‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 390 sur 534 · TEMPS PRINCIPAUX · texte numérisé non relu

TEMPS PRINCIPAUX

Passé défini et indéfini

Temps

secondaires

Imparfait

Futur antérieur

Passé antérieur Plus que-parfait

Tous ces temps peuvent se présenter sous des formes différentes, que l'on appelle leurs modes ou manières d'être. Ceux qui prennent les formes les plus nombreuses sont le passe et le présent, qui passent par les six modes (V. Modes).

EXERCICES- — La conjugaison joue, dans la langue, un rôle si considérable, qu'on ne saurait faire trop d'efforts pour rendre familière aux élèves la notion des temps, ainsi que leur emploi dans le discours.

Les maîtres veilleront tout d'abord à ce qu'il ne se produise dans l'esprit des élèves aucune confusion entre les temps et les modes. Ils s'attacheront à faire bien comprendre aux enfants que, si un homme peut s'habiller suivant des modes différentes sans cesser pour cela d'être toujours le même homme, le même temps peut aussi, sans changer de nature, revêtir des formes très différentes.

Les maîtres ne laisseront do-nc jamais passer, sans les rectifier, ces fautes qui échappent si souvent aux élèves : « Ce verbe est à l'indicatif, au subjonctif, à Vindicatif présent.... » Ils exigeront toujours, mais surtout dans les premières années, des indications complètes et exactes. Ainsi, l'élève devra dire : « J'aime est au présent du mode indicatif; j'aurais aimé est au passé du mode conditionnel, » etc. On ne doit pas craindre de prendre ici trop de précautions.

Les exercices oraux et écrits contribueront d'ailleurs plus efficacement que les théories même les plus claires à familiariser les élèves avec la notion et l'emploi des temps. On ne saurait trop multiplier les premiers, ni user des seconds avec trop de mesure. Les interrogations ont l'avantage de tenir toujours en éveil l'attention des enfants; chacun d'eux s'efforce de trouver avant les autres la forme convenable , et une vive émulation anime ainsi toute la classe, qui fait, dans un temps donné, beaucoup plus de progrès que si l'on emploie les exercices écrits.

On ne saurait trop se garder surtout de donner à conjuguer des verbes tout entiers : aucun travail n'ennuie davantage les élèves. Quel maître ne les a pas surpris, préoccupés avant tout de se dissimaler la monotonie de ce devoir, et remplissant machinalement les colonnes de leur cahier, tantôt de la série des radicaux, tantôt de la série âi~< terminaisons, sans consulter d'autre guide que leur caprice? Quel fruit peuvent-ils retirer

d'un semblable passe-temps? Sans doute, il faut que les élèves soient exercés à conjuguer par écrit, puisque l'orthographe n'apparaît pas assez dans les exercices oraux. Mais, au lieu de faire conjuguer sans réflexion des séries interminables de verbes, pourquoi ne demanderait-on pas deux personnes seulement de chaque temps? Quand un enfant écrira « il aime, ils aiment, — il aimait, ils aimaient, » son esprit sera forcément frappe de la différence que présentent la troisième personne du singulier et la troisième du pluriel : il aura appris quelque chose.

On peut aussi exercer les enfants à remplacer le pluriel par le singulier et le singulier par le pluriel, ou à faire passer un même temps par les différents modes qu'il peut prendre, sur ce modèle :

Temps présent :

Je chante,

Je chanterais,

Chante,

Que je chante,

Chanter,

Chantant.

Cet exercice montrerait aux élèves, et beaucoup plus clairement que toutes les leçons, que les modes ne sont en réalité que les différentes manières d'être de chaque temps, et substituerait à toutes les abstractions dont ces formes ont été la cause, une notion précise, tirée d'un fait qui frappe les moins clairvoyants.

Nous avons réservé pour la fin un genre d'exercice très attrayant et que nous avons toujours vu employer avec beaucoup de succès. Le maître choisit une petite anecdote, un petit portrait, une description courte ; après en avoir retranché toutes les propositions qui ne pourraient pas être modifiées facilement par les élèves, il dicte ce texte et en fait mettre les verbes a tel temps qu'il lui plaît, à l'aide de certaines modifications dont noua allons donner ici quelques exemples.

Modèles d'exercices sur le verbe avoir, l'axe.

Présent de l'indicatif. — 1" Ex. Écrivez les ânes et mettez au pluriel, dans l'exercice suivant, les mots qui ne peuvent rester au singulier.

Sans doute l'âne n'a point la noblesse du cheval; mais il a ses qualités. L'âne a la patience, il a la sobriété en partage. Il a enfin toutes ies qualités de sa nature; et, s' il n'a pas le premier rang dans nos fermes, il a certainement le second. // a même la jambe plus sèche et plus nette que le cheval. Dans sa première jeunesse, il a de la légèreté et de la gentillesse. Il a en outre l'œil bon, le pied sûr, l'oreille excellente. Sans doute, il n'a ) as la majestueuse allure du cheval; mais il n'a pas non plus les mêmes besoins. En un mot, il a son utilité, et, pour cette raison, il a droit à tous nos égards. (D'après Bopfon.)

2» Ex. Mettez l'exercice précédent à la 2' personne du singulier du présent de l'indicatif. Kern / : (n fermier di>;iit a son âne : Si tu n'as point la noblesse du cheval, tu..., etc.

3e Ex. Mettez l'exercice précédent à la 2" personne du pluriel du même temps. Ecrivez : Des fermiers disaient à leurs ânes : Si vous n'avez pas..., etc.

■1' IX Mettez le même exercice à la i" personne du singulier. Ecrivez : Vn àne ilis.iit : Si j n'ai pas...,

5* Ex. Même exercice à la 1" personne du pluriel Ecrivez : Des ânes disaient : ï-i nous n'avons pas..., etc.

Exercices sur la 1" conjugaison.

Voici un exercice que l'on pourra faire passer par beaucoup de temps :

Mettez cet exercice à la ::• personne du singulier du présent de l'indicatif.

TEMPS

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