‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 389 sur 534 · UT · texte numérisé non relu

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Le premier intervalle va de la germination à la décurtation : 1874, puis 1S7;>, sont les années les mieux partagées, 1876 et 1878 celles qui le sont le moins bien.

Le second intervalle va de la décurtation à la floraison. 1876 prend la tête; mais 1874 la suit de très près, et la différence 1)1° ne compense pas l'excédent présenté par le premier intervalle de 187 i sur celui de 1 870.

Le troisième intervalle comprend les ."0 jours qui ont suivi la floraison. Dans les derniers jours de la maturation, les blés jaune-s et presque m es n'utilisent plus la lumière. 1876 a encore l'avantage sur lt.74. Si on prend le total d'éclairement des trois intervalles, on trouve que L'année 1874 se trouve au premier rang. C'est une grande année pour les produits de la terre. Ensuite vient l'année 1*76, qui est en retard pour l'éclairemenl du premier intervalle, mais qui rattrape une partie de ce retard dans les intervalles deuxième et troisième, plus importants que le premier. 1876 est également une année de grand rendement en froment. L'année 1878 est la plus pauvre en lumière; 1879, puis 1880, se relèvent successivement, et l'année 1881 présente une somme de lumière supérieure môme à 187», du moins pour Paris.

Afin de compléter ces renseignements, nous donnons ci-dessous les rendements moyens de la ferme de Bessay tEure-et-Loir), exprimés en hectolitres de blé à l'hectare :

Années.

La supériorité du rendement de 1876 sur celui de 187 4 tient, d'une part, à la supériorité de l'éclairement dans les deux intervalles 2 et è et. d'autre part, à une plus grande somme de pluie en 1 «76 qu'en 1874, ainsi que le montrent les chiffres suivants :

Pluies moyennes par jour.

Années. 1" phase. 2e phase. 3« phase. 4e phase.

Les années pluvieuses sont de mauvaises années en céréales, parce quelles manquent de lumière et non parce qu'elles ont trop d'eau, sauf aux épeques des semailles et de la moisson. Dans les temps ou les pays de sécheresse, l'eau donnée par irrigation est une grande ressource et d'un grand produit.

L'année 1877 a été pincée dans des condition anormales par les fortes gelées de mars qui ont saisi des blés à l'époque de la décurtation; ces gelées paraissent avoir été moins ressenties à Be-s lj qu'à Paris, soit par elles-mêmes, soit en raison de la date effective des semailles. La récolte de 187: a été très inégale à cause des pluies d'automne e;

Eclairement

Rendement

à Paris.

à Bessay.

de li gêne qui en est résultée dans les nomaill* *•

Vigne. — La végétation de la vigne est beau plus complexe que celle des céréales. Ici, !<• travail s'arrête a la production du gr.iin ; là il se parla e entre le fruit et le bois, et la qualité du produit s'améliore jusqu'aux derniers jours de la végétation.

La première phase, l'ouverture des bourgeons, commence en mai quand la température mo\ atteint 11° ou 12° d'une manière un peu du Le fruit existe déjà en germe ; son abon-: dépend de l'état du bois à la fin de l'année p dente; il est alors très sensible à la gelée, qui peut anéantir en une seule nuit les plus billes espérances.

La seconde phase, la floraison, survient quai d la somme des températures moyennes des Jour* écoulés depuis l'ouverture du bourgeon est d'environ 4( 5°. L'intervalle varie de 25 à 3? jours . n temps normal. La floraison est encore bonne par une température moyenne de \'>" ou 16*. Au dessous elle est compromise. La pluie ne parait avoir qu'une influence très faible, et la coulure nous semble due surtout à une chaleur et à un degré de lumière insuffisants.

La troisième phase, la maturité du raisin, aurait lieu quand la somme des températures moyennes diurnes s'élèverait à 1923° depuis la floraison. Mais, d'après M. de Gasparin, le rai-in cesserait de mûrir quand la température moyenne diurne descend au dessous de 12°, 5. Cette limite a été dépassée en 1877 et en 1879, qui ont donné de mauvaises vendanges.

Le raisin avant sa maturité contient peu de sucre et beaucoup d'acide. La combustion de l'acide et la formation du sucre dépendent surtout de l'éclairement des derniers jours sous i influence d'une bonne chaleur. Dans nos pays tempérés, c'est toujours une faute de ramasser les rameaux autour de leurs tuteurs; on prive la vigne d'une partie notable de la lumière qui servirait à préparer la bonne maturité du fiuit de Tannée et celle du bois qui donnera la récolte suivante.

Voici comme exemple l'éclairement total de la végétation de la vigne, ainsi que la température et l'éclairement moyens des vingt derniers jours, comparés aux quantités du sucre et d'acide contenus dans le moût:

ÉcLiiRKMEST Température moût.

Années. Total. Mioven. movenne. Sucre. Acide.

is74 18:5

1S77 et 1879 sont deux années de mauvais vin. L'éclairement de 1877 est très bon et le sucre du moût s'y élève à 1SG, mais la maturité a été incomplète par suite de la basse température moyenne des vingt derniers jours. L'acidité s'y élève à 8,7. L'année 1879 est encore plus mauvaise; l'éclairement y est très faible au total; il est faible

ans les derniers jours et la température finale est encore plus basse qu'en 1877. L'acidité du moût y est de 9,5. Le moût le moins chargé d'a- ■ide est celui de 1875, année où l'éclairement moyen et la température moyenne des vingt derniers jours sont le plus élevés.

L'année 18^0 a donné de bon vin, non pas que les conditions météorologiques fussent très bonnes, mais la récolte était très faible généralement. Le travail de la vigne a donc porté presque ex-

lusivement sur le bois, qui s'est refait en très -rande partie et nous a préparé pour 1881 uno

TEMPETE

TEMPETE

récolte abondante dans les environs de Paris. Bien des points de météorologie agricole encore obscurs pour nous pourraient sans peine être élucidés dans nos campagnes si, au lieu de se contenter de dresser des tableaux d'observation Bans profit direct pour eux, les observateurs y joignaient la comparaison des effets produits sur nos récoltes. L'intérêt de leur travail en serait singulièrement accru pour eux-mêmes sans nuire en rien au travail d'ensemble toujours plus lointain. m |Marié-Davy.]

TEMPÊTE. — Météorologie, V-VI. — Perturbation de l'atmosphère caractérisée par des vents plus ou moins violents, et presque toujours accompagnée de pluies ou de neiges abondantes. Quand elle a une faible intensité, on lui donne le nom de bourrasque. Le cyclone de l'Atlantique et les typhons des Indes sont au contraire remarquables par leur extrême violence. Toutes ces tempêtes ou bourrasques ont un caractère commun, qu'elles tirent de la forme de la terre et de sa rotation autour de son axe : l'air, à la surface du sol, y est animé d'un mouvement de rotation autour d'un axe plus ou moins vertical, en même temps qu'il converge et tend à s'élever vers le centre de la rotation. Le sens de la rotation est toujours le même dans l'hémisphère nord ; il est inverse, contraire au mouvement des aiguilles d'une montre sur son cadran : il a lieu du nord vers le sud en passant par l'ouest et du sud vers le nord en passant par l'est. Dans l'hémisphère sud, la rotation se fait toujours dans un sens con- I traire, le sens direct, celui des aiguilles d'une montre sur son cadran : elle a lieu du sud vers le nord par l'ouest et du nord vers le sud par l'est.

En chaque lieu du globe nous ne voyons qu'uno partie très restreinte de la tempête générale qui passe dans nos parages ; le vent qu'elle soulève | semble tourner dans une direction opposée au sens indiqué de la rotation de l'ensemble : c'est le résultat du mouvement de translation de l'ouest vers l'est dont les tempêtes sont généralement animées à la surface de l'Europe.

Les cyclones de l'Atlantique nord sont constitués par une masse d'air considérable animée d'un mouvement de rotation rapide autour d'un axe à peu près vertical. De là leur nom de cyclone, d'un mot grec qui signifie cercle. Ce sont d'immenses tourbillons de vent dont nos trombes sont un spécimen de dimensions relativement très restreintes. Ils prennent naissance entre l'équateur et le tropique nord, à une latitude sensiblement égale à celle de la zone des calmes qui sépare les alizés du sud et du nord, à l'époque où cette zone tend à rétrograder vers le sud à la suite du soleil.

Une fois formé, le cyclone remonte d'abord au nord-ouest vers les Antilles, en longeant à distance les côtes de l'Amérique ; puis sa trajectoire s'infléchit comme celle du Gulf-stream pour remonter vers le nord-est, encore à distance des côtes de l'Amérique du Nord dont il se détache finalement avant d'atteindre la latitude de Terre- Neuve ; il incline alors de plus en plus vers l'est, comme le Gulf-stream, et traverse l'Atlantique pour sévir sur l'Europe qu'il parcourt dans la direction générale de l'ouest à l'est. Pendant ce long trajet, le disque tournant prend de plus en plus d'extension et, quand il atteint l'Europe, son rayon a de 700 à 10t)0 kilomètres. En même temps l'énergie de sa rotation diminue peu à peu et nos tempêtes d'Europe les plus violentes ne peuvent donner qu'une pâle image des tempêtes cycloniques des Antilles. Une partie de nos plus fortes tempêtes d'Europe ont ainsi une origine tropicale ; mais la plupart de nos perturbations atmosphériques ont une origine moins lointaine. Les cyclones de l'océan Pacifique, qui naissent

dans l'hémisphère austral et longent à distance les côtes africaines, obéissent à des lois semblables ; le sens de leur rotation et de leur progression est seulement renversé. Les typhons des Indes, qui sont également des cyclones, ont un mode de progression moins bien défini en raison de la configuration des côtes indiennes. Il en est cependant qui naissent un peu plus dans l'est et qui suivent le cours du Kuro-Siwo, analogue au Gulf-stream, en longeant les côtes de la Chine et du Japon avant de se porter dans l'est vers les côtes de l'Amérique du Nord.

Les tempêtes, ou les bourrasques moins intenses, qui traversent fréquemment l'Europe ont des origines très diverses. Un petit nombre des plus violentes ne sont que la continuation des cyclones des Antilles ; d'autres semblent se former dans les parages des Açores ; d autres nous viennent de l'Amérique du Nord, dont elles ont traversé plus ou moins complètement le territoire de l'ouest à l'est ; d'autres encore semblent se former dans le voisinage de Terre-Neuve, ou de l'Islande. Un très petit nombre paraît avoir une origine plus rapprochée de nos côtes. Toutes se propagent dans le sens général de l'ouest à l'est, ce qui donne un intérêt particulier aux avis qui nous sont transmis d'Amérique.

Leur mode de formation est mal connu et sans doute variable de l'une à l'autre. Toute condensation de vapeur un peu étendue amène une convergence de l'air pris au nord et au midi, à l'est et à l'ouest du lieu de condensation. L'inégalité de vitesse des divers parallèles du globe faisant incliner vers l'est l'air venu du sud et vers l'ouest l'air venu du nord, le mouvement tournant se produit inévitablement. Ces condensations sont fréquentes sur le bord septentrional du Gulfstream, dans sa. partie dirigée vers le Canada, Terre-Neuve, le (irœnland, l'Islande.

L'air du disque tournant d'un cyclone ou d'une bourrasque ne décrit pas un cercle exactement; sa vitesse est oblique au rayon et converge vers le centre ; de plus, cet air monte progressivement, en sorte que la trajectoire de chaque molécule est une sorte de spirale assez compliquée. L'appel de l'air est dû au mouvement centrifuge qui naît de toute rotation et qui, dans l'atmosphère, se manifeste là oùlarotation est la plus libre et la plu» active. L'airen effet nepeut s'éloigner de Taxe en un point que s'il y afflue en un autre. Le balancement entre l'entrée et la sortie est réglé par les résistances qui, au maximum à la surface du sol, s'affaiblissent à mesure qu'on atteint les régions moyennes de l'air. Le baromètre, la pluie, et les girouettes nous renseignent sur le sens du mouvement en chaque point.

Le baromètre est le plus bas au centre du mouvement tournant. Cette diminution de pression de l'air vers le centre est le ré-ultat de la force centrifuge née de la rotation ; elle produit l'ascension de l'air autour de l'axe et l'appel de l'air de la circonférence vers le centre à la surface du globe. L'air, en montant, se refroidit graduellement par le fait de sa dilatation par diminution do pression; quand il est un peu humide au début, il atteint rapidement son point de rosée: en continuant à monter, il se débarrasse d'une partie do sa vapeur, d'où les nuages et les pluies ou neige-. Ces pluies sont abondantes autour de l'axe de rotation, surtout du côté méridional et antérieur.

Si le mouvement de l'air tournant est centrip> i en bas et ascendant vers lecentre.il est centrifuge à une certaine hauteur et descendant sur le pourtour. Ici, la composante verticale de la vitesse, s'ajoutant à l'accroissement de masse de l'air, donne lieu au bourrelet de hautes pressions barométriques qui entoure la dépression centrale. L'air qui se comprime par sa descente s'échauffe

TEMPÊTE

TEMPÊTE

et se dessèche, en ce sens que son degré hygrométrique s'abaisse. Il fait chaud et beau temps surtout sur la partie antérieure et méridionale <lu pourtour du disque tournant. La latitude a laquelle est pris l'air qui afflue en un point influe d'ailleurs sur sa température en ce point, ainsi que la consommation de chaleur du sol qui résulte de l'évaporation de l'eau des pluies.

On doit comprendre, à la suite des considérations précédentes, la série des effets qui se succèdent lors du passage d'une bourrasque ou tempête en un point de la France ou de l'Europp, cette bourrasque progressant de l'ouest à l'est dans son ensemble. Le baromètre monte, le ciel tend à s'éclaircir avant qu'on soit entré dans le cercle d'action de la bourrasque ; puis le baromètre commence à baisser, le ciel se nettoie complètement et la chaleur monte : on entre dans le mouvement et le vent souffle du sud ou sud-est. Bientôt, le baromètre continuant à baisser, le ciel se couvre, le vent incline au sud ou sud-ouest. La pluie survient, le thermomètre baisse, le vent incline au sudouest ou à l'ouest. Le baromètre arrivant vers son point le plus bas, le ciel s'éclaircit de nouveau; le vent tombe souvent pendant que le baromètre passe par son minimum. Puis le baromètre recommence à remonter; le vent incline à l'ouest ou au nord-ouest, en reprenant de l'intensité, et la pluie reparaît. Le baromètre continuant à monter et le vent à tourner vers le nord-ouest, la température continue à descendre jusqu'à ce qu'on sorte du cercle d'action delà tempête pour rentrer dans les conditions normales ou entrer dans le cercle d'action d'une seconde bourrasque.

Nous avons supposé dans ce qui précède que le centre de la tempête a passé près de nous dans le nord. A mesure qu'on s'éloigne de cette trajectoire du côté du sud, la baisse barométrique est moins rapide et profonde; les deux rencontres de la zone circulaire des pluies se rapprochent ; elles finissent par se confondre ou même ne se traduisent plus que par l'apparition des nuages et un changement appréciable de la température.

Si, au lieu d'être placé dans le sud de la trajectoire du centre du mouvement tournant, on est dans le nord, les changements barométriques sont les mêmes à l'intensité près; le sens de la rotation du vent est renversé et se fait par le nordest au lieu d'avoir lieu par le sud-ouest; ces vents d'est et nord- est sont d'ailleurs faibles, parce que les vitesses de rotation et de translation sont de sens contraire et se retranchent, tandis qu'elles s'ajoutent pour les vents d'ouest. Nous remarquerons toutefois que les bourrasques qui ont traversé le nord dans le sens général de l'ouest h l'est, peuvent revenir sur le midi dans le sens général de l'est à l'ouest. Ce sont alors les vents d'est et nord-est qui ont le maximum d'intensité. Les conditions locales peuvent d'ailleurs modifier sensiblement ces divers effets.

La direction d'où souffle le vent n'en indique donc pas l'origine. Une tempête qui se propage dans le courant équatorial du sud-ouest, peut y soulever des vents de toute direction autour du centre, et ces directions diverses, se combinant avec la vitesse de translation, donnent pour nous des vents qui ne font que rappeler la rotation première, quand les deux vitesses de rotation et de translation sont de même ordre, ainsi qu'il arrive d'ordinaire en Europe.

Le sirocco d'Afrique est un vent du sud ou sudsud'ouest; généralement il progresse de l'ouesl à l'est. 11 appartient alors à un mouvement tourbillonnant de l'air qui progresse lui-même sur le nord de l'Afrique dans le sens de l'ouest à l'est. Dans le midi de la France on attribue assez communément à une extension du sirocco la chaleur étouffante qui y accompagne les vents du sud.

Ce vent est chaud, et de plus il a pris sur la mer une humidité qu'un semblable vent n'a pas en Afrique. Un ?ent du sud qui régnerait sur l'Algérie n'atteindrait pas la France. Lu traversant la .Méditerranée, il inclinerait de plus en plus vers l'est et se porterait sur l'Italie. Quand le vent du sud ou sud-ouest règne sur la Provence, 1 Afrique du nord est souvent paicourue par des vents du nord. Quant aux poussières que les pluies déposent en divers points de la Sicile, de l'Italie, de la France même, et qu'on croit venues du grand désert, nous remarquerons d'abord qu'elles n'apportent avec elles aucun certificat d'origine, et qu'un en a vu tomber sur la Côted'Or deux ou trois jours avant qu'elles arrivent sur la Sicile. Toutes les tempêtes soulèvent des poussières d'un sol desséché, et les terres les plus éloignées peuvent présenter le même aspect et fournir les mêmes éléments sous le microscope.

Nous avons dit ailleurs un mot du/œ/m des Alpes, que l'on considère aussi, en raison de sa te! rature élevée, comme un prolongement du sirocco d'Afrique (V. Température). Ce sont là autant de préjugés. Même en dehors des déviations que leur impriment les inégalités du sol, les vents ne se propagent pas en ligne droite, et les plus violents d'entre eux ont une origine relativement peu lointaine.

La circulation générale de l'atmosphère peut transpoiter vers les pôles de l'air échauffé dans les régions équatoriales ou, réciproquement, ramener vers l'équateur l'air rafraîchi des régions tempérées. Cette circulation à large envergure (V. Courants aériens) est toujours lente et paisible dans son ensemble. Elle donne leurs allures à nos saisons, suivant que nous sommes accidentellement placés dans le prolongement du courant équatorial qui nous vient de l'ouest par l'Atlantique, ou bien que nous sommes dans le courant de retour qui nous vient soit des hautes régions de l'atmosphère, auquel cas le vent est faible et de direction variable, l'air sec et chaud en été, froid en hiver ; soit des hautes latitudes, auquel cas le vent est plus fort, de direction plus accentuée vers le nord-est, et reste généralement sec en étant frais en été et très piquant en hiver. Mais sur ce courant équatorial aux masses tranquille naissent et se propagent des mouvements tournants, qui superposent leur circulation propre a celle du courant au milieu duquel elles sont formées, et donnent aux vents et à l'état du ciel les incessantes variations qu'on remarque dans norégions tempérées.

A côté des influences générales que nous venons de résumer, se placent des influences toutes locales, telles que celles qui donnent naissance aux brises de terre ou de mer, de vallées ou d^ montagnes; telles encore que celles qui résn tent des saillies montagneuses du sol ou de l'orientation de leurs pentes (V. Température, Courants aériens, Météorog^osie).

Les orages accompagnent, même en hiver, les grandes tempêtes tournantes, surtout celles qui entrent les premières dans une atmosphère calme depuis quelques semaines. A mesure qu'on pénètre plus avant dans la saison chaude, les mouvements tournants dans lesquels ils se prod iise.ii deviennent de plus en plus faibles. Les orag locaux nés sur place sont extrêmement rares, et chaque canton les voit venir du canton qui le précède dans l'ouest ou le sud-ouest. En réalité, les zones traversées par l'orage ont quelquefois plusieurs centaines de lieues de longueur sur un--, largeur relativement faible. Ce n'est certainement pas le même nuage orageu\ qui parcourt cclongs espaces ; c'est le même disque tournant qui s'y propage avec sa zone semi-circulaire sur

TEMPS

TEMPS

' lûuelle les images orageux se renouvellent sans I simplement une lettre de liaison, qui s est allon cesse Cette zone, dans sa progression vers l'est, | gée pour compenser la chute de la désinence est généralement coupée en deux de ses points I personnelle mi, correspondant à moi ou je, et

par un même canton sur lequel sévissent alors deux orages successifs appartenant au même disque tournant. De l'un à l'autre orage, le vent

caractérisant la première personne du singulier. C'est ainsi qu'en latin amavi (j'ai aimé), parfait du verbe 'nno, est formé du radical verbal

disque tournant. De 1 un a 1 autre orage, ie venu icui uu rauc «™«/, c.™ ■«»••;« — "T# :

a tourné alors du sud-ouest vers le nord-ouest, ama, qui exprime l'idée daimer, et de fui, par Mais un de ces orages peut donner lieu à un ; fait de l'auxiliaire qui signifie être ; c'est encore mouvement circulaire plus circonscrit qui voyage ainsi que le plus que-parfait amareram (j avan • ■ « .. i„„„„i :i c'«„* f.^mâ oim.î\ net fnrmô Hn mpiTip radical n.mfl. fit d(

avec le disque tournant sur lequel il s'est formé C'est une trombe dévastant le pays sur une bande longue et étroite légèrement contournée vers le nord

core (j'avais aimé) est formé du même radical ama, et de fui eram, qui sont le parfait et l'imparfait de ce même auxiliaire.

La synthèse est très étroite, on le voit, dans

vers îc noru. *-"* »j "•"''•*" — »- — -~> -■

Il ne faudrait pas conclure de ce qui précède les deux langues classiques. Cependant, le grec rue le mouvement tournant de l'air soit la cause ! et le latin ont, comme le français, des formes ou indispensable des orages. Ceux-ci résultent du l'auxiliaire, au lieu d'être inséré dans le radical mouvement ascensionnel de l'air et des nuages i temporel, est juxtaposé, et place après ou avant qu'il produit. Le mouvement tournant favorise ! le verbe suivant les exigences de l'euphonie, l elles l'ascension de l'air; mais celle-ci peut avoir lieu \ sont les formes amatus sim, en latin, pephtlémesans lui. Les orages sont incessants dans l'an- ! nos 6, en grec, où sim et ô sont des auxiliaires, ^eau de nuages de la zone équatoriale des j Ces formes analytiques ont servi de modèles aux -rands océans ; ils sont assez fréquents au sommet i temps que nous formons en français à l'aide d a- <les montagnes élevées formant un pic isolé dans j voir et d'être, isolés ou combines, comme dans les la plaine (V. Orages). [Marié-Davy.] j expressions « que nous soyons aimes, que nous

TEMPS. — Grammaire, XII. — La durée se \ ayons été aimés. » divise naturellement, pour chacun de nous, en 1 C'était trop peu cependant que de pouvoir exdeux grandes périodes, que sépare cet instant ; primer, à l'aide des formes verbales, ces deux dont Boileau a si bien décrit la fuite rapide : , grandes divisions du temps, le passé et le futur, « Le moment où je parle est déjà loin de moi. ^> > ainsi que le moment de la parole, quiles sépare. Tout le temps qui s'est écoule avant ce moment j Pour donner au langage plus de clarté et de prede la parole, se nomme le passé; tout le temps i cision, on ajouta, à ces trois temps principaux, qui doit le suivre, s'appelle le futur; et cet ins- ] les temps secondaires, ainsi nommes parce quils tant lui-même, dont le déplacement accroît sans | ne sont qu'une subdivision des premiers, cesse le domaine du passé en entamant l'avenir, j Nous n'insisterons pas sur la manière dont Us se nomme le présent.

Passé, présent, futur, voilà donc les grandes divisions que l'on peut établir dans cette succession des phénomènes que l'on appelle le temps.

Dans le système des langues indo-européennes, et, par conséquent, dans la langue française, le verbe a la propriété d'indiquer, d'une manière générale, à quelle époque de la durée s'est accomplie l'action qu'il exprime. Les formes de la conjugaison qui servent à l'expression de cette idée, constituent les temps.

On comprendra très facilement le procédé à l'aide duquel la notion du temps s'est introduite dans le verbe, si l'on considère, par exemple, le futur français j'aimerai, ou le conditionnel, j'aimerais.

La première de ces formes, j'aimerai, se compose de deux parties, dont l'une, l'infinitif aimer,

furent formés : on y inséra naturellement 1 auxiliaire que renfermait le temps principal; mais, pour mieux marquer l'idée de passé ou d'antériorité, on plaça, avant leur radical, un préfixe signifiant autrefois ou jadis. Ces éléments, soudés en quelque sorte par la rapidité de la prononciation, constituèrent des t<jmps absolument pareils aux premiers. Tel est l'imparfait, temps secondaire du présent, et ainsi nommé parce que l'action qu'il exprime s'accomplissait encore et, par conséquent, était imparfaite quand une autre s'est produite. Ex. : « i' écrivais quand vous êtes entré. »

Ici, les deux actes sont simultanés, et l'imparfait se rattache naturellement au présent, puisque le fait qu'il exprime était présent au moment où l'autre fait s'est accompli.

Le passé, en grec, a trois formes : l'aoriste, ou passé indéfini, le parfait, et le jplus-quepar/ait.

Le latin n'a, pour exprimer le passé, que le par/ait et le plus-que-parfait.

La langue française, outre le passé défini, qui „ , correspond à l'aoriste des Grecs, et le passé indéque la combinaison de l'infinitif aimer avec Km- j fini, qui correspond au parfait, a encore le passé parfait de l'indicatif « j'avais >» contracté : ce qui I antérieur et le plus-que-parfait. explique d'ailleurs pourquoi le mode que nous On pourra s'étonner que le temps qui s'appelle appelons conditionnel équivaut à l'imparfait du ! indéfini en grec se nomme défini en français. futur dans une foule de phrases pareilles à celle- ! Pour se rendre compte de cette anomalie appaci : « Je vous promettais que je viendrais », où le j rente, il suffit de remarquer la différence du point prétendu conditionnel n'est qu'un imparfait du de vue où se sont placés les grammairiens qui ont futur, comme le démontre le simple rapproche- j donné au même temps deux appellations conment de la phrase suivante : « Je vous promets j traires. Les grammairiens anciens, considérant que je viendrai. » j que ce temps est de sa nature indéfini, Vont xp-

En grec et en latin, l'indication du temps se

que le terme « j'aimerai » n'est à vrai dire que

la locution ■< j'ai à aimer » légèrement modifiée.

Il en est de même de « j'aimerais, » qui n'est

fait par un procédé absolument identique ; seu- 'ement, l'auxiliaire s'intercale ordinairement, dans ces langues, entre le radical verbal et les autres suffixes qui constituentle radical temporel. Ainsi, je délierai se dit, en grec, lysô, expression composée dans laquelle l'analyse nous montre : l°le radical verbal ty, qui exprime l'idée de délier ; 2" un s, emprunté au futur de l'auxiliaire qui signifie être en grec. Quant à loqui suit, c'est tout

pelé aoriste, parce qu'ils l'envisageaient abso ument, c'est-à-dire, sans aucun rapport avec les mots qui le complètent. Les modernes, au contraire, remarquant que ce temps est toujours accompagné d'un complément circonstanciel qui le détermine, l'ont appelé pour cette raison défini, parce qu'il est en réalité défini dans la proposition, bien qu'il soit indéfini par lui-même.

Ex. : Je vins à Paris la semaine dernière.

Le' passé indéfini, comme le parfait des lan

TEMPS

TEMPS

gués classiques, exprime qu'une action est faite, sans indiquer les circonstances qui en accompagnent l'accomplissement. Ex. : J'ai fini mon devoir; j'ai lu ce livre.

Le passé antérieur, comme le fait comprendre son nom, indique que l'action qu'il exprime en a précédé une autre. Ex. : A peine j'eus parlé que mon père arriva.

Quant au plus-que-parfait, il sert à indiquer qu'un acte était tout à fait accompli quand un autre s'est produit. Ex. : J'avais appris ma leçon quand la classe commença.

Le futur a un temps secondaire, qui marque qu'une action sera déjà faite quand une autre se produira. Ex. : J'aurai fini quand vous viendrez. On appelle pour cette raison ce temps le futur antérieur, c'est-à-dire, le futur qui précédera un second futur.

Tous les temps dont se compose la conjugaison française sont indiqués dans le tableau suivant :

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