ROUMANIE
5° Les fruits des Ronces ou mûres des haies se mangent comme les framboises, en Suisse et en Allemagne ;
C° Les fraises. On connaît toutes les variétés de fraises que l'on a pu obtenir par la culture et chez lesquelles le réceptacle conique, extrêmement développé, est succulent et parfumé ;
7° Les amandes douces se servent sur les tables ; elles servent à fabriquer le sirop d'orgeat; les amandes amères sont plus rarement employées, parce que, distillées avec de l'eau, elles ont la propriété de produire de l'acide cyanhydrique en quantité suffisante pour être dangereux ;
8° Les Pêchers sont originaires de la Chine. L'amande de leur fruit renferme les éléments de l'acide cyanhydrique ; broyée avec le noyau, elle sert à faire une liqueur nommée ratafia, ou liqueur de noyau;
9° Les Abricotiers sont originaires de l'Asie;
10° Les Primiers donnent des fruits que l'on sert sur les tables et dont on fait des conserves. On les fait également sécher et on les vend alors sous le nom de pruneaux. Les pruneaux les plus estimés sont ceux de Tours, d'Agen et de Brignoles;
11° Les Cerisiers. Les fruits du cerisier-merisier fournissent par la distillation et la fermentation le kirsch-wasser. Les fruits des autres cerisiers, tels que le bignrreautier,\& gvignier,ïe griottier, se mangent à l'état frais. Avec ceux du griottier, on fait des conserves ; on les confit également dans l'eau-de-vie. Le griottier est originaire d'Asie : il aurait été apporté en Italie par Lucullus ;
12° Les feuilles de la petite pimprenelle sont utilisées comme assaisonnement.
IL Plantes médicinales. — 1° La gelée et le sirop de coings sont usités comme astringents; les pépins de coings sont émollients.
2° Les roses. La rose de Provins ou rose rouge, apportée de Syrie à Provins, au temps des Croisades, par un comte de Brie, est cultivée pour ses pétales avec lesquels on prépare le miel rosat; on en fait aussi un sirop et une conserve. Provins ne peut à lui seul fournir tous les pétales de roses du commerce. Il en vient des environs de Lyon et de Metz et surtout d'Allemagne. Ces pétales sont séchés à l'étuve et conservés dans des boîtes en bois; on les récolte quand les roses sont en boutons; on enlève le calice, on coupe les pétales que l'on passe au crible pour en séparer les étamines et les insectes. La rose à cent feuilles et la rose de Damas ou roses pâles sont cultivées dans le midi de la France et aux environs de Paris; elles servent à la fabrication de Veau de roses et de Vesse?ice de roses. L'eau de roses s'obtient en distillant les pétales des roses avec de l'eau. L'eau de roses est un collyre astringent. L'essence de roses du commerce nous vient de la Perse, de l'Inde et de Tunis; on en fabrique aussi dans le midi de la France. On l'obtient par deux procédés différents. Le plus répandu consiste à établir des lits alternatifs de pétales de roses et de graines de sésame. Ces dernières absorbent l'huile odorante des roses et se gonflent ; on renouvelle plusieurs fois les lits de pétales de roses pour les mêmes lits de graines de sésame. Quand ces graines ont atteint un certain volume, qu'elles ne se gonflent plus, on les retire, on les soumet à l'action d'une presse et on en exprime ainsi une huile odorante contenant une forte proportion d'essence de roses. Un autre procédé consiste à distilleries pétales de roses avec de l'eau, de façon à obtenir une eau de roses assez concentrée; on distille une seconde fois cette eau de roses; on maintient le nouveau liquide à une température de 50 à 60 degrés, et on voit alors surnager une huile essentielle qu'il est très fa-
cile de recueillir et qui est l'essence de roses. (Ce procédé est usité dans les Balkans.) A la température ordinaire, l'essence de roses pure se prend en une masse cristalline ayant l'aspect d'un amas de lamelles ou d'aiguilles ; elle fond sous l'action de la chaleur de la main.
3° Les feuilles de Yaigremoine sont astringentes et utilisées contre les inflammations de la gorge.
4° Les feuilles de Vatchimille s'emploient pour combattre les hémorrhagies et la phthisie.
5° Les feuilles, l'écorce ou la racine de quelques autres Rosacées sont souvent usitées comme astringentes ou toniques. Nous citerons seulement l'écorce du cerisier putiet (Cera^us Padus), que l'on a proposée comme succédanée du quinquina.
6° Les fleurs du cousso (Brarjera anthelminthica) sont employées en infusion pour détruire le ténia. C'est le remède le plus efficace lorsqu'on ne peut pas se procurer de l'écorce de grenadier toute fraîche. Le cousso est un arbre d'Abyssinie qui atteint une hauteur de 20 mètres.
7° Les feuilles du lau< ier-cerise produisent par la distillation une eau narcotique. Ces feuilles s'emploient quelquefois, à la dose de trois feui.les pour un litre de lait, pour calmer la toux. L'arbre est originaire de l'Asie.
III. Plantes industrielles. — Le bois de plusieurs Rosacées est recherché des ébénistes parce qu'il est dur et susceptible d'être poli. Nous citerons seulement les plus estimés; ce sont les bois du poirier, du sorbier domestique, de V alisier, et surtout du cerisier mahaleb, qui se vend dans le commerce sous le nom de bois de Suinte- Lucie, du nom d'un village des Vosges où l'on en fait le commerce.
Les vieux cerisiers laissent couler de leur tronc et de leurs branches une gomme qui se colore et se durcit en séchant. Elle est utilisée par les chapeliers pour l'apprêt du feutre.
IV. Plantes oi nementales. — Il suffit de les nommer, tout le monde les connaît. Ce sont: d'abord toutes les nombreuses variétés de roses obtenues par la culture et qui dérivent pour la plupart de la rose de Provins, de la rose à cent feuilles, et des églantiers.
Et ensuite les sorbiers, les aubépines, les épines roses, Yulmoire ou reine-des-prés (Spirea liïmaria), et le laurier-cerise recherché pour son feuillage toujours vert. [C.-E. Bertrand.]
ROUMANIE. — Histoire générale, XXXIV. — Le peuple qui s'est donné à lai-même le nom de Roumains en souvenir de la colonisation romaine dans la vallée du Danube, et qui occupe aujourd'hui, outre les anciennes principautés de Moldavie et de Valachie, une partie de la Bessarabie, de la Bukowine, de la Transylvanie et de la Hongrie orientale, de la Serbie et de la Bulgarie, forme le groupe le plus oriental des nations de langue latine. L'origine des Roumains est incertaine. « Habitants de l'antique Dacie, les Roumains sont-ils exclusivement les descendants de Gètes et de Daces latinisés, ou bien le sang des colons italiens amenés par Trajan prédomine-t-il chez eux? Dans quelle proportion se sont mêlés au peuple roumain les divers éléments des populations environnantes, slaves et illyriennes ? Quelle part ont eue les Celtes dans la formation de la nationalité valaque ? On ne saurait le dire avec certitude. Les vastes plaines que les Roumains habitent aujourd'hui avaient été, sinon complètement, du moins en grande partie abandonnées par eux au me siècle, lorsqu'ils durent émigrer de l'autre côté du fleuve par ordre de l'empereur Aurélien. S'il est vrai que les arrièrepetits-fils de ces exilés soient jamais retournés dans leur patrie, à quelle époque y revinrent-ils pour y remplacer les Slaves, les Magyars, les Petchénègues ? Quelques écrivains pensent qu'il