vrai -il y a par conséquent moins de temps entre le lever du soleil et le midi de nos horloges qu entre ce midi et le coucher de l'astre, et par suite la seconde partie de la journée commençant à midi est plus longue que la première.
L'avance la plus considérable du midi moyen sur le midi vrai est de 14 minutes 28 secondes, «t elle arrive le 10 février; le retard le plus grand a lieu le 3 novembre et il s'élèveà 16 minutes 2 i secondes. . , .
Evaluation du temps moyen. — Le jour solaire moyen se divise aussi en 24 heures; 1 heure en G i minutes et la minute en GO secondes. Sa durée est égale à un jour sidéral augmenté de 3 minutes 57 secondes sidérales.
Les astronomes font commencer le jour solaire moyen à midi. Dans les usages de la vie civile il a son commencementàminuit, et il estaiviseen deux périodes de 12 heures chacune. Celle qui précède
midi est la période du matin ; celle qui le suit est celle du soir.
Variations de la durée des jours et des nuits. — Cet article serait incomplet s'il ne renfermait pas quelques explications sur les variations^ qu'on observe dans la durée du jour par opposition à celle de la nuit. Ce phénomène si remarquable ne se produit pas partout avec le même caractère.
Dans les lieux situés sur 1 cquateur terrestre, le jour est constamment égal à la nuit pendant toute l'année. Chez nous, au contraire, cette égalité ne se présente que deux fois par an, vers le 21 mars et le 22 septembre ; ces époques, nommées pour cotte raison équinoxes, sont, la première, le commencement du printemps, et l'autre, le commencement de l'automne. Du 21 mars la durée du jour continue à aller en grandissant jusqu au 21 juin où elle atteint son maximum ; puis elle diminue jusqu'au 22 décembre où elle arrive a son minimum. Ces deux époques sont nommées solstices ; la première est le commencement de 1 ete et la s'econde le commencement de l'hiver.
Mais la durée maximum du jour n'est pas la même en tous les lieux ; elle est d'autant plus grande que le lieu est plus loin de 1 equateur. Ainsi à Paris, où la latitude'est de 48» 50 , le jour au solstice d'été dure 16 heures 17 minutes ; à Saint-Pétersbourg, où la latitude est de 59° 56 , il atteint une durée de 18 heures et demie. Au cercle polaire, qui est à 23° 28' du pôle, le jour à l'époque du solstice d'été est de 24 heures; plus loin il est d'un mois, de deux mois, etc., jusqu'au pôle où il est de six mois. Ces phénomènes se reproduisent de la même manière dans les pays qui sont au sud de l'équateur. mais en sens inverse, c'est-à-dire qu'ils ont les jours les plus courts quand nous avons les plus longs et réciproquement. ,. .
Cette inégalité de durée, suivant les lieux et suivant les époques de l'année dans un même lieu, tient à la manière dont l'horizon du lieu coupe les cercles parallèles décrits chaque jour par le soleil dans son mouvement apparent autour de la terre. C'est en résolvant ce problème que les astronomes peuvent calculer d'avance les heures du coucher et du lever du soleil, qu'on trouve dans les calendriers. Nous n'entreprendrons pas de traiter cette question, qui est en dehors du cadre élémentaire dans lequel l'étude de la cosmographie doit être ici renfermée. Cependant, nous terminerons ent article par quelques explications qui en donneront peut-être une idée, et d'autant plus juste que nous y envisagerons les mouvements ree s de la terre, l'un sur elle-même en 24 heures et 1 autre autour du soleil en une année.
Représentons le soleil par une petite lampe placée près du centre d'une table ovale, et la terre par une boule qui ferait le tour de la table en un an, tout en tournant sur elle-même en 24 heures et dans le même sens autour d'une tige passant par son centre et figurant son axe. Le plan de a table sera ce qu'on appelle l'écliptique. Or 1 axe de rotation diurne de la terre, au lieu d être , pe. pend culaire, se trouve incliné sur ce plan. Maintenant qu'on tienne la boule à la main pour la fane tourner autour de la tige oblique, on verra qui n'y a jamais qu'une moitié de la boule qui est éclairée par la lampe, et qu'en même temps, par le fait de l'obliquité de l'axe, la circonférence que décrit un point de la terre se trouve coupée en deux parties inégales par le cercle qui fait la séparation entre la moitié éclairée qui a le jour et la moitié obscure qui a la nuit. Par conséquent, la durée du passage de ce point en face du so eil n est pas égale au temps qu'il met à traverser la parue opposée. Ainsi s'explique l'inégalité de la durée des jours et des nuits. Cette expérience ne présente
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pas de difficultés d'exécution; en la répétant, on devra avoir soin de tenir la tige de la boule inclinée sur le plan de la table de manière à ce qu'elle fasse un angle d'environ 23" et demi avec
une droite qui serait perpendiculaire à ce plan. La figure suivante éclaircira ce qui pourrait rester d'un peu obscur dans cette explication. [G. Bovier-Lapierre.]
La terre aux solstices ; inégalité des jours et des nuits.
JOURNEES. — Histoire de France, XXXVIII- XL. — On a l'habitude de désigner par ce nom de journées un certain nombre d'événements de l'histoire de France, dont les plus célèbres sont : la Journée des barricades (12 mai 1588), à la suite de laquelle Henri III dut quitter en fugitif Paris soulevé par les Guises; la Journée des dupes (11 novembre 1630!, dans laquelle Richelieu déjoua les intrigues de la reine mère et obtint la disgrâce de ses ennemis; la seconde Journée des barricades (5 août 1048), qui fut le commencement de la Fronde, et eut pour cause l'arrestation de trois conseillers au Parlement ordonnée par la cour; la Journée du 14 juillet 1789 (prise de la Bastille, ; les Journées des 5 et 6 octobre 1789, où les femmes de Paris, suivies de la garde nationale, se portèrent à Versailles pour en ramener le yoi; la. humée du 10 août 1792 (prise des Tuileries et renversement de la royauté; ; les Journées de septembre, du 2 au 5 septembre 1792 (massacres dans les prisons) ; les Journées du 31 mai et du 2 juin 1793 (chute des Girondins) ; la Journée du 9 thermi lor an II (chute de Robespierre) ; les Journées de prairial (1er et 2 prairial an III; soulèvement des faubourgs de Paris contre la Convention dominée par la droite) ; la Journée du 13 vendémiaire an IV (insurrection des royalistes contre la Convention, écrasée par Barras et Bonaparte); les Journées des 18 et 19 brumaire an VIII (coup d'Etat de Bonaparte contre la représentation nationale) ; les Journées des il, 28 et 29 juillet 1830 (révolution à Paris provoquée par les ordonnances de Charles X) ; les Journées de février 1848 (révolution des 23 et 24 février, qui renversa le trône de Louis-Philippe).
JUGEMENT. — Psychologie, V. — Juger, dit Aristote, c'est affirmer une chose d'une autre chose. Le jugement est essentiellement l'opération de l'esprit qui consiste à affirmer un sujet d'un
attribut. « Le feu est chaud, la terre est ronde, l'homme est un animal raisonnable, Dieu est bon, » sont des jugements.
Exprimé par le langage, le jugement s'appelle proposition. Toute proposition a en effet trois termes: le sujet et V attribut, mis en rapport par le verbe.
On sait que l'analyse grammaticale retrouve aisément ces trois termes dans le3 propositions mêmes qui ne sont formées que de d<ux mots. « J'aime » est pour : o je suis aimant » ; a j'existe » ou «je suis», pour «je suis existant», etc. Et ainsi l'expression du rapport qui unit le sujet et l'attribut est universellement le verbe être, à des personnes et à des temps différents. Ces remarques élémentaire* jettent un grand jour sur la théorie philosophique du jugement. On s'est demandé si le jugement est toujours le résultat d'une comparaison entre deux termes antérieurement et isolément connus. C'est la doctrine des anciens logiciens et du grand psychologue anglais, Locke. On objecte qu'il y a des jugements, dits primitifs, où cette comparaison n'existe pas. Soit, par exemple, cette proposition : «Je suis.» Peut-on raisonnablement soutenir que l'esprit ait d'abord conçu l'existence abstraite possible, puis un moi également abstrait et possible, et qu'il ait ensuite réuni ces deux termes, aperçu leur convenance, pour affirmer l'existence réelle et concrète du moi? Il est clair que le concret est connu avant l'abstrait, que je perçois mon existence avant de concevoir l'existence en général, que celle-ci ne m'est donnée que par celle-là; qu'ainsi le jugement: «Je suis» est antérieur à toute comparaison des termes que l'analyse y découvre, qu'il est l'intuition directe, immédiate, irréductible, d'une réalité où le sujet et l'attribut se confondent absolument.
Telle est, en résumé, la critique adressée par V. Cousin à la théorie de Locke. Elle est incontes-
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tablement fondée sur un point : l'esprit ne débute pas par des abstractions. Je connais mon existence avant de connaître l'existence en général, cela est hors de doute. Mais il ne s ensuit pas que le jugement: « Je suis » ne soit que la simple appréhension de l'existence telle qu'elle est impliquée dans la nremière et la plus obscure manifestation de "a cPo5Sienece. A ce'compte, dit très bien M Janet il faudrait dire que 1 huître juge, car on doit lu supposer quelque sentiment d elle-même. Or il n'y a jugement que quand il y a reflexion, et la réflexion implique déjà quelque distinction entre le sujet et l'attribut, et la connaissance, au moins confuse, de celui-ci à titre de caractère général pouvant convenir à d'autres choses encore qu au sujet dont on l'affirme. Quand je dis: «Je suis», je n'exprime pas seulement le vague sentiment que tout animal doit avoir de son existence ; je fais plus : je me distingue des autres êtres, et je circonscris en quelque sorte ma part d existence dans le sein de l'existence générale. En d autres termes, je me saisis et m'affirme comme une personne dont l'existence se pose en face et indépendamment de toute autre existence connue ou concevable. Donc le jugement : « Je suis, » implique véritablement la notion de l'être en général ; donc il implique, au moins logiquement, la distinction des trois termes, je suis étant, l'attribut possédant ce caractère de généralité que ne saurait avoir le sujet je qui est individuel. On doit conclure de là que le jugement n'appartient pas à l'animal, car il suppose l'abstraction et la généralisation, qui sont des opérations propres à l'entendement humain. On doit en conclure aussi, contre les sensuahstes, que le jugement se distingue profondément de la sensation. «Juger et sentir, dit Rousseau, cite par M Henri Joly, ne sont pas la même chose. Par la sensation, les objets s'offrent à moi séparés, isolés, tels qu'ils sont dans la nature ; par la comparaison, je les remue, je les transporte, pour ainsi dire, je les pose l'un sur l'autre pour prononcer sur leur différence ou sur leur similitude, et généralement sur leurs rapports... La faculté distinctive de 1 être actif et intelligent est de pouvoir donner un sens à ce mot est. Je cherche en vain dans l'être purement sensitif cette force intelligente qui superpose et puis qui prononce ; je ne saurais la voir dans sa nature. Cet être passif sentira chaque objet séparément, même il sentira l'objet total forme des deux; mais, n'ayant aucune force pour les replier l'un sur l'autre, il ne les comparera jamais, il ne les jugera point. »
C'est uniquement dans le jugement que résident la vérité et l'erreur. La pure sensation est infaillible, car elle ne contient aucune affirmation explicite. Le jugement est vrai ou faux, selon qu'il exprime entre l'attribut et le sujet un rapport qui correspond ou ne correspond pas à la réalité des choses. Il est des cas où le rapport est tellement évident, que le jugunient se prononce pour ainsi dire de lui-même ; la réflexion n'est pas sans doute absente, mais elle se borne à concevoir exactement les termes et à les mettre en face l'un de l'autre: leur convenance ou leur disconvenance se manifeste immédiatement. Plus souvent, une réflexion prolongée est nécessaire; et comme la reflexion implique la volonté, le jugement est alors, au moins partiellement, un acte volontaire et libre. Aussi Descartes a-t-il eu raison de dire que là où ,1 n'y a pas évidence, il est toujours possible de su- pendre son jugement, et, par suite, d'éviter l'erreur. En ce sens, l'erreur est volontaire, et l'on ebt touiours plus ou moins responsable de s'être trompé.
Dans le langago ordinaire, le mot jur/ement n'est pas pris dans une acception esscntielhmrnt différente de celle que lui donne le langage philosophique. On dit d'un homme qu'il a du juge-
ment pour dire qu'il perçoit naturellement, entre les choses, les rapports vrais qui les unissent; en d'autres termes, qu'il distingue exactement, et par une sorte d'heureuse disposition, le vrai du faux. Seulement, ainsi quelefaitobserverM. Janet, «dans le sens ordinaire, on réserve le mot jugement pour les cas importants, rares et difficiles : on ne dira pas que l'homme montre du jugement en disant que la neige est blanche : on le réserve pour les cas où il faut du discernement et de la pénétration. « Mais toujours il s'agit d'arriver à formuler une proposition qui n'est, en définitive, que l'expression d'un rapport entre deux termes.
La faculté de juger est commune à tous les hommes, et nous avons même remarqué qu'elle est caractéristique de notre espèce. On peut même avancer qu'elle est dans son essence identique à l'intelligence même (V. Intelligence). Mais tous les hommes ne jugent pas également bien, et les auteurs de la logique de Port-Royal vont jusqu'à dire « qu'on ne rencontre partout que des esprits faux. » Avoir l'esprit faux, c'est méconnaître les rapports vrais entre les choses, ou en supposer de chimériques. 11 est clair que la fausseté d'esprit ne saurait exister (au moins à l'état normal) pour les jugements où le rapport est manifeste ; nul homme raisonnable n'affirmera que deux et deux font cinq. L'esprit faux ne se trompe que sur les rapports un peu cachés ou éloignés. Les rapports les plus superficiels lui paraissent essentiels ; il prendra une simple coïncidence, une succession fortuite pour une liaison constante et nécessaire de cause à effet. Mais la fausseté d'esprit n'est jamais incurable, car elle est toujours l'effet de la précipitation et de la prévention. Le remède est contenu dans ce précepte de Descartes, que nous rappelions tout à l'heure : suspendre son jugement. Ajoutons que cette suspension ne doit pas être indéfinie ni conduire au scepticisme; il faut seulement suspendre son jugement jusqu'à ce que. par une observation plus scrupuleuse, une réflexion plus pénétrante, le rapport vrai se dégage et apparaisse en pleine lumière. Rien de plus utile, par conséquent, que de mettre les jeunes esprits en garde contre les affirmations hâtives, résultat ordinaire de l'ignorance ; il sera même bon de leur apprendre à douter en leur présentant sur une même question plusieurs solutions également plausibles en apparence, ou en les amenant, par une série de questions appropriées, à une solution précisément contraire à celle qu'ils avaient d'abord avancée. C'était la méthode de Socrate, méthode excellente, pourvu qu'elle n'aboutisse pas à l'indifférence et qu'elle ne soit en quelque sorte que le point de départ d'investigations plus profondes.
On a proposé plusieurs classifications des jugements, en se plaçant à différents points de yue. Aucune n'est encore universellement adoptée à l'exclusion des autres; nous nous contenterons donc d'indiquer brièvement les divisions les plus fréquemment employées.
1 Jugements affirmatifs et jugements négatifs, selon qu'on affirme ou qu'on nie l'attribut du sujet : « Dieu est bon ; la terre n'est pas carrée, a Mais en réalité tout jugement est une affirmation, car si je dis : « la terre n'est pas carrée », j affirme que l'attribut carré ne convient pas au sujet
terre. , ...
2. Jugements analytiques et jugements synthétiques. Les premiers sont ceux dans lesquels 1 attribut ne fait que développer l'idée exprimée par le sujet; exemple : « l'homme est un animal raisonnable; » l'idée d'animal raisonnable est implicitement contenue dans l'idée d'homme. Dans les ju-
gements synthétiques, l'attribut ajoute quelque chose à l'idée du sujet : « l'air est composé d oxygène et d'azote. » Je puis avoir l'idée de 1 air, sans savoir quels sont les gaz qui le composent.
JUIFS
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3. Jugements à priori et jugements à posteriori. Les jugements à priori sont ceux dans lesquels le rapport entre les deux termes est affirmé antérieurement a toute expérience, comme : « tout corps est dans l'espace. » Ils sont encore nécessaires, c'està-dire qu'ils expriment une vérité dont le contraire est impossible. Nécessaires, ils sont par conséquent universels et absolus, et constituent ce qu'on appelle des vérités premières (V. Idées). Les jugements à posteriori sont ceux où le rapport n'est donné que par l'expérience ; ils sont aussi contingents et relatifs.
4. Jugements généraux, jugements particuliers, jugements individuels. Les jugements généraux sont ceux par lesquels on affirme un attribut de toute une classe d'êtres : « tous les corps sont pesants . » Les jugements particuliers sont ceux où l'attribut n'est affirmé que d'un nombre plus ou moins grand d'individus d'une classe : « quelques hommes sont ambitieux. » Enfin les jugements individuels ne s'appliquent qu'à un seul être déterminé : « Shakespeare est le plus grand poète dramatique de l'Angleterre. »
5. Jugements classés d'après leurs objets : — jugements portant sur des réalités ou des faits : ce sont les jugements d'expérience ou de perception (comprenant eux-mêmes les jugements des sens et ceux de la conscience') ; — jugements portant sur des idées premières et sur des vérités absolues: ce sont les jugements rationnels ou principes de la raison pure ; — jugements portant sur des notions abstraites ou idées conçues par l'esp-it, mais sans réalité correspondante: ce sont les jugements de conception (qui comprennent les produits de l'abstraction et de la généralisation, de la mémoire, de l'imagination, de l'association des idées) ; — enfin jugements portant sur le rapport logique de plusieurs idées ou de plusieurs jugements: ce sont les raisonnements (raisonnement par déduction, raisonnement par induction). V. Intelligence. [L. Gamin.]
Ji:iFS. — Histoire générale, XVI-XXVI. — I. Les
JUIFS SOUS LES EMPEREURS ET LES BARBARES JUSQU'A L'INVASION DES ARABES EN ESPAGNE ( 135-71 1 ). — Après
la chute de la Judée (V. Israélites), les Juifs ne songent plus qu'à la conservation de leurs doctrines; leurs écoles flonssent en Palestine et en Babylonie, sous la direction des Tanaïm (rabbins dépositaires de la tradition). Leurs affaires civiles sont présidées en Palestine par un Nassi (prince) et en Babylonie par un kesch-Galoutha (chef de l'exil). Le plus célèbre de tous, Juda le Saint, petitfils de Gamaliel, descendant d'Uillel, est, vers 220, le chef de l'école de Tibériade et le prince des Juifs; il écrit la Mischna (recueil des traditions orales). Cet ouvrage reçoit plus tard dans les deux pays un complément [Guemara) qui contient les discussions des rabbins ; l'ensemble, qui porte le nom de Talmud i étude), n'est achevé que vers la fin du cinquième siècle. Dans cet intervalle, d autres travaux importants sont accomplis, par exemple, la fixation du calendrier juif par le calcul, et des traductions chaldéennes du Pentateuque où dominent des idées spirituaiistes. Le Talmud, dont le but est d'assurer l'unité du judaïsme, contient de nombreuses décisions casuistiques très minutieuses; il porte la trace des superstitions du temps et des souffrances cruelles des Juifs ; mais il reste fidèle à la morale du Pentateuque et maintient la liberté de penser.
Dès que les Juifs eurent renoncé à toute velléité de révolte, les Romains les laissèrent travailler en paix ; ils reconnurent leurs chefs et parfois les entourèrent de considération ; ils leur permirent de fonder librement des communautés dans tout l'Empire et même d'exercer un certain prosélytisme : ils leur ouvrent l'accès des charges et leur accordent le titre de citoyen romain. Constantin met
sans doute quelques restrictions à ces avantages; mais Julien, au contraire, va jusqu'à vouloir rebâtir le temple de Jérusalem.
Pendantles deux premiers siècles, il n'éclate pas de graves dissentiments entre les chrétiens et les Juifs, réunis dans une destinée commune ; mais, à partir du Concile de Nicée, qui fixe le dogme catholique (325), la division s'accentue et les deux communions entrent en lutte. En Espagne, des colloques théologiques ont lieu (311), et les prêtres se plaignent de ce que leurs ouailles font bénir les moissons par les rabbins. Valens, Maxime et Ihéodose le Grand interviennent pour empêcher les évêques de faire démolir les synagogues; saint Ambroise s'oppose àces mesures de protection (395), et Honorius exclut les Juifs des fonctions publiques (399). Dans Alexandrie, partagée entre les catholiques orthodoxes, les ariens, les Juifs et les païens, les excitations du fougueux évêque Cyrille soulèvent chaque jour des luttes armées, et les églises, les synagogues et les temples sont tour à tour pillés et brûlés (419). AMinorque,une communauté juive entière est violemment convertie au christianisme après un assaut donné à la synagogue sous la conduite de l'évêque. Tous les chrétiens ne tombent pourtant pas partout en d'aussi tristes excès. Saint Hilaire, évêque d'Arles, vers 430, Sidoine Apollinaire, de Llermont, vers 47*2, et les princes goths d'Italie et du midi de la Gaule, prennent le parti des Juifs, qui reconnaissent ces bienfaits: ils contribuent à la défense d'Arles attaquée par Clovis (508), et à celle de Naples contre Bélisaire (537).
Justinien fait passer l'intolérance dans les lois ; irrité peut-être du concours que les Juifs de Perse avaient offert contre lui à leur roi Chosroès, il restreint leur aptitude à posséder et à recevoir des héritages, et leur interdit la lecture de la Bible en hébreu et de la Mischna (537). Les conciles les excluent de l'état militaire et de la magistrature ; Avitus, évêque de Clermont-Ferrand, les obligea opter entre le baptême et l'exil (579), et ceux qui fuient dans le Midi sont soumis aux mêmes violences par les évêques d'Arles et de Marseille (587). Le pape Grégoire I9r le Grand intervient en leur faveur; il veut qu'on leur laisse pratiquer librement leur culte et qu'on ne les amène au christianisme que par la persuasion et la charité.
Ni le clergé, ni les rois ne s'inspirent de cette mansuétude ; à Paris, où se trouve déjà en 582 une synagogue, un concile tenu à l'avènement de Clotaire II déclare les Juifs impropres à tout emploi public; Dagobert renouvelle ces exclusions et décrète le baptême forcé. Les princes visigoths d'Espagne et la plupart des conciles de Tolède vont jusqu'au comble de l'intolérance ; malgré les services des Juifs qui participaient vaillamment à la garde des fameux défilés des Pyrénées, le bannissèment est prononcé contre tous ceux qui refusent d'apostasier. Un évêque, saint Isidore de Séville, fait dominer momentanément les idées de Grégoire le Grand et cherche, mais sans succès, à convertir les Juifs par la discussion pacifique, vers 630. Mais les conciles et les rois continuent à prendre des mesures où se montre par avance l'esprit de l'Inquisition. Une surveillance domestique est organisée ; les enfants sont enlevés et mis au couvent; la bastonnade, la confiscation, l'exil frappent les récalcitrants, les lettres de noblesse sont accordées en récompense à l'apostasie.
Il était impossible que les Juifs, traités ainsi, ne se tournassent pas vers l'Orient qui allait leur offrir des libérateurs. Depuis quatre siècles déjà, ils étaient en contact dans l'Yémen avec les Arabes, pt ils avaient converti au mosaïsme un de leurs princes, Tobla, et quelques-unes de leurs tribus. Ils
JUIFS
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s'étaient, non sans combat, soumis à Mahomet, et à Jérusalem, à Alexandrie et en Perse, ils avaient reçu Omar à bras ouverts. Après les rapides victoires des califes, les Juifs étaient devenus les compagnons d'études des Arabes et avaient vu Ali honorer leurs chefs et leurs savants. Ils ne pou- Taient donc en Espagne rester fidèles aux princes ingrats qui les persécutaient. Dès que Tarik eut passé le détroit, ils se donnèrent ouvertement à lui, et, commandés par un des leurs, Kaula-al-Yehudi, ils prirent part à la bataille de Xérès, qui eut pour résultat l'établissement de la monarchie arabe dans la péninsule ibérique (711).
IL Royaumes musulmans et chrétiens jusqu'aux croisades (7 1 i -1095). — Les écoles juives d'Orient avaient pris sous les khalifes un nouvel essor; dirigées par des chefs spirituels qui portent le nom de Gaon (Excellence), elles accomplissent une œuvre importante, la Massore (critique traditionnelle), qui fixait non seulement la prononciation du texte, mais encore le nombre des versets et même des lettres de la Bible ; ces précautions étaient nécessaires à cause des discussions dont l'Ecriture sainte était alors l'objet. Un prétendu Messie, Sérène, suscité par les persécutions du calife Omar II, rejetait le Talmud (720 , et une secte, celle des Karai'es (textuaires), vers 750, voulait, en s'appuyant sur le texte du Pentateuque comme autrefois les Sadducéens, répudier toute interprétation biblique et par suite tout progrès, bous Haroun-al-Raschid, les Juifs continuent leurs travaux et jouissent d'une certaine autonomie. Sous les rois français de la deuxième race, leur situation est presque aussi favorable. Charlemagne institue un maître des Juifs qui veille à leurs intérêts ; Louis le Débonnaire et Charles le Chauve facilitent leur commerce et obligent certains évêques fanatiques à les laisser en paix ; mais, après la mort de ces princes, les conciles de Meaux et de Paris organisent des prédications pour les convertir. Les Juifs émigrent alors vers le Midi où, grâce au voisinage des Arabes, il régnait une certaine tolérance. Abd-el-Rahman III (Abdérame), khalife de Cordoue, de la race des Omeyades (945), prince instruit et juste, avait pour médecin et pour ministre un Juif, Chasdai-Ibn-Schaprout, qui faisait fleurir à la cour de son maître et chez ses coreligionnaires les sciences et la littérature. Chasdaï se mit en rapport avec le royaume juif des Khazares, en Tartarie, près de la mer Caspienne, et obtint de leur roi, Joseph, fils d'Aaron. de curieux détails sur leur histoire et leur situation. Il parait que, vers 750, un des ancêtres de Joseph, Boulan, pressé par les chrétiens et les musul mans d'abandonner le paganisme, s'était décidé à adopter le mosaïsme. Son royaume avait alors 30 milles d'étendue et se trouvait en lutte contre les Russes, sous les atteintes desquels il succomba peu de temps après. C'est grâce à Chasdai aussi qu'il se fonda à Cordoue une école talmudique importante, qui devint bientôt elle-même un centre de science et de littérature.
Les penseurs juifs de tout genre abondent à cette époque. En Babylonie, le Gaon Saadya, vers 930, écrit une œuvre théologique, le Livre des croyance» et des opinions, où l'autorité de la raison est reconnue à côté de c« lie de l'Ecriture. En Italie se fonde l'école de médecine deSalerne, dont les premiers professeurs sont dos Arabes et des Juifs. En Espagne, plusieurs Juifs distingués sont appelés au visirat et rendent aux lettres de grands services. Le Talmud est traduit on arabe, les études grammaticales sont approfondies ; Gabirol, poète sublime, connu dansle monde chrétien sous le nom d'Avicebron, est l'auteur d'une œuvre pliiloso phique, la Source «e la vie, vers 1050. En Fiance, le célèbre Raschi compose sur la Bible et le Talmud des commentaires considérables qui témoignent
d'autant d'érudition que d'intelligence vraie des textes. A Worms, le rabbin Gerson, nommé la lumière de l'exil, préside un synode qui proscrit la polygamie. En général, les Juifs sont protégés; Philippe Ier de France, Guillaume II d'Angleterre, Renaud, comte de Sens, le pape Alexandre II, don Pedro d'Aragon, ainsi que le clergé espagnol, résistent aux excès que les populations veulent commettre contre eux.