‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 288 sur 534 · PRIMAIRES (TERRAINS) — 1719 — PRIMAIRES (TERRAINS · texte numérisé non relu

PRIMAIRES (TERRAINS) — 1719 — PRIMAIRES (TERRAINS

générales et lointaines, et alternant avec quelques couches de calcaire marin; dans le second cas, ce sont des débris peu roulés et souvent énormes de granité, gneiss, micaschiste, talschiste ou phyllade, suivant la nature des roches plus anciennes qui avoisinent le bassin et lui servent dassiettp. La partie moyenne est occupée par des psammites micacés, le plus souvent gris, contenant encore des lits de poudingues à petits fragments, renfermant fréquemment des troncs et des tiges de végétaux, et alternant avec des schistes noirs qui finissent par prédominer et constituer presque à eux seuls la partie supérieure. Ces schistes sont souvent bitumineux, et contiennent de nombreuses empreintes de fougères. Les divers bassins varient beaucoup par l'épaisseur relative des couches de grès et de schistes, ainsi que par le grain de ces diverses roches. La houille, de qualité très variable, forme, dans les schistes, plus rarement dans les psammites, des couches le plus souvent contournées et très variables en nombre et en épaisseur. A Saint-Etienne, il y en a 13 donnant par leur réunion 35 mètres de houille, tandis qu'à Qnimper il n'y a que des veines inexploitables.

Le carbonate de fer peut être considéré aussi comme roche constituante de ce terrain. Tl est tellement répandu, conjointement avec la houille, sur certains points de l'Angleterre, qu'il alimente la plus grande partie des hauts fourneaux à fer de la Grande-Bretagne. La présence fréquente du carbonate de fer dans les gisements de houille est une des circonstances les plus heureuses pour l'industrie métallurgique. Quand on trouve réuni dans le même lieu le minerai de fer et les combustibles, on peut établir à peu de frais les usines pour l'extraction et l'exploitation simultanée de la fonte et du fer; c'est ce qui existe dans les bassins houillers de l'Angleterre et aussi de France à un moindre degré, c'est-à-dire seulement à Saint- Etienne et à Alais.

Le terrain houiller de France renferme de nombreux fossiles ; les principaux sont des poissons d'eau douce et des végétaux terrestres. Les poissons ne se sont guère trouvés encore que dans les schistes bitumineux d'Autun, où ils sont très abondants : ce sont les Palaeoniscus Blainvillei, P. Voltzii, P. angustus, Amblypterus latus, A. macrripterus, et Pygopterus Bonnardi. Les végétaux, dont il a été déterminé une centaine d'espèces, se répartissent de la manière suivante : quarante fougères, notamment : les Sphenopteris trifoliolata, Nevropteris heterophylla, Pecopteris polymorpkn, P. arborescens, Odoptopteris Brardi, 0. $chlotheimii; quinze lycopodiacées parmi lesquelles les Lepidodendron rugosum, L. pulchellum ; sept calamitacées dont les principales sont les Calaniits Suckowii, C. approximatif ; huit sigillariées dont les principales sont les Sigillnria Isevigato, S. Bblayei, S. tessellata, Stigmaria ficoides ; quatre astérophyllitées, Asterophyllites rigida, Sphennphy/lum dentatum, AnnutaHa longifotiu, A. brevi folio ; quelques conifères du genre Walchia à feuilles sessiles en spirale, voisin des Araucaria, à troncs siliceux ; enfin diverses plantes de familles douteuses, les Sternbergia approximatif Musocarpon, Irigonocarpon, etc.

Voici quelle est, dans les divers pays du globe, l'étendue des terrains houillers accessibles à l'exploitation de l'homme et leur production :

Kil. carrés. Tonnes.

Amérique du Nord

Grande-Bretagne

France

Belgique

Allemagne septentrionale

Asturies et Espagne

Russie (au plus)

Faune primaire — L'embranchement des ver

250 Inconnue

tébrés est représenté par de rares reptiles et des poissons. On a découvert dans le terrain houiller du Palatinat et aux Etats-Unis des portions de squelettes de reptiles du genre Arc><ego*aurus. La classe des poissons tenait le premier rang pendant le dépôt du terrain dévonien ; mais la structure de ces animaux était souvent bien différente de celle de nos poissons actuels, le corps étant pourvu soit d'une sorte de cuirasse [Pterichthys, Coccosteus, Cephalaspis), soit d'écaillés très résistantes juxtaposées {Acantliodes, Clima/ius, Dip aranthus). Parmi les annelés, la classe des crustacés, à laquelle appartiennent le homard, l'écrevisse, le crabe, était représentée par des animaux marins fort différents, les trilobites, dont l'existence ne s'est pas prolongée au delà de la période primaire : leur corps généralement ovale était formé d'articulations transverses et divisé en trois lobes longitudinaux ; l'article antérieur portait de gros yeux réticulés comme ceux des insectes, et l'animal pouvait se rouler en boule comme les cloportes ; les pattes, probablement nombreuses et charnues, n'ont pas été conservées.

Les mollusques céphalopodes sont représentés notamment par divers genres de la famille des nautilacées spéciaux à ces terrains : les Orthocerax, dont la coquille non enroulée est complètement rectiligne, les Clymenia, dont la coquille enroulée a des cloisons très onduleuses, et les Grmiatitev, où elles sont à plis anguleux. C'est alors aussi le règne des brachiopodes, qui revêtent des formes extraordinaires et dont les espèces sont en nombre immense. Parmi les plus curieuses du terrain dévonien sont les Strigocephalus lïurtini, Oncites Gryphus, Davidsonia Verneui/ii, Calceola sandalina, et parmi les plus caractéristiques les Atrypa retieularis, Spirigura concentrica, Leptœna Murchisoni.

Parmi les zoophytes, les encrines ou crinoïdes et les polypiers étaient extrêmement nombreux.

Flore primaire. — Les caractères de la végétation, pendant la période carbonifère surtout, peuvent se résumer ainsi : prédominance des cryptogames acrogènes, fougères, lycopodiacées, équisétacées. Grand développement des dicotylédones gymnospermes, sigillariées, nœggerathiées et astérophyllitées. Les fougères, qui, dans les zones tempérées, ne sont que des herbes vivaces, étaient en partie arborescentes comme dans la zone torride et composaient une grande partie de la végétation. Les équisétacées ou prèles, partout herbacées, étaient remplacé es par les Calamités, végétaux ligneux, articulés et striés longitudinalement, de 7 à 8 mètres d'élévation et de 1 à 2 décimètres de diamètre. Nos lycopodes actuels sont des plantes rampantes qui n'atteignent pas 1 centimètre de hauteur; ceux de l'ancien monde, les Lepidodendron, Lomatophloir>s, étaient des arbres de 25 à 30 mètres d'élévation, dont le tronc avait jusqu'à un mètre de diamètre; les branches prenaient leur évolution par dichotomie, c'est-àdire en se divisant continuellement en deux jusqu'au sommet, qui se terminait souvent par une fructification en forme de cône appelée lepidostrobus. Les SigiUaria étaient de très grands arbres à écorce souvent cannelée .présentant des cicatrices ressemblant à des sceaux (sigillum), laissées par les feuilles qui étaient fort petites ; leurs racines, également couvertes de cicatrices, avaient été appelées stigmaria. Les astérophyllitées avaient les tiges articulées et les feuilles verticillées ; leurs rameaux se terminaient par des chatons et des cônes analogues à ceux des conifères et des cycadées.

Quoi de plus surprenant que l'ensemble de cette exubérante végétation de la période houillère ! Ces sigillariées immenses, qui dominaient les forêts ; ces Lepidodendron à la lige élancée et

Page 1