Granleur du Portugal sous la maison d'Avis
— Un fils bâtard de Pierre le Justicier, dom Juan d'Avis, fut porté au pouvoir parune révolution nationale (1383), consacrée par la grande victoire d'Aljubarotta (15 août 1385) où les Portugais repoussèrent l'armée castillane malgré l'étonnement causé dans leurs rangs par l'emploi de l'artillerie. Ce règne inaugura une ère de grandeur et de gloire inouïes pour la nation.
Sous l'infant dom Henri, sous Jean II, sous Emmanuel le Fortuné, on vit se succéder les expéditions maritimes et les conquêtes lointaines. Après la prise de Ceuta (1415), la découverte de l'utrto-Santo, de Madère O-iir,, l'occupation dps Canaries, des Açores (1431), vint l'exploration de la côte africaine, le passage du cap Bojador M i , et du I>io d'Ouro. Si le Portugal refusait d ''condor Colomb, en revanche il soutenait ardemment ses propres navigiteurs, Barthélémy
Diaz, Vasco de Gama, Alvarez ("abral. Le cap de lionne Espérance était doublé (i486), la route de l'Inde ouverte (1497), le Brésil atteint (1500), Ormuz et Socotora conquis. François Almeida, Alphonse Albuquerque, Lopez Soarès fondaient, des rivages de l'Atlantique aux extrémités de la mer des Indes, une domination coloniale qui donnait au commerce européen un développement encore inconnu.
Mais des germes de décadence rapide se montraient à l'intérieur. La royauté s'émancipait des Cortès, devenait absolue, favorisait linquisition et l'ordre naissant des jésuites. Aux colonies, l'intolérance religieuse exaspérait les indigènes que contenait en vain la main ferme de Jean de Castro (1545-1548).
Cependant la littérature brillait d'un vif éclat. La langue portugaise s'animait pour chanter l'amour, la chevalerie, la croisade et les grandes aventures de mer. Les chroniques romanesques de Carvalho, de Barros, de Maraès, l'ouvrage de l'historien Osorio, les poésies patriotiques de Lobo et de Cortereal, pâlissent cependant devant les immortelles Lusiades de Camoens. La prison, l'exil et la misère furent la récompense du poète patriote, du valeureux soldat d'Afrique promenant sa vie errante de Lisbonne à Macao, aux Moluques, à Mozambique, pour mourir pauvre et isolé sur un grabat (1570).
L'avènement de dom Sébastien, élève des jésuites (1557), et sa folle croisade au Maroc contre Muley-Moluc, aboutissant au sanglant désastre d'Alcazarquivir (i août 1578), amenèrent une crise épouvantable. Le roi dom Henri, cardinal couronné, livra son pays à l'Espagne (1580), malgré les efforts des patriotes soutenus par la France.
5. Domination étrangère. La maison de Bragonce. — La lourde domination de Philippe II s'abattit sur le pays. L'inquisition servit le despotisme espagnol. Le Portugal humilié, asservi, systématiquement ruiné, vit s'évanouir son bel empire colonial. Les Hollandais et les Anglais mirent la main sur ses possessions d'Afrique et d'Asie. Sous Philippe III et Philippe IV, l'oppression s'accrut encore, et amena une inévitable explosion. Lu dévoué patriote, le jurisconsulte Pinto Ribeiro, soutenu par Richelieu et encouragé par donha Louise, femme du duc Jean de Bragance, soulève Lisbonne (1er décembre 104C) et affranchit le pays. La victoire de Montijo (1G44) consolide l'indépendance réconquise, mais la faiblesse de Jean IV de Bragance ne peut conjurer la ruine coloniale.
6. No "telle décadence au xvnr* siècle. Réformes de Pombal. — Bombay abandonné (16u0), Tanger et Ceuta perdus (1668), il restait encore au Portugal un vaste empire et des mines au Brésil. Le roi dom Pedro n'en sut pas profiter, et signa, avec sir John Méthuen.un funeste traité qui livrait le commerce du pays à la dise étion de l'Angleterre (1703), en donnant à cette seule puissance le droit d'importer les matières premières en Portugal. Cette alliance entraîna le gouvernement dans une coalition contre la France, et amena des revers au Brésil (prise de Rio-Janeiro par Duguay-Trouin, 1711).
Le triste règne de Jean V (1706-1750) fut suivi d'un réveil inattendu. Un homme énergique, le Richelieu des Portugais, Carvalho, marquis de Pombal, très épris des idées françaises et de la philosophie du xvme siècle, ose entreprendre sous Joseph Ier (1750-1777) de renverser à la fois tous les abus. La noblesse, le clergé, les Anglais lui résistent. Il terrorise les nobles, expulse les jésuites, cherche & rompre le traité de Méthuen. Le tremblement de terre qui ruine Lisbonnevl7.">;>) ne le décourage pas. Réforme des impôts, de l'agriculture, de la législation, il entreprend
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en même temps tout ce qui peut régénérer son pays. La mort de Joseph Ier sauve les privilégiés et fait tomber Pombal du pouvoir dans la captivité et l'exil (1777-1780).
7. L'invasion française. — Une reine insensée, une enfant imbécile, tel était, sous donha Maria et Bon fils Jean, le gouvernement du Portugal à l'heure où éclata la révolution française. Pour la combattre, Jean se mit aux pieds de l'Angleterre, et complota, au milieu des moines du couvent de la Mafra, des plans ridicules d'invasion. La réponse ne se fit pas attendre. Bonaparte somma le Portugal de rompre l'alliance anglaise (1801), et le fit envahir par une armée franco-espagnole. Après Austerlitz, nouvelle intervention (1800) amenant le bizarre traité de Fontainebleau (1807), qui partageait le Portugal en trois tronçons, dont un serait donné à l'infant d'Etrurie comme royaume, un autre à Manuel Godoï comme principauté, tandis que le troisième resterait sous la main immédiate de l'empereur.
Aussitôt envahi par 25 000 Français que conduit le bouillant Junot, le Portugal est abandonné par ses chefs dégénérés. La cour s'entasse sur les navires, avec ses trésors, les richesses des musées, des bibliothèques, et s'enfuit au Brésil à l'heure où les éclaireurs français entrent à Lisbonne. Mais le pays, agité par les moines, se soulève (juin 1808), s'unit à l'Espagne, appelle les Anglais. Vainement Junot, Soult et M asséna font tête à la révolte et arrêtent Wellington. Napoléon ayant rappelé ses troupes de la Péninsule (1813), Il-s Portugais, à leur tour, s'avancent, mêlés aux Anglo-Espagnols, jusqu'à Toulouse (1814). Les traités de 1815 stipulent le rétablissement de Jean VI.
8. La révolution portugaise. — Mais Jean VI refuse de quitter Rio-Janeiro et prétend faire du Portugal une colonie brésilienne. Un Anglais, lord Beresford, trône à Lisbonne comme vice-roi, Un parti libéral se reforme, favorable aux idées françaises, et, le 24 août 1820, Bernardo Sepulveda, colonel du 18e régiment d'infanterie, soulève le peuple, à Oporto, au mot magique de Constitution. Une révolution analogue éclatait en même temps en Espagne.
Les Cortès portugaises, qui n'avaient pas été réunies depuis 1697, font jurer à Jean VI de respecter la charte nouvelle (1821). Mais, parjure à son serment, Jean VI, revenu en Europe, épouvanté parle soulèvement du Brésil, le libéralisme des Cortès de Lisbonne, et excité par les colères du parti de la cour, renverse la constitution avec l'appui des moines, des soldats et d'une foule fanatisée (1823).
Cependant le Brésil avait rompu tout lien avec la mère patrie. Dom Pedro, fils aîné de Jean VI, avait été proclamé empereur (1822), et manifestait des tendances libérales. Son frère cadet, dom Miguel, ignorant, féroce et fanatique, conspire contre le faible Jean VI, s'empare nuitamment du pouvoir (1824) ; il est saisi, exilé, mais revient entreprendre, à la tète des absolutistes, une lutte désespérée à la mort de Jean VI (1826).
Pendant huit ans, la guerre civile déchira le pays. Les libéraux, partisans de dom Pedro qui avait refusé la couronne pour la placer sur la tête de sa fille, donha Maria da Gloria, en lui faisant jurer de respecter la constitution, furent d'abord vaincus par les miguélistes, que soutenait le parti légitimiste européen. Mais l'arrivée de dom Pedro abdiquant la couronne du Brésil pour venir soutenir sa fille en Portugal, changea la situation. Dom Pedro se jette dans Oporto; les libéraux lui ouvrent les portes de Lisbonne. La convention d'Evora (1834) termine la lutte, et dom Miguel exilé cherche en vain à réveiller une dernière fois | son parti vaincu (1835).
Depuis lors, d'orageuses discussions parlementaires ont troublé le pays ; mais la guerre civile est terminée. Libéraux et conservateurs, constitutionnels, chartistes, septembristes ont appuyé ou combattu la constitution de 183s, celle de 1812 ou celle de 1851. Sans être encore à l'abri des coups d'Etat militaires, le Portugal parait entré, depuis trente ans, dans une voie pacifique, où il lui reste beaucoup à faire pour relever ses finances, sa marine, son armée et les derniers débris de sa grandeur coloniale écroulée.
[Paul Martine.]
Pour la géographie du Portugal, V. l'article Es pagne et Portugal.
POSTE. — Connaissances usuelles, VII. — Etym. : de posita statio, en basse latinité posta, station. — En français le mot poste a différentes significations. 11 désigne entre autres le service des stalions de chevaux établies sur les routes, de distance en distance, pour le transport des voyageurs, ou l'institution entretenue généralement par l'Etat pour l'expédition, le transport et la distribution des correspondances dans l'intérieur des localités d'un pays, ou d'un pays à un autre. Dans le langage ordinaire, on s'en sert également pour désigner les bâtiments affectés au service postal, spécialement les bureaux ouverts au public pour la consignation des correspondances, et l'on applique même cette appellation aux voitures qui servent au transport soit des voyageurs, soit des colis postaux.
Comme institution de l'Etat, ayant pour objet essentiel d'assurer le service des correspondances, la poste joue un rôle très important dans le monde moderne. Elle sert de lien entre les nations et entre les individus. Elle établit des communications entre toutes les parties du globe et fait de tous les résultats de l'activité de leurs habitants dans le domaine des idées, des arts, des sciences, de l'industrie et du commerce, le patrimoine commun de l'humanité. Elle prête des ailes à la pensée, facilite toutes les relations, et dans son action incessante, qui ne connaît aucun obstacle, embrasse à la fois tous les actes de la vie économique des peuples, comme tous les détails les plus intimes de la vie de famille et de l'existence des individus. Voltaire disait d'elle, il y a plus d'un siècle : « La poste est le lien de toutes les affaires, de toutes les négociations ; les absents deviennent par elle présents, elle est la consolation de la vie. » On peut dire aujourd'hui qu'elle est un rouage si essentiel dans l'organisation des sociétés humaines, que toute suspension de son activité prend le caractère d'une calamité publique, et que, dans les Etats modernes, le développement des institutions postales marche de pair avec celui de la civilisation.
Au début, la poste n'eut pas le même caractère que de nos jours. C'était une institution exclusivement politique. Elle avait essentiellement pour but de fournir au gouvernement le moyen d'expédier ses ordres dans toutes les provinces, et de se faire tenir au courant de ce qui se passait dans les différentes parties de son empire. Il est probable que les Hindous, les Egyptiens, les Assyriens, et, dans l'extrême Orient, les Chinois qui tous, bien des siècles avant l'ère chrétienne, avaient atteint un haut degré de culture, possédaient déjà des moyens réguliers de communication. On est cependant généralement d'accord pour attribuer aux Perses le mérite de l'invention de la poste. Ce fut Darius, fils d'Hystaspes, qui organisa le premier un système régulier de courriers royaux. Hérodote nous donne une description de cette institution à propos de la manière dont Xerxès transmit à Suze la nouvelle de la défaite qu'il venait d'essuyer à Salamine : « Rien, dit-il, n'est plus expéditif que le mode de transmission des
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messages inventé et employé par les Perses. Sur chaque route sont échelonnés de distance en distance, et par chaque journée de marche, des relais d'hommes et de chevaux, remisés dans des stations spécialement établies à cet effet. Neige, pluie, chaleur, ténèbres, rien ne doit pmpêcher les courrier- de remplir leur office, et de le faire avec la plus grande célérité. Le premier qui arrive passe ses dépêches au second, celui-ci au troisième et ainsi de suite, jusqu'à ce que le message soit rendu à destination : cela rappelle quelque peu la fête des Lampes, telle que la pratiquent les Grecs lorsqu'ils célèbrent les fêtes de Vulcain. En langue persane, ce relais de chevaux et d'hommes s'appelle aggaréion. »
Les Grecs ne possédaient pas une organisation permanente pour le transport des dépêches. Lorsqu'il s'agissait d'expédier un message, et c'est surtout en tvmps de guerre que le cas se présentait, on le confiait à des coureurs nommés hémérorlrome*, qui s'acquittaient de leur mission avec une incroyable vélocité.
Chez les Romains il existait déjà, sous la République, depuis la conquête de l'Italie, à côté d'entreprises particulières, comme celles des péagers, un service spécialement affecté au transport de la correspondance des fonctionnaires, mais qui était, de temps en temps et à titre exceptionnel, utilisé par les particuliers. Les courriers et messagers étaient appelés cursores, statores et tabellarii. L'empereur Auguste perfectionna cette institution. « Il disposa sur les routes militaires, à de courtes distances, d'abord des jeunes gens, puis des voitures de relais pour les courriers, afin d'avoir des nouvelles plus promptes des provinces. » (Suétone, Oct. Aug., ch. xlix). Le cursus publiais, c'est ainsi qu'on désignait cette organisation, ne tarda pas à devenir le grand moyen de transport par terre à l'usage du gouvernement et de ses innombrables fonctionnaires.
Tout était gratuit dans son service, mais on n'était admis à en faire usage que moyennant une autorisation appelée diplôme ou lettre d'évection, qui énumérait les diverses prestations auxquelles le voyageur avait droit. Les stations, mansiones, et les relais, mutationes, devaient entretenir un nombre considérable de chevaux, ainsi que de mulets et de bêtes de somme pour le transport des bagages. Les maisons de poste étaient en même temps de véritables hôtelleries, où logeaient les fonctionnaires en mission, les personnes de distinction munies de diplômes, les ambassadeurs, quelquefois même les empereurs, et où l'on ne manquait de rien de ce qui constitue la commodité du voyage.
Cette organisation dura jusqu'à la destruction de l'Empire par les Barbares, tantôt florissante, tantôt en décadence, suivant que les empereurs réprimaient ou favorisaient les abus auxquels donnait nécessairement lieu la facilité de voyager ainsi commodément aux frais du public ou des provinces écrasées par les réquisitions de chevaux et de fourrage.
Dans le courant du moyen âge, après une tentative avortée de Charlemagne de rétablir le cur-
"■ publics, dont il était resté çà et là quelques vstigos, on voit reparaître, presque simultané- ', dans divers Etats de l'Europe, dos services de transport dans lesquels il est impossible fie méconnaître le point de départ des institutions postales modernes. Il ne s'agit plus, en effet, d'une organisation politique, destinée à servir . vaut tout les buts des gouvernements. Ce sent les bfsoins du commerce naissant; les voyages, les ''enlacements des particuliers qui font les nouveaux moyens de communication, et c'est à ces besoins que es derniers tendent su donner satisfaction. En France, où l'on retrouve
I également des traces d'une organisation postilo 1 fondée et exploitée par les couvents, l'Université 1 de Paris, où affluaient des étudiants de tous pays, créa vers le milieu du xne siècle un corps de messagers pour permettre aux professeurs et aux étudiants d'entretenir des relations avec leurs familles. Ces messagers, auxquels elle réussit à I faire conférer les privilèges et les immunités universitaires, se mettent bientôt à la disposition du public, et ne tardent pas à former une véritable compagnie de transport, qui étend son activité bien au delà des limites du royaume. En Allemagne, les villes, spécialement celles de la Ligue du Rhin et celles de la Ligue hanséatique, organisent à leurs frais des services de messagers qui relient les pays de la mer du Nord avec les ports de la mer Adriatique et avec les grands marchés de la Russie. Vers la même époque, les chevaliers de l'ordre Teutonique, dont le siège était à Marienbourg, entretenaient en Prusse et en Lithuanie un service postal et expédiaient des messagers jusqu'à Rome et en Suède; leur organisation spéciale pour les correspondances est la première qui mérite le nom de poste aux lettres : ils avaient un tarif fixe, des locaux pour la consignation des lettres, un livre d'ordre où elles étaient enregistrées, avec l'indication de 1 heure de la consignation et de celle de l'expédition, qui étaient également indiquées sur l'adresse. Cette organisation ne subsista que 294 années, jusqu'au moment de la dissolution de l'ordre en 1525, par Sigismond, roi de Pologne. Enfin dans d'autres parties de l'Allemagne, spécialement en Wurtemberg, la corporation des bouchers tenait à la disposition du public des chevaux de relais, des postillons et des courriers. Cette poste des bouchers existait encore au xvure siècle.
La révolution sociale amenée par l'invention de l'imprimerie en 1437 exerça une grande influence sur l'institution de la poste. A mesure que le besoin de communications régulières devenait plus sensible, que les relations de pays à pays et de province à province étaient plus fréquentes, et que le trafic et la circulation augmentaient dans des proportions considérables, les gouvernements comprirent qu'il était de leur intérêt de ne pas laisser un instrument économique d'une aussi grande importance entre les mains de villes, d'associations, ou de corporations particulières et en dehors de l'action de l'Etat.
Par un édit daté de Luxies, près de Doullens, le 19 juin 1464, le roi Louis XI rétablit le cursus publiais dans des conditions qui trahissent des vues et des préoccupations parfaitement identiques à cellesdonts'étaientinspirésles premiers fondateurs de l'institution, Darius et l'empereur Auguste. Il devait être établi sur tous les grands chemins du royaume, de 4 lieues en 4 lieues, des relais de poste, commis aux soins d'officiers désignés sous le titre de Maîtres tenant *es chevaux courant pour le service du Roy, et qui devaient constamment entretenir 4 ou 5 chevaux ou plus, suivant les besoins, le tout sous les ordres d'un conseiller, Grand Maître des coureurs de France. Au début, l'institution nouvelle devait être exclusivement à l'usage du gouvernement : « Auxquels maîtres est deffendu de bailler aulcuns chevaux à qui que ce soyt et de quelque qualité qu'il puisse être sans le mandement du roy et du dit, grand maistre, à peine de vie... D'autant que ledit seigneur ne veut et n'entend que la commodité du dict établissement ne soit pour aultre que pour son service. »
11 était cependant fait une exception en faveur des messagers et des courriers du pape, et des cours étrangères en bonnes relations avec la cour de France ; mais un article de L'ordonnance d cution faisait un devoir aux officiers du roi d'excr-
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ccr la plus stricte surveillance sur les voyageurs et sur leurs effets, les autorisant selon les circonstances à visiter ces effets, et à ouvrir les correspondances pour constater si elles ne renfermaient rien de dangereux pour l'Etat.
On se relâcha bientôt de ces prescriptions, car en 1480 la taxe à payer pour le transport des particuliers est fixée à 6 sols par cheval et par relais, et uu édit de juillet 1*95, qui interdit aux courriers sous peine de la hart de transporter des écrits venant de l'étranger et dirigés contre les saints décrets du concile de Bâle et contre la Pragmatique Sanction, fournit la preuve que la poste royale se chargeait du transport des correspondances particulières.
Aussi i'édit de Louis XI est.-il généralement envisagé comme formant, dans l'histoire de la poste, la transition entre le régime des postes privées et 1" système moderne, qui fait de la poste une institution publique relevant exclusivement de l'Etat.
I! était dans la nature des choses que la nouvelle institution entrât en concurrence avec l'organisation postale de l'Université. Petit à petit le gouvernement restreignit les privilèges de 1 institution postale universitaire, en même temps qu'H perfectionnait celle de lEtat et étendait sa sphère d'activité.
En 15' 5, toutes les postes furent placées sous l'autorité exclusive d'un contrôleur général nommé par le roi, et en 15*4 un édit de Henri III ayant créé des messagers royaux, autorisés à se charger de lettres missives, marchat.dises, or et argent, déclara en même temps que les messagers universitaires et les messagers royaux jouiraient des mêmes droits et prérogatives. A cet édit qui mettait fin au monopole exercé depuis si longtemps par l'Université, Henri III en ajouta l'année suivante un second qui astreignait tous courriers et messagers à prendre, pour l'exercice de leur emploi, des lettres de messagers royaux. Ces mesures portèrent un coup fatal aux institutions postales de l'Université ; aussi, quoique dans les lettres d'enregistrement du parlement et de la cour des aides de 15"!', les fonctions des messagers royaux fussent réduites au transport des « sacs et papiers de justice seulement, » la poste royale accapara bientôt la plus grande partie du trafic, grâce aune meilleure organisation. Ce no fut toutefois qu'en 1719 qu'un édit de Louis XV abolit définitivement le privilège de l'Université et consomma la fusion de ses institutions postales avec celles de l'Etat.
A partir de ce moment, la poste prit un développement de plus en plus considérable. Sous Louis XIV, Louvois, nommé surintendant général des portes, les avait affermées pour une somme annuelle de 1,200,000 livres. En 1733, le revenu delà ferme s'élevait à 3 millions de livres, et en décembre 17'.)1, à l'expiration du dernier bail, il avait atteint la somme de 11 millions de livres. L'Etat en ayant repris l'exploitation, l'Assemblée nationale rendit sur l'organisation des postes, leur administration, les tarifs, l'inviolabilité du secret des lettres, une série de décrets qui ont servi de base à l'organisation actuelle.
En Allemagne la poste subit une transformation analogue à celle que nous avons signalée en France. Dans Le courant du xvic siècle appâtait une poste impériale, qui devient un fief héréditaire entre les mains de la famille Thurn et Taxis, dont le chef, Roger de Taxis, avait déjà en litiO organisé dans le Tyrol et la Styrie une poste aux chevaux pour le service de l'empereur Frédéric III pendant ses campagnes en Italie. La nouvelle institution embrassa bientôt tous les pays de l'Empire, à l'exception de l'Autriche, où exisiait déjà antérieurement une organisation postale officielle, et elle s'appliqua à supplanter toutes les institutions privées de transport et de correspondance. Mais en
dépit du monopole auquel prétendait la poste impériale, et en concurrence avec elle, les gouvernements d'un grand nombre de pays allemands voulurent avoir chacun sa poste indépendante, si bien qu'au commencement du xixe siècle on ne comptait pas moins de l'O administrations postales en Allemagne. Les Thurn et Taxis, élevés successivement à la dignité de comtes et de princes de l'Empire, conservèrent leurs postes jusqu'en 1867, époque où elles furent achetées par la Prusse pour une somme de 3 millions de thalers.
L'histoire de la poste dans les autres pays, que le cadre de cet article ne nous permet pas de retracer, a suivi à peu près les mêmes phases et peut se résumer de la même manière. Dans l'antiquité, partout où l'on retrouve des traces d'une organisation postale, la poste est avant tout une institution politique, un instrument de gouvernement, quelquefois un moyen d'exercer une surveillance de police sur les relations des sujets à l'intérieur et avec l'extérieur. Ce n'est que secondairement et accidentellement qu'elle offre aux particuliers et au commerce un moyen de communication. Au moyen âge, le soin de donner satisfaction aux besoins de la circulation est abandonné à l'initiative privée. Des associations se forment à cet effet ; des villes commerçantes, des corporations dont l'activité s'étend en dehors des limites de leur pays organisent des moyens de transport pour la correspondance, pour les marchandises, pour les voyageurs. A mesure que les relations de peuple à peuple grandissent et que le commerce prend un essor plus général, la poste acquiert une importance économique qui attire l'attention des gouvernements. L'Etat s'empare de l'institution, d'abord dans un but politique ; il s'en attribue ensuite le monopole dans un but essentiellement fiscal; puis, par la force des choses, l'accroissement journalier des relations, et sous la pression des idées modernes, il est amené à lui reconnaître et à lui attribuer le caractère d'un service public et à lui vouer une sollicitude en rapport avec le rôle capital qu'elle joue dans la vie et le développement des sociétés humaines. .De nos jours, la poste n'est pas seulement une institution nationale, c'est l'institution internationale et cosmopolite par excellence. Machine universelle dont le moteur est partout et le centre nulle part, elle donne à l'humanité une vie commune, et par ses innombrables rouages y fait concourir et participer tous les êtres civilisés, d'un bout à l'autre de notre globe terrestre. Son histoire ne se laisse plus circonscrire dans les limites d'un Etat. Tous les progrès réalisés, tous les développements acquis dans le champ de son activité, quel que soit le lieu où ils ont pris naissance, ont un caractère de généralité et appartiennent à l'institution tout entière. Seule parmi les pays civilisés, la Chine n'a pas de poste, dans le sens moderne du mot ; elle ne possède qu'une organisation gouvernementale dans le genre de celle des anciens Perses ou du cursus puùlicus de l'empereur Auguste. Partout aiLeurs, la poste est envisagée comme un droit régalien de l'Etat, mais en même temps elle est organisée et administrée par lui comme un service public, destiné avant tout à faciliter et à développer la circulation, le trafic et toutes les relations, en vue de la prospérité publique, comme dans l'intérêt et même pour 1 agrément des particuliers. Les grandes inventions modernes, les bateaux à vapeur, les chemins de fer, en multipliant à l'infini ses moyens d action, ont modifié sou caractère. C'est la poste aux lettres qui forme aujourd'hui son objet essentiel et presque exclusif; car, dans un certain nombre de pays, le transport des voyageurs et des marchandises est complètement laissé à l'industrie privée. Mais la poste aux lettres ne se borne pas à la
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transmission dos correspondances, elle comprend le transport et l'échange des imprimés et de tout ce qui s'y rattache, des échantillons de marchandises, des papiers-valeurs, des valeurs d'or et d'argent, le service des mandats-poste, des mandats d'encaissement ; dans plusieurs Etats, des caisses d'épargne postales ; et même, dans la Grande-Bretagne, des caisses de pensions viagères et d'assurances en cas de décès. Sauf les différences qui résultent du plus ou moins grand nombre de branches d'activité qu'elle embrasse, son organisation est partout la même, elle est universellement régie par les mêmes règles, et les efforts de ses nombreuses administrations tendent uniformément à réaliser dans son service ces trois grands avantages : célérité, sécurité et bon marché.
Les faits les plus saillants de l'histoire de la poste dans cette dernière période sont la réforme connue sous le nom de petmy-posttige,et la création de l'Union postale. En 1840, un citoyen anglais, Rowland Hill, réussit à faire prévaloir dans la Grande- Bretagne le principe que les taxes postales doivent être uniformes et aussi peu élevées que possible, et à introduire la taxe de un penny pour les lettres affranchies, dans toute l'étendue des Trois-Royaumes. Cette innovation, qui fut imitée bientôtdansun grand nombre de pays, fut le point de départ d'une véritable révolution dans l'institution de la poste aux lettres; elle entraîna comme conséquence l'usage des timbres poste et de l'affranchissement. Elle profita également aux administrations et au public en simplifiant le service et en augmentant, dans une mesure que nul n'aurait, pu prévoir, le mouvement des correspondances. Elle fut le prélude d'un mouvement général dans le sens de l'unification des principes qui régissent la poste, mouvement qui se traduisit par la conclusion de conventions postales entre les diverses administrations, et qui aboutit à la création de l'Union postale universelle. Depuis l'invention des chemins de fer et des télégraphes, les relations ne connaissent plus de frontières ; de là la tendance à leur assurer dans le vaste domaine du service international des facilités analogues à celles qui leur étaient offertes dans le service interne, et en même temps, pour les administrations, la nécessité d'introduire dans le mécanisme de l'échange postal international des simplifications sans lesquelles il n'aurait pas été. possible de faire face aux exigences de l'accroissement progressif du trafic. Déjà, en 1850, la Prusse et l'Autriche avaient organisé une union postale austro-allemande, qui englobait toutes les administrations postales de l'Allemagne. En 1861, à l'instigation de l'administration postale des Etats-Unis de l'Amérique du Nord, des délégués d'un grand nombre de pays se réunirent à Paris, pour discuter les principes qui devaient servir de base aux conventions postales et régir les relations des administrations entre elles.
Enfin, un traité conclu à Berne en 1874, à la suite d'un congrès, par les représentants de tous les Etats do l'Europe, plus ceux des Etats-Unis d'Amérique et de l'Egypte, fonda l'Union générale des postes, qui, dans un congrès subséquent, tenu à Paris en 1878, auquel prirent part 33 Etats des différentes parties du monde, prit le nom d'Union postale universelle. Cette gigantesque association dont l'initiative revient à l'administration allemande, embrasse aujourd'hui les Etats suivants : l'Allemagne avec la Bavière et le Wurtemberg: l'Autriche-Hongrie, la Belgique, la Bulgarie, le Danemark avec les îles Féroé, l'Islande, le Groenland et les Antilles danoises ; l'Espagne, y compris les Baléares, les lies Canaries et toutes les colonies espagnoles; la France avec l'Algérie et les colonies françaises, y compris les îles de l'Archipel océanique soumises au protectorat de la
France; la Grande-Bretagne, y compris Malte, Chypre, Héligoland et Gibraltar, l'empire de l'Inde britannique avec l'Ilindoustan (y compris les Etats tributaires) et la Birmanie britannique, Aden, le Dominion du Canada, Straits-Settlements, Labouan, Maurice, les Bermudes, Jamaïque, Trinité, Guyane britannique, Hong-Kong, Côte-d'Or, Gambie, Lagos, Sierra-Léone, îles Falkland, Honduras britannique, Terre-Neuve, îles Bahamas, îles Vierges, Antigoa, Dominique, Montserrat, Nevis et Saint-Christophe; la Grèce, l'Italie, le Luxembourg, le Monténégro, la Norvège, les Pays Bas et les colonies néerlandaises; le Portugal, y compris Madère et les Açores, et les colonies portugaises; la Roumanie, la Bussie, la Serbie, la Suède, la Suisse, la Turquie, la Perse, le Japon, l'Egypte, la république de Libéria, les Etats-Unis de l'Amérique du Nord, le Mexique, la république de Saint-Domingue, celle de Haïti, les Républiques de Honduras et de San-Salvador, les Etats- Unis de Venezuela, la république de l'Equateur, le Pérou, le Chili, le Brésil, lUruguay et la république Argentine. Ces pays couvrent une étendue de "9>Ui 000 kilomètres carrés, et leur population est évaluée d'après les statistiques les plus certaines à 777G45 00U âmes. Le traité de Berne avait proclamé l'uniformité des taxes, la liberté du transit, la suppression des décomptes entre les administrations, l'abaissement des taxes de transit et leur payement au moyen d'indemnités annuelles, calculées d'après la statistique. La convention de Paris a affirmé les mêmes principes en leur assurant une application plus complète et plus générale ; elle a introduit un nouveau dégrèvement du transit et facilité l'accession de l'Union à tous les pays du globe. Voici un résumé de ses dispositions :
Les pays entre lesquels est conclue cette con vention forment, sous la dénomination d'Union postale universelle, un seul territoire postal pour l'échange réciproque des correspondances entre leurs bureaux de postes. La convention s'étend aux lettres, aux cartes postales, aux imprimés de toute nature, aux papiers d'affaires et aux échantillons de marchandises. La liberté du transit est garantie dans le territoire entier de l'Union. Les frais de transit, savoir pour les parcours territoriaux 2 fr. par kilogramme de lettres ou cartes postales, 0 fr. 25 c. par kilogramme d'autres objets ; pour les parcours maritimes 15 fr. par kilogramme de lettres ou cartes postales et 1 fr. par kilogramme d'autres objets, sont à la charge de l'administration du pays d'origine. La taxe de l'Union est fixée pour les lettres à 25 centimes en cas d'affranchissement et au double dans le cas con ti aire, pour chaque lettre et chaque poids de 15 grammes ou fraction de 15 grammes; pour les cartes postales, à 10 centimes par carte; pour les imprimés de toute nature, les papiers d'affaires et les échantillons de marchandises, à 5 centimes par objet et par poids de 50 grammes, la taxe des papiers d'affaires ne pouvant toutefois èire inférieure à 25 centimes, et celle des échantillons à 10 centimes par envoi. Les envois soumis à des frais de transit maritime peuvent être chargés d'une surtaxe ne dépassant pas 25 centimes par lettre, 5 centimes par carte postale et .> centimes par 50 grammes pour les autres objets. Les envois peuvent être expédiés sous recommandation, moyennant une taxe spéciale de 25 centimes au maximum en sus de la taxe ordinaire. L'affranchissement ne peut être opéré qu'au moyen de timbres-poste valables dans le pays d'origine pour la correspondance des particuliers. Chaque administration garde en entier les sommes qu'elle perçoit. Un bureau international, dont le est à Borne, remplit les fonctions d'intermédiaire entre les différents membres de l'Union; ii
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est chargé entre autres de publier un journal, qui sert d organe à cette dernière, et qui parait à la fois en français, en anglais et en allemand. Les dissentiments entre membres de l'Union, relativement à l'interprétation de la convention, sont réglés par jugement arbitral. Les pays qui ne font pas encore partie de l'Union sont admis à y adhé rer, au moyen d'une simple déclaration, faite par la voie diplomatique entre les mains du gouvernement suisse, administration gérante. Cette convention est entrée en vigueur le 1er avril 1879. Le Congrès de Paris de 1878 a, en outre, élaboré deux arrangements concernant l'échange, l'un des lettres avec valeurs déclarées, l'autre des mandatsposte. Le premier a été signé entre l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie, la Belgique, le Danemark et les colonies danoises, l'Egypte, la France et les colonies françaises, l'Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal et les colonies portugaises, la Roumanie, la Kussie, la Serbie, la Suède et la Suisse ; le dernier a reçu l'adhésion des mêmes pays à l'exception de la Kussie, de la Serbie et des colonies portugaises. La taxe des lettres avec valeurs déclarées se compose du port de la lettre et du droit de recommandation, plus d'un droit d'assurance de 10 centimes par 200 francs pour les pays limitrophes et de 25 centimes pour les autres pays. Le maximum des mandats-poste est de 50 i francs, la taxe est de "25 centimes par 25 francs, mais il peut être perçu un maximum de 50 centimes pour tout mandat n'excédant pas 50 francs.
hn dernier lieu, une conférence internationale réunie à Paris (188O), a adopté une convention destinée à régulariser le transport des petits paquets. En voici les dispositions essentielles :
Il peut être expédié de l'un des pays adhérents pour un autre de ces pays, sous la dénomination de « colis postaux », des colis sans déclaration de valeur jusqu'à concurrence de 3 kilogrammes; la taxe se compose d'un droit de 50 centimes par pays participant au transport territorial.
Le transport maritime est rémunéré à raison de 25 centimes jusqu'à LOO milles, de 50 centimes de 500 à lOuO milles, 1 franc de lOOO à 3U00 milles 2 francs de 30 m à 6000 milles, et 3 franc» au-dessus de 6000 milles.
Comme mesure de transition, chacun des pays contractants a la faculté d'appliquer aux colis postaux provenant ou à destination de ses bureaux, une surtaxe de 25 centimes par colis. Exceptionnellement, cette surtaxe est élevée à 50 centimes pour la Grande-Bretagne et l'Irlande, à 75 centimes pour llnde britannique et pour la Perse, et à l franc pour la Suède.
D autre part, il peut être perçu par le pays destinataire une taxe de factage pour le port à domicile et l'accomplissement des formalités de douane, sans excéder 25 centimes par colis. La législation intérieure de chacun des pays contractants demeure toutefois applicable pour tout ce qui n'est pas prévu dans les stipulations de la convention. Tout pays où la poste ne se charge pas actuellement du transport des petits coiis et qui adhère à la convention, aura la faculté d'en faire exécuter les clauses par les entreprises de chemin de fer et de navigation ; il pourra en même temps limiter ce service aux colis provenant ou à destition de localités desservies par ces entreprises.
Cette convention entrera en vigueur le 1er octobre 1881. Elle a été signée le 3 novembre 1880 par les représentants de l'Autriche-Hongrie, de la Belgique, de la Bulgarie, du Danemark, de l'Egypte, de l'Espagne, de l'Italie, du Luxembourg, du Monténégro, de k Suède et de la Norvège, du Portugal, de la Roumanie, de la Serbie, de la Suisse et de la Turquie. La Grande-Bretagne, l'Inde britannique, les Pays-Bas, et la Perse, qui \
étaient également représentés à la conférence, se sont réservé un délai jusqu'au 1er juillet I8S1 pour apporter leurs signatures à la convention.
Les renseignements suivants sont empruntés à la statistique publiée annuellement par le bureau international de Berne :
Voir le tableau ci-après, p. 1696.
Statistique du trafic postai de la France en 1879.
Nombre de kilomètres parcourus pendant l'année:
Par les wagons-poste 63 214 7)5
Par les malles-puste 3i 243 862
Par les services à cheval 3 622 033
Par les services à pl;d 13 994 830
Par les services en bateaux 222 380
Service intérieur:
Lettres affranchies 396 094 ObO
Lettres non ou insuffisamment affranchies.. . . 4 lOù 10S Lettres franches de port 54 411 024
Total 454 611 184
Cartes postales
Simples
Avec réponse paj ée
Journaux cl autres publications périodiques
servies par abonnement
Autres imprimés de toute nature. Nombre de
paquets
Echantillons de marchandises
Papiers d affaires
Envois recommandés
Nombre.
Lettres avec déclaration de valeur
Demandes d'avis de réception ....
,. , . , ,1 Nombre
Mandats de poste y. ie„.
Recouvrements opérés Valeur " '
Valeur.
Service international.
25 3u7 992 2*8 va)
Lettres affranchies J Expédiées 31 ■
I Reçues.. . 29 484 61b
Lettres non ou insuffisamment af- 1 Expédiées 818 667
franchies (Reçues... 946 844
m 1 ™. i - 1 Expédiées 1 569 429
Cartes postales ! r> , cmtl,
/ Reçues.. . 1 614 197
Cartes postales avec réponse payée Journaux et autres publications .
1 Expédiées 38 112
( Reçues... 74 431
) Expédies. 14 697 252
I Reçus.. . . S 325 854
..... . 1 Expédiés. 4 407 514
Autres imprimes de toute nature Re£us... 2 496 815
- , .... , . .. 1 Expédiés. 1632911
Echantillons de marchandises. . . rcÎ.u- 925 O-'S
„ . ,, „■ ■ S Expédies. 299 570
Papiers d affaires j Re£us miiJi
„ ., 1 Expédiés. 580 8>3
Envois recommandes > Ke£us#... 918 169
Lettres avec déclaration de valeurs :
Expédiées... Nombre 45 271 ; Valeur fr. 34 240 506
Reçues — 52 0o7 — 39 624 273
„ , ,, . . , ,. \ Expédiées 11 22s
Demandes d avis de réception .. . Re£ues... 6 923
Mandats de pustc :
Expédiés. . . Nombre 474 426 ; Valeur fr. 21 603 2 .9 Reçus — 462 509 — 13 834 382
A consulter. — Le Quien de la Neufville, Origine des postes chez les anciens et chez les modernes, Pari-, 17US; — Gouin, Essai historique sur l'établissement des postes en Francs, etc., Paris, 1823; — Remède, Des postes en général et particulièrement en France, Paris, 1826 ; — A. de Kothschild, Histoire de la poste aux lettres, 3e éiiit., Paris, 2 vol.; — Hod. Rousseau, Traité de la Correspondance par lettres, missives et télégrammes, 2° édit., Paris, L-/^ ; L. Renault, La poste et les télégraphes, Paris, 1877; — Union postale, années 1875 à 1880, Berne.
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