PRIMAIRES (TERRAINS) - 1720 - PRIMITIFS (TERRAINS
flexible; ces Lomatophloios qui offraient l'image d'arbres herbacés à taille gigantesque; ces calamités de 10 mètres de hauteur; ces élégantes fougères arborescentes au feuillage aérien et aussi finement découpé que de la dentelle ; ces fougères herbacées au feuillage indéfiniment accidenté!
Rien ne saurait nous donner aujourd'hui, dans les zones tempérées, l'idée de ce prodigieux et immense revêtement d'une verdure immuable qui couvrait la terre d'un pôle à l'autre, sous une température brûlante et la même partout, de l'île Jlelville et du Spitzberg dans l'Océan glacial arctique jusqu'au centre de l'Afrique. Par l'absence complète des dicotylédones angiospermes et presque compjète des monocotylédones, cette végétation était réduite aux formes considérées comme les plus simples et les moins parfaites. La prédominance des cryptogames acrogènes établit une analogie entre la végétation de cette première période et celle des lies peu étendues de la zone équatoriale et de la zone tempérée australe, dans lesquelles le climat maritime est porté au plus haut degré.
Pour expliquer la présence des houilles au sein de la terre, il y a deux hypothèses possibles. Ces débris végétaux peuvent résulter de l'enfouissement de plantes qui auraient.été amenées de loin, transportées par les fleuves et les courants maritimes, en formant comme d'immenses radeaux qui seraient venus s'échouer en différents lieux, et auraient été plus tard recouverts par des terrains nouveaux. Ou bien les plantes qui composent la houille sont nées sur place : elles résulteraient de la décomposition, acecomplie sous terre, d'une masse accumulée de végétaux qui sont nés et qui ont péri dans les lieux mêmes où on les trouve. La houille, comme on le voit, est la substance ■même des végétaux qui ont vécu dans les temps reculés. Ensevelis sous d'énormes épaisseurs de roches, ces végétaux s'y sont conservés jusqu'à nos jours, après s'être modifiés dans leur nature intime et leur aspect extérieur. Ayant perdu un certain nombre de leurs éléments constitutifs, ils se sont transformés en une sorte de charbon, imprégné de ces substances bitumineuses ou goudronneuses qui sont les produits ordinaires de la décomposition lente des matières organiques.
Ainsi la houille qui alimente nos usines et nos fourneaux, qui est l'agent fondamental do notre production industrielle et économique, la houille qui sert à chauffer nos demeures et qui fournit le gaz employé pour nous éclairer, cette houille est la propre substance des plantes qui composaient les forêts, les herbages et les marécages de l'ancien monde. C'est le poids et la pression des terrains déposés par-dessus qui ont donné à la houille la densité considérable qui la distingue, et son état de forte agrégation. La chaleur émanée du foyer intérieur du globe, et qui se faisait encore sentir à la surface, dut aussi exercer une grandi; influence sur le résultat final. C'est à ces deux causes, c'est-à-dire, à la pression et au plus ou moins grand échauffement par le foyer terrestre central, que l'on doit attribuer les différences qui existent dans la nature minéralogique des différentes houilles et de l'anthracite. — V. Houille.
Lea formes du sol sont absolument les mêmes que celles du terrain primitif; la végétation a aussi de très grands rapports; les céréales y sont cependant CUltivéeB plus fréquemment, en raison de la plus grande quantité de calcaire contenu dans ces terrains. Le sol occupé par le terrain houiller, toujours de peu d'étendue, offre en général une multitude de collines dont il est difficile de saisir la disposition relative, à pente, peu •escarpées, en raison de la facile désagrégation des psammites qui le constituent essentiellement, et
qui donnent une terre sablonneuse, maigre et assez improductive, mélangée de cailloux.
[V. Raulin.]
TRIMATES. — V. Singes.
PRIMITIFS (TERRAINS). — Géologie, V. — On les appelle aussi cristullophylliens, c'est-à-dire cristallins et feuilletés.
Les masses primitives se distinguent par la prédominance des roches à texture schisto-granitoide et schisto-lamellaire, c'est-à-dire en même temps schistoîde et cristalline, ainsi que par l'abondance du mica et du talc. Elles renferment, d'ailleurs, une si grande quantité de minéraux disséminés que, si on voulait en faire l'énumération, on serait obligé de répéter presque toute la nomenclature minéralogique; mais ces dépôts sont surtout remarquables par les nombreux gîtes métallifères qu'ils renferment, soit en filons, soit en amas couchés. Ils sont très répandus à la surface de la terre; cependant, les massifs où ils se montrent seuls au jour sont rarement d'une grande étendue. Ils se rencontrent plus fréquemment dans les pays de montagnes que dans ceux de plaines ; ils sont en général peu favorables à la culture, et souvent couverts de landes, de pâturages et de forêts. Ils présentent un caractère particulier : c'est que, tandis que les autres groupes ne se lient qu'autant qu'ils se suivent dans la série chronologique, les roches primitives se lient ordinairement avec la plupart des autres dépôts qui se trouvent en contact avec elles, ce qui vient à l'appui de l'idée que ce groupe, ou du moins une partie de ce groupe, au lieu de représenter une période de la série des temps, pourrait, dans quelques cas, être plutôt le résultat de l'action des phénomènes métamorphiques.
Si l'on ne peut affirmer que le groupe primitif ait une position bien déterminée, à plus forte raison ne peut-on pas y reconnaître des étages bien caractérisés, et il serait possible que les trois divisions principales que l'on y distingue et où dominent respectivement le gneiss, le micaschiste et le talschiste, représentassent plutôt une manière d'être minéralogique que des rapports géognostiques.
On a aussi placé à côté de ces trois grandes divisions d'autres systèmes caractérisés par la présence du quartzite, du calcaire, du phyllade, de l'amphibole, de l'ophiolite, ainsi que d'autres roches feldspathiques et pyroxéniques. Mais il y a de ces roches, notamment parmi les dernières, qui sont de véritables dykes plutoniens et non des membres du groupe qui nous occupe ; et, quant aux autres, il semble que, au lieu de les considérer comme formant des systèmes susceptibles de figurera côté des trois grandes divisions sus-indiquees, il y a plutôt lieu de n'y voir que des membres subordonnés à ces divisions ou même aux autres groupes neptuniens. C'est ainsi, par exemple, que l'un des gîtes que l'on avait cités pendant longtemps comme type du calcaire primitif, celui de Carrare, est rangé par divers géologues dans un groupe assez élevé dans la série. Les roches quartzeuses ont peut-être plus de droit à figurer comme formant un système indépendant, entre autres celles qui constituent un massif puissant dans les montagnes de Minas- Geraes au Brésil, célèbres par l'abondance du quartz aurifère, du quartz à paillettes d'oligistc spéculairc ou itabirite, et du quarzke micacé eu itacolumitc ; mais les relations géognostiques de ce dépôt ne sont pas encore bien déterminées.
Les principales roches primitives sont les suivantes : Leptynite. Orthoso grenu, le plus souvent blanchâtre et renfermant un peu de mica et de grenat; en bancs dans les autres roches: Cherbourg, Saxe, Saint-Gothard, Cejlan, etc. — Pegmatite. Tabulaire, elle forme des bancs