‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 277 sur 534 · Les invasions au moyen âqe. L'indépendance · texte numérisé non relu

Les invasions au moyen âqe. L'indépendance

— A la chute de l'empire romain, la Lusitanie fut partagée par les Suèves, au nord, et les Alains. au sud, puis bientôt conquise par les Visigoths, race à demi civilisée qui légua au pays des lois équitables et une sorte de gouvernement libre (585).

La victoire de Xérès ouvrit aux Arabes la route de la Lusitanie (711). La domination des Goths s'écroula devant celle des musulmans, fort tolérante d'ailleurs et qui apportait au Portugal une civilisation très supérieure alors à celle de l'Europe chrétienne. Pendant trois siècles, les Arabes se maintinrent, malgré les progrès des chrétiens des Asturies, qui rattachèrent au royaume de Léon le nord de la Lusitanie.

Enfin, en 1094, un chevalier français. Henri de Bourgogne, obtint du roi de Castille Alphonse VI, avec la main de Tharéja sa fille, l'investiture du comté de Portugal (environs de Porto) , entre Minho et Douro, et de tous les pays qu'il pourrait conquérir. Dix-sept victoires consolidèrent le puissant vassal, et son fils, Alphonse Henriquez, s'affranchit doublement de la Castille par la victoire de Valdovez, puis des Maures par la victoire mémorable d'Ourique ('25 juillet 1139). Le même jour, l'armée le proclamait roi, et les Cortès de Lamego confirmèrent ce titre (1142) en votant les 1S statuts de la Charte constitutionnelle.

3. Progrès sous la dynastie française. — Le Portugal affranchi reprit la lutte contre les Maures, la continua par la conquête de Lisbonne (1147), l'expulsion des Almohades, la victoire de Santarem (1184), et ses progrès ne furent pas arrêtés par la mort d'Alphonse Henriquez surnommé le Saint (1185). Les Portugais contribuèrent à la grande journée libératrice de Las Navas de Tolosa (1212), et après l'Estramadure et l'Alemtéjo, enlevèrent les Algarves (1249-1253), atteignant la frontière que le royaume n'a pas dépassée depuis.

La résistance courageuse d'Alphonse II aux prétentions cléricales, les réformes bienfaisantes d'Alphonse III, « le roi des pauvres », consolidaient la dynastie bourguignonne. La victoire du Rio Salado, sous Alphonse IV ('1340), abattait définitivement l'islam. Mais les drames sanglants de la maison royale, l'assassinat de la belle lnez de Castro (1355) bientôt suivi des vengeances de Pierre le Justicier (1356-1367), sévère répresscur de la noblesse et du clergé, amenèrent une crise passagère qu'arrêta, en 1385, l'avènement de la branche d'Avis.

Page 1