‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 285 sur 534 · PRIMAIRES (TERRAINS · texte numérisé non relu

PRIMAIRES (TERRAINS

tité dont elle en est actuellement éloignée, et, surtout, le sens et la rapidité de sa marche. Si l'aiguille tend à monter, c'est un signe qu'on marche vers le beau temps; mais la pluie en été, le brouillard en hiver, peuvent survenir d'abord par suite de l'entrée de vents froids dans une atmosphère relativement chaude et humide. Si au contraire le baromètre est à la descente, on marche vers la pluie; mais, généralement, on traverse d'abord une période de beau temps et de température relativement chaude dans le jour, pouvant être accompagnée en hiver de gelées nocturnes. Si la baisse continue, le vent s'élève des régions sud ou sud-ouest et la pluie survient. Dans les fortes tempêtes, le baromètre étant à son point le plus bas, le calme et le beau temps peuvent très bien reparaître, mais ils ne durent pas : le baromètre commençant à remonter, le vent s'élève de nouveau en tournant à l'ouest ou au nord-ouest et ramène des pluies. Cet état dure jusqu'à co que le vent ait atteint ou franchi le nord-ouest et que le baromètre ait dépassé sa position moyenne : pendant ce temps la température a de nouveau baissé. Si après le relèvement du baromètre le beau temps reparaît et si, en même temps, la température reste chaude, et que le vent retourne ou se maintienne vers l'ouest, c'est une nouvelle bourrasque ou tempête qui va succéder à la première. Il peut donc pleuvoir ou faire beau temps soit par un baromètre haut, soit par un baromètre bas, ce qui fait dire que le baromètre est souvent menteur; c'est qu'on se contente de noter sa position actuelle et non pas la phase de son excursion, la seule vraiment intéressante : c'est aussi que le baromètre est un témoin des changements du temps et non leur cause ; c'est enfin que la perturbation qu'il accuse embrasse un espace très «tendu et que les pluies sont quelquefois très localisées. Cette dernière raison est particulièrement accentuée dans la saison des orages. Les troubles généraux de l'atmosphère qui produisent ces grands météores sont peu intenses, et les orages surviennent le plus souvent, en été, quand le baromètre est près de sa hauteur moyenne. Les vents violents qui les accompagnent souvent et les grêles qu'ils sèment sur leur route, sont localisés sur des bandes de terrain généralement très étroites, mais quelquefois très longues.

Les bourrasques tournantes offrent au printemps un danger particulier. Quand elles traversent la France, elles y sont précédées d'un temps chaud ; elles y sont accompagnées de pluies, et suivies de près par un beau ciel avec gelées nocturnes d'autant plus dangereuses qu'elles succèdent plus rapidement à un temps favorable à la végétation. Il importe de les surveiller de très près au moyen du baromètre et des vents, quand on a les moyens pratiques de préserver ses récoltes de leurs atteintes. [Marié-Davy.]

PRIMAIRES (TERRAINS). — Géologie, VI.

— On les appelle aussi terrains palseov tiques, de transition, de grauwacke. Ils ont été divisés en quatre groupes dont les trois inférieurs, longtemps coufondus ensemble sous le nom de terrains ardoisiers, ont été distingués, il y a déjà une quarantaine d'années, par Sedgwick et Murchison, sous les noms de terrains camhrieu, silurien et dévonien. Le quatrième est le terrain carbonifère. Les couches, originairement horizontales, sont relevées, contournées, plissées, quelquefois même verticales, comme dans les ardoisières d'Angers. Alcide d'Orbigny a rencontré, dans les Andes de Bolivie, l'étage silurien avec ses fossiles à la hauteur de 5 OOit mètres au-dessus de la mer.

En France ils accompagnent le plus souvent les terrains primitifs dans les régions qui en sont composées, comme dans la Bretagne, les Vosges, le Plateau central et les Pyrénées ; les massifs

primitifs des Alpes et des Maures n'en paraissent pas dépourvus. Ils constituent aussi à eux seuls l'Ardenne.

Comme pour tous les terrains sédimentaires ou neptuniens, les roclies sont de trois sortes principales : argileuses, arénacces et calcaires; mais presque toujours plus ou moins fortement endurcies. Les argiles dans leurs degrés successifs d'endurcissement sont les schistes argileux, les schistes ardoisiers ou phyllades qui deviennent satinés et finissent par ressembler aux talschistes, auxquels ils passent véritablement. Les sables donnent des grès plus ou moins durs qui deviennent lustrés et finissent par se distinguer difficilement des quartzites. Les calcaires sont compacts avec grains ou nodules cristallins dus à des fossiles transformés en calcaire spatbique.Le schiste et le grès, en se mélangeant, donnent la grauwacke, qui est dure, et le psammite qui est tendre et souvent micacé. Le schiste et le calcaire donnent le calschiste. Les végétaux enfouis dans les argiles ont donné par leur décomposition plus ou moins complète des charbons, soit *^qne purs, Yanthracite, soit plus ou moins bitumineux, la houille.

Le terrain cambrien, dans l'Ardenne, peut se diviser en trois étages. L'inféHei'r, qui fait peutêtre partie du terrain primitit, est formé de phyllades luisants bleuâtres ou verdâtres, donnant des ardoises; les quantités extraites sont fort considérables; on en fabrique annuellement 25 685 000 àDeville et Monthermé, et 40 700 000 à Rimogne; ces phyllades renferment assez souvent de petits cristaux de fer oxydulé et de la pyrite en gros cubes. L'étage moyen se compose de phyllades bleus, rouges, verts ou violets, avec pyrite, alternant avec des grès gris, bleus, verts ou rouges ; ils sont exploités pour ardoises à Fumay, où on en extrait annuellement 52 644 000. C'est surtout dans la carrière Sainte-Anne qu'on voit bien la disposition oblique des feuillets par rapport aux couches. Cette disposition paraît due à une action postérieure au plissement du terrain, car les feuillets conservent leur inclinaison de 36°, quello que soit l'inclinaison des couches, qui est en moyenne de 25°; elle est encore rendue plus sensible par l'interposition de lits de grès. L'étage supérieur commence par des poudingues à cailloux de quartz; viennent ensuite des grauwackes gris bleuâtre à taches rouges, contenant des phylladesbleus a.\QzTerebratula, Spirifer, encrines.atc, et quelques couches interrompues de calcaire compact noir avec nombreux débris d'encrines. Dans tous ces terrains, il y a de nombreux filons de quartz.

Le terrain silurien, en Bretagne, commence par des poudingues quartzeux et des grès rougeâtres recouverts par des grès blancs fins, en bancs séparés par de petits lits de schistes argileux rouge. Par-dessus viennent des phyllades tantôt micacés, comme à Rennes, et tantôt purs bleus, comme à Angers où ils renferment des trilobites (Ogygia Guettardi,0. Desmaresti, Calymene Tristaw, etc.), et où on les exploite pour ardoises dans des fosses à ciel ouvert de 100 mètres de profondeur et de plus de 4 000 mètres carrés de surface. On y emploie 2 000 ouvriers et on en tire annuellement pour plus de 1 500 000 fr. de produits. Les dernières couches sont composées de calcaires compacts noirs à encrines et trilobites et de schistes rouges ou verts. Dans la Sarthe, la Manche, etc., il y a des couches d'ampélite exploitées pour faire des crayons. A Valognes on y trouve VOrthoceras gregarium, des Spirifer, des Productus, le Graptoiites spiralis. Dans les ardoisières d'Angers, les feuillets sont verticaux, tandis que les couches sont moyennement inclinées, ce qui démontre bien que cette schistosité est due à une action postérieure. C'est dans cet étage que se trouvent près

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