PORCINS
même temps que tout un ensemble d'applications techniques des termes à observer sur nature. Nous ne saurions mieux faire, croyons-nous, en reconnaissant tout l'attrait que peut offrir cette intéressante étude, que de renvoyer ceux de nos lecteurs qui seraient tentés de l'entreprendre au très savant et très pratique ouvrage qu'un maître en ce charmant savoir, M. A. Jacquemart, a consacré à la céramique dans la Bibliothèque des merveilles. [Eugène Muller.]
PORCINS. — Zoologie, X. — Comme nous avons eu déjà l'occasion de le dire, l'ancien ordre des Pachydermes * a été complètement démembré, et à ses dépens ont été constitués les trois ordres des ProbosciJiens *, des Solipèdes ou Jumentés * et des Porcins.
L'ordre des Porcins correspond à une partie de la subdivision des Pachydermes ordinaires, et comprend les animaux du genre Porc, pris dans un sens très étendu, plus les animaux riu genre Hippopotame. Tous ces mammifères se reconnaissent à leurs formes massives, à leur corps renflé, obèse, revêtu d'un cuir épais, et porté sur des pattes courtes et robustes dont les doigts sont en nombre pair. Leur estomac présente une certaine complication, sans être subdivisé en poches aussi distinctes que chez les Ruminants, et leurs mâchoires sont pourvues de trois sortes de dents, incisives, canines et molaires.
Les Hippopotames ont quatre doigts presque égaux, qui appuient tous sur le sol pendant la marche et qui sont munis chacun d'un petit sabot; leur corps lourd repose sur de véritables piliers. et leur tête se renfle en avant en une sorte de groin, large et tronqué. C'est à peine si l'on découvre quelques poils épars sur leur peau marquée de rides nombreuses, et recouvrant une épaisse couche de graisse. Leur queue, très courte, est un peu velue à l'extrémité, et leur tête difforme n'est animée que par des yeux assez petits audessus desquels se dressent des oreilles rudimentaires. Somme toute, les Hippopotames sont des êtres fort disgracieux et dont la physionomie indique bien le naturel farouche et stupide. Ils vivent par bandes dans les lacs et dans les grands fleuves de l'Afrique tropicale, nagent et plongent avec facilité, et se nourrissent déjoues, de racines, et d'autres substances végétales. Dans les terrains de diverses parties de l'Europe on a découvert les restes fossiles de plusieurs espèces d'Hippopotames plus ou moins semblables à l'espèce actuelle.
Les Porcs proprement dits ou Suidés (de sus, qui, en latin, signifie porc), sont de taille plus faible que les Hippopotames, et ont le corps revêtu de soies rudes et serrées, la tête conique, amincie en avant en un groin mobile propre à fouiller le sol, les pattes médiocres, mais toujours moins robustes que dans le genre précédent. Leurs pieds sont fourchus, et les deux doigts médians seuls sont garnis de sabots et touchent le sol, tandis que les doigts externes sont beaucoup plus courts et rejetés en arrière. On compte de quatre à six incisives à la mâchoire supérieure, et six à la mâchoire inférieure, où elles sont fortement inclinées, et deux paires de canines antagonistes qui ont une tendance à sortir de la b et à se recourber en haut et en dehors de manière à constituer des défenses; enfin les molaires, en nombre variable, sont tantôt simples et coniques, tantôt élargies et tuberculeuses. Chez les Phacochères [Phacochœrus), qui sont répandus sur une grande partie du continent africain, les prémolaires et même les premières molaires tombent avec l'âge, et il ne reste que les dernières dents mâchelières, offrant des sortes de cylindres réunis par une substance corticale, et les canines qui acquièrent un développement extraordinaire. En même temps
la tête s'élargit considérablement, et de chaque côté des joues pend une espèce de loupe charnue, ce qui donne à ces animaux un aspect hideux.
Chez les Cochons proprement dits, les canines supérieures, sans offrir des dimensions aussi considérables, se recourbent néanmoins, chez les mâles, au-devant des yeux, et ne servent pas seulement comme armes offensives et défensives; elles peuvent encore être employées, à la manière du soc d'une charrue, pour retourner la terre et mettre à découvert les racines et les tubercules dont les Porcs font leur nourriture.
A l'état sauvage tous ces animaux vivent en troupes, dans les forêts humides et marécageuses, et se répandent vers le soir dans les champs, où ils causent souvent de grands dégâts en fouillant le sol en tous sens. Quand la faim les presse, ils deviennent carnivores et s'attaquent même, dit-on, aux animaux vivants. On trouve des représentants de ce groupe dans toutes les contrées chaudes et tempérées de l'ancien et du nouveau monde. En Europe, en Asie et en Afrique vit le Sanglier, généralement considéré comme la souche de nos Cochons domestiques (V. Porc et races porcines) et qui, à L'âge adulte, a le corps revêtu de soies rudes, d'un brun noirâtre.
En Amérique le groupe des Porcins est représenté par les Pécaris (Uico/yles), qui n'atteignent jamais la taille du Sanglier, et qui ont le corps plus ramassé, les pattes supérieures terminées par trois doigts seulement par suite de l'atrophie du doigt externe, la queue presque nulle, et les canines enfermées dans l'intérieur de la bouche. Enfin dans les îles Moluques habitent les Babiroussas (Babyrussa, F. Cuvier), au corps grêle et assez haut monté, aux canines supérieures relevées et contournées de manière à protéger la région des yeux.
Plusieurs naturalistes rattachent encore à l'ordre des Porcins les Anoplotherium et les Xiphodon, animaux fossiles signalés par Cuvier dans les couches de plâtre de Montmartre. [E. Oustalet.J
PORTUGAL. — Histoire générale, XXIX; Littératures étrangères, XIII. — Isolé, par l'Espagne du reste du continent européen, le Portugal a dû subir, à toutes les époques, le contre-coup des révolutions espagnoles, et repousser plus d'une invasion sur sa frontière de l'est. Possédant, vers l'ouest, l'embouchure de trois grands fleuves, le Minho, le Douro et le Tage, et en partie au sud celle du Guadiana, il a dû nécessairement porter toute son activité vers la mer, et précéder les autres nations occidentales dans la voie des grandes découvertes géographiques. Peuple de race latine et de religion catholique, la nature semblait destiner les Portugais à se fondre dans l'union ibérique ; la politique leur a donné une vie propre, une histoire originale et une nationalité.
1. Les invasions antiques. — Les Lusitaniens, anciens habitants du Portugal, nous apparaissent d'abord luttant contre la domination de Carthage, repoussant Amilcar Barca qui périt en les combattant, et finalement vaincus par Asdrubal son gendre et Annibal son fils. Les victoires de Publius Scipion(2ll à 205) brisent, à l'époque de la seconde guerre punique, le joug des Carthaginois pour y substituer celui des Romains. Les Lusitaniens se tournent alors contre Rome (189) et, malgré les massacres systématiques de Servilius Galba, repoussent un moment les légions, sous la conduite de l'héroïque berger Viriathe, qu'assassinent deux traîtres (140;. Pendant cent ans encore, la Lusitanie soutient tous les ennemis du sénat, triomphe avec Sertorius (80), mais succombe sous les coups de Pompée, puis de César, à qui la Lusitanie vaincue vaut les honneurs consulaires (59).