‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 376 sur 534 · SYNONYMES · texte numérisé non relu

SYNONYMES

formation de caillots solides qui s'opposent ensuite à la sortie du liquide. Les noyés qui sont tombés en syncope par frayeur ou par l'action subite du froid reviennent bien plus facilement à la vie après une immersion prolongée, que ceux chez qui la circulation a continué pendant quelque temps. Le sang ne s'étant pas trouvé vicié excite bien plus efficacement le cerveau et les organes respiratoires dès que l'on réchauffe le noyé et que l'on établit la respiration artificielle.

Les causes les plus fréquentes de la syncope sont: les maladies du cœur, l'anémie, les pertes de sang, les affections pulmonaires qui entravent la respiration ; la fatigue excessive, l'indigestion, la douleur vive, les violentes émotions.

Chez les sujets prédisposés, les causes les plus insignifiantes suffisent pour produire l'accident. On a vu des personnes tomber en syncope à la vue d'une souris, d'une araignée, d'un crapaud, d'un serpent, d'une plaie; en respirant une odeur désagréable ; en entendant une détonation inattendue, etc.. etc. L'impression brusque du froid ou de la chaleur, la viciation de l'air dans les salles de réunion, la faim, les chagrins, une joie soudaine, etc., sont autant de causes de syncope pour les personnes affaiblies par la vie urbaine et par le manque d'exercice régulier au grand air. Tout ce qui produit l'anémie prédispose à la syncope. Or toute infraction prolongée des lois de l'hygiène amène fatalement l'anémie avec son cortège de maladies et d'accidents contre lesquels on emploie en vain le fer, le quinquina et les drogues annoncées par la réclame. L'exercice régulier au grand air, au soleil, le travail manuel, les repas et le sommeil à heures fixes, l'absence de surexcitations sensuelles, tels sont les remèdes préventifs de l'anémie et des syncopes.

Dans la faiblesse et dans la syncope les soins à donner sont les mêmes : enlever tout ce qui peut comprimer le corps et gêner la circul-.tion ; placer le sujet dans la position horizontale, avec la t :e un peu plus basse que le corps afin d'y faire affluer le sang. Cette simple précaution suffit souvent pour faire cesser l'accident. En tout cas on procède à des frictions sèches sur les tempes, la poitrine, le long do la colonne vertébrale, puis sur les membres que l'on élève un peu alternativement pour faire refluer le sang vers le cœur. La projpction d'eau froide sur le visage et la poitrine est utile à la condition d'essuyer rapidement et de frictionner les parties chaque fois qu'elles ont été mouillées. En même temps, on fait respirer du vinaigre, de l'eau de Cologne ou de la plume brûlée. Enfin, on peut recourir à un lavem nt d'eau salée avec un peu de vinaigre.

Dès que le malade revient à lui il faut, sans lui permettre de se lever, lui faire prendre une boisson aromatique chaude avec un peu de cognac, ou du vin chaud sucré.

La syncope est assez fréquemment causée par l'imitation et peut dès lors devenir épidémique dans un certain milieu, comme une école, une église, etc. Cette syncope convulsive diffère peu de celle dont nous venons de parler. Elle est ordinairement précédée de malaise, d'étourdissements, de vertige. La perte de connaissance est accompagnée d étouffement et de spasme de la gorge. L'attaque, qui peut se renouveler plusieurs fois par jour, se termine par quelques instants de stupeur ou de sommeil. Quelquefois la perte de connaissance n'est pas complète et le malade, incapable d'agir, entend ce qui se passe autour de lui.

A Paris et dans d'autres grandes villes, on observe assez fréquemment cette variété de syncope, surtout chez les jeunes filles de dix à quinze ans plus ou moins anémiques. L'attaque de l'une d'elles entraîne d'ordinaire celle de dix à quinze autrps

quand elles se trouvent réunies dans un local peu ventilé, et spécialement pendant les exercices religieux.

L'enfant sujet à ces attaques doit être isolé pendant quelque temps, soumis à un bon régime hygiénique, auquel on fera bien de joindre, pour l'effet moral, une potion anodine dont on lui fera attendre une sûre guérison. Quant à l'imitation involontaire, les moyens moraux ont toujours une grande influence pour la prévenir. Aussi, tout en recourant aux mesures hygiéniques convenables, ventilation, absence de fatigue corporelle et de contention d'esprit, on fera bien d'user d'intimidation et de menacer d'une punition sévère les sujets qui n'auraient pas la force de caractère suffisante pour résister à l'impression nerveuse. Il faudrait, toutefois, expliquer que la volonté suffit pour empêcher ces accidents par imitation et que la punition ne s'adresse qu'à l'apathie qui empêche de réagir. Cela demande par conséquent du tact, de la fermeté et en même temps beaucoup d'indulgence. [Dr Saffray.]

SYNONYMES. — Grammaire, XXII. — Synonyme vient de deux mots grecs, syn, avec, et onyma, nom, c'est-à-dire mot qui sert à nommer avec d'autres, qui a la même signification qu'un autre. D'après l'élymologie, il semblerait qu'on ne peut qualifier de synonymes que les mots qui ont absolument le même sens ; mais il n'y a de synonymes parfaits dans aucune langue, et les rapports de, signification qui les unissent sont bien souvent plus apparents que réels.

On appelle donc synonymes des mots dont le sens a de grands rapports, avec des différences légères, quoique réelles.

11 ne faut pas confondre les synonymes avec les homonymes * ; ces derniers, semblables pour la forme ou pour le son, diffèrent par le sens ; les premiers, différant pour la forme, ont une grande ressemb'ance de sens.

On divise ordinairement les synonymes en deux classes :

1° Ceux qui ont des racines identiques.

2° Ceux qui ont des racines différentes.

1° Ceux qui ont des racines identiques ont nécessairement un fond commun de signification ; mais les préfixes et les suffixes, ou quelque autre circonstance grammaticale, établissent entre eux des nuances qu'il est facile de distinguer. Ainsi abuser et mésuser sont synonymes ; mais l'un veut dire user d'une chose avec excès, l'autre en faire un mauvais usage ; différence marquée par les préfixes ab et mes.

Délicieux et délectable sont synonymes ; mais l'un veut dire plein de délires, l'autre qui en peut causer; différence marquée par les suffixes eux et able.

Souvent le même nom ajoute une acception de plus à son sens primitif, grâce à un changement de nombre : la dignité, les dignités ; la bonté, les bontés ; ou à un simple déplacement de l'adjectif : un homme bra<e, un brave homme ; un homme honnête, un honnête homme, etc.

Enfin une foule de verbes présentent de légères différences de sens selon qu'ils sont employés avec la préposition à ou la préposition de. Exemple : commencer à, commencer de ; forcer à, forcer de, etc.

2° Les synonymes qui ont des racines différentes sont naturellement ceux qui présentent les différences de sens les plus tranchées. Ha ne, aversion, antipathie, répugnance sont quatre termes qui renferment l'idée d'un mouvement de l'âme contre ce qui l'affecte désagréablement. Mais la haine est le terme le plus fort; c'est un sentiment qui nous porte non seulement à repousser celui qui en est l'objet, mais encore à lui désirer ou à lui faire du mal ; Vavc^swn fait qu'on

SYNTAXE

SYNTAXE

évite les gens, qu'on s'en détourne {arertere, détourner) ; l'antipathie fait qu'on ne les trouve pas aimables ; la répugnance empêche qu'on ne fasse les choses de bonne grâce.

Abattre, démolir, renverser, ruiner, détruire sont synonymes, mais, en remontant à leur signification primitive, on voit que chacun de ces mots ajoute une idée particulière à l'idée générale de faire tomber. Ainsi abattre, c'est jeter à bas; démolir, c'est jeter à bas une construction ; renverser, c'est mettre à l'envers ou sur le côté ; ruiner, c'est faire tomber par morceaux; détruire, c'est faire disparaître ce qui avait élé agencé, construit. On voit par cette courte étude qu'il n'y a pas à vrai dire de synonymes, car il n'y a jamais identité de signification entre les mots réputés tels. Ils ont entre eux le même rapport que les variétés d'une même couleur. Au premier coup d'œil et à distance, ils semblent tous se confondre, tant sont légères les nuances qui les séparent; mais, en y regardant de près, on aperçoit bien vite quelques traits qui permettent de les distinguer.

L'étude des synonymes ne saurait être trop recommandée dans nos écoles. Nous avons vu que pour reconnaître les légères différences qui les distinguent, il fallait remonter à l'origine des mots, examiner la racine, apprécier la valeur des préfixes et des suffixes, passer du sens propre au sens figuré, et réciproquement. Cet exercice ne fera-t-il pas mieux connaître la valeur des mots que le dictionnaire auquel la nécessité seule fait recourir?

L'influence de cette étude est aussi très grande sur le style; elle nous révèle, pour exprimer nos pensées, des moyens dont nous ignorions la valeur; elle nous rend plus délicats sur le choix des termes et augmente la clarté du discours en écartant les à-peu-près, en les remplaçant par des mots propres et précis.

Auteurs à consulter : Girard, Dictionnaire des synonymes; Guizot, Jjtciionnaire des synonymes ; et surtout B. Lafaye, Dictionnaire des synonymes.

[J. Dussouchet.]

SYNTAXE. — Grammaire, XXIII. — Syntaxe vient du mot grec syntaxis, qui veut dire arrangement; c'est cette partie de la grammaire qui étudie la manière d'arranger, d'assembler les mots en phrases.

Phrase vient du mot grec phrasis, expression d'une pensée.

Nous ne pouvons exprimer une pensée ou énoncer un jugement sans faire ce qu'on appelle une proposition. Quand nous disons : Dieu est tout-puissant ; l'enfant aime ses parents, chacune de ces phrases forme une proposition.

La proposition peut être simple, comme dans Dieu aime les hommes, ou composée, comme dans Dieu, qui est clément, aime les hommes. Cette dernière proposition est dite composée, parce qu'à la proposition principale {Dieu aime les hommes) vient s'ajouter une proposition secondaire {qui est clément).

La syntaxe se divise donc en deux parties : la première apprend à assembler deux ou plusieurs mots pour en former une proposition simple; la seconde à assembler deux ou plusieurs propositions simples pour en former une proposition composée.

Ces deux parliez de la syntaxe sont appi la premièn1, syntaxe des mots; la seconde, syntaxe des propositions.

1° SYNTAXE DES MOTS-— *ous avons dit qu'on ne peut exprimer une pennée sans faire ce qu'on appelle une proposition. Toute proposition renferme trois termes : le sujet, le verbe. l'attribut- Quand nous disons, par exemple, l'homme est bon, nous attribuons à l'être appelé homme la

qualité de bon; nous affirmons que l'homme possède cette qualité. Le mot bon, qui désigne la qualité que nous attribuons à l'homme, est dit pour cette raison attribut; le mot est, qui nous sert à affirmer que cette qualité de b>,n existe dans l'homme, est dit verbe; enfin l'homme, dont nous avons affirmé qu'il possédait la qualité marquée par l'attribut, est appelé sujet.

Ainsi le sujet de la proposition est ce dont on affirme quelque chose; le verbe est le mot qui marque cette affirmation, et l'attribut est ce que l'on affirme exister dans le sujet.

Dans toute proposition, le verbe et l'attribut s'accordent avec le sujet, c'est-à-dire qu'ils prennent le nombre, le genre ou la personne du sujet auquel ils se rapportent. Quand nous disons : l'eau est chaude, le verbe est à la troisième personne du singulier et l'adjectif au féminin du même nombre, parce que les deux mots est et chaude se rapportent à un même sujet, t'eau, qui est du genre féminin et du singulier.

Si l'on compare la proposition à une petite troupe de soldats, on peut dire que le sujet en est le chef, et que le verbe et l'attribut reconnaissent son autorité et portent un costume à ses couleurs. Nous devons donc commencer la syntaxe par l'étude des règles suivant lesquelles a lieu cet accord des difl'érents mots entre eux, quand on veut les réunir pour en former une proposition.

Quand nous disons l'eau est chaude, le mot eau n'indique encore qu'une idée très vague : nous savons que ce qui est chaud, c'est l'eau, non l'air ou la terre, mais nous ne savons pas si c'est l'eau du lac, par exemple, ou l'eau de la carafe. Si, pour rendre plus précise cette idée, nous disons : l'eau de la baignoire est chaude, le mot baignoire, qui vient compléter, éclaircir le mot eau auquel il se rapporte, est dit pour cette raison son complément . Pour exprimer une idée à l'aide de mots réunis en proposition, il faut donc savoir comment on peut rendre cette idée plus ou moins nette en ajoutant à la proposition un ou plusieurs compléments qui l'éclaircissent ou la précisent.

La syntaxe des mots a donc pour double but de fixer pour chacune des dix parties du discours toutes les règles qui concernent l'accord ou le complément.

Nous allons passer en revue les dix parties du discours, en donnant pour chacune d'elles les règles les plus importantes.

I. Nom ou substantif. — 1° Accord. — Quand deux substantifs désignent la même personne ou la même chose, le second saccorde avec le premier en genre et en nombre : La reine-mère. Les soldats laboureurs. Turenne est u7ih'ros. Jeanne d'Arc est une héroïne.

2° Complément. — Il faut soigneusement distinguer le cas où le nom et son complément sont unis par l'article (du, de la, des) de celui où ils le sont par la préposition de: un palais de 7-oi et le palais du roi n'expriment point la même idée : la première expression est générale et désigne un palais qui est d'aspect vraiment royal {cette maison est un vrai palais de roi) ; la seconde phrase au contraire est très précise et détermine à qui appartient le palais [cette maison est le palais do

Lorsque deux noms exigent après eux la même préposition, ils peuvent avoir ie môme complément. Kx. : Son unlcur et son application AU traparce que ardeur et application demandent également la préposition à).

Mis on ne dira pas : Son dévouement et so?i

obéissance rot:» 8< n maître. 11 faut donner à

chaque mot le complément qui lui convient et

dire : Son dévouement pour son mattre et so?i

in' vw i ns lui.

SYNTAXE

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L'emploi d'un nom au singulier ou au pluriel après une préposition dépend uniquement de la pensée. Il faut donc examiner si le complément du substantif renferme oui ou non l'idée du pluriel. Ainsi l'on dira : marchand de lait (qui vend du lait), mais marchand de pommes (qui vend des pommes) ; — un fruit à noyau (qui a un noyau), mais un fruit à pépins (qui a des pépins) ; — un peintre rempli de talent (qui a u?i grand talent), mais une jeune fille remplie de talents (qui possède plusieurs talents d'agrément, etc.).

II. Article. — Nous avons vu que l'article défini se place devant les noms communs pris dans un sens déterminé. Ex. : « Le chant du rossignol est beau. »

Mais on ne met pas d'article devant les noms pris dans un sens indéterminé. Ex. : Une table de marbre, un homme sans talent, une page d'histoire.

Quand l'article se rapporte à deux noms au singulier, il doit être répété devant chacun d'eux : le père et la mère. Cependant il ne se répète pas dans quelques locutions telles que : les arts et métiers, les ponts et chaussées, etc.

Quand plusieurs adjectifs unis par et se rapportent à un seul et même nom, il faut répéter l'article, si les adjectifs servent à qualifier des personnes ou des choses différentes : a /'histoire ancienne et la moderne, » non « fhistoire ancienne et moderne. »

Mais l'on dira correctement : « le brave et illustre Turenne, » parce que les deux adjectifs qualifient la même personne.

Du, de la, des s'emploient avant les noms pris dans un sens partitif, c'est -'-dire désignant une partie d'un tout : <i Donnez-moi du pain. J'ai mangé des pommes. »

Quand le nom est précédé d'un adjectif, l'article se remplace par la préposition de: « Je mange de bon pain. » Excepté quand l'adjectif forme avec le substantif une sorte de nom composé: des jeunes gens, des bo?is mots, etc.

Quand l'adjectif suit le nom, l'article persiste. Ex. : « Je mange du pain excellent. »

Devant les adverbes plus, moins et mieux, on emploie le, la, les, quand il y a comparaison. Ex. : « La rose est la plus belle des fleurs. — Les gazelles sont les plus agiles des quadrupèdes. »

Mais le reste invariable, lorsqu'on veut exprimer une qualité portée au plus haut degré, sans aucune idée de comparaison : « Cotte rivière n'a pas débordé, même quand elle a été le plus haute. »

Le est encore invariable devant plus, mieux, moins, lorsque ces mots sont suivis d'un autre adverbe ou employés seuls : « C'est elle qui a répondu le plus adroitement. C'est la rose que j'aime le mieux. »

III. Adjectif. — Nous avons vu que l'adjectif qui se rapporte à deux ou plusieurs noms de différents genres se met au masculin pluriel ; cette règle soulïre quelques exceptions.

1' Après deux noms séparés par la conjonction ou, l'adjectif s'accorde avec le dernier nom quand il ne qualifie réellement que ce dernier. Ex. : « Les colonnes se construisent en bois ou en pierre très dure. y.

2° Quand deux ou plusieurs noms marquent une gradation et qu'on veut spécialement fixer l'attention sur le dernier, on donne à l'adjectif le genre et le nombre de ce dernier nom : « ronde montra à Rocroy un courage, un sang-froid, une audace étonnante, -a

Lorsqu'un adjectif est composé de deux adjectifs (ou d'un adjectif et d'un participe) réunis par un trait d'union, les deux parties s'accerdent avec le nom : des poires aigres-douces.

Il faut excepter mort, qui reste toujours inva-

riable dans les adjectifs composés : une brebis mort-née.

Mais si le premier de ces adjectifs est employé adverbialement, il no varie point, étant dès lors an véritable adverbe: « L'herbe est très clairsemée (c'est-à-dire très clairement semée) ; ces personnages étaient court-vèiMS (c'est-à-dire courtement vêtus) ; une fille nouveau-néë (c'est-à-dire nouvellement née). »

Les adjectifs employés adverbialement ne peuvent point s'accorder avec le nom: « Elles chantent juste; cette fleur sent bon, » etc.

Remarques sur l'accord de quelques adjfxtifs.

— L'adjectif nu, dans les locutions telles que : 7?u-pieds, nu-xêie, etc., est invariable et s'unit au nom par un trait d'union. Dans tout autre cas il s'accorde avec lui en genre et en nombre: Les pieds nus ; la tête nue ; la nue-propriété.

L'adjectif demi, placé devant le nom, est invariable et s'unit avec lui par un trait d'union : Une demi-livre, une de?m'-heure. Placé après le nom, il s'accorde en genre, mais garde toujours le singulier : Une livre et demie; deux heures et demie.

— Demi employé comme nom est du masculin : « Deux demis valent un entier ; » mais quand ce mot signifie la moitié de l'heure, il est du féminin: o Cette horloge sonne les demies. »

L'adjectif feu (défunt), placé avant l'article, est invariable : Feu la reine. Placé après l'article ou un adjectif déterminatif, il s'accorde en genre et en nombre avec le nom : la feue reine ; votre feue mère.

Les deux participes ci-joint, ci-inclus peuvent être considérés comme adjectifs : ils restent invariables :

1° Au commencement de la phrase : « Ci-joint la lettre de notre père; ci-inclus les pièces du contrat. »

2° Au milieu de la phrase, quand le nom qui suit est employé sans article ou sans adjectif déterminatif : « Vous trouverez ci-joint copie de sa lettre. »

Dans tout autre cas, il y a accord : « Les pièces ci-jointes sont précieuses. Vous trouverez ci-jointe notre copie. »

Franc, dans franc de port, est invariable lorsqu'il précède le substantif: « Vous recevrez franc de port la lettre que je vous envoie.» Placé après le substantif, il s'accorde: a Cette lettre est franche de part. »

Possible, précédé de le plus, le moins, le mieux, etc., forme une locution adverbiale et reste invariable : « Il a rassemblé le plus de livres possible. »

Les substantifs employés accidentellement comme adjectifs pour désigner la couleur restent invariables: Des étoffes noisette; des robes olive.

Deux adjectifs réunis pour désigner la couleur restent invariables : Des cheveux châtain clair, des yeux bleu foncé.

Adjectifs possessifs. — Les adjectifs possessifs se répètent devant tous les noms qu'ils déterminent: o Mon repos, mon bonheur semblait être affermi. »

Les adjectifs possessifs mon, ton, son, etc., se remplacent par l'article quand il s'agit d'une chose inséparable de la personne, et quand le sens de la phrase indique clairement le possesseur. Ex. : « J'ai la jambe enflée, j'ai mal à la tête >< (et non pas ma jambe, ma tête).

Mais il faut dire : « 11 a perdu sa fortune, » parce que fortune n'exprime point une chose inséparable de la personne.

Quand le possesseur est indiqué par le pronom réfléchi se, l'article est do rigueur à la plac1 de l'adjectif posses-if. Ainsi l'on peut dire également : « Il arrache ses cheveux, » ou « Il s'arrache les cheveux. » La seconde forme est préférable.

Quand l'objet possédé appartient à une per-

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