PRÉPOSITION
proie. Avec le défunt étaient enfermés des armes et des quartiers de viande, ces derniers pour lui servir de provisions pour le grand voyage, les autres pour lui permettre de continuer dans l'autre monde ses chasses et ses guerres ; et ces rites, identiques à ceux des Peaux-l'ouges actuels, montrent que nos premiers ancêtres avaient foi dans une vie future.
Dans maintes localités on reconnaît qu'en dehors des cavernes funéraires se trouve un foyer entouré de débris d'animaux ; ce qui prouve que l'inhumation était accompagnée de repas, comme l'usage s'en est perpétué dans tant de pays.
Les célèbres monuments mégalithiques connus sous les noms de dolmens, de menhirs, de cromlechs, d'allées couvertes, dont les druides se sont servis sans en savoir l'origine, sont aussi des tombeaux. Toutes les fois qu'on y a fait des fouilles, on en a extrait des vestiges des époques antéhistoriquec.
Enfin, des cadavres entiers, surtout de l'âge de bronze, et même de l'âge de la pierre, ont été retirés de certaines tourbières dont la substance éminemment antiseptique s'oppose à la décomposition putride. C'est ainsi qu'on a découvert en Irlande le corps d'une femme chaussée de sandales et qui était à peine altéré, et c'est ainsi encore que dans le musée de Copenhague se trouvent des vêtements entiers provenant des auteurs mêmes des kjôkkenmôddings.
Comme on le voit par le très rapide résumé qui précède, l'histoire primitive de l'homme, commencée depuis si peu de temps, a déjà réalisé des progrès immenses, et si les conquêtes faites nous répondent de l'avenir, on doit compter qu'un jour nous connaîtrons l'histoire de nos premiers ancêtres jusque dans les particularités les plus intimes. [Stanislas Meunier.]
PRÉi'OSITIOX. — Grammaire, XVII. — La préposition est un mot invariable qui sert à unir deux mots en marquant le rapport qu'ils ont entre eux. Ex : Le livre de Paul ; — utile à l'homme. De et à sont des prépositions.
Préposition vient du latin prsepositio (prs, en avant ; positio, position).
Quand nous disons : il vient oe Paris, nous réunissons les deux idées de venir et de Paris par un lien qui les rattache l'une à l'autre et marque leur dépendance. Ce mot de qui sert à rapprocher, à mettre en contact, en rapport deux idées isolées, s'appelle une préposition.
Les principaux rapports exprimés par les prépositions sont au nombre de cinq. Ce sont les rapports :
1e De tendance ou d'éloignement : à, de, envers, pour ;
2° De cause, de propriété, d'origine : de, par, pour;
3" De manière, de moyen : avec, de, par, selon, sans, hors, hormis, outre, malgré;
4° De temps : avant, après, dès, depuis;
5* De lieu : à, dans, en, de, chez, devant, derrière, sur, sous, vers, entre, parmi, voici, voilà.
Il est difficile de classer d'une manière absolue les prépositions 6elon le rapport qu'elles expriment, car ces rapports varient presque à l'infini, et la plupart des prépositions changent même de sens selon les mots qu'elles servent à réunir. Ainsi à peut marquer l'intention : j'écris à ma mère; Véloignement : j'ai arraché une branche à cet arbre ; le lieu où l'un est ."je suis à Paris; le lieu où l'on rn : je vais// Paris; le moyen, la manière : à raconter ses maux, souvent on les soulage, etc.
Remarque. — 1" Il ne faut pas confondre <J, préposition, avec a, troisième personne du singulier du verbe i voir; ", préposition, est marqué d'un accent grave : il monte n cheval; a, verbe, n'a pas d'accent : il a un livre.
2° Dès, préposition, prend un accent grave : il se lève dès l'aurore; des, article contracté, n'a point d'accent : les feuilles des arbres.
Les prépositions formées d'un seul mot, comme à, île, dans, etc., sont dites prépositions simples. Les prépositions formées de deux ou de plusieurs mots, comme quant à, au-dessus de, etc., sont dites locutions prépositives.
Formation des prépositions simples. — Le français a reçu du latin le plus grand nombre de ses prépositions simples, mais il en a formé lui-même plusieurs, à l'aide des noms, des adjectifs et des verbes français.
Les prépositions simples que nous tenons directement du latin proviennent :
1° Soit de prépositions latines simples, comme à (ad ., de (de), contre tcontra), en (in), entre inter), outre (ultra), pour ^pro), sans (sine), sur (super), sus (sursum), sous (subter ;
2° Soit de la réunion de deux prépositions latines simples, comme avant (de ab et ante,, envers (de in et de versus, vers) ;
3° Soit de substantifs latins, comme parmi [per médium, littéralement par le milieu). Chez vient du latin casa (maison). La locution latine in casa devint dans notre ancienne langue en chez; on disait au treizième siècle il eU en chez Gautier (est in casa Walterii). La préposition en disparut au quatorzième siècle et on dit alors comme aujourd'hui : il est chez Gautier.
4° Soit de participes passés latins, comme / rès (du participe pressum, qui est pressé, serré contre, etc.).
La langue française a tiré de son propre fonds des prépositions nouvelles à l'aide des subbtantifs, des adjectifs et des verbes.
1° Du substantif : malgré (composé de l'ancien adjectif //, al, mauvais, etdu substantifs?^, volonté).
2" De l'adjectif : sauf (que nous retrouvons dans sain et sauf). Ex. : sauf mes intérêts (c'est-à-dire mes intérêts étant saufs) .
3° De l'impératif : voici, voilà 'pour vois ici, vois là). Ces mots sont composés des adverbes ci et là et de voi, ancien impératif du verbe voir. Voici le lo"p signifie donc proprement : voyez ici le loup, ou le loup est ici, voyez-le.
Voici annonce ce qu'on va dire ; voilà rappelle ce qu'on vient de dire : Voici ce que je vous apporte : une histoire, une grammaire et un atlas. — La prudence et la sagesse, voilà ce que Salomon demande à Dieu.
4° Des participes passés : attendu, excepté, passé, supposé, vu. Ex. : Attendu sa faiblesse ; excepté cette femme, etc.
Il faut y ajouter hormis, qui était dans le vieux français hor-mis. c'est-à-dire mis hors. Dans cette locution, le participe mis était variable; on disait au treizième siècle : Cet homme a perdu tous ses enfants, hors mise sa fille. Au quinzième siècle, le participe mis s'est soudé à l'adverbe hors, et la locution hoi's mis est devenue à son tour une préposition.
5° Des participes présents : durant, pendant, suivant, touchant, moyennant (part, présents des verbes durer, pendre, etc.). Ex. : Durant le jour; pendant le procès ; c'est-à-dire le jour durant, le procès étant pendant.
Le vieux français plaçait souvent le participe avant le nom auquel il se rapporte dans certaines tournures équivalentes à l'ablatif absolu des Latins : L'esclave fut jeté au feu, voyant le roi, c'est-à-dire, en présence du roi, le roi le voyant, vidente rege. — Une des parties vint à mourir pendant le procès, c'est-à-dire le procès étant pendant, pendente re).
De même, on aurait tort de voir une inversion i vie durant ; durant sa vie est au contraire 1 nversion véritable.
PRÉVISION DU TEMPS
1715 — PREVISION DU TEMPS
Nonobstant vient du latin (non obstante), qui veut dire n'empêchant pas.
FORMATION DES LOCUTIONS PRÉPOSITIVES. — Les
locutions prépositives sont formées, pour la plupart, soit à l'aide de substantifs, soit à l'aide d'adverbes suivis de la préposition à ou de : ainsi les noms tels que face, force, travers, faute, rapport, ont donné les locutions en face de, à force de, au travers de, faute de> par rapport à; et les adverbes tels que loin, autour, près, etc., ont formé loin de, autour de, près de, au-devant de, vis-à-vis de, etc.
Vis-à-vit est formé du vieux substantif français vis (visage) ; cette locution équivaut donc à face à face. On retrouve encore ce vieux mot vis dans le dérivé visière (la visière était à l'origine la partie du casque servant à protéger le vis, le visage). Aussi cette locution se construit avec de. Ex. : je me plaçai vis-à-vis de lui. Dans aucun cas elle ne •se prend au figuré. Il faut dire : Ingrat envers son bienfaiteur, et non : vis-à-vis de son bienfaiteur.
Pourtant, dans le style familier, l'usage permet de dire : vis-à-vis notre maison, vis-à-vis le palais.
Au travers est toujours suivi de la préposition de : Il se fit jour au travers des ennemis. — A travers n'en est pas suivi : Il marchait à travers les épines.
Près et prêt sont semblables pour l'oreille, mais •ont un sens différent : Près de, suivi d'un infinitif, signifie sur te point de : La lampe est près de s'éteindre. — Prêt à signifie disposé à : L'ignojance toujours est prêteà s'admirer.
Pour l'emploi des prépositions, V. Syntaxe. [J. Dussouchet.J
PRÉVISIOIV DU TEMPS. — Météorologie, XX. — L'art tle prévoir le temps qu'il fera plus ou moins prochainement, d'après l'état actuel du ciel, ■a été connu dès la plus haute antiquité et pratiqué par des populations que la vie au grand air familiarisait avec les variations locales de l'atmosphère. L'ensemble des règles qui présidaient à l'exercice de cet art constitue la mëtéorognosic (connaissance des météores).
La science moderne est venue ajouter à ces règles le secours d'instruments variés et d'observations simultanées faites sur une grande partie de ia surface de la terre. Les lois des changements du temps et de leur mode de progression à la surlace du globe ont pu être constatées ; elles se précisent de plus en plus à mesure que s'accroît la collection des cartes quotidiennes servant à figurer l'état simultané de l'atmosphère sur Ja plupart des continents et des mers de l'hémisphère septentrional. De là sont nés les divers .services des avertissements météorologiques qui fonctionnent régulièrement dans la plupart des pars civilisés.
Le service des avertissements français a pris naissance à l'observatoire de Paris ; il est actuellement placé dans les attributions du bureau météorologique central créé après la mort de Le Verrier. 11 est fondé sur le tracé quotidien de la carte du temps que le bureau central expédie chaque jour, soit aux ports de mer, soit aux principales communes de France, en l'accompagnant du tableau des documents qui ont servi à la dresser ainsi que du résumé de la situation météorologique qu'elle met en relief.
Cartes quotidiennes de l'état dd temps. — Les éléments nécessaires pour la construction de ces cartes sont : la hauteur du baromètre, la température, l'état du ciel, des vents et de la mer, la pluie. Ces données observées à 7 ou 8 heures du matin, suivant la saison, sont expédiées par télégraphe au bureau central, de 1 10 ou 115 stations de France, d'Europe et d'Algérie.
La hauteur barométrique de chaque station,
corrigée do l'influence moyenne de l'altitude de la station, est pointée sur la carte en son lieu. Le météorologiste trace ensuite, au travers de tous les chiffres, les courbes passant par les points où la pression est estimée la même : ce sont les courbes isobares ou d'égale pression. La courbe correspondant à la pression 7G0 est marquée par un gros trait; les autres vont de 5 en 5 millimètres au-dessus ou au-dessous de cette moyenne. Nous reviendrons sur la signification de leurs inflexions.
Sur la même carte, un petit cercle marque l'état du temps en chaque station et indique, d'après des conventions inscrites sur la carte même, si le ciel est beau, nuageux, couvert, pluvieux ou brumeux. En même temps, des flèches marchant dans le sens du vent, vers le centre de chaque cercle, indiquent la direction du vent des girouettes en ce point. Le nombre de pennes ajoutés à la flèche marquent, de 0 à 6, la vitesse du vent, depuis le vent très faible jusqu'au vent violent. L'état de la mer sur les côtes est enfin figuré par des signes spéciaux. Pour compléter cette carte, qui est la plus importante, des lignes ponctuées, au lieu d'être à trait plein, passent : l'une par les points où la pression n'a pas changé depuis la veille; les autres par les points où le baromètre a monté ou baissé de 5 millimètres.
La seconde carte est consacrée aux températures du jour et à ses variations depuis la veille.
Ces cartes, dont l'origine, à l'observatoire de Paris, remonte à la fin de l'année 186-3, ont dès le début conduit à d'importants résultats.
La pression barométrique n'est jamais uniforme à la surface de l'Europe ; elle s'en rapproche cependant beaucoup pendant certaines époques de calme général. Mais, dès qu'un trouble quelconque tend à envahir l'atmosphère, les lignes isobares se contournent et leur nombre augmente, en même temps qu'elles se resserrent ou que la distance de deux isobares consécutives diminue. Plus ces isobares sont rapprochées en une contrée de l'Europe et plus le vent y est fort.
On remarque, en même temps, que le vent a plus de tendance à marcher parallèlement aux isobares qu'à marcher perpendiculairement à leur direction, des points où la pression est la plus forte vers les points où la pression est la plus faible. De l'eau abandonnée à elle-même sur un terrain incliné descendra suivant les lignes de plus grande pente ; mais si on la place dans un vase et qu'on lui imprime un mouvement de rotation horizontale, on voit son niveau baisser au centre de la rotation et s'élever sur son pourtour. La vitesse de chaque élément liquide est alors dirigée dans le sens des lignes d'égal niveau et non dans le sens des lignes de pente. On remarque, en effet, que dans toute tempête, ou simple trouble local de l'atmosphère, l'air tourne toujours sur lui-même, autour d'un centre où le baromètre est accidentellement le plus bas : c'est le centre de la tempête, bien que le vent y soit généralement faible. Ce centre lui-même n'est pas fixe ; il se déplace plus ou moins vite vers l'est dans le nord de l'Europe ou de la France, tout en inclinant plus ou moins vers le nord ou vers le sud. Il arrive même presque toujours que la direction de son parcours, quelle qu'elle soit à l'origine, finit par incliner vers le sud ou le sud-ouest. C'est ainsi qu'on voit fréquemment des centres de tempêtes qui abordent l'Irlande se propager sur la mer du Nord, la Suède ou la Norvège, et se rabattre ensuite sur la Russie pour la traverse'- «blî quement en se dirigeant vers le sud, puis, enfin, rebrousser chemin sur la mer Noire, l'Adriatique et l'Algérie. Mais l'orbe qu'ils décrivent ainsi est très variable en étendue. Quelquefois cet orbe tra verse obliquement l'Aile magne et même la France
PRÉVISION DU TEMPS
1716 — PRÉVISION DU TEMPS
surtout au printemps ; d'autres fois il se perd du côté du pôle nord, surtout en automne.
Toutes ces tempêtes nous viennent toutes formées déplus ou moins loin sur l'Atlantique; la plupart ont traversé l'Amérique du Nord, ou longé ses côtes orientales; d'autres viennent des parages de l'Islande ou des Bermudes ; d'autres, plus rares et plus méridionales, ont longé les Açores; un très petit nombre sembleraient peutêtre se former plus près de nous. L'Irlande et l'embouchure occidentale de la Manche en sont, d'ordinaire, les premières affectées et forment, en quelque sorte, les sentinelles avancées de l'Europe. Il est plus rare qu'elles abordent notre continent soit par le Portugal ou l'Espagne, soit par le nord de l'Ecosse ou de la mer du Nord. C'est une des causes qui donnent à Paris sa prépondérance comme centre d'avertissements. Mais les Etats-Unis, à cause de l'admirable réseau météorologique qui couvre leur territoire, et aussi à cause des nombreux paquebots qui circulent entre l'Europe et l'Amérique et les renseignent sur l'eiai de l'Atlantique nord, peuvent nous aaresser par le câble transatlantique de très utiles avis sur les tempêtes qui nous menacent. Toutes les tempêtes ainsi annoncées n'atteignent pas la France ; quelques-unes se perdent vers le nord ; d'autres s'éteignent en chemin ; mais le nombre de celles qui étendent leur course jusqu'à la surface de l'Europe est assez considérable pour éveiller l'attention.
Les signes auxquels on reconnaît sur la carte l'approche d'une tempête y sont écrits en caractères visibles. Les lignes isobares se creusent; leur concavité s'accentue de plus en plus à mesure que le centre d'une tempête plus forte s'approche plus près de nous, et cette concavité est toujours dirigée vers le centre de la tempête. Si donc l'isobare qui passe dans le voisinage de Paris, par exemple, se creuse en s'inclinant du sudouest vers le nord-est, la pression diminuant d'ailleurs du centre de la France vers les côtes de Bretagne, c'est qu'une tempête, ou un plus faible mouvement tournant, se trouve sur l'Atlantique marchant vers l'Europe: si la partie la plus basse de la concavité est, à Paris, dans le sens d'un parallèle, c'est que le centre de bourrasque traverse le méridien de Paris ; si l'isobare se relève à l'ouest et s'abaisse dans l'est, c'est que le centre de la tempête a franchi le méridien de Paris et qu'il s'éloigne, à moins qu'il ne traverse l'Allemagne se rendant vers la Méditerranée. Dans le premier cas le vent souffle du sud ou sud-ouest; dans le second il a remonte vers l'ouest ; dans le troisième il gagne le nord-ouest ; le nord et quelquefois le nord-est dans le dernier cas. Au lieu de passer dans le nord, le centre de certaines tempêtes passe au contraire dans le sud de Paris; il en est d'autres qui, après avoir traversé L'Europe, reviennent vers le sud-est et parcourent la Méditerranée. Dans ces deux cas, les pressions, au lieu de diminuer de Paris vers le nord, diminuent :1e Paris vers le sud, et les vents xi ifflent d'entre le nord et l'est.
I.a carie fait donc connaître pour chaque jour la position des centres des bourrasques développées dans l'atmosphère de l'Europe ; elles peuvent en outre Indiquer les points qu'elle^ menacent pour le lendemain on le surlendemain, d'après les variations barométriques et thermométriqu qu'elles accusent. Le minimum de hauteur barométrique est au centre de la tempête; le maximum est sur son pourtour; la diminution de la pression depuis la veille est <l"iic accusée surtout sur les points vers i. .■>,. |g ». dirige la tempête : ce maximum il- ti< n moins du baromètre est accompagné d'un .jiimiim de variation en plus de la deux
maximum sont en avant et un peu à droite de la ligne que le centre de la tempête va parcourir si rien ne trouble son cours. Au contraire, un maximum de variation du baromètre en plus et un maximum de variation thermométrique en moins, sont en arrière et un peu à gauche de cette ligne. Si malgré la hausse du baromètre la température se maintient élevée pour la saison, c'est qu'une seconde bourrasque suit la première. Il est des saisons où ces bourrasques se succèdent pendant des semaines, distantes l'une de l'autre d'un petit nombre de jours. On voit alors le baromètre monter avec continuation de la pluie ; bientôt il revient à la baisse, le ciel se dégage, la température monte, on croit à la durée du beau temps ; mais la baisse continue, la pluie et le vent reprennent, et ces alternatives se succèdent à 2, 3 ou 5 jours d'intervalle. On dit que le temps a la fièvre intermittente.
Les cartes du temps parviennent actuellement dans un grand nombre de communes et y sont chaque jour affichées dans un cadre spécial. En se familiarisant avec leurs indications, on peut y puiser de très utiles renseignements sur les probabilités prochaines du temps dans la région qu'on occupe ; mais elles ne dispensent pas de l'étude pratique de son climat et de l'observation de la marche du baromètre, du thermomètre, des vents et de l'aspect du ciel. Rien ne peut suppléer l'expérience acquise et les indications locales des instruments ; mais en dehors du secours que procurent les cartes, il est certaines données générales qui aident l'expérience locale à se former.
Pro?iostics tirés du baromètre. — Les indications inscrites sur le cadran des baromètres, telles que beau, variable, pluie, etc., n'ont qu'une valeur très relative et qui peut d'ailleurs changer avec le lieu où est placé l'instrument et sa hauteur audessus du niveau de la mer. Ce qu'il importe surtout de connaître, c'est d'abord la division à laquelle se tient en moyenne l'aiguille du baromètre. Dans un baromètre bien réglé cette moyenne serait de 760 millimètres environ au niveau de la mer ; elle change, pour un même lieu, à mesure qu'on monte même d'étage en étage d'une maison, à raison de 1 millimètre pour 10 mètres d'élévation. D'ailleurs un baromètre métallique exactement réglé aujourd'hui peut ne l'être plus au bout de quelques années. Or chacun peut trouver cette position moyenne de son baromètre au moyen des cartes du temps. Il suffit de noter pendant quelques jours, et chaque matin à 7 ou 8 heures, la division indiquée par son aiguille et de comparer ce chiffre avec celui de l'isobare qui passerait le même jour dans la région habitée. L'écart des deux sera à peu près constant surtout si on choisit un temps calme. Supposons que la station soit intermédiaire entre les isobares 7G0 et 765, plus rapprochée de celle-ci que de celle-là, en sorte que la pression estimée soit 763; supposons que le même jour à la même heure le baromètre comparé ait marqué 752, on en conclura qu'à 752 le baromètre est de 3 millimètres au-dessus de la pression qu'il marquerait si la pression vraie était de 7(i0 au niveau de la mer. 749 sera donc à très peu près la position moyenne de l'aiguille de l'instrument dans son état et sa position actuels. Ce n'est pas là un procédé rigoureusement exact, niais suffisant. On sait d'ailleurs que, dans les baromètres métalliques, l'aiguille peu! être déplacée à volonté en tournant la vis dont la tèto lit au fond d'une ouverture de sa table postérieure. On peut donc la ramoner de cette position moyenne 749 à l'indication normale 700, en la faisant marcher de 11 divisions en avant de cello qu'elle occupait an moment de l'opération.
La position moyenne de ! aiguille étant connue, ce qu'il importe de noter, c'est le sens el la quan-