‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 279 sur 534 · JO · texte numérisé non relu

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POTASSE, POTASSIUM. — Chimie, XVI. — On appelle vulgairement dans le commerce potasse une substance impure contenant 60 à 80 p. 100 du corps que les chimistes appellent carbonate de potasse (V. Alcali, p. 60). Dans les traités de chimie, on donne le nom do potasse, conformément à la nomenclature chimique, à une substance solide formée d'oxygène et du métal appelé potassium ; cette potasse est donc un oxyde de potassium, KO, K étant le symbole du potassium.

Propriétés et préparation de la potasse du commerce. — Quand on verse de l'eau bouillante sur des cendres de bois, on obtient un liquide légèrement roussâtre : c'est la lessive. Ce liquide, frotté entre les doigts, donne un toucher particulier, et possède une odeur spéciale; par l'évaporation il donne un résidu appelé satin, ou potasse brute, ou encore potasse perlasse. La potasse brute contient, outre le carbonate de potasse, du chlorure de potassium et du sulfate de potasse, de la silice, de l'oxyde de fer, etc. Cette potasse a la propriété de dissoudre les corps gras : c'est à cause de cela que dans les ménages on s'en sert pour nettoyer le linge en coulaiit la lessive. Pour faire cette opération, on empile le linge, déjà mouillé, dans une grande cuve ou cuvier dont le fond est percé d'un trou bouché d'un bouchon de paille ; le tout est recouvert d'un morceau de grosse toile appelé Cendrier ; c'est sur cette toile que l'on étend une couche de cendres sur laquelle on verse ensuite de l'eau bouillante; on reçoit la lessive dans une deuxième cuve pour la reverser ensuite un certain nombre de fois sur le cendrier.

Potasse caustique ou hydrate de potasse et p;erreà cautère. — La potasse caustique est une substance blanche, opaque, à cassure cristalline, fondant au rouge sombre ; fraîchement préparée, elle a pour formule KO, HO; c'est une combinaison de l'oxyde de potassium avec un équivalent d'eau. Exposée à l'air, la potasse caustique absorbe l'acide carbonique et se transforme en carbonate de potasse : KO,C02 ; elle attire aussi l'humidité, et tombe en déliquescence (V. Alcali, p. 60).

Préparation de la potasse caustique. — On fait bouillir dans une marmite de fonte une dissolution de carbonate de potasse dans 12 fois son poids d'eau; on y ajoute à différentes reprises un lait de chaux; il se forme un carbonate de chaux insoluble qui se dépose au fond de la marmite, tandis que la potasse reste en dissolution dans la liqueur surnageante; on décantp, puis on évapore la liqueur dans une capsule d'argent; le résidu, fondu, puis coulé en plaques, est la potasse caustique des laboratoires ; si on la coule dans des lingotières, on obtient des bâtons que vendent les pharmaciens sous le nom de pierre à cautère.

Cette potasse n'est point encore absolument pure ; elle a retenu de la chaux. Pour l'en débarrasser, on la dissout dans l'alcool, qui ne dissout point la chaux. On distille les 2/3 de la liqueur décantée, puis on évapore jusqu'à fusion de la masse.

Potassium. — L'illustre chimiste Lavoisier avait soupçonné la composition de la potasse, de la soude, de la chaux, etc. Il pensait que ces substances étaient probablement dos oxydes métalliques, comme les oxydes de plomb, de zinc, de fer ; mais on ne connaissait point le moyen de séparer le métal et l'oxygène très fortement unis. C'est en 1807 que sir H. Davy put décomposer la potasse, au moyen d'une pile puissante, et mettre en liberté le premier globule de potassium qu'un homme ait jamais vu. C'était là une découverte d'une immense portée. J.-B Dumas raconte que ; ce n'est pas sans une profonde émotion qu'en compagnie de Faraday, qui avait eu pour maître l'illustre chimiste anglais, il put lire, sur le régis- I tre où Davy inscrivait les résultats de ses expé- , V* Partie.

riences, ces simples mots : Capital experiment , détachés du reste de la pai;e par un cercle que Davy avait tracé d'une main fiévreuse quarante- deux ans auparavant. Aujourd'hui on prépare le potassium par le procédé de Brnnner; il consiste à décomposer le carbonate de potasse par le charbon à une température très élevée. KO,COs + 2C = 3CO + K, c'est-à-dire que la calcination du mélange donne de l'oxyde de carbone et du potassium. Le mélange intime de carbone et de carbonate de potasse s'obtient en calcinant du tartre (bitartrate de potasse).

Propriétés du potassium. — Le potassium est blanc comme l'argent, mou comme la cire et brillant ; dès qu'il est exposé à l'air, il se ternit, devient blanc opaque, en se transformant en potasse. C'est donc un métal excessivement oxydable. Projeté sur l'eau, il donne naissance à une flamme violacée, tournoie à la surface de l'eau, puis disparaît subitement en une explosion dont il faut éviter les projections. Que s'est-il passé? Le potassium, avide d'oxygène, décompose l'eau à froid, s'oxyde en produisant un grand dégagement de chaleur; l'hydrogène libre s'enflamme, la potasse formée devient incandescente et éclate quand elle est assez refroidie pour entrer en contact immédiat avec l'eau. Le potassium fond à 62°, 5. Au rouge il bout et on peut le distiller. Sa vapeur est verte, et au spectroscope il donne une raie violette.

Le potassium n'a guère d'usages que dans quelques expériences de laboratoire ; on le conserve dans l'huile de naphte, et il doit être manié avec précaution et à l'abri de la moindre trace d'humidité.

Sels de potasse. — La potasse est une base puissante ; elle se combine avec la plupart des acides minéraux et végétaux; plusieurs des composés formés soit par la potasse, soit par le potassium, ont de l'importance au point de vue scientifique, commercial, industriel, agricole ou médical. Les principaux sont : le carbonate, l'azotate, le chlorure, le sulfate, le chlorate, l'iodure, l'hypochlorite et les cyanures.

Caractères générait x des sels dépotasse. — Les sels de potasse en dissolution dans l'eau ne donnent de précipité qu'avec le bichlorure de platine, l'acide tartrique et l'acide hydrofluosilicique. C'est là un caractère analytique important à retenir.

Carbonate de potasse. — Ce sel s'appelle vulgairement potasse : il a pour formule KO,C02. Nous avons dit plus haut comment on l'obtenait impur ; on l'obtient presque pur par la calcination du tartre.

L'industrie en retire une assez grande quantité des résidus de la distillation des mélasses de betterave, puis de la calcination des eaux de suint provenant du lavage des laines de mouton. A l'état sec, le carbonate de potasse est une masse blanche pulvérulente ayant une réaction alcaline et une saveur caustique; c'est un poison. Sous l'action d'un courant d'acide carbonique, il se transforme en bicarbonate.

AzAate de potasse ou salpêtre. — V. Salpêtre.

Chlorate de potasse. — Le chlorate de potasse ou sel de Berthollet est un beau sel blanc cristallisé en lames rhomboïdales. Il a une saveur fraîche, fond à 400°, puis se décompose en abandonnant son oxygène ; c'est même comme cela qu'on prépare ce dernier gaz.

Le chlorate de potasse fuse sur les charbons incan descents ; mélangé au soufre en fleur, ou au phosphore, il détone violemment par le choc.

On prépare le chlorate de potasse en faisant passer un courant de chlore dans une solution concentrée de carbonate de potasse ; il se forme d'abord des paillettes miroitantes qui nagent dans

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la liqueur, puis se déposent au fond, tandis que la liqueur surnageante reste chargée du chlorure de potassium qui s'est formé en même temps que le chlorate de potasse.

Le chlorate de potasse est beaucoup employé en médecine aujourd'hui. Il agit efficacement dans le traitement des muqueuses de la bouche et de la gorge ; on l'administre en potion gommeuse, ou en simple dissolution aqueuse étendue, quelquefois en pastilles.

Hypochlorite de potasse ou eau de javelle. — L'eau de javelle, qui tire son nom du village de Javelle, aujourd'hui quai de Javelle à Paris, où on en fabrique beaucoup, est un liquide d'une odeur chlorée, d'une saveur alcaline, et d'un toucher lessiveux , constitué par un mélange d'hypochlorite de potasse et de chlorure de potassium, C1K + KO, CIO. On prépare cette liqueur en faisant passer un courant de chlore dans une dissolution étendue de carbonate de potasse.

L'eau de javelle sert au blanchiment; malheureusement pour le linge, qu'elle brûle, les blanchisseuses en abusent souvent.

Bromure et iodure de potassium. — Ces deux sels, qui cristallisent en cubes, ont à peu près l'aspect du sel de cuisine blanc. On les prépare, le premier par l'action directe du brome, le second par celle de l'iode sur la potasse caustique. Tous les deux sont solubles dans l'eau et sont aujourd'hui employés en médecine, l'iodure principalement. Ce sel a une saveur salée et acre; 100 parties d'eau à 18° dissolvent 150 parties d'iodure. On l'administre à l'intérieur en dissolution aqueuse, ou pour l'usage externe à l'état de pommade. Ou peut en prendre jusqu'à 10 grammes par jour.

Nous aurions encore à parler du cyanure de potassium, du silicate de potasse, du tartrate, du sulfate et de l'oxalate, etc. Nous dirons deux mots de ces deux derniers, et pour les autres nous renvoyons le lecteur aux articles Cyanogène, Silice, Tartre.

Sulfate de potasse. — Le sulfate de potasse, KO,S03, est connu sous le nom de sel de duobus, ou sel de Gloser, ou encore tartre vitriolé ; c'est un des représentants de la vieille pharmacologie. On le retire des cendres de varech, puis de la préparation de l'acide azotique. Il est soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool ; il a une saveur amère et désagréable. Il est toxique à la dose de 30 grammes ; il ne faut donc point le confondre avec les sulfates de soude ou de magnésie si employés comme purgatifs.

Oxalate de potasse. — On donne le nom de sel d'oseille à un sel acide de potasse qu'on retire de YOxalis acetosella, qui lui doit une partie de ses propriétés. Ce sel est un mélange de bioxalate et de quadroxalate de potasse. Il est toxique, et a des propriétés qui se rapprochent beaucoup de celles de l'acide oxalique.

Usages de la potasse et des sels de potasse. — Ces usages sont extrêmement nombreux et variés. Nous en avons déjà cité un grand nombre. La potasse entre dans la fabrication des cristaux et dans celle des savons (V. Savom et Verre). Le carbonate entre dans la fabrication du cristal, de l'alun, du bleu de Prusse, etc. On l'emploie aussi en médecine. Le chlorate sert à préparer l'oxygène ; il entre dans la pâte des allumettes dites au phosphore amorphe. Nous avons parlé des applications de l'hypochlorite, de l'iodure, etc. Celles du silicate se trouveront à l'article Silice; nous dirons seulement ici que, le silicate de potasse étant le principal élément des roches granitiques, la potasse prend une importance de premier ordre dans la composition de la croûte terrestre; néanmoins on ne l'y rencontre jamais pure, parce qu'elle se combine trop facilement aux acides ; elle est aussi, à l'état salin, un

élément important de tous les végétaux teiTOttres, puisqu'on la retrouve en grande quantité dans leurs cendres. [A. Jacquemart.]

POTERIE. — Connaissances usuelles, \I. — Historique. — L'art de la poterie remonte aux époques les plus reculées. On s'accorde à lui reconnaître pour berceau les contrées de l'Asie orientale.

Parmi toutes les manifestations du génie humain, les produits de l'art céramique, ou de la poterie, ont 6U donner à travers les âges, mieux que toute autre industrie, la mesure approximative du degré de l'art chez les peuples, et partant de leur civilisation,

En effet, l'argile s'offre d'elle-même à l'idée du façonnage; elle se prête aux caprices de l'imagination ; multiple dans ses applications variées, toujours accessible par sa faible valeur intrinsèque ; c'est par la forme que lui impose l'artiste que ses produits acquièrent un prix quelquefois très élevé.

Nous jetterons un coup d'oeil d'ensemble sur le développement des arts céramiques.

L'art du potier consista d'abord à employer le limon ou l'argile simplement exposés et séchés au soleil.

Ainsi furenteonstruitesen briques les premières villes de l'Asie, sur les bords du Tigre et de l'Euphrate.

Il se compléta lorsqu'avec l'aide du feu on vint ajouter à ses produits les qualités de dureté, de sonorité qui les rendirent indestructibles.

Dès la plus haute antiquité les arts céramiques furent en grande considération ; et chaque contrée, la Grèce entre autres, fournit des potiers célèbres.

Ce n'est seulement qu'au xie siècle que l'on mentionne en Europe l'apparition des poteries à pâtes compactes, dures et imperméables ; et, vers la même époque, l'introduction en Espagne par les Arabes de la poterie à glaçure plombifère.

En Italie s'est développée la fabrication des terres cuites et des poteries recouvertes d'émail stannifère, importées par les Arabes venus de l'île Majorque (d'où le nom majolica appliqué à cette faïence).

Elle accomplit de rapides progrès par le talent de Luca délia Robia, resté célèbre (1388-1430) el de ses neveux, puis par Orazzio et Flaminio.

A Bernard Palissy (1510-1591) était réservée la tâche de retrouver le mode de fabrication de ces jolies faïences.

Après des années de travail et de luttes il vit enfin ses efforts couronnés de succès (1550/. Ses frères et ses élèves continuèrent ses travaux jusque sous le règne de Henri IV.

Vers 1600, un nouvel essor est donné aux arts céramiques par l'introduction en Europe de la porcelaine chinoise.

Des essais faits en vue de reproduire cette matière sont tentés, et l'on arrive à la porcelaine tendre. En 1695, Morin en établit à Saint-Cloud la première fabrique.

Quelques années plus tard a lieu par hasard la découverte du kaolin (matière propre à la fabrication de la véritable porcelaine) par Boettger et Tchirnhauss. En 1710, ils créèrent la première fabrique de porcelaine dure identique à la pâte chinoise.

A cette même époque la fabrication des grès cérames acquit un grand développement.

Vers le milieu du xvme siècle, en 1765, la découverte du kaolin à Saint- Yriex, près de Limoges, permit à la manufacture récemment installée à Sèvres d'apporter un grand développement à la fabrication de la porcelaine dure, dont les procédés lui avaient été donnés par un industriel de Frankenthal.

POTERIE

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A peu près en même temps, l'Angleterre s'illustrait par les beaux travaux d'un autre potier, Wedgwood, créateur de la faïence fine et dure à glaçure transparente.

Elle obtint, par ses qualités spéciales, une grande célébrité artistique et industrielle.

Au commencement du même siècle se développait la porcelaine tendre anglaise, qui, en 1800, arriva à sa perfection par les modifications importantes qu'y apporta Spode.

A partir de cette date, nous entrons dans l'histoire contemporaine de la poterie, qui, après une longue éclipse, se réveille, à partir de 1843, avec les Devers, les Avisseau, les Pull dont l'intelligente et persévérante initiative amena une sorte de résurrection des arts de la terre.

Considérations générales sur la composition des poteries. — La silice et l'alumine sont les deux éléments essentiels des pâtes céramiques. Pris séparément, ces deux éléments sont infusibles. Au contact l'un de l'autre ils entrent en vitrification.

C'est sur ce principe qu'est fondée la formation des pâtes en général.

Viennent ensuite les fondants, qui ont une part importante dans l'opération de la fusion; puis la magnésie et le fer, qui jouent un rôle secondaire.

La silice, indépendamment de celle que contiennent les argiles, est fournie par le sable, le silex, le quartz ou cristal de roche, etc.

Le kaolin, l'argile, la marne fournissent la partie plastique, en d'autres termes l'alumine.

Nous diviserons les fondants en deux groupes : 1° ceux que donnent les composés de la chaux, craie, gypses, marnes, etc. (la chaux, matière infusible prise isolément, devient un fondant actif lorsqu'elle est alliée à la silice ou à l'alumine) ; 2° les corps alcalins : sels de soude ou de potasse, unis à la silice ou à l'alumine, soit naturellement, soit à l'état de fritte ou même de verre.

C'est donc aux proportions variables, h l'état sous lequel on introduit cas éléments dans la formation d'une pâte, au degré de cuisson qu'on leur fait subir, que chaque espèce des poteries exposées dans le tableau ci-dessous doit ses caractères particuliers.

La classification Brongniart, à laquelle nous croyons devoir faire quelques additions, se présente dans l'ordre suivant :

1° Poteries à pâte tendre, c'est-à-dire rayables par le fer, argilo-siliceuses, calcariferes, fusibles au feu de porcelaine. (Du xii° siècle avant 1ère vulgaire jusqu'au xv° siècle.)

2° Poteries à pâte dure, non rayables par l'acier, opaques, argilo-siliceuses. (uu xvi" au xviie siècle).

3» Poteries à pâle dure translucide , argilo - siliceuses, alcalines, ramollissables.

(Contemporaines.)

1" Terres cuites.

2° Poteries mates tournées.

3» Poteries lustrées.

4"> Poteries vernissées.

5° Poteries émaillées.

6° Faïence fine.

7° Grès cérames.

8° Porcelaine dure.

9° Porcelaine tendre, naturelle ou anglaise.

10" Porcelaine tendre, artificielle ou française.

11° Faïence siliceuse.;

Poteries a pâte tendre. — 1° Terres cuites Produits à pâtes peu dures, texture poreuse, cuisson à température relativement basse. Pâte composée presque toujours d'argile figuline (argile tenant le milieu entre l'argile plastique et les marnes), ou de marnes argileuses.

2° Poteries mates tournées. Cette catégorie comprend les hydrocérames ou alcarazas, les pots à fleurs, toutes pièces faites à l'aide du tour, ainsi que les jarres et les cuviers.

La pâte se compose le plus souvent d'argile figuline, de marne argileuse et de sable; et ces poteries sont quelquefois décorées d'engobe.

3° Poteries tendres lustrées. Ici se rangent les vases antiques grecs, égyptiens, étrusques et campaniens. Pâte homogène, fine, jaunâtre ou rougeâtre, composée de silice, d'alumine, de fer et de chaux.

4° Poteries tendres vernissées. Les ustensiles servant à l'alimentation et recouverts d'un vernis rentrent dans cette classe.

Aux environs de Paris, on compose la pâte de sable et d'argile brute extraite de Gentillv Arcueil, Vanves, Vaugirard, etc.

La cuisson du vernis en partie plombifère a quelquefois lieu simultanément avec celle de la terre .

# b' Poteries émaillées. La faïence commune jaune ou rosâtre, comprenant sous ce titre les vaisselles, tasses, assiettes, etc., se compose d'argile d'Arcueil,de marnes argileuses verdâtres de marne calcaire blanche et de sable marneux jaunâtre (environ 58 % de silice).

L'émail blanc qui recouvre cette faïence est composé d'oxyde de plomb, d'étain, de sable quartzeux, de sel marin et de soude.

C'est dans cet ordre que se placent les faïences pour poêles .et cheminées.

Dans d'autres cas, c'est une glaçure brune composée de minium, de manganèse et de poudre de briques fusibles.

Poteries a pâtes dures. — 6° Faïence fine ou anglaise, appelée terre de pipe ou cailloutage, et désignée aussi quelquefois sous le nom de porcelaine opaque. La pâte, fine et blanche, est très plastique. Elle est recouverte d'une couche mince de glaçure blanche très pure, légèrement bleutée.

La base de cette faïence est l'argile plastique alliée à la silice que fournit le silex ou pierre à fusil. Sa composition peut se compliquer suivant les circonstances et les localités par l'ajout de kaolin, de feldspath ou de chaux ; mais en principe elle renferme toujours 80 à 85 p. 100 d'argile plastique.

On en comprend trois variétés : la faïence fine marnée, la faïence fine cailloutée et la faïence fine dure ou feldspathique.

Par suite de la grande proportion d'alumine qu'elle contient, la faïence fine ne peut recevoir que des glaçures à base boracique.

7° Grès cérame. Les grès sont des pâtes dures, sonores, homogènes et imperméables à l'eau.

On en distingue deux sortes : les grès cérames fins et les grès cérames communs.

Bon nombre d'objets usuels, cruches, jarres, tourilles, etc., sont faits en cette matière, fréquemment employée pour les carreaux de dallages.

Les grès sont blancs ou colorés, tantôt naturellement, tantôt par des oxydes métalliques que l'on ^ introduit à petite dose dans le mélange de la pâte. C'est ainsi que s'obtiennent ces carreaux.

Les pâtes de grès cérames sont pour la plupart composées d'argile plastique, à laquelle on ajoute un fondant propre à en lier intimement les parties constitutives, auxquelles elles donnent une demi-vitrification. Le feldspath est essentiellement propre à cet usage et dégraisse en même temps l'argile, qui, employée pure, serait trop plastique.

La glaçure des grès vernissés s'obtient en projetant du sel marin dans le four vers la fin de la cuisson de la pâte.

Les pâtes de grès cérames, comme les faïences fines, sont soumises à une haute température.

Poteries a pâtes dures translucides. — 8° Porcelaine dure. Cette poterie se caractérise par

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sa pâte extrêmement blanche, fine, dure, translucide et sonore.

Sa couverte blanche est fournie par le feldspath pur ou mélangé de chaux.

La pâte de porcelaine se compose de deux éléments essentiels : de kaolin, matière infusible, lormant la partie plastique, et de sable ou de feldspath.

Au contact l'un de l'autre, ces éléments entrent en vitrification. On leur associe quelquefois de la craie ou des gypses.

Ces pièces de porcelaines sont d'abord soumises à un premier feu, dit de dégourdi, puis, à une température beaucoup plus élevée, a lieu la vitrification de la couverte, ainsi que la complète cuisson de la pâte.

9° Porcelaine tendre naturelle ou anglaise. Elle tient le milieu entre la porcelaine dure et la faïence fine. Elle se distingue de la première parce que sa pâte est plus fusible et que sa glaçure est plombière et rayable par l'acier; de la seconde parce qu'elle est transparente et que son vernis est plus dur.

Les pâtes de porcelaine tendre anglaise sont composées de 30 à 40 p. 100 de kaolin ou d'argile plastique, d'un peu de sable ou silex et d'une forte proportion d'os calcinés qui facilite la fusion du produit.

10° Porcelaine tendre artifiddleou^ française. La porcelaine tendre française a été inventée en 1695 par Morin, alors à la recherche de la véritable porcelaine.

C'est une pâte blanche vitreuse. Elle doit ses propriétés fusibles à une forte addition de sels alcalins. Elle se compose de 50 à 80 p. lOO de silice, d'une quantité variable de chaux, de soude et de potasse et d'à. peine 8 ou 9 parties de marne calcaire.

Dans de telles conditions, cette pâte est excessivement courte. Vu son manque de plasticité, elle se prête peu au façonnage, et les difficultés sont encore augmentées par son ramollissement à la cuisson.

Sa couverte est un verre alcalin composé de sable pour 38 p. 100, d'une égale quantité de plomb, et de sels de potasse et de soude pour le reste.

Les résultats de la porcelaine tendre française, supérieure à toute autre, en ont toujours fait une matière de prix.

11° Faïence siliceuse. Nous avons ajouté à la suite de cette classification une catégorie importante de faïence exclusivement composée de t-ilice et offrant par cela même beaucoup d'analogie avec la porcelaine tendre française.

La faïence siliceuse se compose d'environ 80 à 85 parties de silice et d'une faible quantité d'argile plastique; étant soumise à un degré plus faible de cuisson, elle n'a de la porcelaine tendre ni la dureté ni la même translucidité.

Tantôt, sa pâte est fine, légèrement jaunâtre et très poreuse.

Tantôt elle est grossière, composée de grains de quartz que lie une argile ferrugineuse, et ses produits sont appliqués en Orient à la construction. La faïence est alors recouverte d'un émail opaque.

La chaux, la soude et la potasse apportent aussi leur part dans la composition des faïences siliceuses, qui deviennent alors, avec l'addition des fondants, de véritables porcelaines tendres.

Ces faïences, par leur qualité siliceuse, sont spécialement propres à recevoir des couvertes à bases alcalines, sans préjudice des autres.

Façonnage. — Suivant leur nature et leur qualité, loa pâles céramiques sont soumises aux opérations du lavage, du decantage, du broyage, du mntisac;p, ou, s'il s'asit de terres cuites, sont Bimplemenl malaxées.

Après leur raffermissement, elles sont propres au façonnage. Celui-ci comprend les opérations ciaprès :

1° Le moulage et l'estampage;

2° Le tournage et le tournassage ;

3° Le coulage;

4° L'estampage parla voie sèche;

5° Le filage.

Les moules qui servent à l'estampage des pâtes sont généralement en plâtre ; ils sont quelquefois en métal pour la pression des briques, tuiles, carreaux, etc.

Le tour à potier sur lequel se tournent les vases, coupes, plats, etc., est composé d'un arbre vertical en fer, d'un disque de bois appelé girelle, fixé horizontalement à l'extrémité supérieure de l'arbre, et d'un volant placé au bas. Le tourneur dépose sur la girelle la masse de pâte à façonner, met l'appareil en rotation en poussant du pied le volant inférieur, et à l'aide de ses mains comprime la pâte à laquelle il donne la forme voulue.

L'opération du tournassage n'est que le fini d'une ébauche faite au tour. Elleva lieu sur la pièce à moitié ferme à l'aide d'outils tranchants et de calibres. Les poteries fines, les grès et les porcelaines sont seuls soumis au tournassage.

Le coulage ne s'applique guère qu'aux porcelaines de choix, d'une très faible épaisseur. Les pièces obtenues par ce procédé sont excessivement légères et d une transparence remarquable. La pâte à l'état de bouillie claire est introduite dans des moules en plâtre par des orifices ménagés aux parties inférieures; elle y séjourne quelques minutes; on reverse l'excédent de pâte, et celle qui a adhéré aux parois, sous l'action absorbante du plâtre, ne tarde pas à s'en détacher; puis on met sécher la pièce à l'air.

La pression par la voie sèche, d'application moderne, est employée plus spécialement pour les produits de la construction, carreaux, briques, etc. La pâte est séchée, réduite en poudre, puis déposée dans un moule en métal et soumise à une forte pression.

Le filage a lieu pour les produits creux, tuyaux de drainage, briques creuses, etc. Il s'opère verticalement ou horizontalement. La pâte molle se trouve pressée contre une filière, et à sa sortie des fils divisent le produit par section.

Le retrait des pâtes céramiques, c'est-à-dire la différence de dimensions d'une pièce sortant du façonnage à celle qu'elle a obtenue après la cuisson, varie de 1 à 20 %•

La cuisson. — La cuisson des poteries et des glaçures, couvertes ou émaux, se fait en four ou en moufle.

Les fours sont des chambres de formes très variées, tantôt annulaires comme ceux qui servent à cuire la brique, la tuile, etc., où la flamme circule à même les produits, tantôt carrés comme ceux destinés à cuire la faïence commune.

Pour la cuisson des porcelaines, grès fins, faïences fines, etc., on se sert de fours circulaires quelquefois composés de plusieurs chambres superposées. Le combustible s'introduit par des alandiers placés en dehors à la partie inférieure de la chambre et communiquant avec l'intérieur où se trouvent les produits à cuire ; ceux-ci sont étages dans des étuis ou cazettes qui les préservent de l'action directe de la flamme.

La cuisson pour la porcelaine, dans un four de dimension moyenne, est d'environ vingt-cinq heures ; le four met trois ou quatre jours à refroidir.

Le moufle est une sorte de boite rectangulaire de proportions variables; la partie supérieure est voûtée. Le foyer est inférieur, et la flamme monte verticalement sur les quatre côtés pour se réunir sous une voûte ou chapiteau.

POTERIE

POTERIE

Un de ses côtés est mobile ; le mur est reconstruit à chaque cuisson.

Le moufle sert de préférence à la cuisson des eintures, émaux ou couvertes.

La houille et le bois sont les combustibles les plus usités pour la cuisson des poteries.

Néanmoins les huiles lourdes de graphite et surtout le gaz s'emploient avec quelque succès.

A chacun de ces combustibles s'appliquent des foyers appropriés.

Le biscuit, l'engobe, le vernis, la glaçure, la couverte et l'émail. — On nomme biscuit toute pâte ayant subi l'action d'un premier feu.

L'engobe est une matière terreuse ou vitreuse qui sert d'intermédiaire entre le biscuit et le vernis ou la couverte. Les engobes sont susceptibles de recevoir des colorations par les oxydes métalliques.

Les mots vernis, glaçure, couverte, émail ne sont pas synonymes et sont, à tort, employés les uns pour les autres. Il est donc important de conserver à chacun d'eux une signification propre.

On entend par vernis tout enduit vitrifiable, transparent et plombifère qui se fond à basse température.

Nous considérons la glaçure comme un intermédiaire entre le vernis et la couverte.

La couverte est un enduit terreux ou vitreux essentiellement transparent, et fondant le plus souvent à haute température.

L'émail est un enduit vitrifiable opaque ou demitransparent, ordinairement stannifère. Il s'applique aux faïences proprement dites, et n'est en somme qu'une glaçure ou une couverte rendue opaque par différents opacifiants dont il est question plus loin.

L'opération qui consiste à étendre sur le biscuit une couche d'émail ou de couverte s'appelle mise en émail, ou mise en couverte.

Elle a lieu par voie d'immersion ou d'arrosage. Pour les biscuits non absorbants on pratique aussi le tamisage.

A l'aide d'un tamis, on projette sur le biscuit, que l'on a préalablement mouillé d'eau gommée, la couverte ou l'émail en poudre fine et sèche.

Les vernis, glaçures, couvertes ou émaux doivent être en rapport avec le degré de dilatabilité des biscuits sur lesquels on les applique et doivent être composés de telle façon qu'ils évitent le défaut de la gerçure ou tressaillage.

Comme règle générale, on n'applique aux poteries alumineuses que des glaçures boraciques.

Les couvertes ou émaux alcalins conviennent spécialement aux poteries siliceuses. Un manque de cuisson ou de finesse est néanmoins une des causes qui peuvent faire naître la gerçure.

Les oxydes colorants. — Les colorations obtenues, en céramique, dans une matière terreuse ou dans une fonte vitreuse, sont dues aux oxydes métalliques.

Quoique ces oxydes soient d'un nombre restreint, leur mélange, leur virage et leur contact avec différents sels ou fondants peuvent provoquer sur chacun d'eux des colorations très variées. Nous dirons comme données générales que : L'oxyde de chrome uni à un composé boracique donne du vert. Il donne du jaune dans un milieu alcalin. Le chrome produit aussi du rouge lorsque sa couleur verte est virée par une faible dose d'étain. C'est ainsi qu'ont été obtenus les rouges vifs des terres cuites qui encadraient la façade du bâtiment de l'Exposition universelle de 1878.

L'oxyde de fer à basse température donne du rouge. Il donne du jaune et du vert mélangé à à une matière vitreuse.

L'oxyde d'urane fournit ordinairement des colorations jaunes.

L'oxyde de manganèse produit la riche gamme

des violets et des violets bleutés par un ajout de cobalt.

L'>xyde de cobalt offre les bleus; on lui allie souvent une petite quantité d'oxyde de cuivre

L'oxyde d'antimoine donne des colorations jaunes, peu fixes à une haute température.

L'oxyde de cuivre produit du vert, lorsqu'il se trouve uni à des fondants boraciques; du bleu turquoise avec les alcalins, et un rouge carminé d'une grande puissance s'il est mis en rapport avec une faible dose d'étain.

L'oxyde de plomb agit comme fondant.

L'oxyde d'étain par lui-même est incolore et infusible en grande masse. Il est généralement employé comme opacifiant dans la composition des émaux opaques blancs ou colorés. De plus, i introduit en petite fraction, c'est un réducteur [ puissant auprès de certains oxydes. l

L'oxyde d'argent donne du jaune. ;

L'oxyde d'or, sous la forme du pourpre de Cas- ; sius (précipité d'or et d'étain), nous fournit les i riches colorations des roses, des carmins et des pourpres.

Les oxydes de platine et d'iridium apportent des teintes grises et noires. On produit aussi des colorations noires par la réunion des oxydes de cobalt, de manganèse, de fer et de cuivre ou de chrome, dans des proportions définies.

Résumé des procédés employés pour la décoration des poteries. — Les procédés appliqués jusqu'à nos jours à la décoration des poteries se divisent de la façon suivante :

1° Barbotine ou peinture en pâtes colorées, faïence ; pâte sur pâte, porcelaine ;

2° Peinture sous vernis et sous couverte, faïence ou porcelaine ;

3° Peinture sur couverte, faïence ou porcelaine ;

4" Peinture en couvertes colorées, faïence ou porcelaine ;

5° Peinture en émaux colorés, faïence.

6° Peinture sur émail stannifère cru, faïence.

7° Peinture sur émail stannifère cuit, faïence.

1° La peinture dite barbotine s'applique aux faïences en général.

Les couleurs, composées de la même pâte ou d'une pâte blanche que l'on colore en bleu, jaune, vert, etc., par les oxydes colorants, sont appliquées sur la pièce en terre crue, quelquefois sur biscuit.

La cuisson est double, celle des couleurs, qui sont rendues adhérentes, et celle d'un vernis ou d'une glaçure à base plombifère.

Le même procédé en principe s'applique à la porcelaine ; et alors il prend le nom àepâte sur pâte. On procède de la même façon que pour la barbotine de faïence, mais avec des pâtes de porcelaine colorées. Ces colorations sont plus restreintes, vu l'élévation de la température, qui ne conserve que les oxydes les plus fixes.

La couverte est la couverte feldspathique de porcelaine.

2° La peinture sous vernis, sous glaçure ou sous couverte a lieu directement sur le biscuit à l'aide des oxydes métalliques ; c'est le cas de la faïence fine. Dans d'autres cas, pour les faïences siliceuses, par exemple, elle est susceptible d'être appliquée sur un biscuit engobé en blanc.

Suivant les circonstances et le genre de travaux, cette peinture subit un premier feu dit feu de peinture. A un second feu a lieu la vitrification du vernis ou de la couverte, qui apporte le développement des couleurs.

Ces deux opérations se font simultanément pour les produits de fabrication courante.

En porcelaine, la sous-couverte se réduit à l'application sur le biscuit du bleu par l'oxyde de cobalt.

3° Peinture sur couverte. Elle comprend d'une

POTERIE

manière générale les peintures sur couverte de faïence fine ou do porcelaine.

On prépare d'abord des fondants à différentes bases ; ces fondants, ou verres de composition très tendre, sont ensuite mélangés aux oxydes colorants (quelquefois dans la fonte) ; puis, lorsque le mélange est finement broyé, il prend le nom de couleur vitrifiable.

Ces couleurs s'appliquent sur la couverte à l'essence de térébenthine et sont susceptibles de repasser plusieurs fois au feu.

4° Peinture en couvertes colorées. La peinture en couvertes colorées consiste pour la faïence dans l'emploi de verres colorés dans leur masse. Ces verres ou couvertes fondus au four de fusion avec l'oxyde colorant sont ensuite broyés pour être appliqués directement sur la pièce en biscuit.

Cette peinture ne subit qu'un feu. Par ses qualités essentiellement transparentes et la puissance de ses couleurs, elle l'emporte sur les peintures en barbotine ou d'émail en relief. Les couvertes colorées s'appliquent sur toutes les faïences, de préférence sur les biscuits blancs.

Les faïences fines anglaises connues sous le nom de majoliques sont émaillées par ce procédé.

L'application des couvertes colorées a également lieu sur porcelaine. Les matières colorantes unies à la couverte feldspathique ne produisent qu'un petit nombre de colorations variant du bleu au jaune.

On les désigne comme couleurs de grand feu. (Ce terme, improprement donné à des cuissons céramiques inférieures, est employé exactement dans le cas présent.;

5° Peinture en émaux colorés ou émaux en relief. Tout émail doit ses colorations aux oxydes, et son opacité à une matière infusible répandue au sein de sa masse vitreuse.

L'émail est d'abord fondu en galette ou en bloc et broyé sous une meule. Il s'emploie toujours à l'eau et s'applique spécialement aux faïences.

L'oxyde d'étain, l'acide stannique, l'acide antimonique, les os calcinés, le fluosilicate de potasse sont les opacifiants ordinaires des émaux.

Ces derniers, permettant des colorations plus brillantes, sont les plus propres à la coloration des émaux bleus, turquoises, violets, etc.

Nous ne ferons que mentionner l'application des émaux sur verre, sur métaux servant à la bijouterie, émaux de Limoges, etc., sur la lave pour la confection des grands cadrans d'horlogorie, sur les produits usuels de tôle ou fonte émaillce.

6° Peintures sur émail cru. Par peinture sur émail cru on entend l'application de couleurs analogues à celles déjà citées à la peinture sur couverte, sur un émail blanc stannifère cru, c'està-dire n'ayant pas été soumis à l'action du feu depuis son application sur le biscuit.

Les couleurs s'emploient à l'eau, et leur cuisson a lieu simultanément avec celle de l'émail. 11 en résulte à la fusion une certaine homogénéité des couleurs et de la masse que donne rarement le procédé sur cuit.

'* Peinture sur émail cuit. Cette manière ne diffère de la précédente que par la cuisson de l'émail stannifère qui a lieu avant la peinture. Les couleurs sont souvent les mômes et s'appliquent à l'essence Elles ont cuites à un feu voisin de la fusion de l'émail. Au point de vue du résultat, ce procédé est, croyons-nous, inférieur à tous les précédents.

A la suite de ces modes divers de peinture, citons comme complément à la décoration des poterie-, : les métaux et les lustres métalliques.

Quelques métaux, comme l'or, l'argent, le platine (grâce à leur malléabilité et à leur inaltéra-

bilité au feu), sont employés en nature pour la décoration des poteries.

On les réduit d'abord en poudre par des précipités, on les broie longuement à l'essence et on les applique au pinceau sur la couverte ou l'émail cuit. Après une légère cuisson qui a pour but de les faire adhérer à la glaçure, ces métaux sont susceptibles d'un brunissage; pour cette opération on se sert du brunissoir en agate.

Par un procédé produit par nous pour la première fois, en 1876, des métaux d'or ou de platine laminés ont été appliqués en feuille à l'état de paillon entre le biscuit et la couverte de faïence. Ces métaux ainsi emprisonnés sous une couche de verre sont rendus inaltérables et produisent dans leur emploi pour la décoration des effets d'une puissance qui ajoutent aux procédés ordinaires.

Les lustres métalliques sont généralement des métaux appliqués sur les glaçures ou les émaux en couche très mince.

Par le feu, ils reçoivent l'éclat métallique ou des nuances irisées.

Néanmoins, les lustres ou reflets métalliques sont aussi produits par des procédés nombreux et variés, et très souvent les causes qui les ont provoqués sont restées inexpliquées.

Conclusion. — Comme on peut s'en rendre compte par l'exposé qui précède, les procédés employés dans le passé ont été retrouvés et sont tous mis en usage aujourd'hui.

De plus, étant donné les progrès de la science, on doit prévoir que, dans un avenir prochain, la céramique entrera dans une voie féconde en nouvelles et utiles applications.

Renonçant à la stérile imitation des œuvres des époques antérieures, elle se servira de tous les procédés employés jadis pour la création d'un art décoratif nouveau.

En même temps se multiplieront les applications à la décoration des édifices de la céramique moderne, dont les tons riches et variés apportent à l'architecte, au décorateur un si puissant concours. C'est dans cet ordre d'idées que les couvertes colorées dans la masse doivent jouer dans l'art polychrome, par leur éclat et leur solidité, le rôle le plus important.

[Léon Parvillée et Achille Parvillée fils.]

TOUDKEA CA>'0>'. — Connaissances usuelles, XI. — Du jour où les hommes, qui n'eurent pas toujours pour premiers préceptes la concorde et la tolérance, eurent découvert le feu, ils durent songer à l'utiliser pour procéder plus expéditivement à l'extermination de leurs semblables. Aussi dans tous les récits qui nous restent des âges anciens, et qui se réduiraient à un assez mince ensemble si l'on en retranchait ce qui a trait aux luttes entre les divers groupes d'hommes, voyons-nous intervenir ce terrible élément d'une façon plus ou moins efficace. Torches de résine par-ci, flèches incendiaires par-là; et enfin, pardessus tout, ce fameux, ce mystérieux feu grégeois, qui de l'époque antique passejusqu'aux temps modernes, sans que nul des historiens qui en constatent les redoutables effets nous ait légué des notions bien certaines sur la façon de le composer. A les entendre, c'est l'agent destructeur par excellence, c'est comme « vomissure d'enfer » à qui rien ne résiste ; tout ce qu'il touche est consumé ; l'eau, qui éteint les autres flammes, avive, et même allume celle-là. Au total, et bien qu'au temps des croisades, époque où, paraît-il, la manipulation de cet ardent auxiliaire s'était notablement perfectionnée, on cite beaucoup de cas où les combattants en furent les uns très bien servis, les autres fort « dommages », au total, disons-nous, le feu grégeois aurait encore causé plus d'épouvante que de mal réel. Qu'il ait incendié nombre

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